Elizabeth Blackwell (1821-1910): première femme médecin des temps modernes

Elizabeth Blackwell (1821-1910): première femme médecin des temps modernes

ELIZABETH BLACKWELL (1821-1910): PREMIERE FEMME MEDECIN DES TEMPS MODERNES

 André J. Fabre                                            Octobre 2012 

Dans la matinée du mardi 23 Janvier 1849, une jeune femme, Elizabeth Blackwell, monta sur l’estrade de l’Eglise presbytérienne de Geneva, près de New York, pour y recevoir des mains du président du New-York Geneva College of Medicine son diplôme : c’était la première femme médecin des temps modernes.Elle avait beaucoup lutté pour arriver jusque là et les raisons de ce combat, il faut les chercher dan l’enfance d’Elizabeth Blackwell :

 Une enfance chez les Quakers

 Elizabeth était née en Angleterre dans un quartier modeste de Bristol, un grand port un peu mélancolique donnant sur la mer d'Irlande.

Son père, Samuel Blackwell, y avait une petite entreprise de raffinerie de sucre de canne. C’était un homme fort croyant, membre de la célèbre secte des Quakers. Sous ce nom se désignaient les membres de la Société religieuse des Amis, fondée par un ardent proselyte, Georges Fox, qui alla, dès 1671, porter aux Etats Unis la bonne parole, n’hésitant pas à déclarer les femmes "égales des hommes" et à voir chez les Peaux-Rouges "la lumière et l’esprit de Dieu, comme chez tous les autres êtres"

L’égalitarisme des Quakers s’affichait de façon souvent provoquante : ils refusaient de retirer leurchapeau ou même, de s'inclinerlorssqu'ils rencontraient une autre personne et rejetaient toute idée de titres honorifiques tels que "Monsieur", "Madame" et, bien entendu, "Votre Majesté. Blackwell aimait à le répéter : "Aux yeux de Dieu,, la fortune,le pouvoir ou la naissance ne sont que bien peu de choses"

Il allait de soi que toute discrimination entre filles et garçons était à bannir Elizabeth reçut ainsi la même éducation que ses frères.

 Les émigrants

 Les Blackwell n’avaient pas de chance : un incendie vint détruire en 1830 leur maison et la famille dut quitter Bristol pour émigrer, comme beauxoup d'autres à l'époque, aux Etats Unis.

A New York, le père installe une petite entreprise de raffinerie mais, après quelque temps, il décide de partir pour l’Etat d’Ohio, haut lieu du mouvement antiesclavagiste où la main d'oeuvre servile était abolie.. Malheureusement, à peine arrivé à à Cincinnati, le père contracte une mysterieuse "fièvre biliaire" et va rapidement mourir : la famille se trouve alors dénuée de toute ressource et Elizabeth dut se faire institutrice bien que sa veritable vocation aille vers la médecine. Elle commence à travailler chez un médecin ami de la famille et passait là des journées entières à lire des ouvrages de médecine...

En même temps, fidèle aux idées de son père, Elizabeth milite dans les organisations antiesclavagistes nombreuses à cette date dans l’Etat d’Ohio. Elle y est rejointe par son frère Henry qui avait épousé Lucy Stone, celebre militante feministe de l'époque.

En 1845 Elizabeth trouve à s’installer en Caroline du Nord chez un autre médecin, le Dr Dickson qui lui apprend les rudiments du métier. Cette fois, c'est décidé, elle va entreprendre des études médicales et ce sera dans la Grande Ville, à New-York,.

 Le parcours de la combattante

 Aucune femme n’avait encore osé s'inscrire dans une Faculté de médecine. La chancede'Elizabeth fut d’aller Geneva Médical Collège elle pu se faire accepter par un vote étudiant, assez proche, à vrai dire, d’une mystification.

Commence alors pour Elizabeth une expérience éprouvante : véritable parcours de combattant puisque'il lui lui faut, chaque jour, braver l’hostilité de tous, étudiants et Professeurs.

Une anecdote veut qu’en réponse à un Professeur qui avait déclaré son hostilité envers "les étudiants portant bonnet", Elizabeth ait répondu qu’elle resterait au fond de la salle mais ne manquerait pas le cours...

