Frederic Silverman et le "syndrome des engants battus"

Frederic Silverman et le "syndrome des engants battus"

FREDERIC SILVERMAN 

ET LE SYNDROME DES ENFANTS BATTUS

Octobre 2012                    André J. Fabre       

Notre époque a enfin pris conscience du drame dont les victimes sont ceux qui sont le moins à même de se défendre, les enfants.

Le "syndrome des enfants battus" ne date pas d'hier  : pendant des siècles, s'est perpétué le "massacre des innocents, dans l'indifférence générale

 Le syndrome des enfants battus dans l'Antiquité 

De telles pratiques étaient déjà communes dans l'Antiquité et nul ne paraît s'en indigner :

Ainsi Platon, à propos du châtiment corporel des enfants: "que "l'enfant" obéisse et pour de bon, sinon il sera redressé par les menaces et les coups comme un morceau de bois[i]", "De tous les animaux, l'enfant est celui le plus difficile à éduquer car l'usage de la raison n'est pas encore bien défini chez lui; c'est le plus sournois, le plus rétif, le plus malin des animaux. L'enfant doit donc être bridé étroitement et d'abord quand il quitte sa mère et ses nourrices, il lui faut être contrôlé de près par les maîtres, quelque soit leur fonction. C'est aussi un esclave que peut châtier tout homme libre si quelque faute a été commise[ii]" Il est juste de préciser que Platon en bon dialecticien porte, ailleurs dans son œuvre un jugement quelque peu contradictoire : "l'homme libre ne doit rien apprendre en esclave. Les travaux corporels ne nuisent pas au corps mais ce qui est enseigné de force ne reste pas dans l'esprit "[iii], "Apprenez à vos enfants à étudier par jeu et non par force et vous verrez les pouvoirs de la nature"[iv]

Aristote le dit clairement :" l'enseignement n'a manifestement pas le but d'amuser la jeunesse car le fait de s'instruire n'est pas un amusement et ne va pas sans douleur[v]", "Bien entendu, si l'enfant ne se comporte pas comme il le devrait, il doit être réprimandé et châtié.[vi]"

Plutarque "(Si les enfants à Sparte) étaient pris en flagrant délit de vol, ils étaient fouettés sans merci car le fait de voler est hautement répréhensible et blâmable. Les Lacédémoniens prennent tant au sérieux les conséquences du vol qu'un enfant ayant volé un petit renard et l'ayant caché dans sa tunique laissa le renard lui dévorer les intestins. Il en mourut plutôt que d'avouer la vérité. Cette histoire a toutes les chances d'être véridique car j'ai vu moi-même les enfants Lacédémoniens fouettes à mort aux pieds de l'autel de Dian.[vii]" . Toutefois, Plutarque sait parfaitement, lui aussi, nuancer sa pensée : "J'affirme également qu'un enfant atteindra une bonne conduite par la voie des encouragements et de la raison et non, par Zeus, par les coups  ou les mauvais traitements qui ne sont bons que pour les esclaves et non les hommes libres. Avec cette méthode, on devient comme hébété et horrifié devant les taches, par crainte des coups ou par honte du châtiment. Les encouragements et l'apprentissage sont plus efficaces pour former un être libre que les châtiments. Les encouragements les incitent à se tenir écartés du mal. "[viii]

Les auteurs romains, eux, sont unanimes à encourager la pratique des châtiments corporels: ainsi, Martial. "Qu'avons-nous besoin de toi, scélérat de maître d'école, tête maudite des garçons et des filles ? Les coqs a la crête dressée n'ont pas encore rompu le silence nocturne ; et voici qu'on entend déjà le tonnerre de ta voix qui se fâche et de tes coups ! "[ix], "Laissons de coté les fouets énormes et le terrible bâton, le sceptre du maître d'école, qu'ils aillent dormir jusqu'au mois d'Octobre."[x]

Ces textes témoignent de la croyance des Anciens en une "vertu" éducative du châtiment corporel associée à des  discriminations ethniques, sociales et sexuelles de toutes sortes. Il faut rappeler qu'il n'existait dans le droit romain pourtant si explicite, aucun texte législatif sur ce sujet...

