Les médecins voyageurs

MEDECINS VOYAGEURS 

Au cours des siècles, les médecins n'ont pas change quand ils ne s'occupent pas de leurs malades, ils aiment parcourir le monde. En voici quelques exemples  

Andrea ALPAGO (1450 1520), le médecin qui fit connaître Avicenne en Occident 

Andrea Alpago était né en 1450 en Vénétie à Belluno, dans une famille de notaires. Il partit étudier la médecine à Padoue où il obtint 1455 son diplôme. En fait, sa véritable vocation n'était pas la médecine, c'était courir le monde, et, à cette époque, le monde, c'était l'Orient.

Accompagné de son neveu Paolo, il parcourt la Méditerranée, de la Grèce en Syrie puis arrive en Égypte non sans être passé par la Perse où il va découvrir de nombreux manuscrits de la Médecine arabe.

En 1604, Andrea, toujours passionné par l'Orient, obtient le poste de médecin du consulat de Venise à Damas. Ses missions n'étaient pas seulement médicales mais aussi diplomatiques : Andrea avait la charge de faire périodiquement parvenir au Sénat un rapport sur la situation politique en Orient, et en particulier sur la Perse à laquelle s'intéressait vivement Venise. En effet le nouveau Shah, Ismail Ier, fondateur de la dynastie Safavide venait d'accéder au trône et la Sérénissime entendait l'utiliser comme contre-pouvoir dans sa lutte contre les Ottomans.

Cependant, en 1517, lorsque la Syrie tomba aux mains des Turcs, Andrea ne put rester davantage en Syrie et demanda à être envoyé à Chypre, alors possession vénitienne

Toute sa vie, Andréa s'était employé à faire connaître en Occident les grands auteurs de la médecine d'orient, et en particulier, d'Avicenne dont il publia à Venise, dans une traduction en latin, l'œuvre principale, "Le Livre des Lois médicales"[1]

Andrea Alpago ne revint qu'en 1520 à Venise. Le Sénat venait de lui proposer une chaire à l'Université de Padoue lorsqu'il mourut subitement, avant même d'avoir pu entamer ce nouvel épisode de sa longue carrière.

Bibliographie : A.J. Fabre "Les médecins de Venise" (Ed. L'Harmattan, Paris, 2014) 

Prospero ALPINI (1553 1617), le promoteur de la pharmacopée des plantes tropicales 

Né à Venise, Prospero Alpini commença d'abord une carrière militaire mais à l'âge de vingt et un ans, opta pour la médecine et vint faire ses études à Padoue. C'est là qu'il obtint son diplôme de médecin à l'âge de 25 ans.

Alpini va alors s'installer à Camposampiero, tout près de Padoue mais sa vie va basculer lorsqu'en 1580, le consul de Venise au Caire, Giorgio Hemo, lui propose de l'emmener en Egypte comme médecin de l'Ambassade de Venise.

Arrivé au Caire après un voyage très éprouvant, comme si souvent à l'époque, Prospero va se découvrir une véritable passion pour les plantes d'Orient et leur pharmacopée. Les médications végétales étaient alors base de toute thérapeutique et la botanique avait, de ce fait, une importance décisive.

Au cours de quatre années passées en Egypte, Alpini va mener de nombreuses recherches botaniques. C'est ainsi qu'il fut le premier à donner une description précise du caféier à qui il donna le nom latin de "caoua" et du palmier dattier, le "Phoenix dactylifera" dont Mahomet avait dit, à en croire Alpini : " Il y a parmi les arbres un dont les feuilles ne tombent pas. Il est comme le musulman... C’est le dattier les palmiers-dattiers femelles ne portent pas de fruits si leurs branches ne sont pas au contact avec celles des mâles, ou, d'une façon plus générale, si les fleurs femelles ne sont pas saupoudrées de pollen des fleurs mâles ou mises en contact avec elles."

L'apport principal d'Alpini restera d'avoir compris l'existence d'une différenciation sexuelle chez les végétaux : c'est sur ces bases que Linné, bien plus tard, édifiera son système de classification.

Alpini n'était pas seulement un grand botaniste, il était, aussi et avant tout, un grand médecin. Il s'intéressa particulièrement à ce qu'on appelait alors "l'état de mélancolie", mot faisant référence aux concepts de Galien sur la "bile noire"[2]. Alpini en détaille longuement l'histoire dans son Traité sur la médecine[3]publié en 1611 à Padoue

En 1584, Alpini revint en Italie pour s'installer, d'abord à Gênes puis en 1590 à Venise. Trois ans plus tard, il est appelé à prendre la chaire de botanique à l'Université de Padoue. Il fut ainsi appelé à prendre la direction du déjà célèbre Jardin botanique fondé en 1545 sur une commande du Sénat. Alpini avait gardé de son séjour en Egypte la passion des plantes d'Orient et y installa une serre tropicale ainsi qu'une bibliothèque et d'un "Herbier" abritant une collection unique de plantes médicinales.

Selon les directives de Prospero Alpini, tout, dans le Jardin botanique de Padoue, était symbole : les quatre allées principales figuraient la Rose des vents et le jardin, disposé en carrés, eux mêmes inscrits à l'intérieur de cercles, figurait la représentation traditionnelle de l'état de perfection.

 Guido da BAGNOLO (1320-1370) le médecin de Chypre 

Né vers 1320 en Emilie, Guido fit ses études à l'Université de Bologne mais, une fois obtenu ses diplômes de medecin, partit s'installer à Venise. On possède encore le document enregistrant son inscription à la Fraternité Saint-Marie de la Charité, une confrérie laïque située près du pont de l'Academie.

A 29 ans, Guido avait déjà acquis, par son intelligence et son savoir une grande renommée : il fut ainsi mandaté par le Senat pour partir à Chypre, alors possession vénitienne, en tant que médecin du roi Hugues IV de Lusignan[4]. Après la mort de son bienfaiteur, Guido va rester à Chypre et devenir médecin personnel et conseiller du nouveau roi, Pierre Ier[5].

En 1359, il est de retour à Venise, où le Doge Giovanni Dolfin lui confère solennellement le titre de citoyen de la ville.

Trois ans plus tard, Guido repart pour Chypre et va accompagner le roi Pierre dans une longue tournée diplomatique destinée à obtenir quelque soutien dans la guerre de Chypre contre les Turcs. Guido parcourt ainsi l'Europe entière, de Cologne à Prague, passant par Gènes, Milan, Avignon, Bruges, puis c'est à nouveau Venise

C'est là que Guido, en 1362, va faire la connaissance du grand poète Pétrarque tout juste arrivé de Padoue où sévissait la peste. S'en suivront de nombreuses rencontres dans la maison où vivait Pétrarque, Riva degli Schiavoni. Chez Pétrarque, se tenaient d'amicale joutes où était discuté pendant des heures les œuvres d'Averroès[6] ou d'Aristote.

En 1363, Guido, à présent intégré dans la haute bourgeoisie Vénitienne, va donner une réception fastueuse pour accueillir un autres des grands noms de l'époque, Boccace, venu rendre visite à Pétrarque.

En Octobre 1365, Guido reçoit du roi Pierre, partant en expédition contre l'Egypte, charge de représentant à Venise de la diplomatie Chypriote. Dès lors, il ne quittera plus sa ville où il mourra à peine âgé de cinquante ans, laissant une collection unique de manuscrits.

Guido da Bagnolo fut enterré au cloître du couvent de la Basilique des Frari avec, sur sa tombe, une grande épitaphe rendant hommage à ses talents de diplomate et de rhéteur : L'autorité d'un chef et l'éloquence d'un prêcheur[7]

Bibliographie : A.J. Fabre "Les médecins de Venise" (Ed. L'Harmattan, Paris, 2014) 

Nicolò BARBARO (1420-1494), le rescapé de la prise de Constantinople 

Nicolò appartenait à une grande famille Vénitienne et, à peine achevées ses études médicales, fut, sans plus attendre, engagé comme médecin dans la Flotte vénitienne.

Dès son premier voyage, l'aventure fut au rendez-vous : Nicolò était parti, en 1453, à bord de la galère amirale, jusqu'en Mer Noire et c'est là qu'il vécut les journées dramatiques de la prise de Constantinople par les Turcs.

Le 29 mai 1453, en effet, les événements allaient brutalement tourner au cauchemar: "Le sang écrit Barbaro dans ses mémoires, coulait dans la ville comme l'eau de pluie dans les gouttières après une tempête soudaine, et les cadavres des Turcs et des chrétiens étaient jetés dans les Dardanelles, où ils flottaient sur la mer comme des melons le long d'un canal. "

Les combats font rage et Constantin XI Paléologue, dernier empereur de Byzance, va mourir à la tête de ses troupes.

Sous le feu de la marine turque, les Vénitiens parviennent à trouver refuge sur la rive européenne de Constantinople, à Péra[8], encore aux mains des Génois. Bien que leurs relations soient loin d'être harmonieuses, après quelque hésitation, les Génois finirent par accepter d'aider les Vénitiens. Restait à gagner le large car la Corne d'Or était fermée par une énorme chaîne tendue d'une rive à l'autre mais les soldats turcs étaient trop occupés à piller la ville pour barrer la route aux fugitifs et les fugitifs purent rompre le barrage et gagner la mer libre.

Nicolò Barbaro laissera le récit de ce dramatique épisode dans ses Mémoires mais le manuscrit restera quatre siècles enfoui dans une cave avant de trouver un éditeur...[9]

Bibliographie : A.J. Fabre "Les médecins de Venise" (Ed. L'Harmattan, Paris, 2014) 

Francois BERNIER (1625-1688) Un encyclopédiste à la cour des Moghols  

François Bernier était né à Joué-Etiau en Anjou, fils d'un fermier de Chanzeaux, dans le pays de Loire. Son père mourut très tôt mais le curé du village sut déceler chez l'enfant de grandes aptitudes intellectuelles et l'envoya à Paris faire ses études au Collège de Clermont, le futur Lycée Louis-le-Grand. Là, François rencontre un autre élève, Claude-Emmanuel Lhuillier[10], dit Chapelle, fils d’un conseiller au parlement et futur grand ami de Cyrano de Bergerac et de Molière. Par son intermédiaire François rencontre le philosophe Pierre Gassendi [11]dont il devient secrétaire. En 1652, François va voyager avec Gassendi dans le sud de la France et c'est là qu'il décide d'entreprendre à Montpellier ses études de médecine. et il y obtient son diplôme.

Présenté à l'ambassadeur de France en Pologne et en Allemagne, Louis d'Arpajon[12], Bernier part avec sa suite voyager dans toute l'Europe centrale. Il repart ensuite en long voyage en Orient qui l'amène en Palestine, en Egypte, où il reste un an au Caire, l'Arabie, et, malgré la guerre qui y règne, Ethiopie.

Ce qui l'intéresse, c'est l'Inde il fait la traversée en 1658, il débarque à Surat, dans l'État du Gujarat. Il va devenir rapidement médecin personnel de Dara-Shikoh gouverneur du Bihar. Berner sera ensuite médecin à la cour d'Aurangzeb, le dernier des grands empereurs moghols.

Emmené par Aurangzeb au Cachemire, il sera le premier européen à pénétrer sur ce territoire. Il part ensuite à l'autre extrême de l'empire de l'Empire, au Bengale.

Bernier occupe alors une position importante à la cour des Moghols : il a même accès à l'harem impérial.

Après sa visite au Cachemire, Bernier va rencontrer d'autres voyageurs célèbres Jean-Baptiste Tavernier[13] puis le chevalier Chardin[14]

En 1688 Bernier revient à nouveau à Surat pour rédiger un mémoire sur le commerce indien à la demande de Jean-Baptiste Colbert qui vient de fonder la Compagnie des Indes Orientales).

En 1669, Bernier revient à Paris, et il va participer à la vie de la capitale, fréquentant les grands salons littéraires, comme celui de Marguerite de la Sablière[15], qui lui fera rencontrer Jean de La Fontaine et Ninon de Lenclos.

Ses derniers voyages seront en Europe : en 1685, Bernier s'est rendu à Londres où il rencontre Hortense Mancini[16], nièce du cardinal Mazarin puis revient à Paris via les Pays-Bas, où il ren visite à son correspondant philosophique Pierre Bayle[17].

Bibliographie : A.J. Fabre "Philippe Bernier, un philosophe chez les Moghols" 

Justus Erich BOLLMANN (1769-1821) (Allemagne) 

Justus Erich Bollmann était allemand, né à Hoya près de Brème Il fit ses études d e médecine à Göttingen et obtient son diplôme en 1792

Il eut une destinée étonnante à cheval sur deux continents mais ce médecin s'initia à la politique lorsqu'il partit vivre à Paris : c'étant les débuts de la Terreur.

Dès son diplôme obtenu, Justus Eric, enclin aux idées révolutionnaires, arrive en août 1792 à Paris pour où il comptait s'installer comme médecin généraliste.

Son destin allait lui faire faire deux rencontres capitales :

D'abord avec Mme de Staël dans des circonstances dramatiques : Mme de Staël, mariée à un diplomate suédois, s'était éprise du comte Louis Maie de Narbonne-Lara, fils naturel de Louis XV et ministre de Louis XVI. Bien que dans un premier temps favorable aux idées révolutionnaires, il s'oppose aux prises de position politique des Jacobins. Quand arrive la Terreur, sa tète est mise prix et ce fut Bollmann amené à Mme de Staël par l'intermédiaire de l'aumônier de l'ambassade de Suède qui réussit en août 1792 à faire passer Narbonne, dont la tête avait été mise à prix par les révolutionnaires en Angleterre après lui avoir procuré de faux passeport,

Le Dr Bollmann eut moins de chance avec le marquis de la Fayette: En août 1792, l'Assemblée avait déclare La Fayette "traitre" à la patrie "La Fayette : le général se trouvait alors en Belgique avec son armée et décide de s'enfuir mais il est arrêté par les troupes ennemies et livré aux Autrichiens puis aux Prussiens à Neisse en Silésie. puis à Olmutz en Moravie. Les conditions de détention étaient dramatiques qu'un réseau d'entra 'aide international basé aux Etats Unis où le souvenir de La Fayette était encore très présent et en Allemagne. Le fils du grand ami de La Fayette aux Etats Unis, Francis Kinloch Huger fut chargé d'organiser avec l'aide du Dr Bollmann l'évasion de La Fayette. Malheureusement les plans furent déjoués et Bollmann condamné à un mois de prison et La Fayette ne sera libéré qu'en 1797 sur intervention de Bonaparte.

Les dernières années de Bollmann sont une longue suite de voyages il a émigré en Amérique, où il a fondé une entreprise de transport en 1797 à Philadelphie, qui fait faillite en 1803

On le retrouve à Vienne en 1814, puis à Londres où il avait créé une entreprise de produits chimiques. Il fut perdu par son cosmopolitisme : Il avait voulu développer le commerce de son entreprise aux Etats Unis.

C'est dans le climat béni des Carabes que va prendre fin ce long scenario cosmopolite et mourut au cours d'une halte à la Jamaïque à l'âge de 52 ans.

Figure hautement romanesque, sa vie a inspiré nombre d'ouvrages dont celui, célèbre en Allemagne "Cent ans" d'Albert Heinrich Oppermann.

Bibliographie : entre autres Charlotte Bienenhassel, " Mme de Staël[18], ses amis et son influence politique" (1889) 

Alain BOMBARD (1924-2005) (France) Un futur ministre sur un radeau de sauvetage 

Alain Bombard était né à Pris et fit ses études au Lycée Henri IV puis à la Faculté de médecine de Paris.

L'homme qui traversé l'Atlantique en radeau pneumatique était médecin et termina son aventure en mer par un beau parcours politique.

Le 19 Octobre 1952 Bombard a voulu être le premier à traverser l'Atlantique, à bord d'un canot pneumatique. Cette aventure, Alain Bombard va la gérer en médecin et cardiologue, ce qui était sa spécialité. Il consigne scrupuleusement toutes ses observations, mesure ce qu'il avale, ses sensations, son état général, sa pression artérielle et son rythme cardiaque. Sans oublier les effets secondaires de la consommation d'eau de mer, considérée à l'époque comme le pire des poisons, mais source précieuse de sodium. Bombard filtre le plancton, riche en vitamine C, pour combattre le scorbut. Il s'alimente de sa pêche, récupère l'eau de pluie quand la météo lui est favorable, boit l'eau "douce" obtenue en pressant la chair de ses prises. Et consomme l'eau de mer, par petites quantités.

Alain Bombard voulut après tâter de la politique. Entré en 1974 au Parti socialiste, il avait été ministre secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Environnement dans le premier gouvernement Mauroy, en mai 1981 mais Il quitta le gouvernement à la suite de déclarations sur la chasse à courre qu'il souhaitait abolir.

Il meurt tout près de la mer, à Toulon à l'âge de 81 ans

Œuvre : Son récit de ses 65 jours en mers, "Naufragé volontaire[19] (1953) fut traduit dans dix langues. 

Pierre Jean Baptiste CABANIS (1757-1808), pur produit du siècle des lumières  

Pierre Jean Baptiste Cabanis fut tout à la fois médecin, physiologiste et philosophe.

Son enfance se passe au château de Salagnac à Cosnac, prés de Brive où d'un père, avocat reconverti dans l'agriculture après son mariage avec la châtelaine de Salagnac.

Il fut envoyé faire ses premières études au Collège Brive-la-Gaillarde et s'y montra rebelle à toute autorité. La sanction ne tarda pas : il fut renvoyé à sa famille qui l'envoya à Paris loger chez un grand ami de la famille, le baron de l'Aulne, plus connu sous le nom de Turgot.

En fait, ce que voulait Cabanis c'était faire des voyages et lorsqu'il eut atteint l'âge de seize ans, il saisit la première occasion offerte : devenir secrétaire d'un un grand seigneur polonais qui allait rentrer dans son pays. Commence alors pendant deux ans une vie d'errance en Pologne et en Allemagne.

De retour en France, Pierre Jean Georges se découvre un gout vif pour la littérature. Grâce à ses relations il entre dans le célèbre salon à Mme Helvetius qui tient un célèbre salon littéraire. Il lit beaucoup, de Platon, Cicéron, Saint Augustin, Montaigne, Bossuet, Buffon, Montesquieu, Rousseau et Voltaire, et acquiert une bonne formation philosophique. Il entreprend même une traduction en vers de l'Iliade.

La carrière médicale prend naissance en 1777, avec l'appui d'un grand personnage de la société parisienne de l'époque, le Dr Dubreuil et, après sept ans d'études il reçoit son diplôme de médecin à Reims

Il s'installe ensuite à Auteuil avec l'espoir d'une carrière universitaire. Effectivement, en 1795 il devient professeur à la faculté de médecine de Paris et très rapidement va monter les échelons de la réussite : en 1796, il est nommé professeur d'Hygiène, puis de médecine légale.

C'est alors qu'il fait la connaissance d'Honoré Gabriel Riqueti, le comte de Mirabeau dont va être médecin personnel et l'ami.

Du coup, les convictions de Cabanis deviennent nettement républicaines et la suite est une carrière politique étonnante : député aux Cinq Cents sénateur puis comte de l'Empire, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques et en 1803, de l'Académie française.

Œuvre "Apports du physique et du moral chez l'homme"[20] (1802) 

Jean-Baptiste August Étienne CHARCOT (1867-1936) un grand navigateur fils de grand patron 

Fils du plus célèbre neurologue de sn temps, Jean-Martin Charcot (1825-1893). Jean-Baptiste Charcot a été lui aussi médecin est navigateur consacrant sa vie à l'exploration des régions arctiques

Nommé chef de l'expédition antarctique française avec le navire Français explorer la côte ouest de la Terre de Graham à partir de 1904 jusqu'en 1907.

 L'expédition a atteint l'île Adélaïde en 1905 et a pris des photos de l'archipel Palmer et Côte Loubet. De 1908 jusqu'en 1910, une autre expédition Suivi avec le navire Pourquoi-Pas, la découverte de la mer de Bellingshausen et la mer d'Amundsen et de découvrir Loubet terre, la baie Marguerite et l'île Charcot, qui a été nommé d'après son père, Jean-Martin Charcot.

Plus tard, Jean-Baptiste Charcot va en 1921 explorer Rockall, célèbre récif entre l'Irlande et l'Islande et le Groenland de l'Est et du Svalbard,archipel au nord du Spitzberg de 1925 à 1936.

Il a trouvé la mort lors du naufrage de son navire dans les eaux glacées de la mer d'Islande en 1936. Au dire des survivants sa fin fut pathétique, le commandant Charcot refusant jusqu'au bout de quitter son poste de commandement.  

Louis Napoléon CHERNOWIZ (1812-1881) un médecin sur trois pays (France, Pologne, Brésil) 

Louis Napoléon Chernowiz est un médecin du XIXème siècle qui a vécu dans trois pays différents :la Pologne où il était né, la France où il vint chercher refuge après la révolte polonaise de 1831° et le Brésil où il va faire une carrière de médecin

Une fois acquis à Montpellier son diplôme de docteur en médecine, il obtint en 1840 du roi Louis Philippe d'être envoyé en mission au Brésil auprès de l'empereur Dom Pedro.

A son retour en France il s'installe à Passy et fait construire une demeure de style colonial dans une vaste propriété de Passy, là où sera plus tard "sa rue ", la rue Chernowiz, non loin de la Seine. C'est là que s'est terminée l'existence aventureuse de Louis Napoléon. Il avait 69 ans

À sa mort, deux de ses gendres, Georges Guillaume et Emmanuel Magnol, ont racheté la propriété pour faire don d'une partie à la Ville de Paris pour les Écoles Communales.

Le mérite de Louis Napoléon Chernowiz avait été d'avoir compris l'intérêt d'une exploration systématique des plantes médicinales traditionnelles du Brésil.

C'était jeter les bases d'une nouvelle discipline : l'ethnopharmacologie, complément d'une ethnobotanique qui étude de façon interdisciplinaire les matières d'origine végétale, les savoirs et les pratiques s'y rattachant, proposées à des fins thérapeutiques, curatives, préventives

Bibliographie :Chernowoz Louis Napoléon "Elementos de Botánica General e Médica" (Rio de Janeiro : Typographia Nacional, 1877), Historia das plantas e Medicinaes Úteis do Brazil (1884) et François Terré, ‎Luc Lauriau-Chernowoz, "L'histoire Pierre-Louis-Napoléon Chernowoz: (1812-1881) " (Ed.Jean-Pierre Naudé Des Moutis – 2009) et A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris,2010)

 Nicolas COPERNIC (1473-1543) un Polonais de l'Europe universitaire 

Nicolaus Copernic est né à Torun en Prusse, fils cadet d'un marchand de Cracovie, Niklas Kopernik.

En 1491, il part en Pologne, étudier la théologie la médecine et l'astronomie à l'Université de Cracovie.