Malgré brimades et sarcasmes, elle termine première de sa promotion et obtient son diplome de médecin en 1849.

La voie était désormais ouverte pour exercer la médecine mais la route était rude. Il se révéla impossible pour une femme médecin d’obtenir le moindre poste aux Etats Uni. Il fallut se résoudre à émigrer, et ce fut vers la France.

 A Paris, à l'Hopital Tarnier

 Elizabeth arrive à Paris en 1853 et y trouve un poste à la Maternité de l'Hôpital Tarnier. Elle y pratique de nombreux accouchements mais, au contact des nouveau-nés, elle va contracter une sévère conjonctivite purulente qui entraîne la perte d'un de ses yeux. Il lui faudra vivrele reste de son existence avec un oeil de verre...

 Retour aux Etats Unis

 Elizabeth avait depuis longtemps en projet l'idée d'un Centre de soins destiné aux femmes. Elle revient aux Etats Unis pour y créer avec l'aide de sa sœur Emilie et d'une amie polonaise, Marie Zakrzewska, qui venait d'obtenir, elle aussi, un diplôme de médecin, le "New York Infirmary for Indigent Women and Children".

 La première femme médecin de Grande Bretagne

 A présent, Elizabeth ne songeait qu'à revenir au pays natal. En 1857, elle va gagner l'Angleterre pour y suivre pendant un an les cours du Bedford College for Womenqui venait de se créer :.Le 1er janvier 1859, nouvelle date historique pour la Médecine, Elizabeth, arguant des nouvelles dispositions légales pour les étrangers, devient la première femme à obtenir en Grande-Bretagne, son inscription officielle comme médecin.,,

 Un médecin- femme dans la Guerre de Sécession

 En 1861, Elizabeth traverse à nouveau l’Atlantique : la Guerre de Sécession vient d'éclater et entend y participer aux côtés, bien entendu, des Unionistes. Elle devient Instructeur de Médecine de guerre, prodiguant aux femmes son enseignement sur les premiers soins à apporter aux blessés.

 Professeur de Gynécologie en Angleterre

 En 1868 Elizabeth va créer aux Etats Unis une Ecole de médecine pour femmes mais elley laisse rapidement place à sa sœur Emily car elle veut, à nouveau, retourner en Angleterre où elle obtient, peu avant de prendre sa retraite, le titre de Professeur de gynécologie.

Ce n’est qu’une demi-retraite puisque Elizabeth vamaintenant se consacrer, avec l’aide de la très emblèmatique pionnière du des mouvements féminisme, Florence Nightingale, à la création, en Angleterre, comme elle l'avait fait aux Etats Unis, d'une Ecole de médecine pour les femmes.

Toujours très attachée à lutter contre toutes discriminations envers les femmes, elle fonde, en en 1873, la première Ecole d’infirmières des Etats Unis,

Elle trouve le temps de rédiger de nombreux ouvrages sur les questions d’hygiène, dont un "Guide d’éducation pour les femmes" qui va connaitre un grand succès puisqu'il sera édité jusqu’en Europe.

 La fin apaisée

 La vie d’Elizabeth Blackwell n’avait été qu’un long combat : il lui avait fallu lutter pour se faire admettre à l'Université, pour obtenir un diplôme réservé jusqu’alors aux hommes, pour aider à l' abolition de l’esclavage, et même pour avoir le droit d'exercer son métier mais le plus difficile, elle en parlait souvent, avait été d'apprendre aux femmes à oser devenir l’égales des hommes...

Sur les vieux jours, une photographie montre Elizabeth, enfin apaisée, revenuedans son pays natal aux côtés de sa fille adoptive Katharine "Kitty", elle ne s’était jamais mariée...

Sa fin fut hâtée par la survenue d’une chute et d'un accident vasculaire cérébral. Elle mourut en 1910 dans sa maison du Sussex et fut selon sa volonté enterrée dans le cimetière de Saint Mun, le neveu se St Patrick, dans un site célèbre d’Ecosse, la "Baie Sacrée".

 André J. Fabre                                           

a.fabre.fl@gmail.com

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Date de dernière mise à jour : 28/07/2013

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