Quelques voix discordantes s'étaient pourtant élevées dans l'Antiquité :

Caton l'Ancien: "Il disait qu'un homme qui bat sa femme ou son enfant porte la main sur les objets les plus sacré"[xi], "Dès que l'intelligence de son enfant s'éveilla; Caton se chargea lui-même de lui apprendre à lire, bien qu'il eut un esclave du nom de Chilon, qui était un grammairien d'esprit très fin avec beaucoup d'élèves. Il n'admettait pas, comme il le dit lui-même qu'un esclave réprimandât son fils ou lui tire les oreilles pour être trop lent à apprendre ni que son fils fut redevable à un esclave d'un bienfait aussi précieux que l'éducation. "[xii]

Quintilien, célèbre pédagogue du Ier siècle préise clairement sa pensée  ; "Quant à frapper les élevés, c'est une pratique, quoiqu'elle soit reçue et que Chrysippe ne la désapprouve pas, dont je ne voudrais pas le moins du monde, tout d'abord parce qu'elle est honteuse et faite pour les esclaves, et ce qu'on accordera s'il s'agissait d'un autre âge,- vraiment injurieuse. De plus, si un enfant a l'esprit aussi dépourvu de noblesse pour qu'une réprimande ne le corrige pas, il s'endurcira même aux coups comme le pire des esclaves; enfin, il n'y aura même pas besoin d'une telle punition s'il y a près de l'enfant un surveillant assidu de ses études. Aujourd'hui c'est généralement la négligence des pédagogues que l'on semble reprendre; on ne force pas les enfants à bien faire mais n'ont ils pas bien fait, on les punit. Enfin, si vous contraignez le petit enfant par des coups que faire avec le jeune homme envers qui on ne peut user d'une telle intimidation et qui ne peut acquérir des connaissances plus importantes. Ajoutez que les 'élèves ainsi frappes sont souvent portes par ressentiment ou par peur à de vilaines actions qui seront bientôt pour eux un motif de confusion; la honte brise l'âme et l'abat et invite à fuir et détester le grand jour. Si le soin apporte au choix des surveillants et des précepteurs a été insuffisant, du point de vue moral, je rougis de dire à quelles actions déshonorantes se prêtent des hommes abominables en abusant de ce détestable droit de frapper et parfois quelles occasions offre à d'autres aussi la crainte ressentie par ces malheureux enfants. Je n'insisterai par sur ce point : ce qui se laisse deviner est déjà trop. Qu'il me suffise donc de dire que sur cet âge qui est faible et expose à l'outrage on ne doit concéder à personne trop de libertés."[xiii]

A la fin de l'Antiquité, Oribase (324-408), médecin d'origine grecque et Augustin (354-430), Docteur de l'Eglise d'origine nord-africaine expriment leur réprobation vis à vis des châtiments corporels aux enfants même si leur témoignage est parfois nuancé

 Une prise de conscience tardive dans le monde moderne 

Il faudra attendre le XIXème siècle, avec les travaux de cliniciens français, Ambroise Tardieu[xiv] et Parisot[xv] pour voir dénoncée  la pratique des sévices dont les enfants sont victimes mais l'opinion va rester sourde et aveugle et ce, pour une raison majeure : les médecins ne disposaient d'aucun critère objectif pour entreprendre une action judiciaire. On ne peut qu''évoquer ici la parole biblique selon laquelle "la faute ne laisse pas plus de traces qu'un serpent sur le mur"

Le changement arriva au début des années 60, avec les travaux de Frédéric (Fred) Silverman, médecin du Children's Hospital de Cincinnati qui démontra la valeur médico-légale des documents radiologiques.