Puis commencent les voyages : de 1495 à 1500 Copernic va vivre en Italie, pot suivre les cours de jurisprudence à l'Université de Bologne en Italie.

Il revient en Prusse en 1497, car il a été nommé chanoine de la cathédrale de Frauenburg, mais il est repartira bientôt à Bologne puis en 1500, à Rome, où désormais, il enseigne les mathématiques et l'astronomie

Après une brève visite à sa ville natale en 1501 il repart en Italie poursuivre des études de droit et de médecine à l'Université de Padoue.

En 1503, il obtient le titre de docteur en droit ecclésiastique à l'Université de Ferrara et, deux ans plus tard, reviendra dans son pays.

Il finira sa vie au nord de la Pologne, à Frombork (Frauenburg) sur les bords de la Vistule comme médecin de l'évéché.

Bibliographie: Jean-Pierre Luminet "Le secret de Copernic Les bâtisseurs du cie" et A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010) "

 Garcia Da ORTA (1501-1568): un médecin Portugais aux Indes  

 Garcia da Orta appelé aussi da Horta, Horto, Orto ou del Huerte, était né au Portugal, à Castelo de Vide, près de Portalegre. 

 Garcia fait d’abord ses études en Espagne, dans les facultés de Salamanque et d’Alcalá de Henares, la patrie de Cervantès, puis se rend à Salamanque pour y apprendre la médecine, les arts et la philosophie. Passionné par les études, il s'initie à la pharmacopée arabe, discute des auteurs grecs, latins et s'intéresse aux œuvres des grands auteurs de Perse.

Couvert de diplômes il revient au Portugal en 1523, deux ans après la mort de son père, et s’installe comme médecin dans sa ville natale de Castelo de Vide puis, à partir de 1526 à Lisbonne même, où il accède, en 1530, à la chaire d'enseignement de la Logique philosophique.

 A présent, l'inquisition menace et la chasse aux "mauvais catholiques" commence, Garcia décide, pour échapper aux persécutions, de quitter son nouveau pays. Il était interdit aux "Nouveaux Chrétiens" d'émigrer mais Garcia va parvenir, en 1534, à se faire engager comme médecin à bord du vaisseau amiral du gouverneur des Indes, Martim Afonso de Sousa, le conquérant du Brésil.

Garcia da Orta prend part à différentes campagnes de la flotte portugaise, puis, en 1538, s’installa aux Indes, dans la capitale de l'empire portugais d'Orient, à Goa.

 Goa, actuel Panaji ou Pandjim, jadis Villanova-da-Goa situé sur une île, dans l'ancien Bedjapour (Bijapur), au Sud de Bombay, sur la côte Ouest dite Malabar était le chef-lieu des possessions portugaises en Inde. Elle a remplacé l'ancienne Goa (Velha Goa ou Ela), un autre port situé à 9 kilomètres de là, dans la même île. Pandjim, habitée au XVIe siècle par une population arabe, fut prise par Albuquerque en 1510 et devint la capitale des Portugais en Inde, Cette ville a joué le plus grand rôle dans tout le XVIe siècle. Sa décadence date de l'époque où les Anglais enlevèrent aux Portugais leurs possessions. dans les Indes. Elle fut abandonnée au XVIIIe siècle, à la suite d'une épidémie.

 Goa, la "ville dorée", la "Goa Dourada" émerveillait ses visiteurs par sa richesse et le dicton l'assurait :"Celui qui a vu que Goa n'a pas besoin de voir Lisbonne". A une époque où le monde commercial restait encore centré sur l'Orient, c'était le grand carrefour où se croisaient les négociants de tous les pays, non seulement Portugal ou Espagne mais encore Italie, Grèce, Perse et toutes les régions d’Asie.

 La carrière de Garcia va connaître un succès éclatant: Il devient médecin du sultan d’Ahmednagar, Burhan Shah, puis de divers vice-rois et gouverneurs portugais. Un de ses patients va aller jusqu''à lui offrir un cadeau royal : l'île de Bombay, appelée de nos jours Mumbay, mais Garcia n'aura jamais l'occasion d'y vivre.

Garcia va, durant sa brillante carrière aux Indes, partager son temps entre la médecine et le commerce des marchandises dont regorgeaient les bazars de Goa : les perles et le corail de Bahreïn, la porcelaine et la soie de Chine, les drogues et les épices de l'archipel malais, les plantes médicinales et les pierres précieuses venues des contrées les plus lointaines.

En 1540, à l'âge de 40 ans, il épouse la fille d’un riche marchand juif espagnol, venu émigrer aux Indes, Brianda de Solis. Le mariage, fut loin d'être heureux car sa femme, si l'on en croit les historiens portugais, "était avide et arrogant, méprisant un mari tenu pour lui être inférieur" Garcia en eut deux filles dont on ignore le destin

Il édifia pour sa famille une demeure luxueuse, la Quinta, et avait fonde un jardin botanique sur l'île de Bombay 2] pour y expérimenter la culture des plantes médicinales exotiques. A cette fin, il avait créé un réseau personnel d'agents commerciaux dont la mission était de lui faire parvenir les plus beaux et les plus intéressants spécimens végétaux de tout le monde oriental.

Dans le même temps, il parvint à rassembler une documentation exceptionnelle, ainsi qu'il le dit lui-même, sur les "choses et les gens de l’Inde". Ce savoir unique fera l’objet d’un livre, son seul ouvrage connu: "Le colloque des simples et des drogues de l’Inde" dont le sous-titre est explicite : "Conversations sur les simples, les drogues et les substances médicinales de l’Inde"). Le livre fut édité à Goa même en 1563 : c"zt une véritable Une encyclopédie sur l'Inde du XVIème siècle 3]

La Sainte Inquisition était là qui les attendait : en 1565, les persécutions contre les "Nouveaux Chrétiens" commencèrent à Goa et Catarina, une des sœurs de Garcia fut brûlée vive sur un bûcher en 1569.

Quant à Garcia lui même, décédé quelques mois plus tôt, la condamnation ne put être prononcée qu’à titre posthume : en 1580, ses restes furent exhumés et brûlés sur la place publique en témoignage d’Auto Da Fé 4].

De Garcia da Orta lui-même il ne reste que le nom donné à un modeste petit jardin public de Panaji, capitale de l'État de Goa.

Bibliographie : A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010) 

DEMOCEDES de Crotone (VIe siècle av. J.-C) : un intellectuel au palais de Darius 

Célèbre médecin et philosophe, Democedes de Crotone a vécu à Egine et à Athènes. Vers 530 av. J.-C.,, il entra au service du roi Polycrate de Samos. Après la chute du roi vaincu par les Perses, il fut conduit à Sardes, puis à la cour de Darius.

Appelé au chevet du roi qui s'était démis la jambe lors d'une chute de cheval, il montra tout son savoir et de même quelque temps plus tard lorsqu'il traita avec succès la tumeur du sein de la reine Atossa.

Democedes devint ainsi le médecin personnel et le conseiller de Darius.

Il obtint finalement la liberté et put rentrer dans son pays, épousa la fille de l'athlète Milon et périt vers 504 dans une émeute dirigée contre l'oligarchie pythagoricienne.

Bibliographie : "J. de Romilly " Médecine et politique" ''Sauvegarde des enseignements l:itteraires, 1914) 

Alfred DÖBLIN (1878-1957) (France et Allemagne) Berlin, Hollywood et Paris 

Alfred Döblinqui était médecin en même temps qu'écrivain, apporta à la littérature un procédé tout à fait novateur d’écriture du roman.

Döblin venait d’une famille de Stettin venue à Berlin à la suite d’un drame : le père avait quitté les siens pour s'en aller vivre aux Etats Unis. Alfred entreprend en 1896 ses études de médecine Il obtient son diplôme à l'Université de Berlin, quelques années plus tard, en soutenant une thèse sur la démence des maladies de Korsakov et, à partir de 1904, va se spécialiser en psychiatrie

Cependant, en 1933, lorsqu’Adolf Hitler arrive au pouvoir au lendemain de l’incendie du Reichstag, les Döblin conscients de la marche inéluctable de l'Histoire quittent l’Allemagne pour se refugier en Suisse.

Alfred était depuis longtemps attiré par la France : il part pour Paris en emmenant tous les siens avec lui : il obtient en 1939 la nationalité française Lorsque la guerre éclate, Döblin travaille en compagnie d’autres émigrants allemands, au Ministère de la Guerre, à combattre la propagande nazie.

A la débâcle de juin 1940, il lui faut quitter en toute hâte Paris pour gagner le sud de la France. Il ne retrouve les siens qu’après plusieurs semaines de recherche angoissante, à Toulouse.

Après avoir obtenu à Marseille, l’autorisation de sortie du territoire français ainsi qu’un visa provisoire du consulat américain, les Döblin réussissent, en juillet 1940, à passer en Espagne, puis, de là au Portugal où ils parviennent enfin à trouver place sur un bateau qui va aux Etats Unis.

Enfin saufs ! Les Döblin vont rester quelque temps à New-York puis Alfred décide d’aller tenter sa chance comme scénariste à Hollywood. Il va retrouver en Californie bien d’autres réfugiés allemands, parmi lesquels un certain Berthold Brecht.

Les Döblin ont trouvé à se loger dans un hôtel meublé de Cherokee Avenue, à deux pas du légendaire Sunset boulevard et Alfred obtient de la Compagnie Metro-Goldwyn-Mayer un contrat d’un an... à100 dollars par semaine.

Survient alors un nouveau drame dans la vie des Döblin : ils apprennent que leur fils, Wolfgang, mathématicien de haut niveau qui était resté en France, s’est suicidé pour ne pas tomber entre les mains des nazis

Döblin décide de rentrer en France : il arrive le 15 octobre 1945 à Paris, un des premiers émigrés à revenir. Il habite à présent Paris et tente de revenir en Allemagne mais ce sera dans les fourgons de l’armée française.

En 1945, Döblin obtient le poste d’inspecteur littéraire de l’administration militaire dans des Forces Françaises d'occupation en Allemagne, d'abord à Baden-Baden, puis à Mayence.

La tentative de faire revivre l'Allemagne de Weimar dans un roman intitulé 1918 est un échec : le passé n'intéresse plus personne.

Döblin se tourne alors vers l’Allemagne communiste : il émigre à Berlin-Est et deviens, membre de l’Académie de l’Art nouveau de la République démocratique allemande mais, déçu par l’atmosphère bureaucratique du régime de Pankow, il ne tarde pas à regagner la France puis, à nouveau l'Allemagne, mais c'est l'Allemagne Fédérale, cette fois.

A présent, Döblin se sait gravement malade, atteint parla maladie de Parkinson et il va faire de nombreux séjours dans les hôpitaux de Forêt-Noire. Il mourra à Emmendingen, près de Fribourg-en-Brisgau agé de 79 ans. Sa femme, ne voulant pas lui survivre, va se suicider trois mois après.

Alfred Döblin, l’homme de tous les défis Libre-penseur dans le Hollywood bien-pensant, juif converti au catholicisme et citoyen allemand revenant dans son pays, après la dernière guerre sous l’uniforme des vainqueurs, Alfred Döblin est resté toute sa vie l’homme de tous les défis et en a payé le prix.

A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010) 

JOSEPH DOMBEY (1742-1794) :  botaniste de l'Amérique du sud 

Joseph Dombey quitta très tôt sa famille de Mâcon pour aller à Montpellier étudier la médecine et la botanique pour laquelle il av ait une véritable passion. En en 1768, il est diplômé en médecine et, en 1772, il est nommé assistant du botaniste Bernard de Jussieu, puis en 1776 nommé par ce Turgot botaniste du Jardin des Plantes. Grace à Jussieu, Dombey se lie d'amitié avec un autre passionné de botanique, Jean Jacques Rousseau

En mission au Pérou

Un an plus tard, il est envoyé en Amérique du Sud collecter des plantes médicinales. Il arrivé au Pérou, à Callao en Janvier 1778, et bientôt réunit une collection complète de la flore péruvienne, accumulant ainsi des informations précieuses sur le quinquina. En 1780, il envoya une partie en France une partie de sa collection, mais le navire est capturé par les Britanniques, et les échantillons envoyés au British Museum, malgré les revendications ultérieures du gouvernement français.

Dombey parvient à remplacer cette perte, et réunir une seconde collection, mais les autorités de Callao confisquent plus de 300 dessins originaux de plantes rares, sous le prétexte que les œuvres d'artistes autochtones n'étaient pas autorisés à être exportés vers les pays étrangers. Ces dessins ont été offerts aux botanistes espagnols Ruiz et Pavón, qui les ont utilisés dans leur publication de La Flora péruvienne.  

Au Chili

En 1782, Dombey a visité le Chili et a recueilli les plantes indigènes au pays a fait. Pendant son séjour à Concepción le choléra a éclaté, et à la fois Dombey offert ses services et ce nommé médecin en chef de la ville, en1783

Lorsque l'épidémie était passé, Dombey est invité: à visiter les mines de mercure du Chili, les mines de Coquimbo  

A Cadix

Il s'embarqua pour revenir en France pour Cadix, où il est arrivé en Février 1785. Là, il a subi la perte de la moitié de ses collections, qui ont été saisis par le gouvernement espagnol et se emprisonnés jusqu'à ce qu'il accepte de ne pas publier ses recherches avant Pavon et Ruiz.  

Retrou en France

Dombey a réussi à s'échapper en France par Le Havre, et reçoit, sur la recommandation de Buffon, à une indemnité de 10 000 francs et à une pension annuelle de 1.200 francs. Ses collections botaniques ont été confiées au botaniste français L'Héritier,.

En 1793, Dombey a été envoyé en mission aux États-Unis, mais arraisonné par des corsaires et détenu dans les Antilles à Montserrat, il mourut en prison.

Bibliographie : Catherine Lang, " Joseph Dombey (1742-1794), un botaniste au Pérou et au Chili. Présentation des sources "[21] 

Georges DUHAMEL (1884-1966) et la civilisation des voyages  

Georges Duhamel naît en juin 1884 à Paris dans une famille nombreuse et modeste. Son père, qui servira plus tard de modèle à "Ram" Pasquier, est un pharmacien fantasque et instable, qui entraîne sa femme et ses enfants dans des déménagements incessants. Georges n'en fait pas moins une brillante scolarité. Tiraillé entre deux vocations - scientifique et littéraire -, il choisit de n'en sacrifier aucune. Tout en poursuivant des études de médecine, il fonde avec son ami et beau-frère Charles Vildrac le groupe de l'Abbaye de Créteil, un phalanstère d'artistes (écrivains, musiciens, peintres.) vivant de travaux d'imprimerie.

Ses études achevées, Duhamel entre dans l'industrie pharmaceutique tout en publiant de la poésie et des pièces de théâtre et en débutant comme critique littéraire au Mercure de France. Durant la Première Guerre mondiale, il s'engage comme chirurgien militaire, une expérience traumatisante dont il fera la matière de deux recueils de nouvelles, Vie des martyrs et surtout Civilisation, qui lui vaut le prix Goncourt 1918 et une notoriété immédiate.

Duhamel a consacré de nombreux livres à ses voyages, notamment aux Etats-Unis, Finlande, Grèce, Hollande, Japon, Moscou, Palestine et Turquie

Bibliograhie :, Arlette Lafay "Georges Duhamel parmi nous" (Éd. du Valhermeil, 2000 ) 

Luc DURTAIN (1881-1959) un médecin ORL voyageur 

Luc Durtain, de son vrai nom André Robert Gustave Nepveu, est un poète, romancier, auteur dramatique et essayiste français.

Il exerçait la profession de médecin oto-rhino-laryngologiste. Entre 1906 et 1908, il fréquenta l'Abbaye de Créteil et fut profondément marqué par cette expérience : il restera en amitié avec Charles Vildrac et Georges Duhamel, deux des fondateurs de ce phalanstère littéraire.

À partir des années 1930, l'auteur se présenta comme un "écrivain en voyage" : il effectua en effet plusieurs voyages autour du monde, notamment en compagnie du sociologue Phan Bội Châu, explorant l'Afrique, l'Indochine et rapportant de nombreux témoignages considérés aujourd'hui comme plein de justesse, de modération, possédant l'art du reportage, ce qui le distingue des "écrivains coloniaux" classiques.

Grand voyageur, attentif aux crises de la civilisation occidentale, il laisse une œuvre variée, dense, oubliée aujourd'hui, alors qu'elle rend compte à sa manière de l'évolution de la société au cours de la 1ère partie du 20ème siècle

Dès 1908, il s'affirme comme “unanimiste” aux côtés de Jules Romains.

Toute son œuvre est imprégnée du sentiment intense d'une universalité humaine et de l'osmose entre l'homme et le monde.

Bibliographie 1907 : "L'Étape nécessaire" (1907), " Quarantième étage" (1927),  Découverte de Longview (1927), "Hollywood dépassé" ( 1928), "Quelques Notes d'U.S.A." ( 1928), "L'Autre Europe : Moscou et sa foi" (1930 ), " Dieux blancs, hommes jaunes" (1930), "Quatre continents" (1935) et " Le Globe sous le bras" (1936) 

Jean Louis ETIENNE (1946) un globe trotter de l'exploit 

Médecin spécialiste de nutrition et de biologie du sport, Jean-Louis Etienne a participé à de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie, ainsi qu'à la course autour du monde à la voile sur Pen Duick VI avec Eric Tabarly.

En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traîneau pendant 63 jours.

Entre juillet 1989 et mars 1990, il est co-leader avec l'Américain Will Steger de l'expédition internationale Transantarctica et réussit en traîneaux à chiens la plus longue traversée de l'Antarctique jamais réalisée : 6300 km.

Infatigable défenseur de la planète, Jean-Louis Etienne a mené entre 1990 et 1996 plusieurs expéditions à vocation pédagogique pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu'elles jouent sur la vie et le climat de la terre. À bord du voilier polaire Antarctica, il part en 1991-1992 pour la Patagonie, la Géorgie du Sud et la péninsule Antarctique. En 1993-1994, c'est l'expédition au volcan Érébus, en 1995-1996, l'hivernage au Spitzberg.

Au printemps 2002, il a réalisé la Mission Banquise, une dérive de trois mois sur la banquise du pôle Nord, à bord du Polar Observer pour un programme de recherche et d’informations sur le réchauffement climatique.

De décembre 2004 à avril 2005, il a dirigé une équipe de chercheurs du Muséum, de l’IRD, du CNRS afin de réaliser un inventaire de la biodiversité et un état de l’environnement marin sur l’atoll français de Clipperton dans le Pacifique..

De janvier 2007 à janvier 2008, il fait construire un dirigeable pour traverser l’Arctique et mesure l’épaisseur de la banquise. Après la destruction du dirigeable dans une tempête, l’expédition n’est pas encore repartie.

De septembre 2007 à octobre 2008 il a été Directeur Général de l’Institut Océanographique – Fondation Albert 1er, Prince de Monaco.

En avril 2010, il réussit la première traversée de l’océan Arctique en "ballon rozière".

Bibliographie "Les Pôles"  ( Ed.  Flammarion, 1992), Antarctica (Ed.Gallimard, 1992), Expédition Erebus (Ed. Arthaud (1994) 

Isaac FEATHERSTON (1813-1876) un médecin anglais qui fit fortune en Nouvellle-Zelande 

Isaac Featherston est né à Newcastle, aux frontières de l'Ecosse, d'une famille enrichie dans l'épicerie.

Il fit ses études à Tamworth près de Birmingham puis à l'Université d'Edimbourg où il obtient son diplôme en 1836.

A l'âge de vingt ans, Isaac tombe malade de tuberculose et ses médecins lui conseillent de s'engager comme médecin dans la marine. Il demande alors à partir comme chirurgien à bord de l'Olympus, pour un voyage de cinq mois vers la Nouvelle Zélande..

Il débarque à Auckland et va décider de s'y installer comme médecine et va bientôt acquérir une vaste clientèle.

Il décide alors de s'investir dans la vie politique de sa nouvelle province. Il est élu nommé "superintendant" de Wellington en 1853 et le restera jusqu''en 1870

Au Parlement de Nouvelle Zélande, il est élu député de province[22]en 1853 comme représentant de Wanganui and Rangitikei en 1858 puis représentant de Wellington jusqu'en 1870 en tant que conservateur en 1863 et y restera jusqu'en 1870.

Il a a été ministre de l'Intérieur ("Colonial Secretary") en 1869 puis Ministre sans portefeuille de 1869 à 1871

Il meurt à l'âge 83 ans à Wairapa baptisée depuis Featherson en son honneur

La chronique locale précise que ce médecin irascible avait, en 1848 , provoqué en duel le colonel William Wakefield qui avait mis en doute sa probité. Un duel s'ensuivit mais le colonel a déchargé en l'air son pistolet disant qu'il ne voulait pas tirer sur un homme avec sept filles. Featherston avait eu sept enfants de son épouse Jane Earl, tous filles

Biographie : , Isaac E Earle Featherston "In Memoriam"[23] 

Louis FRANK (1761-1825) un médecin fou d'Orient 

 Louis Frank venait d'une famille française qui avait des racines à travers toute l'Europe en Belgique, en Allemagne et en Autriche. Un oncle, Jean-Pierre Frank, avait été médecin de la Cour royale de la Russie 

À Milan avec Bonaparte

Louis a commencé en 1780 ses études de médecine en Allemagne, à l'Université de Göttingen, mais les poursuivit en Italie, à Pavie. Après avoir terminé en 1798 ses études de médecine, Louis s'octroya une sorte de congé sabbatique en parcourant en tous sens l'Italie. En 1796, il est à Milan et assiste en spectateur fasciné à l'entrée triomphale de Bonaparte à la tête de son armée. Dans les jours qui suivirent, il tenta, amis en vain, de prendre contact avec son idole 

En Egypte

En fait, Louis était depuis toujours attiré par l'Orient : il décide, en 1797, d'aller visiter l'Egypte. En automne, il arrive au Caire et, après quelques jours, loue une felouque pour remonter le Nil jusqu'à Assouan.

Malheureusement pour lui, en Juillet 1798, l'Armée française débarque à Alexandrie et comme tous les autres étrangers vivant en Egypte à cette époque, il est mis aussitôt en prison. Il n'en sortira qu''à l'annonce des victoires françaises : le premier soin de Louis est de prendre contact avec Vivant Denon, chef de la Mission française scientifique française afin d'obtenir un rendez-vous avec le général Bonaparte. La rencontre donne des résultats positifs car Louis va être nommé médecin chef de l'hôpital militaire d'Alexandrie. Il y restera en poste jusqu'au départ des troupes françaises en 1801. 

