Le Docteur Knock de Jules Romains

A.J. Fabre                                                                                    Février 2017

LE DOCTEUR KNOCK DE JULES ROMAINS (1923)

 

    Les origines

      Une référence possible est le film tourné  : en 1922 est tourné  par Friedrich Wilhelm  Murnau : " Nosferatu le vampire" :  un sinistre agent immobilier nommé Knock recrute les futres citimes du Comte Dracula.En effet, en 1922 sort un film de Murnau Nosferatu le vampire. ans ce film, l'employé du Comte Orlock (Nosferatu) se nomme Knock. Nosferatu voyage sur un bateau, dont il décime l'équipage, tout en amenant la peste  

   

  La pièce de Jules Romains 

Jules Romains entendait faire  du Dr Knock le témoignage de  l'empriseprise par la publicité aux États-Unis. Sa pièce dénonce d'un ton grincant  la manipulation de la médecine traitée comme n'importe quel commerce.  Cette comédie a été jouée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, le 15 décembre 1923, sous la direction de Jacques Hébertot, mise en scène et décors de Louis Jouvet, qui interprétait le rôle principal. 

 

 

Qui est le Dr Knock

C’est tout à la fois l’histoire d’un trompeur trompé et surtout la rapide accession d’un canton à "l’existence médicale" grâce au génie d’un médecin mâtiné d’homme d’affaires avisé et entreprenant  Ce dernier personnage, joignant la ferveur du missionnaire à l’énergie de l’homme d’action, spécule sur la peur de la maladie et révèle le besoin de se soigner à la population du canton en commençant par une consultation gratuite le jour du marché (acte II).   Le Docteur Knock qui a su fédérer les intérêts du pharmacien, de l’instituteur, de l’hôtelière, a assuré la fortune de ses alliés, mais sa vraie passion, c’est la volonté de puissance. Très vite on accourt pour se faire examiner   Au bout de trois mois, le Dr Knock peut montrer au Docteur Parpalaid un paysage "tout imprégné de médecine" sur lequel il règne sans partage.  Finalement le Docteur Parpalaid finit par demander à Knock une consultation (acte III).   Ainsi la minable escroquerie de ce petit docteur de campagne met-elle en valeur les le triomphe d'une médecine considérée comme un commerce  Par rapport à ses devanciers de la tradition littéraire, le Docteur Knock se révèle un homme d’affaires avisé.   Il a d’ailleurs fait ses premières armes dans le négoce des cravates et de l’arachide.   Désormais la maladie sera son gagne-pain : "J’estime que, malgré toutes les tentations contraires, nous devons travailler à la conservation du malade".   Ce propos à double entente signifie moins que Knock empêchera ses patients de mourir, mais surtout qu’il entretiendra leur mal, source de ses revenus.  Désireux de faire fortune, Knock s’y prend avec habileté.   Il nous expose le très moderne concept du marchéage qui consiste à créer le besoin avant de proposer le produit apte à le satisfaire.   "Ce que je veux, avant tout, c’est que les gens se soignent".   Aussi n’aura-t-il de cesse à les persuader de la maladie en général et de leur maladie en particulier quitte à adapter ensuite le traitement aux revenus du patient.   Ensuite Knock affiche un sens de la publicité non moins sûr, il saura parfaitement utiliser les services du tambour et appâter le chaland par des consultations gratuites.  Ajoutons sa diplomatie qui le poussera par exemple à demander des conseils au Docteur Parpalaid qu’il considère comme un escroc un peu nigaud, et surtout sa psychologie qui lui permet de deviner très vite les faiblesses de ses patients grâce auxquelles il aura prise sur eux.   Enfin il a compris que sa réussite ne peut être que le travail d’un groupe où chacun œuvre en fonction de ses capacités : l’instituteur, le pharmacien, l’hôtelière.   C’est pourquoi d’ailleurs Knock s’arrangera pour qu’ils ne soient pas contaminés par la peur de la maladie qui sape le canton : son affaire ne saurait prospérer avec des collaborateurs malades.  Pourtant, dès que Knock commence à encaisser de gros revenus, l’argent ne l’intéresse plus ; de son propre aveu, il travaille pour échapper à l’ennui, mais surtout pour exercer son pouvoir sur autrui.  En produisant Knock en 1923, Jules Romains s’inscrit dans une tradition littéraire bien française : la satire des médecins.   Depuis le moyen-âge avec Le Vilain Mire, en passant par Le Médecin malgré lui ou Le Malade imaginaire de Molière, nombre d’auteurs ont stigmatisé l’ignorance, le pédantisme, le jargon des docteurs et surtout leur inefficacité quand il ne s’agissait pas du danger qu’il faisait courir à leurs malades.   Cependant, en créant le personnage du Docteur Knock, Jules Romains a tant appuyé le trait, que sa farce en trois actes dépasse la simple pochade tympanisant la médecine.  Knock n’est sûrement pas ce que nous appellerions un bon médecin.   Sa culture médicale s’est constituée au contact des notices accompagnant les médicaments.   Pourtant il connaît le succès grâce à l’emprise de sa personnalité sur ses patients.   À vrai dire c’est d’abord un grand comédien qui a le don de la mise en scène : il a su pénétrer "le style de la profession".   D’abord on ne doit s’adresser à lui qu’avec la dénomination de Docteur tant il connaît la magie des titres sur l’esprit du vulgaire.   Comme ses prédécesseurs moqués par Molière, il utilise le jargon, illustre ses démonstrations de schémas, se sert du pouvoir émotionnel et inquiétant des photos, s’attache à autosuggestionner ses victimes et à les rendre réellement souffrantes par un traitement qui les affaiblira.   Fin psychologue, il a tôt fait de découvrir les petits travers de ses patients ou de ses associés et il les exploite sans vergogne : altruisme et orgueil intellectuel de l’instituteur, insatisfaction du pharmacien, vanité du tambour… Il n’hésite pas à briser ceux qui voudraient lui tenir tête : les deux amis hilares ou Raffalens.   Il joue sur les engouements incontrôlés, la force coercitive du groupe.   Il entend s’appuyer sur l’autorité de la science ; c’est pourquoi il s’inquiète de savoir si le canton est agité par le spiritisme, la magie ou d’une manière plus générale par des comportements irrationnels ce qui constituerait un milieu peu propice à la diffusion de sa théorie.   Même il n’hésite pas à fabriquer de toutes pièces une citation pour pouvoir s’appuyer indûment sur le prestige du grand Claude Bernard : " les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent ".  En fin de compte, ce qui passionne Knock, c’est son emprise sur les individus par la science ou par toute autre voie : " Il n’y a de vrai décidément que la médecine, peut-être aussi la politique, la finance et le sacerdoce que je n’ai pas encore essayés ".    

