Joseph Ignace GUILLOTIN (1738-1814)

A.J. Fabre                                        Decembre 2014

Joseph Ignace GUILLOTIN (1738-1814) prêtre défroqué, médecin et homme politique

 Joseph-Ignace Guillotin eut une vie bien remplie : il avait été prêtre défroqué, médecin et homme politique mais la postérité n'a gardé mémoire que de sa sinistre machine.

Il était né à Saintes, neuvième des treize enfants d'un père était avocat. Après d'excellentes études en théologie chez les jésuites de Bordeaux, il quitte la soutane et part en 1763 étudier la médecine à Reims puis à Paris où il arrive en 1768 en tant que boursier. Il obtient son doctorat en 1770 et va rapidement monter les échelons de la hiérarchie médicale : il devient "médecin régent"[1] enseignant de 1778 à 1783 l'anatomie, la physiologie et la pathologie. En 1800 Il devient médecin chef de l'hôpital Saint-Vaast d'Arras.

Il va y montrer un intérêt soutenu pour les expérimentations multipliant les études sur la rage et l'utilisation du vinaigre en thérapeutique. En 1784, il est désigné pour faire partie, aux côtés de Benjamin Franklin et de Lavoisier, d'une Commission destinée à faire lumière sur le "baquet électrique" de Franz Anton Mesmer, un médecin venu de Vienne pour faire connaitre ce qu'il appelait "magnétisme animal'..

En 1787, Guillotin devient médecin personnel du comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII. Parallèlement, il s’engage dans la franc-maçonnerie : initié en 1772, à la loge d’Angoulême "la Parfaite union" il est deux ans plus tard Vénérable de la loge "La Concorde fraternelle" à l’Orient de Paris et en 1778 et sera affilié à la "Loge des Neuf sœurs" rejoignant diverses célébrités dont …Voltaire, les peintres Greuze et Vernet, le duc d’Orléans et le duc de Chartres

il va fonder en 1796 la Société des médecins de Paris, ancêtre de l'actuelle Académie nationale de médecine et à ce poste va s'employer à promouvoir, malgré la réticence des milieux scientifiques de son temps, la vaccination antivariolique de Jenner : ainsi, en 1800, il va lancer, avec l'appui de Joséphine de Beauharnais, un programme de vaccination contre la variole , premier programme de santé publique institué en France.

L'entrée de Guillotin dans la vie politique va se faire lors des États Généraux de 1789 : c'est lui qui va proposer aux député, à qui la salle de réunion était fermée sur ordre royal, de se réunir dans la célèbre salle du Jeu de paume.  

La rencontre de Guillotin avec Mirabeau[2] qui le convertit aux idées jacobines fut décisive. C'est avec son appui que Guillotin va proposer en octobre 1789 Guillotin va présenter, avec L'appui de son ami Mirabeau, un projet de réforme du droit pénal abordant le problème de la peine de mort. Invoquant la Déclaration des droits humains, Guillotin demandé que, "pour certaines infractions", la décapitation soit exécutée pour '"humaniser les souffrances" avec une machine. Ce n'était pas une idée neuvepuisqu'une machine à décapiter avait déjà fonctionné dans plusieurs pays : Italie, Ecosse Angleterre et Allemagne. L'apport de Guillotin fut de faire réaliser avec l'aide d'un facteur de clavecins et du bourreau Sanson, un prototype qui sera testé sur des cadavres de l'Hospice de Bicêtre. La première utilisation de la machine, vite appelée "guillotine"[3] eut lieu le 15 avril 1792, sur un voleur du nom de Nicolas Jacques Pelletier mais bien d'autres exécutions s'ensuivirent : il est impossible de faire état de chiffres précis mais il parait vraisemblable que 16 à 17.000 personnes aient été exécutées lors de la Terreur par la sinistre machine du Dr Guillotin.

Sur son lit de mort, Joseph Ignace a encore affirmé qu'il n'avait jamais pensé qu'on ferait un tel usage de son invention, " la tache involontaire de ma vie " aurait-il murmuré avant de mourir. La famille fit de pressantes démarches pour changer de nom, ce qui leur fut accordé. Victor Hugo a bien résumé l'histoire du Dr Guillotin " Il y a des hommes malheureux. Christophe Colomb ne peut attacher son nom à sa découverte, Guillotin ne peut détacher le sien de son invention. "

Œuvres : Joseph Ignace, "Pétition des six corps ou Pétition des citoyens domiciliés à Paris[4] ouvrage réclamant que le nombre des députés du Tiers état soit au moins égal à celui des députés des deux autres ordres



[1] "Régént" comprendre : "Chargé d'enseignement"

[2]Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (1749-1791)personnage emblematique de la revolution mais aussi écrivaindiplomate, et journaliste .

[3] L'appareil avait aussi été mis au point par le secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie, Antoine Louis, fut appelé "Louison" avant de recevoir, le nom de "Guillotine".

[4] Guillotin Joseph-Ignace, "Pétition des six corps ou Pétition des citoyens domiciliés à Paris (Ed Clousier, imprimeur du Roi, Paris, 1788)

 

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