En Tunisie

De retour à Paris, Louis tente en vain de reprendre contact avec son grand homme. Il est toujours aussi attiré par l'Orient et se décide à gagner la Tunisie. Arrivé en 1801 à Tunis, il est parvient, avec l'appui d'un ami local, à obtenir le poste de médecin personnel du Bey, Hammouda Pacha. Certes, le Bey se montre souvent tyrannique et la vie n'était pas toujours facile pour Louis. Il mentionne, à titre d'exemple, un incident avec des gardes du Bardo qui lui jette "Tu n'es qu'un chien de chrétien, qu'est ce que ce Bonaparte par rapport à notre sublime Bey...?" Louis allait devoir supporter ces épreuves pendant encore cinq années entières. 

Retour en Italie

Louis revient à Paris mais c'est pour gagner la route de Venise où il va séjourner quelque temps avant de reprendre la route de l'Orient mais, cette fois, c'est vers l'Albanie où il arrive après plusieurs mois d'errance sur les côtes de Dalmatie 

En Albanie

Arrivé à Janina en Albanie en 1805, Louis tente, comme il faisait toujours, d'obtenir un poste de médecin auprès d'un haut dignitaire. Il lui faudra accepter la proposition de devenir médecin du tristement célèbre gouverneur de l'Epire, Ali Pacha, connu pour ses atrocités, mais aussi son amitié étroite avec Lord Byron. Le monde méditerranéen de cette époque vivait en vase clos et Louis Frank put rencontrer en Albanie, le célèbre consul de France, Charles de Pouqueville qui venait d'arriver en poste. Quand Ali Pacha tombe en disgrâce, il ne reste plus à Louis que regagner la France

A Corfou

Louis ne reste en France que pour une courte période en 1810. Il ne lui faut pas longtemps pour repartir au Levant et ce sera comme médecin de l'hôpital de Corfou. En effet, Corfou, occupé par la France depuis le traité de Campo-Formio était alors devenue département français, le Département du Corcyre. Cependant, après 1815 et l'écroulement de l'Empire, tout va changer dans les îles Ioniennes et Corfou devient protectorat du Royaume-Uni : il n'y avait pas d'autre choix pour Louis que revenir en France 

Dernier voyage : l'Autriche

Une fois rentré à Paris, Louis devait faire face à une situation politique des plus périlleuses. La seule possibilité qui lui restait était d'aller rejoindre son oncle à Vienne.. Arrivé là bas, Louis épouse une Autrichienne puis il tente de trouver, comme il l'avait toujours fait, un poste auprès d'un des Grands de ce monde : ce sera, cette fois, après une année de recherche, le poste de médecin de l'ex-impératrice Marie-Louise archiduchesse d'Autriche. En 1817, il devient médecin-chef d'un établissement psychiatrique et réalise à Vienne son projet d'ouvrir une école de médecine. Il meurt à Simmering en 1825 

Un témoignage irremplaçable sur la vie en Orient au XIXe siècle

Louis Frank nous a laissé un document étonnant sur sa vie en Orient "Description de Tunis par un ancien médecin du Bey de Tunis, du Pacha de Janina et de l'Armée d'Egypte"

 C'était un des plus pittoresques personnages de l'expédition de Bonaparte en Egypte mais il restera surtout de lui d'avoir été figure emblématique du grand mouvement orientaliste qui a parcouru l'Europe entière à cette époque : Lamartine, le grand poète du XIXème siècle l'avait dit avant de mourir : "Je suis né Oriental et je mourrai Oriental"...

 Bibliographie : A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010) 

Sigmund FREUD (1856-1938) : "Notre cœur tend à Venise" 

Sigmund Freud était né dans une petite ville de Moravie, Příbor[24]  alors possession austro-hongrois et avait fait ses études de médecine à l'Université de Vienne où il obtint son diplôme en 1881.

Il fut d'abord l'eleve d'un célèbre psychiatre Viennois Theodor Hermann Meynert mais décida rapidement de venir à La Salpetrière, alors temple de la psychiatrie européenne, dans le service du Pr. Jean-Marie Charcot.

C'est à son retour, en 1896, qu'il va entreprendre d'élaborer la doctrine et le vocabulaire psychanalytique.

Freud eut toute sa vie le goût des voyages. Il le montre clairement dans sa volumineuse correspondance : plus de 20000 lettres, cartes postales et télégrammes pour la plupart adressés à la famille: sa femme, Martha Bernays, son frère Alexandre, sa sœur Rose et leurs enfants

Venise : Un amour de longue date

Déjà, en 1885, Sigmund mentionne Venise dans une missive à sa femme où il fait part de l'invitation reçue d'un de ses collègues de La Salpetrière: "J'aimerais que nous puissions accepter l'invitation à loger dans un des palais de Venise".

Par la suite, viendront d'innombrables voyages en Italie [25] avec au moins six séjours, peut être huit, selon certains biographes, à Venise.

 

Premier voyage à Venise, avec le frère cadet Alexandre (25-2 septembre 1895)

Sigmund n'a pas encore quarante ans lorsqu'il fait son premier voyage à Venise, du 23 août au 2 septembre 1895. Il était parti en compagnie de son frère cadet Alexandre, laissant en Autriche sa femme près d'accoucher. Les deux frères descendent à la Casa Kirsch, aujourd'hui hôtel Métropole de la Riva degli Schiavoni

Dans ses lettres à Martha, le ton est enthousiaste:

Dimanche 25 août 1895 ; Mon cher amour, Nous avions convenu ensemble que tu n'obtiendrais pas de moi des descriptions détaillées [sur Venise] : Les transes qui saisissent le visiteur l'en empêchent. Nous sommes en pleine forme, occupés toute la journée à marcher, nous promener en bateau, tout admirer, manger et boire. Chaque matin, nous allons au Lido passer une vingtaine de minutes à nous baigner dans la mer, avec sous les pieds, un sable délicieux. Hier, le temps était frais et la mer un peu houleuse, mais aujourd'hui, il a commencé à faire très chaud. Hier, nous avons escaladé le Campanile de Saint-Marc[26], nous nous sommes promenés au Rialto dans toute la ville, ce qui nous a permis permet de voir les choses les plus extraordinaires, nous avons visité l'église des Frari et la Scuola San Rocco, savourant une surabondance de Tintoret, de Titien, et de Canova, nous nous sommes arrêtés quatre fois au Café Quadri sur la place Saint Marc, avons écrit des lettres, marchandé des achats, et nos deux journées ont été remplies comme six mois. Les moustiques ont bien manifesté leur existence. Inutile de dire, je suis déjà très impatient d'avoir de tes nouvelles"

Le même jour, Freud, note sur une carte postale l'émotion de sa découverte de Venise lors d'une longue promenade en gondole "conte de fée bizarre, totalement onirique"

Lundi 26 : "Le matin au Lido pour un bain de mer puis visite de la ville de Venise : Tour de San Marco et panorama du Rialto". Viennent ensuite les visites aux églises de Venise : Santa Maria Gloriosa dei Frari, avec le tombeau de Monteverdi et statue de st jean baptite par donatello dans la chapelle des Florentins. Autre visite : église Santa Maria Assunta, dite église des Gesuiti, :, , puis, Scuola San Rocco pour voir la fuite en Egypte du Tintoret et bien d'autres chefs d'oeuvre". Les deux frères ont à peine le temps de faire halte au Café Quadri place Saint Marc pour y faire provision de cartes postales

Mardi 27 : Excursion à Murano pour voir souffler le verre. Sigmund fait l'achat d'un miroir de Murano pour Anna.

Mercredi 28 : visite de Chioggia et visite de l'église San Martino à Sottomarina

jeudi 29 : Sigmund se plaint dans une lettre à sa femme que "la vague de chaleur écrasante qui empêche tout déplacement"

vendredi 30matin : promenade au marche aux poissons. Visite des deux églises de la Giudecca : Église du Rédempteur et l'Église des Zitelle. le soir promenade en gondole sur le grand canal. Venise jette tout d'impuissance. Nous sommes très heureux ici. Je vous écris de la chambre de la vue carte postale de la fenêtre sur la Riva degli Schiavoni où je suis resté, avec la tête de Casa Kirsch. Il est un signe de l'insomnie. Je vous écris à la fenêtre avec la vue la plus belle le matin de S. Maria della Salute et San Giorgio Maggiore.

Vendredi 30 après midi Je viens de trouver votre lettre dans la seconde fissure de la porte...... " 

1897 (25 août au 2 septembre) Premier voyage à Venise avec Martha

Arrivée à Venise Visite de l'Academia delle belle arti. Rencontre avec la sœur de Freud, Dolfi Adolphine[27] (1862-1942) qui se trouvait à la même date à Venise.

Dans une lettre à son ami Fliess : "Donc, en rêve,j'ai vu un crâne et je pensais que c'était celui d'un cochon : ne pas exclure qu'il y ait association avec le souhait que tu formulais il y a deux ans, quez je puisse trouver sur le Lido de Venise, comme Goethe, un crâne de mouton à étudier".Le 2 septembre départ de Venise pour aller en Toscna visiter Florence 

1897 (6 septembre) : Lettre de Venise adressée à l'ami Fliess.

Cher Wilhelm; comme tu sais, je suis venu en Italie chercher du punch au léthé. Ça et là j'en prends une bonne dose.

On savoure ici une étonnante sorte de beauté et l'énorme besoin de créer, en même temps que mon penchant vers le grotesque et le psycho-pervers reçoit ici sa ration.

J'ai beaucoup à te dire là dessus mais cela restera entre nous....Cordialement, Sigmund 

1898 nouveau voyage avec Martha

venu de Dalmatie via Trieste : dans le Tyrol du Sud dans le nord de l'Italie, la Suisse, puis en Dalmatie en passant par Venise

 1902 (28 aout au 15 septembre)

Voyage à Rome et Naples de 1902 puis Venise où il arrive Arrivée le Jeudi 28 août 1902

Episode surprenant : les ruines du campanile effondré sis semaines plus tôt le 14juillet 1902

Nouvelle Visite à ma Basilique Saint Marc : "l'église est plus belle que jamais telle une jeune veuve après la mort de son mari"

Cure de bain de mer au Lido " 

Mars 1913, dernier voyage à Venise

Sigmund est, cette fois, avec sa fille Anna qui venait de se marier

Le séjour dure une semaine durant laquelle Ils logent une semaine à l'Hôtel Bristol 

Essai d'analyse d'un cas de passion dynamique pour Venise

Venise; ville étrange : Les rues et les canaux de Venise aquatique et terrestre, avec leur réseau de sentiers qui se croisent, deviennent la scène où l'on voit Freud aux prises avec son projet. Parmi les variables à peine saisis il ya aussi légère pulsation de l'eau de surface due au rythme des marées.

Sous la surface, la profondeur ;  Comme lorsqu'on regarde l'eau des canaux : Sous la surface se cache la profondeur. Les fondations de Venise sont cachés de la surface, Freud avait conscience de la difficulté d'imaginer ce qu'il ya en profondeur, et tout ici se réfère à une séance de psychanalyse.

Le curage des canaux : Comme dans ces canaux où pour curer un canal, on le ferme aux deux extrémités, on en vide l'eau et aparaissent sur le sol bourbeux les objets les plus étranges : dagues rouillées, vieilles chaussures et roues de voitures.

Un punch au léthé : "Venise vous enivre" écrit Sigmund Freud à Martha après l’un de ses premiers séjours. Venise lui fait penser à un "punch au Léthé", un des cinq fleuves des Enfers, parfois nommé " fleuve de l'Oubli qui Léthé coulait avec lenteur et silence : c'était, disent les poètes, le fleuve d'huile dont le cours paisible ne faisait entendre aucun murmure. Il séparait les Enfers de ce monde extérieur du côté de la Vie, de même que le Styx et l'Achéron les en séparaient du côté de la Mort. La porte du Tartare qui ouvrait sur ce fleuve était opposée à celle qui donnait sur le Coccyte. La ville surgie de la lagune aurait ce pouvoir, que le mythe prête au fleuve de l’enfer, de faire oublier son passé à celui qui y goûte.  

Che GUEVARA (1928-1967) Un Argentin au cœur de la révolution cubaine 

Peu de gens savent que le véritable nom de ce médecin hautement politisé était "Ernesto Rafael Guevara de la Serna'". La légende lui a donné le nom de "El Che".

Le "Che" était Argentin, né à Rosario d'une famille d'ascendance à la fois espagnole et irlandaise. Malgré son asthme, il fut depuis le plus jeune âge un sportif accompli, très motivé par le rugby.

En 1948, il vient faire ses études de médecine à Buenos Aires. Il reçoit son diplôme en 1953.

Il n'a jamais exercé car, dès son diplôme obtenu, "le Che" se rend au Guatemala pour y suivre un enseignement tout différent de la médecine : une formation de base aux techniques révolutionnaires. En effet, "Che" avait très tôt orienté ses idées politiques vers une gauche révolutionnaire, située sans équivoque au-delà du communisme. Il rencontré à Mexico Fidel Castro et son frère Raúl et décide alors de se joindre à eux dans la mouvance du " Mouvement du 26 Juillet " ainsi appelé en souvenir du sanglant épisode de l'attaque d'une caserne à Santiago de Cuba.

Le "Che" va aussitôt prendre part au combat des "guerilleros" Castristes. Après la fuite en Janvier 1959 de Fulgencio Batista chef de la "junte" militaire au pouvoir, commence la "revolución cubana" dont "Che" Guevara va devenir figure emblématique. Il est bientôt nommé directeur de l'Institut national de la réforme agraire, puis de la Banque Nationale de Cuba et ministre de l'Industrie.

Il n'a pas pour autant perdu sa foi révolutionnaire : en 1966 Guevara se rend en Bolivie, en passant par Moscou, Prague et Vienne pour rejoindre l'"Ejército de Liberación Nacional "[28](ELN) mais il est capturé je 8 octobre 1867 et exécuté le lendemain. Il avait tout juste 39 ans

Sa fille Aleida Gyevara March a donné récemment des conférences sur son père à Fort de France

Œuvres : "Voyage à motocyclette à travers le continent sud américain (Armée de libération nationale Ed. Mille et une nuits, Paris, 2001. La guerre de guérilla (Ed. Maspero, Paris, 1968[29] 

Engelbert KÄMPFER (1651-1716) médecin "globe-trotter" au temps de Louis XIV 

Engelbert Kaempfer était né en Westphalie à Lemgo près de Lippe d'une famille dont le père était pasteur. Il quitta très jeune sa ville natale pour aller étudier dans diverses villes d'Allemagne : Hameln, puis Lüneburg, Hambourg, Lübeck, et Dantzig mais Il va étudier la médecine à Cracovie, avant d'aller passer quatre ans à Königsberg pour compléter ses études en sciences naturelles.  

En Suède

A l'âge de 30 ans, Engelbert part en Suède. Il rencontre à Uppsala Samuel von Pufendorf (1632-1694) historiographe de la cour qui lui fait rencontrer l'ambassadeur de Suède en Perse, Ludwig Fabritius qui allait repartir en mission auprès du shah. Engelbert décide alors de l'accompagner dans son voyage en tant que secrétaire de l'ambassade  

En Perse

La mission diplomatique quitte Stockholm le 20 mars 1683 pour se rendre d'abord en Russie en passant par la Finlande puis la Lettonie et Moscou. De là les voyageurs se rendent à Kazan puis Astrakhan. Ils arrivent, sur les bords de la Caspienne. au Daghestan puis à Chemakha et ensuite Chirvan en Azerbaidjan. Là se situe un épisode marquant de l'Histoire des voyages : Kaempfer est le premier occidental à avoir visité les célèbres champs de feu pétroliers de Bakou. Le 14 janvier de l'année suivante, la mission arrive à Rasht, dans le nord de la Perse puis Qazvin, au pied des monts Elbourz, et, ensuite, Qom et Kaschan, la ville des céramiques. Ils arrivent à Ispahan, alors capitale de la Perse le 29 mars 1684 au terme d'un an de voyage. Engelbert va y séjourner 20 mois accumulant les observations détaillées sur la vie en Perse à cette époque. A Bander Abbas, sur la cote sud de Perse, Engelbert est atteint d'un violent accès de paludisme mais, à peine rétabli, on lui offre le poste de poste chirurgien sur un navire de la Compagnie des Indes orientales 

Aux Indes

Engelbert s'embarque pour l'Arabie saoudite et de là, gagne les Indes. Durant une escale à Malabar, près de Goa sur la côte ouest, Engelbert, toujours avide d'observer les coutumes locales, demande à assister à une fête donnée en l'honneur du dieu Vishnou. Il en laissera la première description de la littérature occidentale sur les effets du chanvre ou plutôt du cannabis : ""A Malabar, au moment des sacrifices en l'honneur de Vishnu, les brahmanes font venir dans le temple des jeunes filles agréables à voir et richement décorées qui sont amenées pour apaiser le dieu qui règne sur l'abondance et le beau temps. On leur fait prendre une potion à base de chanvre et de datura, et quand les effets de la drogue ont commencé, le prêtre commence ses invocations au dieu. Les possédées commencent à danser, sauter, se tordant les bras en criant. Ouvrant de yeux extatiques, elles commettent toutes sortes d'excentricités. Quand elles sont à bout de forces, on leur donne une potion pour détruire l'effet de la précédente, et on les montre à nouveau à la foule des fidèles pour qu''ils puissent constater que les démons se sont enfuis et que l'idole est enfin apaisée"

A Bali

Après un passage à Ceylan, en Septembre 1689, Kaempfer atteint Batavia où il passé l'hiver pour étudier la flore et la faune de l'ile. En particulier il laisse une description intéressante du "Pandanus" : arbre dont l'aspect étrange a retenu son attention : "ce ne sont pas de vrais arbres et leur tige couverte d’une écorce lisse et marbrée n'est pas un vrai tronc 

Au Siam

En mai 1690, le navire touché au Siam. Engelbert est présenté à un personnage étonnant Kosa Pan, ancien ambassadeur en France qui eut son heure de gloire à la cour de Louis XIV. L'Histoire mérite d'être contée : après une première mission diplomatique du Siam restée infructueuse, une seconde mission fut envoyée en France en 1684, pour y être fastueusement reçue par Louis XIV qui envoya à son tour une mission diplomatique au Siam en mars 1685. En 1686 une nouvelle mission diplomatique fut envoyée du Siam en France : c'est là où intervient Kosa Pan qui conduit la mission. Le voyage vers la France se fait en 1686 avec deux navires, le vaisseau L'Oiseau et la frégate La Maligne. Kosa Pan était accompagné de deux autres ambassadeurs siamois, ainsi que par un père jésuite, six mandarins, trois interprètes, deux secrétaires et une vingtaine de domestiques, chargés de nombreux présents. La mission débarqua au port de Brest le 18 juin 1686 puis au milieu d'une foule de curieux, fait route vers Versailles où elle arrive le 1er septembre 1686. Louis XIV reçut personnellement les diplomates siamois qui firent sensation à la cour,, revêtus d'atours étranges, coiffés d'étonnants chapeaux coniques. Arrivés devant le roi, ils se prosternent puis remettent une lettre avant de se retirer marchant à reculons les mains jointes. Ils sont ensuite conviés à visiter le palais et ses jardins. La mission resta en France jusqu'en mars 1687.

Engelbert arrivé au Siam peu de temps après, fut reçu par Kosa Pan qui lui fit cisiter visiter en détail la capitale d'alors, Ayutthaya et son célèbre temple de Berklam. 

A Java

Engelbert arrive en 1689 à Batavia, capitale des Indes néerlandaises et y reste tout l'hiver multipliant ses etudes dut la faune et la flore locale..

Au Japon

En mai 1690, départ de Batavia pour arriver en Septembre ai Japon, à Nagasaki, seul port alors ouvert alors aux occidentaux. Kaempfer restera deux ans au Japon. Il y sera reçu par le Shogun Tokugawa (1648-1709), le "Shogun chien" (né l'année du chien dans le calendrier chinois). Selon son habitude, Engelbert va mener durant tout son séjour des études botaniques approfondies: il est le premier occidental à décrire le biloba Ginkgo; l'"arbre aux quarante écus". Kaempfer s'intéresse également aux techniques de la médecine japonaise en particulier l'acupuncture et la moxibustion (acupuncture par poinçons chauffés) Le séjout au Japon va durer jusqu'en Novembre 1692,

 Retour en Europe

Après une escale de plusieurs semaines au Cap de Bonne Espeance,, Kaempfer revient en Europe en 1695 : son voyage aura duré plus de quinze ans. Dès son arrivée aux Pays Bas, il recevra son diplôme de médecin à l'Université de Leyde et s'installe ensuite dans sa ville natale de Lemgo, où il est devenu médecin personnel du comte de Lippe.

Il va y publier en 1712, un livre intitulé "Les attraits de l'exotisme"[30] qui va faire sa célébrité: outre des descriptions devenues classiques de plantes telles que le camélia, le Ginko et le thé, il contient de nombreux détails sur des sujets aussi novateurs à l'époque que l'acupuncture, les poissons torpilles et le crabe araignée géant qui recevra plus tard le nom de "Macrocheira kaempferi "

C'est dans sa ville de Lemgo que Kaempfer terminera sa vie à l'âge de soixante-cinq ans.

Son dernier livre, "Histoire du Japon[31]" sera publié à titre posthumeà Londres en 1727. La plupart de ses manuscrits et de nombreux objets de sa collection sont conservés à la British Library, au Musée de l'Homme, et au British Museum. 

David LIVINGSTONE (1813-1873) médecin, missionnaire et explorateur 

David Livingstone était écossais, né à Blantyre, au sud de Glasgow. A 10 ans, il travaille dans la journée dans une filature de coton, mais, le soir venu, faute de pouvoir aller à l'école, travaille chez lui jusqu'à une heure avancée de la nuit.

A l'âge de 23 ans, en 1836, il entreprend des études de médecine et de théologie à Glasgow car il a décidé de devenir médecin missionnaire.

Une fois son diplôme obtenu, il est envoyé en mission, en 1841,dans une région désertique d'Afrique du sud, peuplée de "Bushmen", à Kalahari.

Il revient de mission convaincu que son devoir est désormais d'affranchir les populations d'Afrique encore en esclavage et de les convertir à la religion.

Livingstone repart dans le désert du Kalahari, et va y rester deux ans de 1849 à 1851 associant à sa mission religieuse une vocation d'explorateur des territoires africains

En 1852, à l'époque où Napoléon III prend le pouvoir en France, il repart en expédition qui va se prolonger quatre ans à la recherche des sources du fleuve Zambèze. En 1855, Livingstone va ainsi découvrir les "chutes du Zambèze" et leur donnera le nom de "Victoria Falls". En mai 1856, il atteint l'embouchure du fleuve sur l'océan Indien devenant ainsi le premier Européen à avoir traversé l'Afrique dans toute sa largeur.

