Laurent Amodru (1849-1930)

A.J. Fabre                  Fevrier 2015

Marie-Joseph Laurent AMODRU (1849-1930) (France) 

Marie Joseph Laurent Amodru est né à Saint-Vallier dans la Drôme d'où Il partit en 1869 pour Paris afin d'y faire ses études de médecine.

Etudiant brillant, il obtient la médaille d'argent pour sa thèse sur "La Transsudation des liquides à travers les membranes séreuses ". Son orientation ultérieure va cependant le conduire vers la législation médicale.

Sa vie va basculer après son mariage en 1881 avec la veuve d'Anthony Boucicaut, fils du fondateur du "Bon Marché". Amodru va alors s'installer au château de la famille Boucicaut, à Chamarande.

Il entreprend alors une carrière politique, devenant maire de la ville, poste qu'il gardera jusqu'à sa mort. Son mandat sera marqué par d'importants travaux et notamment dans la voirie de Chamarande qu'il va moderniser, notons-le, à ses propres frais. C'est encore lui qui va faire édifier le monument aux morts de la ville.

Marie-Joseph avait été élu conseiller général de Seine et Oise en 1886, restait à devenir député pour atteindre les sommets de sa carrière politique : ce fut fait en 1893 avec son élection comme député de la circonscription d'Étampes siégeant au sein des Républicains progressistes, regroupant les "modérés" affiliés à la jeune Fédération républicain. Il fut réélu par la suite à chaque élection, jusqu'en 1910 où il perdit son siège. En 1914, cependant, il revient à la députation, siégeant, cette fois au centre-gauche, rejoignant l'Alliance démocratique de 1914 à 1919, puis les Républicains de gauche entre 1919 et 1928. Il a laissé le souvenir d'un parlementaire actif, défendant les intérêts de sa circonscription notamment sur les sujets d'équipement ferroviaire mais aussi toutes les questions de santé publique, participant activement à la lutte contre la tuberculose et l'alcoolisme. Il avait depuis toujours mené un ardent combat pour faire interdire l'absinthe.

Il meurt à l'âge de 81 ans dans son beau château de Chamarande dont l'histoire mérite d'être rappelée : cette résidence seigneuriale bâtie au XVIème siècle pour François Miron, prévôt des marchands de Paris et ami personnel d'Henri IV, fut, par la suite, vendue à Pierre Mérault, fermier des gabelles, anobli par l'acquisition d'une charge d'écuyer et secrétaire de Louis XIV. Le château fut reconstruit par l'architecte du roi, Nicolas de L'Espine mais Pierre Mérault, couvert de dettes, dut, à la fin de sa vie, vendre son domaine à Clair Gilbert d'Ornaison premier valet de chambre du roi. Au siècle suivant, une pièce d'eau sera aménagée, avec en son centre une île bordée de cyprès de Louisiane, construite d'après une esquisse du grand peintre paysagiste Hubert Robert. Après la Révolution, Louis-Justin, marquis de Talaru, acquiert le domaine qui va, en 1857, devenir propriété de Jean Gilbert Victor Fialin, duc de Persigny, ministre de l'Intérieur puis ambassadeur à Londres de Napoléon III. En 1862, une fête grandiose fut donnée au château, pour fêter l'anniversaire de l'impératrice Eugénie. Le Dr. Amodru, devenu propriétaire, fit aménager le parc du château en 1922 pour en faire le premier Camp des Scouts de France. En 1978, le château racheté par le conseil général de l'Essonne est devenu centre d'art contemporain. "Sic transit gloria mundi ", répétait-on aux nouveaux papes……

Bibliographie : Jacques Gélis, "Marie-Joseph Laurent Amodru (1849-1930) un "catholique social', député de l’arrondissement d’Etampes "[1]



[1] Jacques Gélis, "Marie-Joseph Laurent Amodru (1849-1930) un "catholique social', député de l’arrondissement d’Etampes" (Ed. Chamarande : Société historique et archéologique de l'Essonne et du Hurepoix, 2008)

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Date de dernière mise à jour : 07/02/2015

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