Le diagnostic rétrospectif du Syndrome "des enfants battus" pouvait s'affirmer avec certitude lorsque les clichés radiologiques mettaient en évidence la notion de fractures multiples d'âge différent en l'absence de  fragilité osseuse associée.

La personnalité brillante de Fred Silverman, son savoir dans l'analyse des documents radiologiques lui ont permis, dès le début des années soixante, de parvenir à sensibiliser l'opinion publique et d'obtenir très vite, aux Etats Unis, la coopératrion de tous les pouvoirs administratifs et judiciaires.

Une prise de conscience de l'existence de ces problèmes et de la gravité de leurs conséquences est peu à peu dans tous les pays. En France, en 1967, A. Fabre et J. Canet furent les premiers à attirer l'attention du grand public[xvi] sur le drame des "enfants battus" mais en1970, encore, une émission radiophonique  consacrée aux violences exercées sur enfants exposait que l'important n'était pas dans la lecture des documents radiologiques mais dans l'analyse des problèmes relationnels entre parents et enfants, appréciation, certes, fondée mais bien incomplète du problème.

Après les années 1970, l'opinion prend conscience de la fréquence de ces problèmes mais aussi de leur complexité. Une prise en charge pluridisciplinaire associant médecins, magistrats, travailleurs sociaux et psychologues s'impose une fois le diagnostic confirmé.

En effet, les situations les plus diverses peuvent s'observer : violence parentale ouverte souvent associée aux conditions psycho-sociales les plus défavorables, de même qu'à l'usage d'alcool et de drogues, carence affective plus ou moins affirmée, pouvent revêtir les aspects cliniques les plus inattendus, situation de rejet familial (enfants d'un autre, préférences, ressemblances...),  sévices masqués ou déguisés (intoxications, defenestration, soins volontairement nocifs...), sévices sexuels.

Des situations aussi complexes exposent à de graves erreurs de diagnostic : l'enfant qui refuse de dénoncer son compagnon de jeu (parfois un animal domestique...), allégations mensongères dans une affaire de divorce... et, toujours possible, le risque dramatique d'une erreur judiciaire ainsi, dans le cas de sévices imputables à la garde de l'enfant...

Les orientations thérapeutiques ne peuvent être décidées, là encore, qu'avec prise en charge pluridisciplinaire associant médecin, magistrats, psychologues et assistantes sociales travaillant de façon pleinement coordonnée : dans certains cas, exceptionnels, l'enfant doit être retiré de sa famille. Le plus souvent sera envisagé un soutien psychologique associé, dans tous les cas, à une  surveillance attentive et prolongée de l'enfant et de sa famille.

Que deviendra, à l'âge adulte, l'enfant victime de sévices ? Les conséquences à long terme sont malaisées à prévoir : il n'est pas exceptionnel que les anciennes victimes deviennent à leur tour parent maltraitants... L'agression physique et morale des enfants serait elle, comme l'affirment certains, une "plage sombre" de la nature humaine incrustée dans son capital génétique ?

 Rappel historique

Le syndrome "des enfants battus" désigne toute violence physique ou morale exercée sur ceux qui sont le moins à même de se défendre, les enfants. Il ne s'agit en rien d'une nouvelle entité médicale : de tous temps, les enfant ont été victimes de sévices de toutes sortes. Ces faits dramatique ont une longue histoire et une étude récente de P.r. Gourevitch a montré, sur un ensemble très large de textes, que de le syndrome "des enfants battus" n'avait rien d'exceptionnel dans les sociétés Antiques. 

