Dominique Larrey et les médecins de l'Expédition de Bonaparte en Egypte

 DOMINIQUE LARREY ET LES MEDECINS DE L'EXPEDITION DE BONAPARTE EN EGYPTE 

 André J. Fabre                     Octobre 2012            

  En i 1798 Bonaparte débarque en Égypte avec un contingent de 55 000 soldats. Les Services de santé, placés sous la direction de René-Nicolas Desgenettes avaient  un effectif de 108 chirurgiens  parmi lesquels se détache la personnalité de Dominique Jean Larrey 

Qui est Dominique Larrey ?

 

Larrey, né dans un petit village des Pyrénées, Beudéan, était orphelin depuis l'âge de 13 ans. Il alla à Toulouse pour y faire des études de médecine que vint clore, en 1786, une thèse de doctorat sur "La carie des os".

En 1787, Larrey décida de partir pour Paris où il arriva après six semaines de marche épuisante.

Avec l'aide d'un oncle médecin, il entre à l'Hôtel-Dieu, dans le service du futur initiateur de la néphrologie française, Pierre Joseph Desault, puis, en 1787, est nommé chirurgien de la Marine Royale, pour devenir, en 1792, aide-chirurgien dans l'armée du Rhin.

En 1796, il avait pris part à la campagne d'Italie et y témoigna d'un dévouement qui attira l'attention du Général Bonaparte. Il va être ensuite nommé chirurgien en chef de l'armée française d'Orient.

 

Campagne d'Egypte

 

Durant toute la campagne d'Egypte, de 1798 à 1801, Larrey fit preuve de qualités chirurgicales  exceptionnelles : il pourrait amputer un membre en moins d'une minute, un fait majeur à une époque où l'anesthésie n'existait pas .Larrey fut également un pionnier en matière d'assistance aux blessés sur les champs de bataille, mettant en place  un dispositif ingénieux d'"ambulances mobiles"...... à dos de chameau.

Il édicta des règles précises pour le triage des blessés en fonction de la gravité de leurs blessures et de l'urgence du traitement et non  du  rang ou de la race.

Larrey a dû faire face à de nombreuses maladies survenant parmi les soldats français : trachome, hépatite, fièvre jaune, tétanos, lèpre, choléra et...syphilis ...

Il apporta une attention toute particulière au traitement des redoutables parasitoses, filarioses et hirudiniases, contractées dans les marais Egyptiens. Une contribution personnelle de Larrey au traitement des plaies infectées a été confirmée par la recherche moderne : l'utilisation locale de larves d'asticots.

Larrey fut également, au cours de cette campagne d'Égypte, précurseur de l'hygiénisme prenant des mesures énergiques pour lutter contre les effets du climat et de la malnutrition : il en arriva à sacrifier les chevaux de la cavalerie française pour augmenter les rations de viande dans la nourriture des soldats.

De par sa longue expérience de médecin de la Marine, Larrey attachait une grande importance à la prévention du scorbut : il fit distribuer aux soldats une suspension de tamarin, la tamarinade, dont on connaît à présent la haute teneur en vitamine C. Larrey s'intéressait beaucoup aux  pharmacopées traditionnelles d'Orient et à leur utilisation des épices, du café et de l'opium preparé, comme le faisait dans la médecine de l'Antiquité, sous forme de thériaque.

Il était également vigilant envers la santé des populations locales, encourageant les sages-femmes à aller dans les villages, éduquer les habitants. Larrey mena également d'intéressantes recherches sur les relations entre les crues du Nil et l'état  sanitaire des riverains.

A son retour d'Egypte, une brillante carrière attendait Larrey.

Il  participa en tant que chirurgien de la Grande Armée à toutes les campagnes de Napoléon qui lui donna, sur le champ de bataille de Wagram, le titre de baron de l'Empire.

La paix revenue, Larrey fut nommé par ordre de Louis XVIII, membre de l'Académie Royale de Médecine où sa statue reste encore à la place d'honneur, dans le Grand Hall.

Napoléon avait dit de Larrey, dans ses Mémoires: «C'est l'homme le plus vertueux que j'aie jamais rencontré. Il a laissé dans mon esprit l'idée d'un homme vraiment bon". 

 

Parmi les médecins de la campagne d'Egypte, beaucoup de grands noms pourraient être cités

 

René-Nicolas Desgenettes (1762-1837), médecin-chef de l'Armée d'Orient de Bonaparte, célèbre pour son refus, à l'hôpital de St Jean d'Acre d'euthanasier les soldats blessés.

Antoine Dubois (1756-1837), Chirurgien-chef de l'Expédition d'Egypte, futur accoucheur de l'impératrice Marie-Louise

Jean-François Xavier Pugnet (1765-1846) : médecin du Lazaret du Carmel qui devait terminer ses jours en Suisse, à Bienne.

Une importante délégation scientifique s'était jointe au Corps expéditionnaire avec la mission d'explorer les civilisations Antiques de 'Egypte : le résultat de leurs travaux, ouvrage monumental en 20 volumes, intitulé Description de l'Egypte, reste l'une des plus grandes réalisations intellectuelles du XIXeme siècle.

 

Conclusions

 

 Cette présentation avait pour but de rendre hommage aux membres des services de santé de l'Armée  d'Égypte: ils eurent un rôle majeur en tant que chirurgiens des champs de bataille, mais aussi comme médecins pour améliorer, autant qu'il le leur était possible, la vie quotidienne des soldats.

 

 

a.fabre.fl@gmail.com

 

 

                                                                                                                                         

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Date de dernière mise à jour : 29/07/2013

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