A son retour en Grande-Bretagne, Livingstone était devenu héros national mais il repart en 1858, explorer le continent africain pour le compte du gouvernement britannique.En 1866, Livingstone entreprit une nouvelle expédition pour trouver les sources du Nil mais surtout pour lutter contre la traite des esclaves

Il va avoir à affronter de terribles difficultés et, à présent la maladie : Sa femme meurt de malaria en 1862 et le monde entier le croit mort

Une expédition de secours est menée par un journaliste Henry Morton Stanley qui parviendra à retrouver Livingstone au Tanganyika, le10 Novembre 1871.. C'est où sera prononcée la phrase célèbre : "Docteur Livingstone, je présume?"

L'état de Livingstone va devenir critique : il atteint avec difficultés Chitambo dans ce qui est maintenant la Zambie et le matin, 1 mai 1873 ses serviteurs le trouvèrent à genoux mort dans son lit

Après l'avoir embaumé, ls autorités locales firent parvenir le corps en Grande-Bretagne et Livingstone repose à présent dans l'abbaye de Westminster à Londres

Bibliographie Voyages d'exploration dans le Zambèze et dans l'Afrique centrale, 1840-1873, Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent (Éd.1859), Exploration Dans L'Afrique Australe Et Dans Le Bassin Du Zamb Se Depuis 1840 Jusqu' 1864

 Bernard KOUCHNER (1939) (France) : médecine humanitaire et passion des voyages mélée au gout de la politique 

Bernard Kouchner est né à Avignon d'une famille originaire de Lettonie. A l'exemple de son père il s'orienté vers la médecine et la spécialité de Gastroentérologie

Ses années d'étudiant sont sous le signe de l'engagement politique vers le parti communiste mais après les événements de 1968, c'est vers la médecine humanitaire que va Bernard Kouchner va de plus s'orienter.

il devient d'abord médecin pour le Secours médical français (SMF) et part au Biafra déchiré par la guerre civile. L'expérience va être dramatique : face à la souffrance la famine de la population, et à la barbarie des soldats, le jeune "French Doctor" ne pourra respecter la règle du silence demandée membres de l'équipe médicale.

C'est de cette expérience que va naitre en 1971 l'organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières dont Kouchner va prendre la direction aux côtés de Claude Malhuret.

En 1980, il s'éloigne de MSF pour fonder "Médecins du Monde" (MDM) dont la vocation est d'intervenir dans toutes les régions du monde victimes de conflit et de crise avec le droit ou plutôt le devoir d' "ingérence humanitaire") vient en premier. En cas de doute, avant même que la souveraineté de l'État '.

C'est ainsi que "BK" comme le disent ses amis intervient dans tous les territoires de la planète : Rwanda, Tibet, Irak, Tchad, et bien d'autres…

Néanmoins la politique garde pour lui quelques attraits et Bernard Kouchner va y faire une carrière prestigieuse : 1988 à 1991 : secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, puis secrétaire d'État ministre chargé de l'Action humanitaire dans le gouvernement Michel Rocard, 1991 à 1992 : secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères du gouvernement Édith Cresson, 1992 à 1993 : ministre de la Santé et de l’Action humanitaire du gouvernement Pierre Bérégovoy, 1994 à1997 Membre du Parlement européen, 1997 à 1999 puis de 2001 à 2002 : secrétaire d'État auprès du ministre de l'Emploi et de la Solidarité, chargé de la Santé dans le gouvernement Lionel Jospin, 2007 à 2010 ministre des Affaires étrangères et européennes dans les deux gouvernements François Fillon, 2001-2002 Ministre délégué de la Santé et 2007-2010 Secrétaire du gouvernement auprès du Premier ministre François Fillon

Bibliographie : Bernard Kouchner est l'auteur de nombreux ouvrages sur la médecine humanitaire, entre autres : "Ce que je crois" (Ed.. Grasset Paris, 1995 "Le Malheur des autres" (Ed. Odile Jacob, 1991à, "Les guerres de la paix " (Ed. Grasset et Fasquelle, Paris 2004)"Charité Business[32]", "Dieu et les hommes", publié sous le pseudonyme de Bernard Gridaine.

Bernard Kouchner a également été réalisateur pour France 2 en 1978 d'une série télévisée qui a remporté un grand succès auprès du public : " Médecins de nuit" où il fait une apparition dans le rôle d'un garçon de café ainsi que en 1985 " Hôtel de police" et en 1989 "En cas de bonheur "pour TF1  

NICOLO MANUCCI (1638-1715), médecin du Grand Moghol 

 Nicolò  Manucci avait grandi à Venise où son père était "épicier", comprenons ici, négociant en épices. Les épiciers étaient alors de grands voyageurs qui allaient s'approvisionner dans les pays les plus lointains. A ce titre, Nicolò, dès l'âge de seize ans, quitta Venise pour accompagner un oncle en Orient, dans une lointaine mission commerciale.  

L'aventure commence à Corfou

L'oncle et le neveu arrivèrent d'abord à Corfou[33], alors possession vénitienne puis, ensuite, à Smyrne. Là, le destin va basculer : Nicolò fait la connaissance d'un personnage étonnant, l'Irlandais Henry Bard, authentique baron et vicomte Bellamont, ancien partisan du roi Charles Ier, envoyé en 1656, après bien des aventures, comme ambassadeur en Perse et aux Indes pour tenter d'obtenir un soutien financier pour le trône d'Angleterre.

Délaissant son oncle et ses épices, Nicolò décida de partager désormais la vie aventureuse du baron. Les voilà tous deux cheminant à travers l'Orient, d'abord en Anatolie, traversant la Caspienne, puis, en septembre 1654, arrivant en Perse : ils vont rester plus d'une année dans la capitale de cette époque, Ispahan.

En Janvier 1656, les deux voyageurs reprennent la route mais, arrivés à Oman, décident de s'embarquer pour les Indes.  

Les Indes aventureuses

Après bien des aventures, ils atteignent Surate[34] sur la côte indienne de Goa, où existait un "comptoir" anglais.

Commence alors un périple incroyable (tout se passe, ne l'oublions pas, à l'époque où Louis XIV monte sur le trône...) à travers le continent indien, alors sous domination Moghole.

A Agra, les voyageurs sont reçus avec faste à la cour des rois Moghols mais ne restent pas longtemps : dès juin 1656, ils se mettent en route pour gagner Delhi. C'était l'époque la plus dangereuse de l'année, celle qui précède la mousson mais les deux aventuriers ne voulaient écouter aucun conseil. Le voyage se fait dans une chaleur suffocante au milieu de tempêtes de sable et Lord Bellamont périt asphyxié dans un nuage de "simoun". Manucci, lui, parvient, au prix d'efforts surhumains à continuer seul la route et arrive, à bout de forces, à Delhi.

Nicolò n'a désormais plus aucunes ressources, mais obtient une entrevue avec le fils du Shah Jahan[35], le prince Dara Shikohpour entrer à son service, non pas comme médecin, mais en tant que conseiller en artillerie... Malheureusement, le prince meurt bientôt au combat et Manucci n'a d'autre choix que changer de camp, et entrer au service de l'adversaire, le terrible Aurangzeb[36], dernier des grands Moghols.

En fait, Nicolò va, à nouveau, changer ses plans : à peine arrivé à Agra, le voilà qui fait route vers de nouvelles aventures, cette fois à l'autre extrémité de l'immense contient indien, le Bengale.

Arrivé près de Calcutta, il s'arrête à Hooghlyi[37] grand port du Benghale aux mains des commerçants portugais pour y montrer ses talents de diplomate : les Jésuites de la ville ne parvenaient pas à obtenir le droit de construire une église, Nicolò se fait leur émissaire auprès du gouverneur et emporte la décision.

Mais il n'était pas question de rester plus longtemps chez les Jésuites : Nicolò reprend la route vers le lointain Rajasthan. Le voici, une fois encore, à Delhi, puis, Agra où Nicolò s'installe comme chirurgien. Que personne ne s'en étonne, il n'y restera pas longtemps, car il repart bientôt, cette fois, pour le Cachemire. Il va s'arrêter à Lahore, une des capitales de l'empire Moghol et y reprend le métier de chirurgien. 

La roue tourne

En 1667, Nicolò tombe malade. Il n'a plus aucunes ressources et il lui faut revenir à Delhi, à la cour du Grand Moghol. Une dernière fois,, la chance lui sourit : à Lahore, il guérit d'un "mal d'oreille" l'épouse favorite du second fils d'Aurangzeb et devient "Hakin Manucci" médecin[38] à la cour Moghole.

En 1683, repris par démon des voyages, Nicolò retourne à Surate puis, changeant une fois de plus de camp, se refugie à Goa chez les Portugais. En 1684, Nicolò va, cette fois encore, montrer son habileté de diplomate : Goa est menacée par l'armée indienne, il plaide avec succès les intérêts du Portugal et, en récompense, reçoit le titre de chevalier de l’Ordre de Santiago.

Le balancier est maintenant du côté de l'Angleterre : Nicolò s'établit à Fort Saint Georges, au nord de Madras mais, à présent, il se sent las. Il a près de cinquante ans et songe au mariage : ce sera avec Elizabeth, la veuve[39] du gouverneur anglais. Nicolò a repris son métier de chirurgien et partagera désormais son temps à Madras entre sa famille et son jardin botanique. Il avait toujours été passionné par les plantes et une gravure de l'époque[40] le montre vêtu à l'indienne, chaussé de babouches, herborisant avec un bouquet de fleurs tropicales à la main.

À la mort de sa femme en 1706, Nicolò , toujours fidèle à sa réputation de "caméléon", va passer dans le camp des Français, d'abord à Pondichéry puis de nouveau à Madras : c'est là que vont se terminer les aventures du Vénitien des tropiques. Il avait près de 80 ans.

Comment qualifier une telle vie ? : pittoresque, certes, aventureuse assurément mais aussi, dans tous les sens du terme, incroyable. Certains êtres, nous le savons bien, ont placé leur vie, dès le début, sous le signe de la légende, ce fut le sort de Manucci.  

L'odyssée d'un manuscrit de Pondichéry à Londres en passant par Venise

Même après sa mort, Manucci n'en finit pas d'étonner: l'odyssée de ses Mémoires en témoigne.

Le vieil aventurier s'était laissé convaincre par son ami François Martin, directeur du comptoir de la Compagnie des Indes[41] à Pondichéry, de laisser un récit de son existence, ce qui fut fait, non sans quelques "enjolivures" destinées à orner son récit...

Le manuscrit fut envoyé à Venise mais y disparut. On ne sait trop comment il arriva ensuite entre les mains d'un jésuite érudit, François Catrou, qui le publia en 1713 en cinq volumes sous le titre "Histoire générale de l'empire Moghol depuis sa fondation, sur les mémoires portugais de M. Mamouchi, Vénitien".

En 1751, le livre réapparaît, toujours à Venise où un l'éditeur Domenico Occhi publie "Istoria generale del Imperio del Mogul".

Un demi-siècle plus tard, les Mémoires resurgissent, cette fois à Londres sous le titre d'"Histoire de la dynastie Moghole" puis sont rééditées sous de nouvelles appellation : en 1906, "Storia do Mogor" puis en 1913, "A Pepys of Mughal India", référence à l'auteur du truculent Journal[42]

En France, le nom de Nicolò Manucci est attaché à la mémoire de Blaise Cendrars qui, en voyage à Londres, avait, par hasard (à ce qu'il assure...), découvert l'édition anglaise des Mémoires[16].

Seule la verve de Blaise Cendrars[43] pouvait enrichir le style déjà haut en couleurs de Manucci : le Vénitien avait trouvé son maître en hâblerie...

Bibliographie : "Histoirte générale de l'empire Moghol depuis sa fondation, sur les mémoires protugais de M. Mamouchi, Vénitien" par le Père François Catrou de la Compagnie de Jésus" (Ed. Guillaume de Voys, La Haye, 1708, "Istoria generale del Imperio del Mogul" (Ed. Domenico Occhi, Venise, 1751, "Storia do Mogor" 13] (Trad. W. Irvine  (Ed. John Murray, Londres, 1906, "A Pepys of Mongul India, 1653-1708" (Ed. E. P. Duttonn New York, 1913, "Niccolao Manucci, tr. from French by François Catrou (1826. History of the Moghul dynasty in India 1399 1657. (Ed: J.M. Richardson, Londres. Voir aussi :A.J. Fabre "Médecins de Venise" (Ed. l'Harmattan, 2012)

Felix MAYNARD (1805 ?-1880) Un médecin bourlingueur un siècle avant Cendrars 

Félix Maynard, ancien médecin de marine et grand voyageur, écrivit de nombreux livres sur ses voyages. Le volume intitulé " Impressions de voyage de Paris à Sébastopol[44] " eut la bonne fortune d'être parrainé par Dumas père qui présente ainsi son protégé "Chirurgien à bord d'un baleinier sillonnant l'’Atlantique, Ie Pacifique et la mer des lndes, il a visité le Brésil, le Chili, la Nouvelle-Zèlande, l’Australie, la terre de Van-Diemen; il a pénètre dans tous les detroits, du détroit dc Magellan au détroit de Behring; il a doublé tous les caps, depuis le cap Finistère jusqu’au cap dc Bonne-Esperance, jusqu’au cap Horn. Plus tard, médecin sanitaire à bord des paquebots d’Orient, il avait visité la Méditerranée,  comme un curieux visite un cabinet d’histoire naturelle, Marseilie, Gênes, Livourne, Civita Vecchia, Naples et Messine , Oran, Alger, Bone, Tunis, Malte, Syra, Le Pine, les Sporades, les Cyclades. les côles d l’Asie-Mineure, de la Syrie, de l'Égypte, l'Archipel, les Dardanelles, Constantinople, la mer Noire, la Crimée.  Il connaissait tout cela comme l’Océan Atlantique, comme l’océan Pacifique, comme la mer des Indes. Puis il avait écrt sur tout cela; il avait des manuscrits sur du papier de toute couleur, gris, jaune, bleu; do tout grain, fin, rugueux, grossier, selon qu’il l'avait trouvé à bord du bâtiment sur lequel il était embarqué quand sa provision de papier était épuisée."

La liste des récits publiés par Maynard est impressionnante : Bibliographie : "Voyages et aventures au Chili" (1855), "Un drame dans les mers boréales": "souvenirs du Kamtschatka", "Souvenirs d'un zouave devant Sébastopol", "Les baleiniers, voyage aux terres antipodiques", "L'Insurrection de l'Inde", "  De Delhi à Cawnpore" et bien d'autres, pour la plupart consultables "in extenso" sur le site Gallica de la BNF (http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=FR&q=F%C3%A9lix+MAynard). 

Armin MULLER (1880-1940 ?) un témoin de la guerre turque de 1897 

Armin Muller est un médecin suisse qui séjourna à Athènes pendant la guerre gréco-turque de 1897opposant le royaume de Grece et l'Empire ottoman sur la question de la Crète.

Observateur neutre et impartial, Muller ne quitta pas la Grèce sans passer par Istanbul.

Le livre publié à Zurich en 1905 relate principalement les scènes de bataille vu vues du côté de l'armée grecque. L'auteur donnait aussi ses impressions personnelles sur le peuple turc et Istanbul en général

Bibliographie " Erinnerungen eines Schweizerarztes aus dem griechisch-türkischen Krieg 1897" (1905) 

Axel  MUNTHE (1857-1949), m"decin vagabond de l'Europe*

Axel Munthe, médecin et écrivain, a eu le privilège unique de vivre quatre vies successives : en Suède, en France, en Angleterre et en Italie. Il était né à Oskarshamn, sur les bords de la Baltique. Son père, un riche pharmacien lui donna très tôt une "véritable éducation européenne". En 1874, Axel commence des études de médecine à Uppsala, mais, peu après, doit partir en France, à la recherche d'un meilleur climat pour sa santé fragile. Il séjourna quelque temps à Montpellier, puis vint à Paris où il a soutenu en 1880, une thèse sur les "hémorragies du post partum", devenant ainsi le plus jeune médecin diplômé de France.

Dans le service du célèbre Pr. Charcot à La Salpêtrière, Axel avait fait une expérience étonnante des débuts de la psychiatrie. Il n'a cependant jamais caché sa réprobation de l'exhibition, devant un nombreux public, des malades hystériques et, après une explication orageuse avec son maitre (et, probablement, une aventure sentimentale avec une de ses malades...). Axel a choisi d'exercer la médecine générale avenue de Villiers, tout à côté du Parc Monceau. Il a ainsi connu tous les grands noms de la société parisienne de l'époque : Guy de Maupassant, Pasteur, le prince Eugène et même le grand auteur suédois Strindberg au cours d'un de ses passages à Paris.

C'est ainsi qu'il rencontre une jeune fille venue étudier la peinture à Paris, Ultima Hornberg. Il va l'épouser en 1880, mais divorcera quelques années plus tard après un long séjour en Italie.

A l'âge de 50 ans Axel va se marier à nouveau, cette fois, avec une beauté de 25 ans issue d'une famille de la haute aristocratie, Hilda Pennington-Mellor. Comme cadeau de mariage, les Munthe reçoivent un luxueux domaine en Dalécarlie, province historique de la Suède. Mais Axel ne va pas tarder à devenir quelque peu volage laissant souvent sa femme esseulée dans leur magnifique manoir: Tout se termina en 1919 par un nouveau divorce et Hilda part vivre avec ses deux fils, dans un château près de Rome, le Castello di Lunghezza.

Depuis ses plus jeunes années, Axel avait toujours eu en lui le goût des voyages et il a consacré sa vie à une errance sans fin, de Suède à l'Angleterre, de France en Algérie et d'Allemagne en Egypte.

Cependant, la grande passion dans la vie d'Axel Munthe a été l'Italie, tout jeune encore, il avait pris une part active aux opérations humanitaires menées à Naples lors de l'épidémie de cholera de 1883. En 1890, il s'était installé comme généraliste à Rome, place d'Espagne, dans la "Casina Rossa", où avait vécu le grand poète John Keats. Il devient bientôt familier de toute la colonie étrangère de Rome donnant beaucoup de son temps aux déshérités du Transtevere.

Ayant obtenu la nationalité britannique, Axel fut médecin, de 1914 à 1916, de la Croix-Rouge britannique sur le font de la Somme. Il ramène de son expérience douloureuse: "Croix-Rouge et Croix de Fer".

Les voyages ont tenu une place considérable dans la vie de celui qu'on appelait "le vagabond de l'Europe". Il a vécu non seulement en Suède, mais encore en France, en Angleterre et plus d'un demi-siècle en Italie. Très jeune encore, il avait parcouru l'Algérie jusqu''au Sahara et par la suite, revint plusieurs fois en Egypte, pour prendre part aux fouilles du tombeau de Toutankhamon.

Capri est toujours resté au cœur du "Muntheland" : Axel Munthe y avait trouvé, à son premier voyage, une maison délabrée qui devint, après de longs travaux, la magnifique "Villa San Michele". Il a vécu près de 50 ans dans ce temple du monde méditerranéen et sa lumière où, tout au long de l'année, se succédaient les plus célèbres visiteurs et, parmi eux, le futur roi Gustave V de Suède et son épouse, Victoria de Bade à qui les médecins avait recommandé "une cure en climat méditerranéen". De 1892 jusqu'à sa mort en 1930, Axel a été le médecin personnel de la reine qui partageait sa passion pour les animaux : ils avaient tous deux créé un sanctuaire ornithologique à Capri, sur le mont Barbarossa. Beaucoup a été écrit sur leurs relations véritables mais tous deux ont toujours témoigné de la plus grande réserve sur leur vie privée.

Les Mémoires d'Axel Munthe publiées en 1929, sous le titre "Le livre de San Michele", ont obtenu d'emblée un énorme succès d'édition: douze éditions de la version anglaise originale suivie de 45 éditions en langues étrangères. C'est une suite de courts épisodes, résumant la vie de l'auteur selon la technique du "flash back" cinématographique. Toutefois, dès la préface, Axel tient à le préciser "certains des épisodes de ce livres se situent sur l'étroite frontière séparant le réel de l'irréel de l'irréel, entre le rêve et les faits"

Autres livres : "Hommes et bêtes, lettres d'une ville en deuil et Croix Rouge, Croix de fer

En 1939, à 82 ans devenu presque aveugle, Axel avait dû quitter Capri pour retourner dans son pays brumeux. Médecin officiel de la cour, il vécut désormais dans le château royal de Stockholm et c'est là qu'il mourut en 1949. Selon ses volontés, ses cendres ont été dispersées au large de la côte ouest de la Suède, dans le Skagerrak.

La vie d'Axel Munthe est remplie de contrastes et de paradoxes : médecin et homme de lettres, mondain tout dévoué aux déshérités, grand voyageur et grand séducteur. Il lui sera toutefois beaucoup pardonné car sa compassion était sans limites, pour les êtres humains comme pour les animaux...

A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010) 

William Brooke O'SHAUGHNESSY : un grand médecin méconnu 

 William Brooke O'Shaughnessy est une des plus étonnantes figures de l'Histoire des sciences au XIXème siècle.

Né en Irlande dans le Comté de Limerick, lieu célèbre pour ses épigrammes et ses championnats sportifs, il témoigna très tôt d'une intelligence supérieure et multiplia les succès scolaires. En 1826, il est admis dans une des meilleures Facultés de médecine du pays, à l'Université d'Édimbourg

Il y suit non seulement les cours de médecine mais aussi de chimie, et de toxicologie médico-légale. Il étudie l'anatomie avec un chirurgien célèbre, naturaliste et grand ami de Cuvier, Robert Knox. 

Précurseur dans les techniques de réhydratation des diarrhées

Après ses études, William vient s'installe à Londres. Il avait gardé un vif intérêt pour la chimie et va connaître la célébrité lors de l'épidémie de cholera de 1832 apportée en Angleterre par les soldats de l'armée des Indes, en démontrant que les diarrhées aigues sont cause de pertes sévères en eau et en sels.

Le 29 Décembre 1831, il avait envoyé à la revue "The Lancet "une des plus courtes et des plus décisives lettres jamais envoyé à une revue médicale sur les analyses du sang des malades atteints de cholera, expliquant que "la diarrhée abondante du choléra entraîne la déshydratation, la perte massives des sels, l'acidose et la rétention d'azote" et que "le traitement doit comporter en priorité un apport suffisants de sel et d'eau"

O'Shaughnessy avait dès cette date envisage de réhydrater ses maladies par voie veineuse mais les problèmes techniques contraignirent à se miter à la voie buccale. Néanmoins les résultats furent spectaculaires, la mortalité passant de 70 à 40 % des malades sévèrement déshydratés

Les publications de William avaient attiré sur lui l'attention de la Commission Royale d'études sur le choléra et il fut décidé de l'envoyer aux Indes poursuivre ses travaux.

Aux Indes, O'Shaughnessy va fonder le Collège médical de Calcutta, où il devient professeur de chimie et de matière médicale. Il entreprend l'étude des constituants chimiques de l'opium et, en 1838, va découvrir dans ses constituants un nouvel alcaloïde, la noscapine. 