 

Le film 

L'œuvre de Jules Romains a connu trois versions :  Un premier film en 1925 : il n'en reste aucune copie. Ce film avait été réalisé par René Hervil qui avait débuté sa carrière dans le cinéma muet et venait de commencer l'ère du "parlant" en tournant déjà tourné "Minuit, place Pigalle" avec en vedette Francoise Rosay  1933 nouvelle réalisation, cette fois mis en scène par  Roger Goupillères, réalisateur du "Pooignard malais" avec Louis Jouvet (co (réalisateur) en vedette. film de avec musique de Jean Wiener . Dans le "casting" Robert le Vigan, l'"illuminé du cinemaa " tozent le rôle du pharmacien  1951 : Film de Guy Lefranc avec des décors de  et une musique de paul Misraki  Le film a été  tourné pour l'essentiel de ses scènes extérieures, à Uzerche, Corrèze   Dans la distribution  : Louis Jouvet : docteur Knock, Jean Brochard : docteur Parpalaid, Pierre Renoir : le pharmacien Mousquet, Pierre Bertin : l'instituteur Bernard, Marguerite Pierry : Mme Pons, la dame en violet, Jean Carmet : le premier gars, Yves Deniaud : le tambour de ville, Mireille Perrey : Mme Rémy, Jane Marken : Mme Parpalaid, Geneviève Morel : la dame en noir, Bernadette Lange : Mariette, André Dalibert : le deuxième gars, Pierre Duncan : le livreur, Paul Faivre : le maire Michalon, Jean Sylvain : un chauffeur sous le nom de Sylvain, Madeleine Barbulée : une infirmière, Louis de Funès : le malade qui a perdu 100 grammes, Jacques Monod : le premier trombone, monsieur Albos, Claire Olivier : Mme Mousquet    

 

La carrière internationale  du Dr Knock

  Knock , téléfilm français de Marcel Cravenne diffusé en 1955 ;  Knock , téléfilm français de Laurent Preyale diffusé en 2004.  Adaptyation anglaise pour la BBC en 1938 avec Alan Webb et OB Clarence puis, pour la BBC2, avec Léonard Rossiter dans le rôle du Dr Knock  Adaptation de la pièce de Romains parBoston Fuse Theater en 2013  Knock, téléfilm français de Marcel Cravenne diffusé en 1955 ;  Knock, téléfilm français de Laurent Préyale diffusé en 2004

 

Adresser vos questions à  a.fabre.fl@gmail.com

 

 

 

 

 

 

[1] Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, film muet allemand réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau sorti en 1922,

 

 

 

[1] Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, film muet allemand réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau sorti en 1922,

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