En premier lieu vient une question embarrassante : pourquoi a-il fallu tant de siècles pour prendre conscience de la gravité de tels actes et de leurs conséquences? Tout essai d'analyse diagnostique ou d'évaluation pronostique a longtemps été obscurci par des préjugés culturels, religieux et  psychosociaux incitant à "garder les yeux fermés" sur de tels drames…. .1 Dans une première phase,

Ce n'est qu'au XIXème siècle, avec les travaux d'Ambroise Tardieu que se trouve posée la question de la fréquence des sévices dont les enfants peuvent devenir victimes. En fait, jusqu'au milieu du siècle suivant, l'opinion médicale reste sourde et aveugle malgré quelques prises de position courageuses : 

  • 1929 : Parisot et Caussade, "Les sévices envers les enfants" (Annales de Médecine Légale. 1929.9 : 398-428) 
  • 1946 : J. Caffey , "Fractures multiples associées à un hematome sous-dural" (Am. J. Roentgenol. 1946.53:163) 
  • 1958 : S.H. Fisher, "Manifestations osseuses des sévices exercés sur les nourrissons et les enfants" (Southern Med. J. 1958. 51:1956-60)

Fabre A. et Canet J. Fractures multiples et "syndrome des enfants battus". Gazette Médicale de France. 9 octobre 1967 : 4481-4492

            Jusqu'au milieu du siècle dernier, la situation n'avait guère progressé, pour plusieurs raisons  :

  • faible écho donné aux rares articles consacres a ce sujet
  • scepticisme sur la fréquence sinon la réalité des faits.
  • besoin de critères objectifs pour affirmer le diagnostic et, partant, pour entreprendre une action judiciaire : selon la parole biblique la "faute ne laisse pas plus de traces qu'un serpent sur le mur"

 

Sous l'impulsion du Pr. Frederic Silverman, radiologiste du Children's Hospital de Cincinnati, le monde médical commence à prendre conscience de l'existence du syndrome "des enfants batttus" : 

  • étape décisive : les documents radiologiques acquièrent une valeur médico-légale. La présence de trois critères réunis ensemble "fractures multiples d'âge différent sans évidence de fragilité osseuse" affirme le diagnostic de façon pathognomonique 
  • la personnalité brillante de Fred Silverman, son autorité, les dons exceptionnels qu'il avait pour l'analyse des documents radiologiques lui ont permis, dès le début des années soixante, de sensibiliser l'opinion médicale et d'obtenir très vite la coopération de tous les pouvoirs administratifs et judiciaires des Etats Unis 
  • fait capital : l'absence de cloisonnement entre les diverses disciplines a permis de mettre très tôt en place une structure efficace de prise en charge du problème coordonné par un pédiatre de haut niveau, le Pr. C.H. Kempe. 

 

En ce qui concerne le monde gréco-romain, plusieurs facteurs nous paraissent être en causes et, d'abord, pour des raisons évidentes, le fait que de nombreux enfants étaient orphelins de leur père ou de leur mère. Sans remonter très loin, il suffit de se référer aux nombreuses histoires ou légendes relatant le drame des enfants livrés sans défense aux brutalités d'une "belle-mère" ou d'un "beau-père"… 

Facteur aggravant a certainement été le pouvoir illimité donné autrefois au chef de famille : beaucoup de textes Anciens, et en particulier Bibliques, en font mention sans équivoque. 

Le plus dramatique est la certitude où vivaient les Anciens de ce que la punition corporelle était part "normale" de toute éducation et en cela pleinement justifiée. De nombreux textes sont explicites sur ce sujet… 

Tout ceci  rejoint les faits auxquels, même a notre époque, sont fréquemment confrontes les médecins : les parents d'"enfants battus" sont souvent eux mêmes d'anciens "enfants battus" et jugent donc "normal" de faire sur leurs enfants ce qu'ils ont eu eux mêmes à subir.. 

Le diagnostic difficile de "syndrome des enfants battus"

En dehors de toute considération culturelle ou éthique, le médecin ne peut envisager un tel diagnostic sans preuve objective : c'est dire l'importance des documents radiologiques faisant état de lésions osseuses multiples et d'age différent. Ainsi se trouve documentée la notion de traumatismes graves, survenant sur plusieurs parties du corps, à des époques successives, sur un tissu osseux ne montrant aucun signe de fragilité anormale. 

