Le baron Larrey et les Esquimaux

A.J. Fabre                                    Février 2015

La baron Larrey (1808-1895) et les Esquimaux

 Dans ses très interessantes Mémoires, le baron Larrey a laissé une description saisissante des Esquimaux rencontré durent unej escale à Terre neuve en ..1781

Les insulaires de Terre-Neuve sont de la race  des Esquimaux du Labrador.

 Us viennent rare-*  ment sur les côtes fréquentées par les pêcheurs;  ils ne commercent avec eux que par l'intermé-  diaire de quelques Européens établis depuis  long-temps à Terre-Neuve et dans des heux  plus ou moins enfoncés dans l'î^.

 Étant un  jour à la chasse avec un de nos officiers , je  rencontrai deux de ces sauvages qui coururent        au devant Tant de nous.

 L officier qui connaissait  beaucoup le pays, me rassura sur les craintes  que j'avais d'abord éprouvées à leur aspect,  en me rappelant qu on les qualifiait d'anthro-  pophages.

 Ils étaient totalement habillés de peaux  d'ours et de loup marin, espèce de phoque  très -commun dans ce parage.

 Leur accoutre^  tnent consistait dans un grand bonnet fait en  forme de cascpie, vin pultau {art large et court  une espèce de pantalon large , et des bottines  dont les semelles paraissaient être d'un cuir épais.

  Par dessus le pùltau, une longue bande, égale-  ment de peau , leur servait de ceinture.

 Ils avaient  un arc, des flèches, dont le dard très-aigu était  fait avec une portion d'os.

    Ils portaient, dans une espèce de havresac^  de la viande fumée et quelques pelleteries.

 Jh  étaient dune taille médiocre; d'ailleurs assez  bien faits, musculeux^ ayant les cheveux bruns >  plats et assez courts.

 L'un d'eux avait une barbe  brune, peu fournie ; l'autre était jeune.

 Leurs yeux  me parurent petits , enfoncés , d'un regard sinistre^  ombragés par des sourcils noirs, froncés et courts;  le nez droit, un peu évasé vers la pointe; les lèvres  un peu saillantes ; les dents jaunâtres ; le teint  hâlé et basané* Nous ne comprimes point leur  langage ; mais ils nous firent entei^dre par signes  qu'ils désiraient boire et manger* Nous leur        i«        54 CAMPAGHE    offrîmes de Feau-de-vie, du biscuit et du fromage^  qui nous restaient de nos provisions* Us s'en  saisirent avec avidité , mirent bas leurs armes ^  s'assirent et eurent l'air de dévorer ces alimens :  ils gardèrent cependant un peu d'eau-de-vie et  du biscuit.

 Plus généreux que je n'aurais pensé,  ils nous donnèrent en échange quelques peaux  préparées pour fourrures.

 Ils excellent dans l'art  d'apprêter ces peaux et de les coudre pour leurs  différens usages.

 Ils se servent d'arrêtés de poisson  pour aiguilles y et de cordes de bo jau y plus ou  moins fines , pour cordonnet de fiL Os paraissent  moins cruels que les voyageurs ne le supposent.

  Je dirai deux mots de leurs qualités, de leurs  coutumes et de leur médecine.

 Nous les quittâmes  avec quelque regret de n'avoir pu nous expliquer  avec eux ni visiter leurs cabanes.

    D'après les divers détaib que nous avons re-  cueillis 9 nous avons appris que ces cabanes sont  bâties en forme de tentes , avec des solives étroi-  tement cimentées , au-devant d'une grotte ou au  pied d'un rocher.

 Ils en défendent l'entrée au  moyen d'une palissade.

 Us font du feu au milieu  de la hutte; et des peaux d'animaux , préparées et  étendues autour du foyer , leur servent de lit Ils  se nourrisseat en grande partie de poissons salés,  de végétaux et du produit de leur chasse.

 Ils  prennent pour boisson une liqueur fermentée faite avec des bourgeons de sapin; et, dans les  rigueurs de l'biver, de Thuile dé baleine , qui  ne contribue pas peu à augmenter Faction du  calorique : ils s'en frottent toute Ttiabitude du  corps pour fortifier leurs membres et entretenir  leur agilité» Les Esquimaux sont extrêmement  jaloux de leurs femmes qu'ils ne laissent jamais  sortir de leurs cabanes, ce qui nous a privés de  les voir.

 Ces Indiens , ainsi que les colons , font  leurs provisions d'hiver pendant la belle saison ,  pour ne plus sortir de leur retraite.

 Le climat de  T^rre-Neuve , comme nous l'avons déjà observé,  est extrêmement froid en hiver, et humide  au printemps, par l'effet du dégel et des  brouillards presque continuels qui régnent ,  dans les premiers mois de cette dernière saison >  sur les côtes, et principalement du côté du  grand banc.

Les matelots destinés à la pêche de la morue  furent d'abord attaqués du scorbut; une grande  partie de l'équipage éprouva aussi des affections  catarrhales.

 Nous employâmes tous les moyens  propres à nous prémunir contre toutes ces vicis-  situdes ; mais en partant d'Europe , on n'avait pas  pris assez de précautions pour se garantir de  l'humidité et du froid rigoureux du climat que  nous devions habiter dans deux saisons differentes- 

 

Pour plus d'informations, contacter a.fabre.fl@gmail.com

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 13/11/2016

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