Un des premiers chercheurs à travailler sur le cannabis

En poursuivant ses travaux sur la pharmacopée indienne traditionnelle O'Shaughnessy va être amené à s'intéresser au cannabis.

En 1839, il présente a l’Académie des Sciences de Grande Bretagne un "Mémoire sur le chanvre indien" : sa contribution est importance, non pas tant dans les indications qu'il croit pouvoir donner au cannabis dans la thérapeutique d'affections telles que l’épilepsie ou le tétanos mais surtout par le fait que, pour la première fois dans l’Histoire des sciences, et ce fait est trop méconnu, la recherche thérapeutique s’appuyait sur l'expérimentation animale.

Il présente ses résultats en 1839 à l'Université de Calcutta

Nommé Directeur général des télégraphes, il reviendra aux Indes pour y diriger la reconstruction des lignes télégraphiques détruits par des intempéries. Il y met au point de nouvelles techniques de câblage en particulier pour les câbles sous-marins.

Il connaît enfin la gloire, nommé Fellow de la Royal Société, annobli par la reine Victoria en 1856 il devient Sir William O'Shaughnessy Brooke

Les dernières années de sa vie sont assombries par un divorce. Il s'était retiré à Southsea, près de Portsmouth, sur les bords de la Manche. C'est là qu'il va mourir en 1889, dans sa quatre-vingtième année, après une courte maladie

Bibliographie : A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, 2010)  

Mongo PARK (1771-1806) médecin et premier explorateur de l'Afrique continentale 

Park est né en 1771 en Ecosse. Il étudie la médecine et, saisi par le goût des voyages, il embarque en 1792 comme chirurgien sur un navire.

En 1795, il propose à la Société africaine de Londres de reprendre les explorations déjà menées en Afrique par un ancien militaire irlandais disparu mystérieusement à Tombouctou, Daniel Houghton[45].

Il arrive en Gambie et s'achemine à l’intérieur de terres. Son voyage est une succession de découvertes et d’épreuves.

Fait prisonnier par les Maures il tombe gravement malade, il met cependant à profit ce voyage pour découvrir le Boundou et le Kaarta, parvenir jusqu’à Ségou et remonter le Niger jusqu’à Kamilia.

En 1797, il repart en Gambie et fait route avec un convoi d’esclaves.

En 1805, il repart pour une mission officielle, au cours de laquelle il débarque à Gorée, point de départ d’une nouvelle expédition vers Bamako.

En 1806, il entreprend de descendre le Niger. Il construit un bateau à Sansanding et parvient jusqu’à Bousso. Là, son bateau est attaqué par des Haoussas et chavire. Mungo Park et tous ses compagnons périssent noyés

Bibliographie : Mungo Park, "Travels in the interiors districts of Africa" (édité en 1800, réédité par Nabu Press en 2010). Le livre fut le "best seller" de son époque. 

Charles PATIN (1633-1693) un medecin rebelle a la cour du roi soleil  

Charles Patin était le fils du plus célèbre des médecins du XVIIème siècle, Guy Patin, doyen de la faculté de médecine de Paris[i][46]. Il reçut de ses parents une éducation raffinée : à trois ans il savait déjà lire et on lui apprit sans plus tarder le latin le grec, l'anglais, l'italien et l'espagnol. Son père se plaisait à raconter que son premier livre avait été "Les Vies parallèles" de Plutarque.

Charles partit faire ses etudes sur les traces de son pere, au Collège jésuite de Beauvais[ii]: dès l'âge de 14 ans il soutient en public une Thèse de philosophie.

A la fin de sa scolarité, Charles s'orienta vers la magistrature et vint siéger durant six années au Parlement de Paris. Cependant, selon un conditionnement familial qui aurait certainement retenu l'attention de Sigmund Freud, Charles voulait tout simplement suivre l'exemple de son père et il décida de devenir médecin.

Sa carrière fut rapidement brillante : dès 1658 il est chargé du cours d’anatomie à la Faculté de médecine de Paris puis, l'année suivante, du cours de pathologie médicale.

 Un amateur de littérature suspecte

Tout va basculer en 1666 lorsque Charles s'engagé dans une malencontreuse polémique avec Denis de Sallo, tout puissant éditeur du "Journal des Sçavans" dont le protecteur était le très influent ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert

En 1666, le carrosse où Charles avait pris place avec son père est arrêté par la police qui découvre une cargaison entière de livres interdits. Bien plus, une perquisition au domicile des Patin révéla, soigneusement cachés dans les latrines, des documents jugés par le pouvoir fort compromettants : qu'on en juge, il s'agit de "L'Histoire amoureuse des Gaules" de Bussy-Rabutin, le "scandaleux de Roissy"[47], des "Lettres provinciales" de Pascal, suspectées de sympathies calvinistes …et des ouvrages de...Rabelais.

Aggravant son cas, Charles envoyé en Flandres en 1667 par le Roi pour confisquer et détruire plusieurs "'œuvres blasphématoires" imprimées aux Pays-Bas, dérogea, sciemment à ce que dit l'enquête, à sa mission. Le Grand chancelier décida alors de déférer le coupable devant le Tribunal du Chatelet : il n'en fallait pas plus pour aller aux galères et Charles jugea préférable de s'exiler. 

L'Europe buissonière

Commence alors une longue pérégrination à travers l'Europe. C'était un exil, mais, somme toute, un exil doré puisque Charles, numismate averti et grands bibliophile, put dans ces voyages, compléter ses précieuses collections.

Il partit d'abord à Londres [48] "cette grande ville qui fait tant de bruit dans le monde", "on s'y opard, on ne saurait assez s'imaginer la multitude du peuple et les richesses"

Il arriva d'abord en Allemagne à Heidelberg [49], "ville quia dans sa mediocrité toutes les beautés" où le Grand Electeur du Palatinat lui offrait, dans un but ouvertement politique, sa protection. Augsbourg[50] , Bavière et Berlin[51] Weimar[52] Ulm[53], Nuremberg[54](ville belle partout, on la connait assez mais on l'aime infiniment) Munich, "bien batie, bien peuplée et assez opulente" [55] Mayence[56] Manheim[57] Leipzig[58]

puis la Hollande[59], où régnait une longue tradition de tolérance : Amsterdam  Dresde[60] Constance[61] La Haye[62] Delft[63] Utrecht [64]

Autriche[65] Salzbourg [66]Vienne[67] où il est reçu par l'empereurTirol [68]

Tchéquie [69] Berne[70]

Hongrie [71]

Suisse Baden[72] Zurich [73]Bâle[74] Berne [75] Geneve[76]

enfin Venise et, en 1672, Padoue, havre de tolérance intellectuelle. 

Une nouvelle carrière à Padoue

Charles y fut accueilli à bras ouverts d'autant mieux que la République de Venise avait ainsi l'occasion d'afficher son indépendance vis à vis du Roi Soleil. A Padoue, lui fut confié par l'Université la charge d'un cours sur la pharmacopée d'Avicenne. En 1676, Charles est nommé coordonnateur des institutions culturelles de Padoue, puis, en 1683, professeur de chirurgie et, l'année suivante, en professeur de "Médecine pratique extraordinaire".

En 1678 Patin est élu à devenir membre de la prestigieuse Académie de Padoue, connue dans toute l'Europe sous le nom d'"Academia dei Ricoverati"[77] et reçoit du doge Alvise Contarini, le titre de chevalier de Saint Marc.

A Padoue, Charles publia de nombreux livres en latin[78] ainsi que plusieurs Traités de numismatique et un long récit de ses pérégrinations en Europe[79] mais le plus insolite de ses ouvrage fut écrire sous le nom de plume, assez transparent, de Nicolas Venette : "La génération de l'homme ou tableau de l'amour conjugal, considéré dans l'état du mariage[80]". Dès la première page s'affiche l'affirmation que " L'hymen a des appas pour deux cœurs bien unis que le plus pur amour à ses lois a soumis" avant que soient longuement développées les idées de l'auteur sur la conception.

Lorsque, en 1681, Louis XIV tenta, en lui accordant la grâce de pouvoir revenir en France, Patin répondit avec quelque insolence : "De quelle grâce veut-on parler ? Je ne connais point mon crime

Il ne devait plus quitter Padoue : il y mourut, encore jeune, à l'âge de 60 ans, d'une "crise d'étouffement cardiaque".

Destin étonnant que celui de ce grand médecin qui, pour secouer le joug pesant de Colbert et du Roi-Soleil dut s'exiler jusqu'à Venise pour être reconnu à sa juste valeur !  

La brillante tribu des Patin

La clé du mystère tient à coup sûr dans la forte personnalité des membres de la tribu Patin à commencer par Guy Patin, son père qui fut toute sa vie, e que nous appellerions "grand anticonformiste". Un contemporain[81] en a laissé ce portrait: "Il était satirique depuis la tête jusqu’aux pieds… Son chapeau, son collet, son manteau, son pourpoint, ses chausses, ses bottines, tout cela faisait nargue à la mode et le procès a la vanité. Il avait dans le visage l’air de Cicéron, et dans l’esprit, le caractère de Rabelais."

En contraste, l'épouse de Charles, Madeleine Homanet, autre esprit brillant, se voulait, peut être par "non conformisme" envers son beau-père et son mari, "écrivain moraliste". Le couple eut deux enfants, Charlotte et Gabrielle, toutes deux témoignant depuis le plus jeune âge de dons intellectuels très vifs, avec, comme le père, la passion de la numismatique et, comme leur mère, de la littérature. Toutes deux furent devinrent membres de l'Académie de Padoue et en 1685, Gabrielle, la cadette, y prononça, ce qui ne manque pas de saveur, un panégyrique de Louis XIV...

Bibliographie : Site Internet "Histoire et médecine" (http://andrefabre.e-monsite.com/" 

Jacopo PILARINO (1659 1718), le variolisateur de Smyrne 

Jacopo était un Vénitien Grec, né en Céphalonique, alors possession vénitienne mais il quitta rapidement la Grèce pour venir faire à Venise puis à Padoue où il obtient ses diplômes de médecine et de droit.

Il s'installe d'abord à Venise mais décide en 1680, de retourner en Grèce. Il va séjourner pendant quatre ans en Crète comme médecin de l'Aga de Candie et part ensuite à Constantinople, pour devenir, cette fois, médecin du prince de Valachie, Serban Cantacuzène[82]

En 1688 Jacopo, de retour à Venise, entre au service du doge Francesco Morosini, héro de la guerre contre les Turcs mais le doge meurt au combat en Grèce lors de la bataille de Nauplie en 1694.

Jacopo entreprend alors un long périple en Europe, d'abord en Allemagne puis en Pologne et en Russie. En 1700, arrivé à Saint Petersburg, il se fait présenter au Tsar Pierre le Grand qui ne va pas tarder à en faire son médecin personnel.

En 1704, Jacopo repart en voyage, à nouveau vers l'Orient. A la fois médecin et diplomate, il se rend d'abord en Serbie puis en Grèce et de là, en territoire Turc, à Smyrne[83]. Il y devient Consul de Venise puis va en poste à Constantinople où un quartier entier était réservé aux Vénitiens.

En 1710, Jacopo revient à Venise pour prendre sa retraite à Venise et, cinq ans plus tard, terminera son existence à Padoue.

Le grand mérite de Pilarino avait été de ramener d'Orient l'idée d'une vaccination contre le terrible fléau que constituait alors la variole. Lady Montagu, épouse de l'ambassadeur anglais en Turquie, en témoignait ainsi au début du XVIIIème siècle : "De vieilles femmes font commerce de pratiquer cette opération chaque automne, au mois de septembre, quand les grandes chaleurs sont tombées. Les gens se demandent les uns aux autres s’il y a quelqu’un dans leur famille qui a envie d’attraper la petite vérole. À la suite de quoi ils organisent une réunion et quand ils sont tous là (en général quinze ou seize), une vieille femme se présente avec une coquille de noix pleine de petite vérole du meilleur cru, et elle demande quelle veine il vous plairait de faire ouvrir. Elle perce aussitôt avec une grosse aiguille celle que vous lui offrez (ce qui ne vous fait pas plus de mal qu’une égratignure) et elle introduit dans la veine la quantité de venin qui tient sur la pointe d’une aiguille. Après quoi elle ouvre de la sorte quatre ou cinq veines. Les enfants inoculés jouent ensemble tout le reste de la journée et restent en parfaite santé jusqu’au huitième jour, à ce moment, ils sont saisis de fièvre et gardent le lit pendant deux jours, très rarement trois. Il leur pousse parfois de vingt à trente boutons sur la face, mais qui ne laissent aucune marque et au bout de huit jours, ils se portent aussi bien qu’avant. "

En 1715, à son retour à Venise, Jacopo avait publié, peu de temps avant sa mort, un ouvrage, rédigé en latin sur la "variolisation"[84] et la Société royale d'Angleterre consacra une séance entière à cet ouvrage [85].

Il faut rendre justice à Jacopo Pilarino : ce grand précurseur avait entrevu le principe du vaccin contre la variole trois quarts de siècle avant Jenner[86] et sa vaccine. 

Jacques-Charles PONCET , le héros de l'"Abyssin" a bien existé 

Le Dr. CharlesJacquesPoncet dont Jean Christophe Rufin a s brillament raconté l'histoire[87] dans son livre "L'Abyssin" a bien existé. C'est lepremier Européen àavoirréussi à pénétrerle royaumechrétien copted'Abyssinie.

Il a laissé une relation de ses voyages récemment édite pour le plus grand bonheur des amateurs de voyages et ils sont nombreux… [88]-

 François Charles de POUQUEVILLE (1770-1835) Ambassadeur de la Grèce Antique  

François Charles de Pouqueville était né dans l’Orne à la fin de l’Ancien Régime. Son destin allait être prodigieux.

Le prêtre qui devint médecin : François apprit le latin avec l’aide du vicaire de sa paroisse. Il va à Caen poursuivre ses études sous la direction d'un prêtre, historien érudit, l’abbé de La Rue qui va lui donner le goût des sciences de l'Antiquité. Mais survient la Révolution et son maître doit se réfugier en Angleterre. Pouqueville entre alors au séminaire de Seez, prés d’Alençon tandis qu'autour de lui, les événements se précipitent. En moins de trois mois, François est ordonné sous-diacre, diacre puis prêtre, ou plutôt, à dire vrai, vicaire constitutionnel. Il a tout juste 21 ans. 

Vicaire  en Normandie

Lorsque survient la Terreur, François, qui a été nommé vicaire à Merlerault, près d’Argentan, échappe de justesse au massacre mais il va devoir rester terré plusieurs mois..

Il se rallie, cependant, peu à peu, aux idées révolutionnaire, renonçant alors à son sacerdoce bien qu’il ait gardé des sentiments profonds chrétiens.

Un nouveau coup du sort surgit, c'est à présent la Terreur Blanche qui menace et Pouqueville va, une fois de plus, devoir se cacher pour échapper aux menaces dont il est l’objet. Il ne réapparaîtra hors de chez lui qu’après l'échec, en 1796, du mouvement contre-révolutionnaire de François-Athanase de Charette. 

Une nouvelle vocation : la médecine

Il décide alors de changer de vie et de devenir médecin. Il part donc à Paris où l’amitié d’un ancien camarade de classe, lui trouve un emploi chez un Professeur de la Faculté de médecine, c'est Antoine Dubois, le futur accoucheur de l'Impératrice Marie-Louise.  

En Egypte avec le Corps Expéditionnaire de Bonaparte

Avec l’enseignement de ce maître, Pouqueville fait des progrès rapides dans l'apprentissage du métier et va se faire de précieuses relations. Il est ainsi nommé officier de santé dans l’armée d’Orient que Bonaparte veut emmener dans son expédition d’Egypte. Pouqueville deviendra ainsi Chirurgien membre de la Commission des Sciences et des Arts.

En Égypte, François va se voir confier, en 1798, une mission difficile : il est chargé par Kléber d’aller négocier avec les Anglais un échange des prisonniers. Il va ainsi faire connaissance de personnages célèbres de la Marine britannique, tels le commodore Sidney Smith avec lequel il sympathise tout de suite et l’amiral Nelson avec lequel...l’antipathie est immédiate...et réciproque !

Sa mission accomplie, Pouqueville contracte une fièvre mystérieuse : Kléber décide de le faire rapatrier et, en octobre 1798, Pouqueville prend place à bord de la Madonna di Monténégro, une tartane qui doit le conduire à Livourne et, de là, en France.  

Aux mains des Ottomans :

Hélas, au large de la Calabre, le bateau est arraisonné par des pirates barbaresques. Pouqueville, est alors amené en Grèce, à Navarin, pour y être livré au Pacha du Péloponnèse, Moustapha qui le fait emprisonner... dans son harem de Tripoli....

Bientôt survient un nouveau coup du sort, le pacha tombe en disgrâce et son successeur, Achmet Pacha est connu pour être franchement hostile aux Français.

Néanmoins, apprenant que son prisonnier connaît la médecine, le Pacha le prend comme médecin personnel. Le répit ne dure guère : au début de 1799, François est transféré à Constantinople il restera enfermé deux ans au château des sept tours de Constantinople.

Loin de se décourager il se met à l’étude du grec et entreprend la traduction des grands classiques tels Anacréon, Homère et Hippocrate.

Le voilà à présent devenu, "pour l’amour du grec", ardent défenseur du mouvement qui s'est créé un peu partout en Europe, le "mouvement philhellène" où vont s’illustrer de grands noms tels Chateaubriand et Lord Byron.  

Consul en Grèce

Pouqueville finit par retrouver la liberté en 1801 et revient à Paris : il peut enfin, devenir médecin en présentant une thèse qui va être très remarquée sur la "Peste en Orient 

Un retour triomphal à Paris

En France partout les esprits s'enflamment pour la cause greque et, à son retour, François, est devenu un personnage célèbre :: il devient familier du salon La Comtesse de Ségur[89]. et se lie d’amitié avec de grands noms de l’époque, tels Fraçois Arago, homme de scienve célèbre à cette époque et Chateaubriand tous fascinés par le les récits de ses aventures : c'est après avoir rencontré Pouqueville que Chateaubriand décide d'entreprendre son célèbre "Voyage en Orient".

François fait connaissance d'une femme peintre très en vue, qui va devienir sa compagne, Henriette Lorimie[90].. Grace à elle, il rencontrer les plus grands artistes de ce temps tels Jean-Auguste-DominiqueIngres, cousin d'Henriette, qui va faire de Pouqueville un admirable crayon..

A présent couvert d'honneurs,, Pouqueville est accueilli à bras ouverts dans toutes les sociétés savantes : il ne lui reste quà entrer à l’Académie de médecine et ce sera fait.en 1830

Il meurt en 1835 à son domicile de la rue de l’Abbaye et sera inhumé au cimetière du Montparnasse. Sur son tombeau, fut placé un médaillon gravé par David d’Angers et une inscription reproduisant deux vers du dernier chant de l’Odyssée, là où Homère promet à Achille une "éternelle mémoire"

Bibliographie ; A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010)

Samuel POZZI (1846-1918) (France), chirurgien de tous les succès

La carrière fulgurante de ce grand chirurgien s'annonçait déjà dans le célèbre portrait fait par Sargent en 1881[91] : Pozzi, alors âgé de 35 ans, y apparaît, vêtu d'une ample robe de chambre pourpre, tout à la fois, attirail du séducteur et toge triomphale des empereurs romains.

Le plus remarquable chez Samuel Pozzi, est son appétit inlassable pour les voyages et, plus exactement, tout ce qui venait de l'étranger.

Dès 1874 Samuel qui était bilingue de par ses attaches familiales, avait tenu à faire connaitre en France le livre de Charles Darwin sur les comportements animaux[92]

Ecosse

In 1876 il était allé en Ecosse à l'occasion d'un congrès et put ainsi assister dans une visite dans le service de Joseph Lister, aux premiers essais d'asepsie chirurgicale.

Par la suite Pozzi a multiplié les voyages pour visiter divers services chirurgicaux d'Autriche, d'Allemagne[93] et d'Angleterre. 

Etats Unis et Canada

L'Outre Atlantique le fascinait tout particulièrement : en 1893, Pozzi s'était rendu pour la première fois aux Etats Unis, à l'occasion de l'Exposition universelle de Chicago [94]. Il fit en 1902 un voyage au Canada pour assister au premier Congres des médecins de langue française d'Amérique du Nord

En 1904 il revient aux Etats Unis : il rencontre William Halsted, pionnier de l'asepsie chirurgicale, Howard Kelly, gynécologue du Johns Hopkins Hospital de Baltimore et les deux frères Mayo dans leur célèbre clinique de Rochester. Il ramena de ses visites de nouvelles conceptions sur l'organisation hospitalière mais aussi l'idée d'installer dans chaque grand hôpital une Ecole d'infirmières ainsi que des comités locaux chargés d'un parrainage hospitalier[95].

La même année, Pozzi revient au Canada et un journaliste va ainsi résumer ses impressions sur ce voyage: " Ce que Pozzi] ne pouvait proclamer en public, il le dit tout bas à ses intimes : il a vu en Amérique une démocratie brutale et une ploutocratie féroce. Au Canada, où l'on se croit en Normandie, dans la vieille Normandie, on se trouve, dès qu'on quitte la zone anglaise, dans la saleté française. Les waterclosets jugent un peuple ! Québec est français. À Montréal, mi-partie anglais et français, les hôpitaux britanniques sont tout autrement tenus que les hôpitaux français...[96]" Durant ce voyage, Pozzi avait rencontré Alexis Carrel dont les travaux sur la transplantation d'organes l'intéressaient depuis longtemps. La suite en sera, en 1913, l'organisation à Paris d'un symposium sur ce sujet, en coopération avec un autre médecin célèbre... Georges Clemenceau

En Amérique du sud

Le voyage de Pozzi au Brésil et en Argentine en 1911 [97]est également resté mémorable du fait de l'accueil triomphal qu'il y reçut.

Samuel Pozzi fit également un séjour en Syrie dont il est fait mention dans le Journal de sa fille Catherine.[98]

Cependant, toute sa vie, Pozzi resta fidèle à sa Dordogne natale dont il fut longtemps, nous le verrons, sénateur. Il avait acquis un domaine à Saint Aubin de Lanquais [99], tout près de Bergerac. Cette propriété reste encore de nos jours en son état d'origine, grâce à son propriétaire, l'actuel maire de la commune.[100]

Bibliographie : A.J. Fabre "Samuel Pozzi, chirurgien flamboyant" (Vesalius, vol IX, n°2, décembre 2013) 

Adrien PROUST (1843-1903) et les siens : une famille de surdoués 

Adrien Proust, né à Illiers, village immortalisé par son fils fut un médecin hygiéniste, de renom lais il est resté à la postérité comme père de Robert Proust, médecin et éditeur de la correspondance de son frère.

 après avoir commencé ses études au séminaire, Adrien Proust passe son doctorat le 29 décembre1862 en soutenant une thèse sur le « pneumothorax idiopathique ». Le 14 mars1866, il est admis, avec mention, au concours d'agrégation ; sa thèse traite Des différentes formes de ramollissement du cerveau.

