Georges Marinesco (1863-1938): le neurologue qui a inventé le film médical

GEORGES MARINESCO (1863-1938): LE NEUROLOGUE QUI A INVENTÉ LE FILM MEDICAL

 André J. Fabre                     Octobre 2012              

Gheorghe Marinescu (Georges Marinesco pour les Français)[1], le fondateur de la neurologie roumaine avait été élève de Charcot à la grande époque de La Salpetrière. Il fut le premier à comprendre l’intérêt du cinéma restituer la sémiologie neurologique en illustration animée..

 Etudiant en médecine à Bucarest

 Georges Marinesco était né à Bucarest et c’est là qu’il fit ses études de médecine. En 1883 il entre dans le service de Victor Babès[2], le plus célèbre médecin de Roumanie à l'époque et va, par la suite, publier avec lui de nombreux travaux dans tous les domaines de la neurologie et notamment : anatomie de la moelle épinière,, myélite transverse et mutisme hystérique.

 Un Roumain à Paris 

En 1888, Georges Marinesco reçoit, grâce à l’appui de Victor Babès, une bourse qui va lui i permettre d’aller à Paris étudier la neurologie sous la direction du Grand Charcot, dans son Service des maladies du système nerveux de l’Hôpital de la Salpêtrière. C’est là que Georges va faire connaissance de quelques uns des futurs maîtres de la neurologie moderne, tels : Joseph Babinski et Pierre Marie.

C’est avec Pierre Marie que Georges va présenter, en 1890, au congrès de neurologie de Berlin, ses recherches sur l'acromégalie des tumeurs du diencephale. Avec Paul Oscar Broc, il publie un Atlas d’Histopathologie du système nerveux central qui fit date à l’époque.

 Retour à Bucarest en passant par l'Allemagne

Quittant Paris, Georges va continuer son parcours en se rendant à Francfort dans le service de neurologie de Carl Weigert puis à Berlin, dans le Laboratoire de Physiologie d’Emil du Bois-Reymond

En 1897, Marinesco revient en Roumanie où une chaire de neurologie vient de se créer spécialement pour lui à Bucarest. Il prend la direction de la Clinique universitaire des maladies nerveuses de l’hôpital Colentina, où restant en fonction tout au long de sa carrière.

Parmi les nombreuses publications qu’il fait alors, il faut citer son travail remarquable sur les syndromes parkinsoniens secondaires à une tumeur des noyaux gris centraux.

En 1931 il va publier, en coopértion avec un ophtalmologiste suédois, le premier cas de ce qui s’appellera plus tard la maladie de Marinesco-Sjogren, entité pathologique associant cataracte, arriération mentale, retard statural, hypogonadisme et ataxie.

Georges Marinesco termina sa carrière couvert d’honneurs : lors de célébration du centième anniversaire de la naissance de son maître Charcot, en 1925, c’est lui qui va prononcer l’éloge du grand neurologue de La Salpetrière. Il avait été élu membre de l’Académie nationale de médecine en 1930.

 Le Précurseur du cinéma médical

On ne le sait pas assez: Georges Marinesco fut le premier à utiliser le cinématographe en tant qu’instrument de recherche médicale.

Après avoir essayé les procédés chronophotographiques d’Etienne Marey, il eut l’idée, en 1898, d’acquérir des frères Lumière un appareil permettant d’enregistrer sur film cinématographique la séméiologie des malades neurologiques : dans son esprit, les films étaient surtout destinés à servir de témoins objectifs pour apprécier l’évolution des malades.

Après avoir publié ses premiers résultats dans La semaine médicale de Paris[3], Marinesco va continuer jusqu’en 1901 de filmer ses malades, en témoignent un ensemble d’enregistrements tels que : "Difficultés de la marche chez un hémiplégique", "Troubles de la marche dans l’ataxie locomotrice progressive" et "Myosclérose paralysante chez les myopathes"

Cependant, le cinématographe venait à peine de naître et l’intuition de Georges Marinesco arrivait trop tôt : Il ne reste plus guère de de ses films, ils ont, pour la plupart, été détruits pour en récupérer le support de celluloïd.

 Paris-Bucarest : Médecins Roumains en France[4] et Médecins Français en Roumanie

Dans une longue tradition d’échanges universitaires, une longue liste de noms prestigieux jalonne l’Histoire des relations médicales entre la Roumanie et la France

Au cours des siècles derniers, nombre d’étudiants venus de Roumanie s'inscrire étaient inscrits dans les Facultés françaises.et plus de vingt cinq médecins roumains ont eu l’honneur d’être admis à l’Académie nationale de médecine.

A notre époque, le nombre de médecins roumains venant s’installer en France ne cesse de progresser. En parallèle, utilisant les dispositions récentes de la Communauté européenne, les étudiants français arrivent de plus en plus nombreux en Roumanie.

 Ainsi, est rendue justice au mot de Paul Valéry: "Nous nous enrichissons de nos mutuelles différences"

a.fabre.fl@gmail.com



[1] Voir"A Romanian neurologist and neurophysiologist". Journal of the history of the neurosciences, publié par  Catalina Ionitaet Edward Fine dans Journal of the history of the neurosciences (Netherlands) Jun. 2003. 12 (2): 206, 221–2.

[2] Victtor Babès (4 Juillet 1854 – 19 Octobre 1926) physicien et biologiste roumain, et il fut l'un des premiers bactériologistes

[3] Marinesco La semaine médicale de Paris M. (1904). Recherches sur les localisations motrices spinales. Semaine medicale 24, 225-231

 [4]  Sur les médecins Roumains en France voir : Complément d'information relatif aux conditions d'exercice et au recrutement des médecins roumains et bulgares (Jurnal de la Fédération Hospitalière de France, 11 janvier 2007

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 29/07/2013

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site