C'est donc sur un faisceau d'arguments objectifs et non pas d'accusations ou de suspicions que va se prendre la décision de porter de tels faits à la connaissance des autorités administratives et judiciaires, avec les suites qu'implique un tel diagnostic. 

 De nombreuses travaux ont été consacrées ces dernières pannes au syndrome "des enfants battus"  mais un nouveau champ d'application pourrait se situer bientôt dans le domaine des sciences archéologiques. Les résultats de telles enquêtes demandent à être interprètes avec beaucoup de prudence mais particulièrement démonstratif à cet égard est l'article de G. Blondiaux récemment paru sur le squelette d'un enfant de l'époque pre-médiévale découvert dans une sépulture de Normandie.

 Il reste à espérer que de nouvelles techniques  d'investigations pourront trouver  réponse à de nombreuses questions qui restent encore a élucider dans ce domaine : 

  1. Quel était la fréquence réelle de tels faits dans la société Antique et la gravité de leurs conséquences.
  2. Le "syndrome des enfants battus" doit il être compris comme faisant part des traditions  culturelles du monde Antique ?
  3. L'agression physique et morale des enfants n'est elle, comme l'affirment certains, qu'une "plage sombre" de la nature humaine incrustée dans son capital génétique ?

  

a.fabre.fl@gmail.com

 

 BIBLIOGRAPHIE

 Silverman F. N. The roentgen manifestations of unreckognised skelettal trauma in infants. The Amer. J. of Roent. Rad. Ther. and Nucl. Med.1953. 69 : 413-327.

 Ambroise Tardieu. Etude médico-légale sur les sévices et mauvais traitements exercés sur des enfants. Annales d'hygiène publique et de médecine légale  1860 (Pages 361-398

Blondiaux G. "Étude du squelette d'un enfant de deux du 4ème siècle, de la nécropole Michelet à Lisieux : rachitisme et maltraitance de l'enfanta dans l'Antiquité" (Thèse pour le diplôme d'État de Docteur en Médecine, Lille III, 26 janvier 1998)

4. Caffey J., "Multiple fractures in long bones of infants suffering from chronic subdural hematoma" (Am. J. Roentgenol. 1946.53:163)

6. Fisher S.H., "Skeletal manifestations of parent-induced trauma in infants and children" (Southern Med. J. 1958. 51:1956-60)

10. Meir Bar-Ilan. "The battered jewish child in antiquity". Bar-Ilan university, Ramat Gan 52900 Israel (http://faculty.biu.ac.il/~barilm/battered.html)

11. Parisot et Caussade, "Les sévices envers les enfants" (Annales de Médecine Légale. 1929.9 : 398-428)


REFERENCES DE TEXTES DE L'ANTIQUITE

[ii] Platon : Protagoras, (1953 324)

[ii] Platon : Les lois (1953 I, 644)

[iii] Platon : De la république (1961, 536)

[iv] Platon : De la République (1961 537)

[v] Aristote : De la Politique (1943 VIII, 5)

[vi] Aristote : De la Politique (1943 VII, 17

[vii] Plutarque : Les vies (1950, 62-64)

[viii] Plutarque : De l'Éducation, Conduite à tenir à l'égard des enfants (section 12, Ed. Belles-Lettres, Paris)

[ix] Martial : Épigrammes (1919, IX, 68)

[x] Martial : Épigrammes ( 1919, X, 62

[xi] Caton : Vie privée. (20.5) (Ed. R. Flaceliere et E. Chambry. Belles Lettres: Paris, 1969).

[xii] Caton : Vie privée (20.5 et 6.)(Id.)

[xiii] Quintilien, Institution oratoire. (Livre I 14 - 17)(J. Cousin. Les Belles Lettres : Paris, 1975)

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 28/07/2013

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