Médecin chef de service à l'Hôtel-Dieu de Paris, professeur d'hygiène à la faculté de médecine de Paris en 1885, inspecteur général des services sanitaires internationaux de 1874 à 1903, année de sa mort, il a défendu et propagé durant trente ans, les multiples aspects de l'hygiène, une nouveauté à l'époque.

Personnage considérable de la Troisième République, dont les funérailles, presque nationales, vont couronner une carrière brillante où ne manquent ni la fortune, ni les relations les plus flatteuses.

Adrien Proust comprenait mal l'hypersensibilité de son fils, Marcel. Il fut néanmoins un père respectueux et discret, à défaut d'être tendre. Sa figure imposante, autoritaire; et ses absences, dues à ses liaisons extraconjugales autant qu'à son intense activité professionnelle, semblent avoir joué un rôle important dans la formation psychologique du romancier.

 Adrien Proust fut également un grand voyageur

La liste des Congrès et Conférences sanitaires où va prendre part Adrien Proust est longue : Vienne en 1874 et 1887, Bruxelles en 1876, Turin en 1880, Genève en 1882, La Haye en 1884, Rome en 1885, Berlin en 1886, Venise en 1892 et 1897 et Dresde en 1893.

A tout cela s'ajoute des missions sanitaires conduites en 1883 en Algérie et en 1890 en Espagne et sa participation au Congrès de Berlin sur les affections tuberculeuses en 1899.

On retiendra surtout la mission d'étude sur l'épidémie de cholera conduite en 1891 en Egypte. Adrien Proust y avait été reçu par le khédive lui-même ainsi que par l'ambassadeur de Grande Bretagne, le célèbre Lord Cromer, celui qu'on appelait appelé "le Proconsul de la reine Victoria".

Le voyage en Perse de 1869

En fait, le premier grand voyage avait été décisif pour sa carrière : en 1869, Adrien Proust s'était rendu jusqu'en Perse pour y étudier les voies de pénétration du choléra :

Dument mandaté, Adrien va d'abord prendre le train jusqu'à St Petersburg où il est reçu par le Secrétaire d'État aux Affaires étrangères et, de là, il gagne Moscou puis, aux bords de la Volga, Nijni Novgorod.

Là commence un voyage difficile car, si le réseau ferroviaire russe descendait jusqu'à Odessa, il n'allait pas, à l'est, au delà de Kharkov : il fallait donc descendre en bateau la Volga en passant par Kazan, Samara, Saratov et Tzaritzin pour arriver par l'un des bras du fleuve, à Astrakhan au rives de la mer Caspienne.

Là il fallait prendre à nouveau un bateau pour atteindre Bakou par un voyage éprouvant de quatre jours[101], et, après une étape à Anjali, atteindre enfin la Perse.

Commence alors un voyage à cheval, ou plutôt une expédition, avec armes et bagages, pour gagner la ville de Rasht puis la capitale.

Arrivé à Téhéran, Adrien multiplie les réunions de travail : d'abord avec le ministre des Affaires étrangères puis avec de nombreux représentants du corps diplomatique.

En fin de séjour, Adrien est reçu par le shah Nasseredin lui même qui va lui fait présent d'un somptueux tapis[102].

A son voyage de retour, Adrien revient à Anjali d'où il s'embarque sur la Caspienne pour gagner Astara à la frontière de l'Azerbaïdjan.

De là il prend la route pour gagner Bakou où Il rencontre le gouverneur de la ville et plusieurs responsables de la région pour s'informer des installations sanitaires locales.

Prenant alors la diligence, Adrien arrive jusqu'à Batoum au bords de la Mer Noire et, de là, gagne, par bateau, Trébizonde puis Istanbul.

A Istanbul, Adrien ne fait qu'une courte halte pour rendre visite à l'Ambassadeur de France. Il va être aussitôt présenté au grand Vizir qui tient à être directement informé de la situation épidémique.

Reste enfin le voyage de retour qui fera escale au Pirée, à Messine, Naples et Livourne puis Marseille d'où Adrien prend le train pour Paris.

Ce périple épuisant de près de 15.000 km en Russie et en Orient a montré toute la force physique et intellectuelle d'Adrien mais aussi sa compétence dans le domaine de l'épidémiologie

Bibliographie : "La défense de l'Europe contre le choléra" (1873), "Essai sur l'hygiène internationale, ses applications contre la peste, la fièvre jaune et le choléra asiatique" (1873) "La défense de l'Europe contre le choléra" (1873), "Essai sur l'hygiène internationale, ses applications contre la peste, la fièvre jaune et le choléra asiatique" (1873),Voir aussi et A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010)

 

Jean-Christophe RUFIN (1952) : médecin grand voyageur et académicien

Jean-Christophe Rufin est né à Bourges dans le Cher.

Après le divorce de ses parents, il est élevé par son grand-père, médecin vétéran de la Grande Guerre et ancien résistant déporté à Buchenwald, Jean-Christophe a quitté Bourges pour aller faire ses études à Paris au lycée Janson-de-Sailly puis Claude-Bernard.

Il mène de front ses études de médecine et de Sciences Politiques mais est reçu, à l'âge de 23 ans, au concours d'internat des hôpitaux de Paris. Il va faire son internat en maternité puis en neurologie.

En 1976, il part effectuer son service militaire en Tunisie en tant que coopérant puis revient à Paris pour reprendre sa carrière hospitalière : chef de clinique et assistant des hôpitaux puis chef de service de psychiatrie à l’hôpital Saint-Antoine.

Dès 1976 il s'investit dans la médecine humanitaire avec Médecins sans frontières fondé en 1970 par Bernard Kouchner et Claude Malhuret.

 Sa première mission humanitaire est menée en 1976 en Érythrée, alors ravagé par la guerre. Il y pénètre incognito avec les forces rebelles érythréennes au sein des bataillons humanitaires. Il y rencontre Azeb, qui deviendra son épouse, Entre 1991 et 1993, il est vice- de Médecins sans frontières, mais quitte l'association en 1980 après l'échec de la "marche pour le Cambodge" organisée par un ensemble d'associations humanitaires.

Il devient ensuite administrateur de la Croix-Rouge française puis part en poste au Kosovo comme administrateur de l’association Première Urgence, Il mène en même temps une carrière diplomatique, il devient, conseiller du secrétaire d'État aux Droits de l'homme, Claude Malhuret.

En 1989-1990, il part au Brésil comme attaché culturel auprès de l'ambassade de France attaché culturel au Nordeste brésilien.

Directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques entre 1996 et 1999, il conduit la mission humanitaire française en Bosnie-Herzégovine. Il fait ainsi libérer onze otages français de l'association Première Urgence détenus par les Serbes de Bosnie, " en sympathisant avec les geôliers et en s'obligeant à boire avec eux,

En 2007, il est nommé ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie 5 . , En décembre 2008, il déclare lors d'une conférence de presse : " Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets, tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n’importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente.'. Cette remarque ne passe pas inaperçue, tant et si bien que la vice-présidente du Sénat du Sénégal, Sokhna Dieng Mbacké, lui demande des excuses publiques pour ces propos " choquants, voire méprisants et insultants ". L'ambassadeur publie aussitôt un communiqué dans lequel il insiste sur " le caractère ironique et affectueux de paroles tenues sur le ton de la plaisanterie ". Cependant, Il quitte ses fonctions d'ambassadeur au Sénégal le 30 juin 2010.

Jean-Christophe Rufin est élu à l'Académie française en 2008 au fauteuil de l'écrivain Henri Troyat

Bibliographie, L'expérience acquise par Jean-Christophe Rufin dans des organisations humanitaires au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans est un leitmotiv dans une œuvre considérable,

Son premier essai, "Le Piège humanitaire" traitait des enjeux politiques de l'action humanitaire et les paradoxes des mouvements " sans frontières " qui, en aidant les populations, font le jeu des dictateurs. Suit ensuite un ensemble d'essais sur la médecine humanitaire : "Quand l'humanitaire remplace la guerre, ", L'Empire et les nouveaux barbares," un essai de politique internationale qui compare l’Occident à l’Empire romain menacé par les barbares :Aujourd’hui, c’est l’Est qui demande des aides pour son développement. Quant au Sud, il s’arme maintenant contre le Nord.

Les romans de Rufin, romans d'aventures, historiques ou politiques, sont de la veine des récits de voyage et d'anticipation. Ainsi, "Globalia " : l'action se déroule dans un futur indéterminé : en juillet 27 de l'ère "globalienne, dont on sait seulement qu'elle est postérieure à la nôtre. Doivent être cités ici "L'Abyssin," Sauver Ispahan, et Rouge Brésil, "Katiba". Jean(Christophe Rufin avait reçu le prix Goncourt du premier roman en 1997pour "L'Abyssin" puis le Prix Goncourt 2001, pour son roman "Rouge Brési"l[103].

Voir également sur Internet "Jean Christophe Rufin médecin, diplomate et académicien" (http://manager.e-monsite.com/cms/pages/update/page/4f450618a98c59036f2138ef

Arthur SCHNITZLER (1862-1931) le médecin qui trouva à Venise la séduction et la mort

Arthur Schnitzler était né à Leopoldstadt, un des quartiers de Vienne où son père, oto-rhino-laryngologiste réputé et grand spécialiste de la voix, recevait la visite des grands artistes de la capitale.

Ainsi, tout enfant, Schnitzler connaissait bien le milieu du théâtre, acteurs (et actrices...) et tout l'y fascinait. A l'âge de treize ans, malgré la réprobation du père qui voulait faire de son fils un médecin, Schnitzler passait des journées entières à écrire des pièces de théâtre...

Fils obéissant, il s'inscrit à la Faculté de médecine et obtint, en 1885, son doctorat. Il exerce tout d'abord comme médecin à l'hôpital général de Vienne, mais dès la mort du père, il décide d'entrer dans la carrière dont il rêvait depuis l'enfance : la littérature.

A peine âgé de vingt trois ans Schnitzler va connaître le succès, comme auteur de pièces de théâtre mais aussi de nouvelles et de romans. Il savait donner à ses œuvres un style très personnel, mêlant, dans une atmosphère onirique, angoisse et sensualité. Malgré ou peut être à cause de ses succès, son œuvre suscita beaucoup d'hostilité dans la bonne société Viennoise choquée de l'étalage de sentiments quelque peu scabreux.

Point n'est besoin de recourir à la psychanalyse pour comprendre la parenté qui unissait Schnitzler à Sigmund Freud. Le jour de son anniversaire de soixante ans, Schnitzler avait envoyé à Freud un message portant ces mors: "Je pense que je vous avais évité jusqu'ici par une sorte de crainte de rencontrer mon double. "

Une passion pour Venise

Arthur Schnitzler avait toujours eu la passion de Venise. C'est peut être la raison pour laquelle il s'intéressa tant à la vie de Casanova. Peut être aussi voyait il dans le Don Juan de Venise le reflet de son propre personnage ? Il lui consacra un livre qui, dès sa publication, eut de nombreux lecteurs, "Le retour de Casanova"[104] : le Vénitien parvenu à la fin de son parcours, veut revoir sa ville où il avait, vingt ans plus tôt, été mis en prison pour crimes d'athéisme et de libertinage. Mais le temps a passé, le séducteur est devenu un vieil homme, il n'est plus l'"amant des mille et trois femmes" mais un écrivain famélique au linge élimé. Il rencontre une jeune et brillante étudiante, Marcolina, qui incarne ce dont il a toujours rêvé, la femme idéale. Voulant à nouveau séduire, Casanova retrouve pour un temps, sa verdeur et sa verve mais il ne parviendra à ses fins qu'au prix d'un double crime.

Dans ce conte, Arthur Schnitzler entendait ainsi étayer ses idées sur les déchirements de l'âme par la force des pulsions érotiques, plaçant en arrière-plan, Venise, ville de la séduction masquée.

La Sérénissime fit la gloire et le malheur de ce disciple du Venitien : Schnitzler avait une fille unique, Lili, qu'il adorait et qui l'adorait. Lili ne voulait jamais se résoudre au mariage mais finit par épouser un bel officier italien, fasciste vétéran de la marche sur Rome, Arnoldo Cappellini. Malheureusement, le mariage fut un échec et Lili qui traînait depuis longtemps des pulsions suicidaires, se tira une balle de revolver dans la poitrine lors d'un séjour à Venise, la ville si chère à son père.

Brisé par le chagrin, Arthur Schnitzler revint chaque année qui lui restait à vivre, se recueillir sur la tombe de sa fille au vieux cimetière juif du Lido de Venise.

Ainsi que l'aurait dit son ami Sigmund Freud, fidèle à ses enseignements psychanalytiques : "la boucle était bouclée"...

Biographie ; A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010)

VICTOR SEGALEN (1878-1919) , le médecin pèlerin de la Chine

Victor Segalen était breton, né à Brest de Victor Tréguier et Charlotte Segalen mais c’était comme on disait à l'époque, une union "illégitime" et toute sa vie, Victor portera le fardeau de cette naissance "scandaleuse"…

Elève jugé "instable" par ses professeurs, Victor obtient cependant le prix d'excellence en classe terminale et en 1894, sera reçu au baccalauréat avec mention.

Après une année préparatoire en faculté des sciences de Rennes, Segalen s'oriente vers la médecine navale et entre en 1896 à l'Ecole navale de Brest

Peu de temps après survient un premier épisode de dépression rapidement surmonté. Victor obtient cependant son diplôme en 1902 avec une thèse sur : " L'observation médicale chez les écrivains naturalistes"

Nommé "médecin naval de 2ème classe", il s'embarque au Havre en 1902 pour Tahiti via New York et San Francisco.

Arrivé à Tahiti, Victor a un choc : le peintre qui l'avait tant influencé, Paul Gauguin, marin et breton comme lui, vient de mourir aux iles Marquises

Nouveau voyage lointain, cette fois à Djibouti, en 1905, en pèlerinage sur les traces de Rimbaud :. EA l'occasion d'une escale, Victor Segalen recherche ceux qui ont rencontré là bas "l'homme aux semelles de vent".. Il s'entretient avec les frères Rhigas: Athanase, le patron du Café de la Paix, et Constantin, qui avait accompagné Rimbaud à Harar. Mais cette expérience a un goût amer. Victor va laisser ces lignes désabusées : "l'exotisme est tout ce qui est Autre".

De retour en France, il épouse la fille d'un médecin brestois, Yvonne Hebert. Il rencontre Debussy pour lui soumettre son projet de drame, "Siddharta" et publie les " Immémoriaux"

A présent, Segalen ne pense plus qu'à la Chine : il prépare l'examen d'interprète, et, en 1905, Segalen obtient un détachement en Chine, où il restera cinq ans. Dès 1910, il s'était installér à Pékin avec toute sa famille

En 1912, il publie '"Odes", dont l'idée lui est venue au cours d'une fumerie d'opium, puis, l'année suivante, "Stèles", recueil de poèmes dont Segalen a dirigé en personne l'impression, dite "à la chinoise". L'œuvre est tirée à 81 exemplaires, "chiffre, dit il, qui correspond au nombre sacré des dalles de la troisième terrasse du Temple du Ciel à Pékin"

Revenu pour une brève période à Paris, Segalen en repart en 1914, chargé d'une mission archéologique officielle. Ce sera l'expédition Segalen-Lartigue-de Voisins, qui a dans son programme de parcourir la Chine en diagonale du Nord-est au Sud-ouest. Les objectifs sont doubles : établir un relevé topographique des régions mal connues et explorer les sites archéologiques de la Chine classique.

En 1914, Segalen découvre au cœur de la Chine, à Si-ngan fou le tombeau du général Houo Kiu Ping, la statue considérée alors comme la plus antique de Chine , datée de 117 AJC, " cheval dominant un barbare"

Le 11 aout, la mission est interrompue par la guerre. Victor revient en France, et est affecté à l'hôpital maritime de Brest. C'est le début de sa correspondance avec Paul Claudel, traitant principalement des problèmes religieux

A sa demande, Segalen est envoyé au front, à Dunkerque mais ce sera pour une brève période : il est bientôt chargé par le gouvernement d'aller recruter en Chine des travailleurs pour remplacer ceux qui sont partis au front. Pendant ce nouveau voyage, Segalen va étudier les sépultures de la région de Nankin

A son retour, survient une nouvelle crise de dépression, cette fois plus grave que les autres : "Je n'ai aucune maladie connue, reçue, décelable. Et cependant tout se passe comme si" j'étais gravement atteint. Je ne me pèse plus. Je ne m'occupe plus de remèdes. Je constate simplement que la vie s'éloigne de moi"."

Le 23 mai, on découvre son corps gisant au pied d'un arbre, un exemplaire d'une pièce de Shakespeare "Hamlet" à ses cotés. Il avait à la jambe une blessure profonde, et un garrot de fortune : selon toute vraisemblance, il était mort d'hémorragie après s'être blessé…

En 1934, le nom de Victor Segalen sera inscrit sur les murs du Panthéon comme "écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918 "…

Plusieurs universités ont été placée sous son patronage : ainsi, l'université Victor-Segalen Bordeaux 2, la faculté de Lettres et Sciences sociales de Brest, ville natale de Segalen, le lycée français international de Hong Kong et le collège public de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine).

Reste à relire, parmi ses poèmes : "Conseils au bon voyageur", publié dans "Stèles"

"Ville au bout de la route et route prolongeant la ville /ne choisis donc pas l’une ou l’autre, mais l’une et  l’autre bien alternées./Montagne encerclant ton regard le rabat et le contient  que la plaine ronde libère. Aime à sauter roches et  marches ; mais caresse les dalles où le pied pose  bien à plat./Repose-toi du son dans le silence, et, du silence, daigne  revenir au son. Seul si tu peux, si tu sais être seul,  déverse-toi parfois jusqu’à la foule./Garde bien d’élire un asile. Ne crois pas à la vertu  d’une vertu durable : romps-la de quelque forte  épice qui brûle et morde et donne un goût même à  la fadeur./Ainsi, sans arrêt ni faux pas, sans licol et sans étable,  sans mérites ni peines, tu parviendras, non point,  ami, au marais des joies immortelles,/Mais aux remous pleins d’ivresses du grand fleuve" 

HANS SLOANE (1660-1753), médecin, encyclopédistes et grand ami de la France

Hans Sloane[105], médecin, homme de sciences et grand collectionneur reste un des personnages les plus insolites de son époque, qui en avait pourtant vu tant d’autres....

Un étudiant de Montpellier

HansSloane avait toujours eu une forte inclination pour la France : à peine âgé de 23 ans, et simple étudiant en quatrième année de médecine, il décide de traverser la Manche pour venir étudier en France.

En tant que protestant, Sloane n’aurait pu obtenir de diplôme à Paris, il dut se rendre, dans l’enclave calviniste d'Orange, au sud de la France pour continuer ses études et, gagna  Montpellier, la plus célèbre Ecole de médecine de ce temps. Les étudiants y venaient de toute l’Europe : c’est là que François Rabelais, Guillaume Rondelet, Charles de l’Ecluse et bien d'autres avaient fait leurs études.

L’école de médecine de Montpellier avait de très illustres enseignants, parmi lesquels Pierre Chirac, professeur d’anatomie et de médecine et Pierre Magnol professeur de botanique et directeur du Jardin des plantes de Montpellier, donné partout en exemple.

Sloane va s’y faire de grands amis : Joseph Pitton de Tournefort, botaniste et médecin célèbre de Montpellier et Joseph Guichard du Verney médecin anatomiste d’Avignon avec lesquels il restera en relation toute sa vie.

En bref, c’est à Montpellier que Sloane découvrit sa passion pour la médecine, les sciences naturelles et la botanique, passions qui allaient durer toute sa vie.

Lorsque il retourne en Angleterre en 1684, il rapporte avec les nombreux cadeaux offerts par ses amis de Montpellier, un ensemble d’espèces botaniques rares et c'est ainsi que va se fonder ce qui deviendra plus tard la célèbre collection Sloane de "Curiosités naturelles".....

Notre homme à la Jamaïque

A son retour à Londres, Hans n’avait nullement perdu le goût des voyages : en 1687, il n’est que trop heureux de saisir l’occasion qui lui est offerte d'aller dans la suite un grand seigneur, le duc dAlbemarle, de visiter les Caraïbes. Pendant les quinze mois de son séjour, Sloane va accumuler les observations zoologiques et botaniques, rapportant plus de 800 espèces nouvelles. Il en publiera plus tard le le récit de son éxpédition dans son ouvrage "Voyage à la Jamaïque"

Toujours aussi épris de Sciences naturelles, Sloane entendait ramener à Londres quelques specimens d'animaux exotiques mais il joua de malchance, le lézard géant tomba à l’eau, le crocodile mourut d'ennui durant le voyage et un des serpents échappé du navire, dut être abattu après une chasse épique. Seule put résister au voyage de retourune collection complète d’animaux empaillés. 

Une belle carrière de médecin dans la haute Société de Londres

Dans les années qui suivirent son retour à Londres, Sloane effectue une ascension sociale spectaculaire. Il ne tarde pas à accèder à l’entourage d’une des gloires de la médecine de l'époque, Thomas Sydenham, le nouvel Hippocrate, comme on disait alorset Hans devient le médecin attitré des grandes familles aristocratiques

Il devient membre de toutes les grandes sociétés scientifiques. Elu à la Royal Society en 1685, il en deviendra le Secrétaire en 1693, il restera pendant vingt ans l'éditeur de la revue éditée par la Société, Philosophical Transactions. En 1727 il prend la présidence du Collègeroyal de  médecine

En 1716, Sloane se voit anobli au rang de Baronnet, devenant le premier médecin d’Angleterre à recevoir cette distinction à titre héréditaire. Il est nommé Médecin-général de l’armée britannique et, en 1727 accède aux fonctions de médecin personnel du roi George II.

Enfin, suprême honneur, Sloane, en 1727, va succéder à Isaac Newton comme Président de la Royal Society.

Les amis Français d'Hans Sloane [106]

Hans Sloane a gardé tout au long de sa vie des liens solides avec la communauté scientifique française. En voici quelques exemples :

 

Joseph Pitton de Tournefort, l'ami fidèle de Montpellier

Un des botanistes dont il avait fait connaissance r à Montpellie, Pitton de Tournefort, était devenu célèbre pour avoir, le premier, fait la distinction entre genres et espèces.

Lorsque Sloane revint de la Jamaïque, Tournefort lui avait fait parvenir une lettre chargée d’enthousiasme méridional: "Si j’ai eu l’occasion, je voudrais vous envoyer quelques bagatelles ramassées en Espagne et Portugal, mais cela est peu de chose par rapport à la trésors que vous avez ramené d’Amérique et j’ai honte de parler de mes œuvres".

Tournefort admirait Sloane et ne manquait jamais de lui faisait parvenir ses œuvres après chacune de ses publication.

On possède encore l’envoi fait par Tournefort à Sloane, en 1698, de la traduction anglaise de l’"Utilisation médicale des plantes qui poussent autour de Paris" et, dans une de ses dernières lettres, écrite peu de temps avant sa mort, Tournefort assure à nouveau Hans Sloane de "ses pensées amicales". Pierre Chirac le médecin du Roi Louis XV

Un autre ami du temps de Montpellier a été Pierre Chirac, dont la carrière fut glorieuse puisqu’il termina médecin personnel du Roi.

Destiné dès la petite enfance à la prêtrise, il avait été orienté vers la médecine par le chancelier de l’Université de Montpellier, Michel Chicoyneau.

Devenu en 1682 Professeur de médecine il restait très apprécié de ses étudiants. Chirac avait quitté Montpellier en 1692 lorsqu'il devint médecin chef de l’Armée du Roussillon.

Il fut nommé en 1715, "médecin en premier" du Régent puis un peu plus tard médecin personnel de Louis XV.

On possède encore toute la correspondance entretetenue tout au long de sa vie avec son ancien condisciple, Hans Sloane. 

Les botanistes amis d'Hans Sloane

Sloane avait de nombreux amis botanistes en France : Pierre Magnol, directeur du Jardin botanique royal de Montpellier, Charles Plumier, prêtre de l’Ordre des Minimes. botaniste célèbre pour la relation de son voyage aux Antilles, où l’avait envoyé en mission Louis XIV et Claude-Joseph Geoffroy le Jeune, apothicaire, chimiste et botaniste qui fut admis en 1715, avec l’appui d’Hans Sloane membre de la Royal Society.

Relations de Sloane avec les physiciens Français

Enfin, Sloane s’était lié avec plusieurs physiciens français tels Étienne-François Geoffroy, le frère de Claude, qui présenta plusieurs communications à la Royal Society, François de Bremond, traducteur des comptes-rendus de sociétés scientifiques anglaises, Charles François de Cisternay du Fay qui fut un des premiers à discerner l'existence de charges électriques positives ou négatives.  

Hans Sloane à l'Académie des Sciences

Hans Sloane, en témoignage de tout l'intérêt qu'il portait travaux scientifiques françaisl demanda en 1709, à être élu à l’Académie des sciences, alors même que son pays était en guerre avec la France. Il lui fallut, à cette fin, demander une permission spéciale à la reine-régente Anne d’Angleterre et il l’obtint.

Hans Sloane, fondateur du British Museum 

Grand Témoin de l’Age des Lumières, durant lequel s'est constitué, dans toute l’Europe, un immense réseau d’informations scientifiques, Sloane amassa toute sa vie, comme l'avaient fait avant lui, les grands seigneurs florentins, d’immenses et hétéroclites collections d’objets scientifiques.

Son imposante demeure de Chelsea renfermait tout un monde de végétaux mais aussi d’insectes, de coquillages, de coraux et de divers trésors minéraux.

S’y ajoutait une étonnante collection de spécimens naturalisés où figutaient côte à côte, des poissons, des oiseaux, des serpents et des animaux d'espèces les plus diverses

La numismatique et la sigillographie n’étaient pas oubliées : Sloane collectionnait même les instruments astronomiques ainsi que nombre d’objets et "choses de tout genre non décrits précédemment, à la fois naturels et artificiels "

Quant aux livres, Hans Sloane, grand lecteur devant l'Eternel, en avait amassé par milliers, plus de cinquante mille ouvrages épars dans les pièces du château.

A sa mort, en 1753, Hans Sloane a légué tous ses biens à la nation anglaise.et c’est sur ses collections que se constitua, à partir de 1759, ce qui allait devenir le British Muséum.

Bibliographie : A.J. Fabre, "Les grands médecins méconnus" (Ed. de l'Harmattan, Paris 2010) 

JACOB SPON (1647-1685) médecin voyageur et militant protestant au siècle de Louis XIV 

Jacob Spon, médecin et littérateur français, est un pionnier méconnu du tourisme en Grèce et en Orient.

Il était issu d'une famille d'huguenots allemands venus d'Ulm à Lyon où le père Charles Spon, était médecin.

En 1662, Jacob Spon entre au Collège à Genève mais son père l’envoie bientôt poursuivre ses études à Strasbourg. C'est là qu'il va rencontrer le fils d'un grand ami de son père, Charles Patin[107], étonnante figure de la vie médicale de l'époque et Jacob va séjourner plusieurs mois à Paris dans la famille Patin. 

Médecin à Lyon

Au XVIIème siècle, pour un protestant, entreprendre des études de médecine posait bien des problèmes : certes, l'édit de Nantes n'avait pas encore été abrogé mais la Faculté de médecine de Paris était fermée aux huguenots. Il n'y avait donc d'autre ressource que se rendre à Montpellier, Faculté réputée tolérante sur le plan de la religion, ce que fit Jacob en 1665.

En 1668, Jacob devient ainsi docteur en médecine. Il va alors s'installer dans à Lyon, où son père était médecin. Une brillante carrière l'y attendait : sa clientèle est florissante et dès 1668, Jacob Spon est élu au Collège des médecins de Lyon

A l'exemple de son père et de ses amis Patin, Jacob avait un très vif intérêt pour les sciences de l'Antiquité. Il va ainsi entrer en correspondance avec Bossuet, Pierre Bayle et Jean Mabillon, bénédictin philosophe qui, lors de son passage à Lyon, eut un long entretien avec lui. Parmi les correspondants attitrés de Jacob Spon figurait aussi le célèbre Père de La Chaise, confesseur du Roi (pourtant bien peu suspect de sympathies hérétiques…), c'est à lui que sera plus tard dédicacé le "Récit de voyage en Orient"

Un promoteur de utilisation du quinquina dans le paludisme

En 1684, Spon va connaitre le succès avec la publication de ses "Observations sur les fièvres et les fébrifuges" où il donne une place importante au "Quinquina du Pérou"

En fait, ce quinquina avait déjà une longue histoire puisque ses premières utilisations remontes au tout début du XVIIe siècle. Selon les chroniqueurs de l'époque, c'est un remède indien qui aurait guéri de ses fièvres palustres la comtesse de Chinchon, épouse du vice-roi du Pérou. La véracité de la légende reste à démontrer mais dès 1653 le médecin de l'Archiduc d'Autriche faisait déjà mention du "chinchina"[108]. Arrive ensuite Robert Talbor[109] ancien aide apothicaire, devenu, à la suite d'une "cure miraculeuse, médecin personnel du roi d'Angleterre qui, en 1679 l'envoya en France au chevet du Dauphin qui se mourait de "fièvre maligne" : son "médicament secret" eut un effet décisif au point que Louis XIV lui acheta (fort cher…) la recette du médicament miraculeux : une macération d’écorce de quinquina en suspension dans du vin. Le secret sera définitivement levé en 1689 avec la publication de l'ouvrage de Talbot intitulé "guérisons miraculeuses des fièvres" [110],

Le précurseur du tourisme en Orient

Le voyage que va faire Jacob Spon en Grèce et en Orient revêt à notre époque une importance toute particulière : c'est le premier des "voyages culturels" en Orient, dont la tradition s'était perdue depuis l'Antiquité.

De 1675 à 1676, Spon a parcouru tout le bassin méditerranéen : Venise, la Dalmatie, la Grèce, Smyrne, Troie et Constantinople en compagnie de son ami George Wheeler[111],

Il en a ramène un livre en deux tomes publiés en 1678 [112] qui va longtemps rester ouvrage de référence pour tous les voyageurs d'Orient : ainsi, Chateaubriand, dans son célèbre "Itinéraire de Paris à Jérusalem", raconte que le livre de Jacob Spon l'accompagna durant tout son voyage. 

Jacob Spon, auteur prolifique

Le "Récit de voyage en Orient" fut suivi de nombreux ouvrages : "Histoire de Genève"[113] et un ensemble de travaux archéologiques, en particulier, une étude sur les inscriptions romaines[114] où est propose pour la première fois le terme d'"Archaeologie " pour designer l'étude des vestiges eu passé.

Spon était aussi, tout comme son ami Patin, numismate averti et a laissé un ouvrage sur ce sujet[115]

Après sa mort, fut publiée une très curieuse étude sur… les étrennes de fin d'année "De l'origine des étrennes"[116], livre offert à un ami genevois, à l'occasion du 1er janvier 1674 : on y voit, non sans quelque surprise, que la mode des cadeaux de Nouvel An était déjà là en plein XVIIème siècle.

 Le drame de la Révocation de l'édit de Nantes

Le grand drame dans la vie de Jacob Spon fut, en 1685, la révocation de l'Edit de Nantes qui avait été promulgué par Henri IV pour accorder aux protestants le droit de pratiquer leur culte[117].

Dès 1680, Jacob Spon va devoir rompre avec ses amis catholiques, et en premier, avec le Père de la Chaise ,qui le pressait instamment d'abjurer la foi protestante

Exil et fin à Genève

Plutôt que se convertir à la religion d'état, Spon a préféré prendre la fuite en Suisse.

Tout s'est très mal termine : argent et bagages lui furent volés et Jacob Spon mourut bientôt de tuberculose à l'hôpital de Vevey ,le jour du Nouvel An 1685.

Jacob Spon est une des grandes figures du XVIIe siècle. Sa personnalité est fascinante : à la fois médecin, ardent défenseur de la cause protestante mais aussi homme de haute culture, passionné par l’art, l'architecture et l'Antiquité. Précurseur dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, , il a fait de l’archéologie, avec quelques siècles d'avance, une "science du terrain".

Il en a amplement témoigné au cours du long voyage ou plutôt du pèlerinage aux sources de l'Antiquité qu'il a effectué à l'époque où le Roi Soleil installait sa Cour à Versailles.

Jacob Spon avait voué son existence à la religion reformée. Aussi la révocation de l'édit de Nantes fut elle le grand drame de sa vie.

Il choisit alors, plutôt que révoquer sa foi, de s'exiler à Genève où il mourut abandonné de tous à l'âge De 38 ans.

Bibliographie : A.J. Fabre "Jacob Spon, médecin précurseur du tourisme en Orient" "Lettre d'informations sur l'Histoire de la médecine" de juin 2014

 Anton TCHEKHOV (1860-1904) Après les camps de concentration de Sibérie, lun médecin russe découvre Venise

Apres sa terrible expérience à Sakhaline au camp des déportés sibériens, Tchekhov, déjà reconnu dans son pays comme un des plus grands écrivains de son temps, voulut connaître l'Occident et ses beautés. Il entreprit en 1891 en compagnie de son éditeur, le richissime Suvorin; un voyage qui le conduisit à Paris, Vienne, Nice, Rome, Naples, Florence et Venise.

Venise fut une révélation : arrivé dans la Sérénissime, Il exprime toutes ses émotions dans les nombreuses lettres qu'il adresse à sa famille restée en Russie (93)

Le 25 Mars, 1891 (lettre adressée à sa sœur).

Venise aux charmants yeux bleus vous envoie ses salutations. Oh, Signori Signorine, quelle ville exquise est Venise !

Imaginez une ville faite de maisons et d'églises comme vous n'en avez jamais vu, une architecture enivrante, tout aussi gracieuse et légère que la gondole qui virevolte comme un oiseau.

De telles constructions ne peuvent être l'œuvre que de gens au goût artistique et musical immense et dotés d'un tempérament de lion.

Imaginez, dans les rues et les ruelles, au lieu de la chaussée, l'eau, imaginez qu'il n'y a pas un seul cheval dans la ville et qu'au lieu de cochers, vous trouvez ici les gondoliers sur leurs embarcation magnifiques, légère, délicate, avançant un long bec d'oiseau qui semblent à peine toucher le l'eau, tremblant à la moindre vague. Et tout cela, de la terre au ciel baigné dans le soleil.

Il ya des rues aussi larges que notre perspective Nevski, et d'autres dans lesquelles vous pourriez barrer la route en étendant les bras.

Le centre de la ville est la Place Saint-Marc avec la fabuleuse basilique du même nom. La basilique est magnifique, à l'extérieur. A côté se trouve le Palais des Doges, où Othello fit, dit on, sa confession devant les sénateurs.

En bref, il n'y a pas un endroit qui n'évoque de souvenirs et remue le cœur. Ainsi, la petite maison où vivait Desdémone fait une impression qu'il est difficile d'oublier.

Le meilleur moment est le soir. D'abord, les étoiles, d'autre part, les longs canaux où se reflètent les lumières et les étoiles, en troisième lieu, les gondoles, et les gondoles, et les gondoles Quand il fait noir, elles semblent animées de vie

Quatrièmement, l'envie de pleurer quand de tous côtés on entend une musique et des chants superbes.

Une gondole glisse devant nous, éclairée de lanternes multicolores. On entrevoit dans l'obscurité des musiciens qui jouent de la contrebasse, de la guitare, de la mandoline, du violon....

Puis passe une autre gondole avec des hommes et des femmes qui chantent, et comment! C'est tout à fait comme à l'Opéra.

Cinquièmement, il fait chaud.

En bref, celui qui ne va pas à Venise est un imbécile. Vivre n'est pas cher ici. Repas et logis coûtent ici dix-huit francs par semaine ce qui fait six roubles ou vingt-cinq roubles par mois. Un gondolier demande un franc à l' heure, c'est-à trente kopecks. Les musées et les Académies sont gratuits. La Crimée est dix fois plus chère, et comparer la Crimée à côté de Venise c'est comparer une seiche à une baleine...

Et la verrerie, et les miroirs ! Pourquoi ne suis-je pas millionnaire!... L'année prochaine, notre chalet d'été sera à Venise.

L'air est plein de la vibration des cloches qui sonnent dans les églises : mes chers Toungouses, convertissons nous vite à la religion catholique. Si seulement vous saviez combien est belle la musique des orgues, toutes les statues dans les églises et ces femmes italiennes à genoux tenant en main leur livre de prières!

Portez vous bien et ne m'oubliez pas, le grand pêcheur... Addio !

Le 26 Mars, 1891 (à sa sœur, le lendemain de l'arrivée)

"Il fait une pluie battante et Venezia a cessé d'être bella. L'eau est partout, dans une grisaille morne, et on souhaiterait être ailleurs au soleil...

J'ai vu la Madonna de Titien. C'est très beau. Mais il est dommage que les tableaux les plus beaux soient montrés ici aux cotés d'œuvres sans intérêt...On s'explique mal en quoi est il nécessaire de tout garder. La maison où vivait Desdémone est à louer."

Le 24 mars, 1891(lettre adressée à son frère Ivan).

Me voici maintenant à Venise. Je suis arrivé de Vienne ici il ya deux semaines. Une chose que je puis dire: je n'ai jamais vu de ma vie une ville de plus merveilleuse que Venise. Tout ici est parfaitement enchanteur, la brillance, la joie, la vie. Au lieu de rues et les routes il ya des canaux, au lieu de fiacres, des gondoles. L'architecture est incroyable, et il n'ya pas un seul endroit qui n'ait un intérêt historique ou artistique. Vous vous laissez flottez sur une gondole et vous voyez le palais des Doges, le palais de Desdémone, les maisons des peintres les plus celebres, des églises sans nombre. Et dans les églises, il ya des sculptures et des peintures dont je n'aurais pu rêver. C'est un enchantement.

Toute la journée, du matin au soir, je reste dans une gondole à glisser le long des canaux, ou je flâne sur la fameuse Place Saint-Marc. Le sol de la place est comme un parquet. C'est impossible à décrire : voir le Palais des Doges, et les autres édifices de Venise, c'est comme entendre le chant d'un chœur

je me sens révélé à moi-même par cette étonnante beauté.

Et les nuits de Venise ! Mon Dieu! On pourrait presque mourir de cette expérience inouie. On glisse sur l'eau dans une gondole... chaleur, calme, sous un ciel etoilé....

Il ya pas de voitures à Venise, et il ya donc un silence ici comme en pleine campagne la nuit. Des gondoles voltigent çà et là,... il en arrive une illuminée de lanternes. Dedans, des musiciens : une contrebasse, des violons, une guitare, une mandoline et un cornet, plus deux ou trois chanteuses et plusieurs chanteurs. Ils chantent des airs d'Opéras et avec quelles voix! On va un peu plus loin et à nouveau arrive une barque de chanteurs, puis encore une autre, et l'air est rempli, jusqu'à minuit, du son des violons et des voix de ténors, avec toutes sortes de mélodies émouvantes.

Merejkovski[118], que j'ai rencontrés ici, est en extase. Pour nous pauvres Russes opprimés, il est facile de perdre la tète dans cet univers de beauté, de richesse, et de liberté. On aimerait rester ici pour toujours, et quand on écoute l'orgue résonner dans les églises on voudrait devenir catholique.

Les tombeaux de Canova et Titien sont magnifiques. Ici on enterre les grands artistes comme on fait ailleurs pour les rois, dans les églises. Ici, on ne méprise pas l'Art comme on fait chez nous, les églises donnent refuge aux tableaux et aux statues même s'il s'y montre du nu.

Dans le Palais des Doges il ya un tableau où sont peints plus de dix mille figures humaines.

Aujourd'hui, c'est dimanche. Il y aura un orchestre de musiciens Place Saint-Marc....

Si jamais tu viens à Venise, tu auras fait la meilleure chose de votre vie. Tu devrais voir ce qu'est le verre ici! Tes bouteilles sont tellement laides comparées à ce qui se fait ici et cela me rend malade d'y penser..." 

28 mars 1891

Mais quelques jours plus tard, dans le périple d'un voyage épuisant, le jugement d'Anton n'était plus le même "Je suis épuisé par la course dans les musées et les églises de Rome. Après avoir vu la Vénus de Médicis, je peux seulement dire que si elle était habillée dans des vêtements modernes, elle serait hideuse, en particulier autour de la taille...Le ciel est couvert, et l'Italie sans soleil, c'est comme un visage dans un masque...Il fait froid et j'ai le spleen. "

En 1892 Tchekhov retourna à Moscou et à son métier de médecin qu'il mettait au dessus de tout. Dans une lettre à son grand ami le richissime éditeur Suvorin il le dit clairement "La médecine est ma femme légitime, la littérature n'est que ma maîtresse"...  6]

Bibliographie : "Correspondance d'Anton Tchekhov à sa famille et ses amis"[119] et Bibliographie ; A.J. Fabre "Grands médecins méconnus" (Ed. l'Harmattan, Paris, 2010) 

Jean de THEVENOT (1633-1667) de la Perse des shahs à l'Empire Moghol

Jean de Thévenot, fut un grand voyageur du siècle de Louis XIV mais aussi tout à la fois, linguiste, naturaliste spécialiste des plantes medicinales.

Il était né à Paris et fit ses études au Collège de Navarre. Il était le neveu d'un grand voyageur de l'époque, Melchisédech Thévenot[120] et toute son enfance, Jean ne pensa qu'à marcher sur les trac es de son oncle. 

Voyages en Europe début (1652-1655)

Thévenot va commencer à voyager à l'âge de 19 ans. A son programme : l a l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Allemagne puis l'Italie.

A Rome, il rencontra un autre voyageur passionné de l'Orient, Barthélemy d'Herbelot[121], qui lui propose de partir avec lui à Constantinople. Finalement, d'Herbelot restera en France mais en 1655, Thevenot va s'embarquer pour Malte et Constantinople. 

Premiers voyages au Proche et Moyen-Orient (1655-1663)

Thevenot va rester à Constantinople plusieurs mois. Il visite ensuite Smyrne, les îles grecques, et enfin l'Egypte, arrivant à Alexandrie le jour du Nouvel An 1657.

Il vit un an en Egypte, puis part en pèlerinage en Palestine, visitant au passage le monastère du le Mont Sinaï.

Reprenant la mer, Thevenot est attaqué à deux reprises par des corsaires, Thevenot. Il arrive à Damiette puis revient au Caire où, en 1658, l assiste à l'ouverture d'un canal de crue du Nil.

En Janvier 1659, il s'embarque à Alexandrie sur un navire anglais, et part visiter la Goulette et Tunis. Malgré de nombreuses péripéties maritimes cette fois avec des corsaires espagnols, il atteint Livourne en Avril d'où il regagne la France. 

Nouveaux voyages en Orient

En Novembre 1663 Thebeot repart une fois de plus en Orient : direction Alexandrie, puis Sidon, et, sur la route de Damas, Alep, pour arriver ensuite à Mossoul, Bagdad et Mendali, tout proche.

Il passe cinq mois en Ispahan, où il fait la rencontre d'un autre fou de voyages, le français Tavernier[122], se rend ensuite à Shiraz puis Larestan et Bander-Abbasi, au Gole persique sans pouvoir trouver à s'embarquer pour les Indes. Il est contraint de revenir à Shiraz. Après avoir visité les ruines de Persépolis, il revient aux bords du Golfe Persique, gagne le port de Bassorah d'où il peut enfin s'embarquer pour les Indes, en novembre 1665, à bord d"un navire anglais, le "Hopewell," et deux mois plus tard debarque à Surat, sur la cte ouest de l'Inde. 

Dans l'empire moghol

Thevenot va rester dans l'Inde pendant treize mois, et a traversé l'Empire moghol par Golconde, arrivant à Masulipatam, sur la cote est, puis revenant par voie de terre à Surat, por de là revenir en Perse. 

A nouveau en Perse.

 A l'été de 1667 Thevenot est de retour à Ispahan, mais ce sera sa dernière étape. Il est blessé accidentellement par un pistolet et mettra ses dernières forces à gagner Tabriz mais il mourra sur la route. Il avait 34 ans.

Bibliographié : "Relation d'Un voyage au Levant" (1664) et " Voyages de Mr de Thévenot contenant la relation de l'Indostan, des nouveaux Mogols et Pays des Indes [123]

 Clovis THOREL (1833-1911) : Un médecin au Temple d'Angor au XIXeme siècle 

Clovis Thorel était né à Vers-Hébécourt, dans la Somme. En opposition avec sa famille, il part vivre à Paris et s'inscrit en Faculté de médecine en même temps qu'il travaille comme préparateur de chimie et d'histoire naturelles pour financer ses études.. Il est nommé externe puis interne des hôpitaux mais loge à Amiens pour rester proche de sa mère.

En 1861, à la mort de sa mère, Thorel décide de s'engager comme chirurgien dans la Marine et va partir bourlinguer dans tous les coins de l'Asie.  

En Cochinchine

Il est aussitôt affecté en Cochinchine dans le delta du Mekong sur la canonnière “la Mitraille” avec laquelle il patrouilles sur le fleuve.

L’année suivante, il est nommé secrétaire du conseil de santé de la colonie et travaille à l’hôpital de Saïgon.

Commence alors une période d'investigations botaniques : Thorel a fait venir de France un ensemble d'ouvrages de documentation sur la botanique tropicale et va explorer s en détail campagne et les forêts des environs de Saigon, récoltant quelques 1500 spécimens d'espèces différentes. Thorel a fondé une discipline nouvelle, l'"ethno-pharmacologie"

 Il En 1865, il entre au très influent Comité agricole et industriel de la Cochinchine. 

Sur le Mekong

En 1866 le capitaine de frégate Ernest Doudard de Lagrée[124] lui demande de se joindre à la mission d'exploration scientifique de la Cochinchine

Le voyage commence par la visite des temples d’Angkhor, alors largement inconnus et se continue à travers Laos, Siam, Birmanie et Yunna.

C’était la première fois que des Occidentaux entraient en Chine par la route du Sud, sans passer par Pékin. L'expédition va se dérouler dans des conditions rendues périlleuses par des guerres tribales, les raids pirates des " pavillons noirs ", et des équipées musulmanes aux limites de l’empire chinois.

A Shangai

Après bien des aventures, l'expédition atteint Shanghaï en juin 1868, soit deux ans presque jour pour jour après son départ. Elle a parcouru 8800 kilomètres dont 2400 à pied, les voies d’eau étant souvent trop dangereuses pour être remontées en pirogues. Les chaussures étant usées les hommes sont contraints de marcher pieds nus dans la jungle. Doudard de Lagrée, va mourir de maladie et d’épuisement avant la fin du voyage.

Clovis Thorel rentrera en France épuisé et malade mais il est devebu célèbre.

Bibliographie ; Clovis Thorel " Notes médicales du voyage d'exploration du Mékong et de Cochinchine"[125]

 

Willliam WALKER (1824-1860) (Etats Unis) le roi des médecins aventuriers 

William Walker est un médecin américain, avocat journaliste et aventurier, au destin incroyable qui l'a mené jusqu'aux faites du pouvoir, la présidence de l'état du Nicaragua, Walker est née à Nashville, Tennessee, d'un père fils d'un immigrant écossais et d'une mère fille d'officier.

En 1849, tout va changer : Walker part pour le nouvel Eldorado des Etats Unis, la Californie, il est journaliste à San Francisco et conquiert la célébrité à coups de duels. Walker maintenant conçut l'idée de conquérir de vastes régions d'Amérique latine, où il créerait de nouveaux États esclavagistes à rejoindre l'union fédérale.

 Ainsi arrive l'Expédition de Walker au Mexique, À l'été de 1853, Walker s'est rendu à Guaymas, au nord du Mexique cherchant à créer une colonie indépendante qui servirait de frontière fortifiée, comme cela avait été pour le Texas, protégeant le sol américain de raids indiens.

Devant le refus du gouvernement mexicain, Walker décide de réunir une petite armée personnelle faite de partisans esclavagistes, Il s'empare de La Paz dont il fait la capitale d'ou état de Basse Californie dont il se proclame où l'esclavage serait légal. Le manque d'approvisionnement et la résistance plus forte que prévu par le gouvernement mexicain rapidement contraint Walker à battre en retraite.

 De retour en Californie, il a été mis en jugement pour violation de la loi de neutralité de 1794. En fait, ses idées étaient très était populaire dans tout le sud et l'ouest des États- Unis et le jury a fallu huit minutes pour l'acquitter.

, En 1854, une guerre civile a éclaté au Nicaragua entre conservateurs et démocrates qui ont sollicité l'appui militaire de Walker, Pour contourner les lois sur la neutralité des États-Unis, Walker a obtenu un contrat lui permettant d'amener trois cents "colons' porter les armes au service du gouvernement démocratique. Le 4 Septembre 1855, lors de la bataille de La Virgen, Walker défait l'armée légitimiste. Le 13 Octobre, Walker s'empare de conquis la capitale légitimiste de Grenade et pris le contrôle effectif du pays et devient provisoire Patricio Rivas. Le américain Franklin Pierce reconnu le régime de Walker comme le gouvernement légitime du Nicaragua, le 20 mai 1856. Le premier rendez-vous des ambassadeurs de Walker, le colonel Parker H. Walker a du Nicaragua de 1856 à 1857, Walker prend la présidence de Grenade et lui-même se déclare du Nicaragua, après avoir procédé à une élection frauduleuse. Il a été inauguré le 12 Juillet 1856, et bientôt lancé un programme d'américanisation, le rétablissement de l'esclavage, déclarant que l'anglais une langue officielle et la réorganisation de monnaie et la politique fiscale pour encourager l'immigration des États-Unis.

Le règne de Walker ne va pas durer : sous la pression des armées d'Amérique centrale,, Le 1er mai 1857, Walker s'est rendu au commandant Charles Henry Davis de l'United States Navy et a été rapatrié aux Etats Unis Après avoir débarqué à New York, il a été accueilli comme un héros, mais il a aliéné l'opinion publique quand il a blâmé sa défaite à l'US Navy. Il prépare aussitôt une nouvelle expédition, mais il a été arrêté par la US Navy Accueil escadron sous le commandement du Commodore Hiram Paulding et encore une fois retourné aux États-Unis sur fond de polémique publique considérable sur la légalité des actions de la Marine.

Rien ne pouvait arrêter Walker dans ses projets d'hégémonie personnelle : il revient dans la région Walker retourne en Amérique Centrale. Il arrive à Trujillo, au Honduras, et tombe sous la coupe de la Royal Navy.

 Le gouvernement britannique contrôlait alors les abords du Honduras britannique (actuel Belize) et la Côte des Mosquitos (actuellement au Nicaragua) et voyait d'un mauvais œil l'arrivée de Walker qui pourrait contrecarrer ses projets de percement d'un canal entre l'Atlantique et le Pacifique6.

Walker est livré aux autorités du Honduras jugé coupable de préparer un empire esclavagiste dans les régions tropicales d'Amérique latine. et fusillé le 12 septembre 1860 à Trujillo Il avait tout juste 36 ans

La vie de Walker a inspiré deux films, tous deux prendre des libertés Biographie romancée de Patrick Deville, " Vie et mort de William Walker (Ed. Seuil, Paris, 2004[126] 

Sun YAT SEN (1866-1925), grand voyageur et grand politique 

 Sun Yat-sen n'est ni un médecin ni un politicien comme les autres : il est fondateur du mouvement qui donna le signal de la Révolution en Chine, le Kouo-Min-Tang.

Il était issu d'une famille de très pauvres paysans de Cuiheng, à quelques au nord de la colonie portugaise de Macao.  

Hawaï

À 13 ans, il émigré avec son frère Sun Mei Sun à Hawaii, qui à l'époque était encore un royaume indépendant sous forte influence américaine. Là, il entre au College d" Oahu et a apprend à bien parler anglais.

 A ce croient savoir ses biographes. Il était attiré christianisme, mais son frère l'a forcé à revenir à Canton en 1883 pour l'empêcher de se convertir.

Hong Kong

, 1884 Sun a commencé à étudier à Hong Kong à ce qui est maintenant le Collège de la Reine où il reçoit le baptême d'un pasteur américain congrégationaliste.

, Il entreprends des études de médecine à l'université de médecine pour les Chinois de Hong Kong, et obtient son diplôme en 1893 de médecine, l'un des tout premiers diplômés.

 Il pratique alors brièvement la médecine générale à Hong Kong.

Canton

En politique, L'intérêt pour la cause nationalise ase manifeste très tôt : Sun est rapidement devenu l'un des leaders et a tenté une élection à Canton en 1895, Il est dénoncé doit fuir au Japon où il organisé une propagande intense et collecte de fonds pour la révolution et la libération de la Chine qui était alors sous domination étrangère.  

Japon

En 1896, Sun Yat Sen se refugie au Japon d'où il entretient la révolte aux Philippines en organisant des envois de cragaisons d'armes

Londres

Il se rend à Londres en 1896, il est détenu dans les locaix de la Legation de Chine imperiale et ne doit son salut qu'à l'intervention du Times et du gouvernement britannique. 

Hawaï

Il obtient un certificat de naissance à Haqaï et part ensuite rendu aux États-Unis, et a fait campagne là-bas pour gagner des partisans et de l'argent à la révolution.

 

Malaisie

En 1906 Sun Yat Sen part militer à Sinbapour

Chine

Il revient en Chine en 1900 Au cours de la révolte des Boxers en 1900, il a travaillé en Chine en contact avec des principaux dirigeants de la préparation de la grande révolution qui a renversé les Mandchous.

Episode majeur de la vie politique de Su Yat Sen Chien est venu déclenchement de la révolution en Octobre 1911, un peu plus tôt que prévu, Sun n'était même pas en Chine et ne pouvait pas jusqu'à la fin de Décembre de cette année atteindre Shanghai.

 

Nankin

Le 30 décembre, il a été élu par 17 provinces envoyés au chef d'état provisoire du gouvernement républicain basé à Nankin.

Sun a formé un grand ministère Canto, ais et des négociations sont également menées avec Yuan Shi- kai à éviter le partage royaume dans le nord et le sud de la Chine.

Sun comprend que la Chine du sud ne pouvait pas rassembler tout le royaume, et après abdication de la dynastie mandchoue en Février 1912, il a démissionné de son bureau et a recommandé Yuan au provisoire.

En Avril de cette année, il s'est donné aucune fonction politique, mais devient directeur des chemins de fer nationaux dans la province de Shanghai.

Fondateur du Kuo-ming-tang, parti nationaliste chinois ont continué, cependant secrète et apparemment pour contrer regréent autocratique de Yuan, Toutes les tentatives de rébellion a échoué et Sun peut à nouveau s'exiler en 1913.

En 1917 Après la mort de Yuan en 1916, il retourna à Canton et formé un gouvernement militaire indépendant pour continuer la lutte de la Chine du Sud contre le régime de Pékin. 

Canton

Avril 1921 déclaré que le gouvernement Canton seulement légitime en Chine.

En avril 1922, il a conclu une alliance avec le nord de la Chine règle, Zhang Zuo -lin, contre Wu Pei- fu dans les provinces centrales, mais ils ont été rapidement capturé par un des généraux rebelles locaux, et gouvernement de Canton a été dissoute., Ce n'est qu'à la fin de l1921 qu'il réussi à regagner son poste dans la campagne Canton, sans toutefois eu des répercussions plus larges. Mais de plus de deux lutte millénaire entre le Nord - et la Chine du Sud, souvent pendant de longues périodes avaient chacun son gouvernement. 

Pekin

Lorsque le seigneur de la guerre Wu Peifus a perdu le pouvoir à Pékin en Octobre 1924 Sun essayé de faire en sorte qu'il a été reconnu comme la République du de la Chin et fait en 1925 une entrée triomphale à Pékin,

Sun Yat Sen est mort peu après d'un cancer du foie. Il était âgé de 59 ans,

La veille de sa mort, il fait rédiger, vraisemblablement par Wang Jingwei, un message4 adressé au Comité exécutif central des soviets. Ce message5 émet le vœu que les communistes et le Kuomintang continuent à collaborer étroitement. La suite des événements devait montrer que ce vœu ne se réaliserait pas et la rupture entre les deux partis révolutionnaires devait survenir moins de deux ans plus tard.

Bibliographie Marie-Claire Bergère, " Sun Yat-sen La Chine au XXeme siècle, D'une revolution à l'autre" (Ed Artheme Fayard, Paris 1894[127]

 



[1] Avicenne, " Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb" ("Le livre des lois médicales"), publié par une très ancienne maison d'édition, une des premières en Italie, les éditions Giunta à Venise .

[2] Le mot "mélancolie", dans son étymologie, reprend les conceptions anciennes sur le rôle nocif de ce qui était alors appelé "la bile noire".

[3] Prospero Alpini, "De medicina methodica libri tredecim" (Padoue, 1611).

[4] Hugues IV de Lusignan (1294-1359) a été, roi de Chypre à la mort de son oncle Henri II, en 1324. En 1344, il s'unit à la Ligue de Venise et des chevaliers de l'Hôpital, détruisant la flotte turque à Smyrne pour s'emparer de la ville.

[5]Pierre Ier de Lusignan (1328-1369) était fils de Hugues IV et d'Alice d'Ibelin, fut roi de Chypre de 1358 à 1369. Il périt au Palais de La Cava, à Nicosie, assassiné par une faction de nobles le 17 janvier 1369, probablement sur ordre de ses propres frères Jean de Lusignan, prince d'Antioche, et Jacques de Lusignan.

[6] Voir la note n° 20.

[7] "Gesta ducum referens et sic sermone disertus".

[8] Pera, devenu de nos jours, "Beyoğlu" était du temps de Byzance, appelé "Galata".

[9] "Giornale dell’ assedio di Costantinopoli 1453 di Nicolò Barbaro" (Ed. Tendler, Vienne, 1856) et "Diary of the Siege of Constantinople, 1453" (traduit de l'italien en anglais par J.R. Jones, Exposition-University Book, Exposition Press, New York, 1969)

[10] Claude-Emmanuel Lhuillier, dit Chapelle (1626-1686), fils naturel de François Luillier, conseiller au Parlement de Metz est un poète et homme de lettres français.

[11] Pierre Gassendi (1592 -1655), mathématicien, philosophe, théologien et astronome français.

[12] Louis d'Arpajon Louis, duc d'Arpajon (1601-1679) marquis de Sévérac, comte de Rodez, vicomte de Montal, baron de Salvagnac, de Montclar fit la guerre de Trente ans en Rhénanie et Franche-Comté, et contre les Turcs durant la guerre de Malte en 1645 et  termina sa carrière comme ambassadeur de France en Pologne.

[13] Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689), célèbre voyageur qui trouva sa fin à …Moscou

[14] Jean Chardin, dit le "Chevalier Chardin" (1643-1713 ) voyageur célèbre pour sa relation de ses séjours en Perse et en Orient. Il mourut …en Angleterre.

[15] Marguerite Hessein, dame de la Sablière (1636-1693) célèbre pour son intelligence et sa culture, avait étudie la physique, l’astronomie, les mathématiques, la musique et parlait plusieurs langues dont le grec ancien. Elle tenait un salon littéraire à la Folie-Rambouillet, vaste demeure princière entourée d'un parc, située entre la rue de Charenton et la rue de Becy.

[16] Hortense Mancini (1646-1699) nièce du cardinal Mazarin qui connut les faveurs de Louis XIV. Elle était néed à Rome et mourut à Londres. Elle est l'ancêtre des Grimaldi, princes de Monaco,

[17] Pierre Bayle (1647-1706) célèbre philosophe né à Pamiers près de Foix et mort Rotterdam

[18] Bienenhassel Charlotte, " Mme de Staël, her friends and influence in Politics" (Cambridge University Press, 1889)

[19] Bombard Alain "Naufragé volontaire" ( Ed. de Paris, Paris, 1953)

[20] Cabanis Pierre-Jean-Georges, "Apports du physique et du moral chez l'homme" (Ed. Crapart, Paris, 1802)

[21] Catherine Lang, " Joseph Dombey (1742-1794), un botaniste au Pérou et au Chili. Présentation des sources " dans Revue d'histoire moderne et contemporaine, tome 35e, no 2,

[22] "First superinrendant" est le titre donné en Nouvelle Zelande au president élu de chaque province

[23] Featherston Isaac, "In Memoriam, Isaac E Earle Featherston" (Ed. Chronicle Office, Melbourne, 1876)

[24]A présent située en République Tchèque, devenue Freiberg in Mähren

[25] "Notre cœur tend vers le Sud" (" Unser Herz zeigt nach dem Süden")

[26]En 1902 le Campanile s'est écroule sur la loge Sansovino. Tout a été reconstruit en 1904, en respectant méticuleusement les monuments originaux

[27]Freud n'entretenait cependant pas de rapports très étroits avec sa sœur. Dolfi Adolfine eut un destin tragique qui mourut déportée à Theresienstadten 1942

[28] Armée de libération nationale

[29] Guevara Che, "La guerre de guérilla" (Ed. Maspero, Paris, 1968)

[31] "The History of Japan", giving an Account of the ancient and present State and Government of that Empire; of Its Temples, Palaces, Castles and other Buildings; of its Metals, Minerals, Trees, Plants, Animals, Bi*rds and Fishes; of The Chronology and Succession of the Emperors, Ecclesiastical and Secular; of The Original Descent, Religions, Customs, and Manufactures of the Natives, and of their Trade and Commerce with the Dutch and Chinese. Together with a Description of the Kingdom of Siam. Written in High-Dutch by Engelbertus Kaempfer, M. D. Physician to the Dutch Embassy to the Emperor's Court; and translated from his Original Manuscript, never before printed, by J. G. Scheuchzer, F. R. S. and a member of the College of Physicians, London. With the Life of the Author, and an Introduction. Illustrated with many copperplates. Vol. I/II. London: Printed for the Translator, MDCCXXVII.

[32] Kouchner Bernard, "Charité Business'" ( Ed. Pré aux Clercs, Paris, 1986), "Dieu et les hommes" (en collaboration avec l'abbé Pierre ( Ed. Corps 16, Paris, 1993) et " Ce que je crois" (Ed.  Grasset Paris, 1995

[33] Corfou, grande ile grecque de la mer Ionienne, portait alors le nom de "Corcira

[34] Surate, au nord-ouest des cotes indiennes, est à présent "Suryapūr".

[35] Shah Jahan hâh Jahân (1592 - 1666 , le "roi du monde", a été chef de l'Empire moghol de 1627 à 1658. Son nom reste associé à la construction du Taj Mahal à Âgrâ, célébrissime tombeau deson épouse préférée Mumtâz Mahal, morte en 1631 en mettant au monde leur quatorzième enfant

[36] Aurangzeb, de son vrai nom, Sabu Muzaffar Muhiuddin Muhammad Aurangzeb Âlamgir (1618-1707 , "le conquerant du monde"  est le dernier ses Grands Moghols

[37] Hooghlyi, à présent, porte le nom de Hugli-Chuchura

[38] "le médecin" (ou" le sage", les traducteurs divergent dans leur jugement

[39] Veuve ou fille du gouverneur, différentes versions existent...

[40] Le portrait de Nicolò est conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale

[41] La Compagnie des Indes fondée par Colbert en 1664

[42] Samuel Pepys (1633- 1703), haut fonctionnaire de l'Amirauté anglaise, auteur d'un étonnant Journal qui donne un tableau étonnant de la vie à Londres au XVIIème siècle

[43] Blaise Cendrars, "Bourlinguer" (Ed. Denoël, Paris, 1948)

 

[44] F. Maynard, " Impressions de voyage de Paris à Sébastopol "(Ed. Librairie nouvelle, Paris,  1855)

[45] Daniel Houghton (1740-1791) est en fait, le premier  Européens à avoir osé s'aventurer au cœur de l'Afriqueà Tombouctou.Il est mort de faim et d'épuisements avant d'avoir pu atteindre Tombouctou.

[46] On lira avec intérêt la notice biographique publiée par Jean-Pierre Niceron dans "Mémoires pour servir à l'histoire des hmmes illustres dans la République des Lettres"(Ed..Briasson, Paris, 1734).

[47] Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit Bussy-Rabutin "Histoire amoureuse des Gaules" (Reed. P. Jannet, Paris, 1856)

[48] Patin Charles, "Relations historiques et curieuses de voyages en Allemagne, Angleterre, Hollande, Bohême, Suisse, etc" (Ed.Claude Muguet, Lyon, 1674.  Londres  page 167

[49] Id.  Heidelberg Id.  Page 136

[50] Id. Augsbourg  Id.  page 56

[51] Id.  Bavière page  90 et Berlin  page 205

[52]  Id.  Weimar page  199

[53]  Id.  Ulm page  53

[54] Id.  Nuremberg  page  187

[55] Id. Munich  page  79

[56] Id.  Mayence  page 144

[57] Id.  Mahneim  page 139

[58] Id.  Leipzig  page 200

[59] Id. Amsterdam .  page  195

[60] Id.  Dresde.  page  21

[61] Id.  Constance  page  246

[62] Id.  La Haye  page 1654

[63]  Id.  Delft  page 165

[64] Id.  Utrecht  53

[65]  Id.  Autriche  page  27

[66]  Id. Salzbourg  page 234

[67] Id.  Vienne  page 223

[68] Id.  Tirol  page 77

[69]  Id.  Prague  page 218

[70] Id.  Bohème page 32

[71] Id.  Hongrie  page 247

[72] Id.  Baden  page 254

[73] Id.  Zurich page  255

[74]  Id.  Bâle  page 08

[75] Id.  Berne  page 261

[76] Id.  Geneve  page 170

[77] Académie Galiléenne des Arts et de la Science, plus connue sous le nom de l’Accadémia dei Ricovrati" (textuellement "Académie des abrités") tire son nom d'une devise empruntée à Boèce : "Bipatens animis asylum ", (" un sanctuaire de l’esprit ouvert aux deux extrémités") qu’elle s’est donné pour blason

[78] Quod medico chirurgo liceat absque artis dedecore bestiis etiam mederi oratio habita in archilyce", oublié en France sous le titre "Recherces anatomiques sur les causes et le siège des maladies "(Ed. Bechet; Paris, 1824)

[79] Charles Patin a publié un livre sus ses voyages : "Relations historiques et curieuses de voyages en Allemagne, Angleterre, Hollande, Bohême, Suisse, etc" (Ed.Claude Muguet, Lyon, 1674

[80] Charles Patin, "La Génération de l’homme ou Tableau de l’amour conjugal"(Ed. Claude Joly, Cologne, 1694).

[81] Vigneul Marville, pseudonyme du chartreux Dom Bonaventure d'Argonne (1634-1704)

[82] Șerban Ier Cantacuzino (1634-1688) fut prince de Valachie, au sud de la Roumanie, de 1678 à 1688.

[83] Smyrne, grand port de la mer Egée, est devenue de nos jours Izmir.

[84] "Nova, et tuta variolas excitandi per transplantationem methodus, nuper inventa et in usum tracta: qua rite peracta, immunia in posterum preservantur ab hujusmodi contagio corpora" (Ed. Gabriel Hertz, Venise, 1715)

[85] "A New and safe Method of communicating the Small-pox by Inoculation, lately invented and brought into use. By Jacob Pylarini, M.D. formerly Venetian Consul at Smyra. (The Philosophical Transactions of the Royal Society of London, No347, 1715)

[86] Jenner ne pratiqua sa première vaccination antivariolique par "cow pox" qu'en 1796.

[87] J.C. Rufin, L'Abyssin, éditions Gallimard, 1997

[88] Jacques-Charles Poncet " Relation de mon voyage d'Éthiopie, 1698-1701. Un médecin français à la cour de Gondar sous Louis XIV. La véritable histoire de l’Abyssin.  Préface de José-Marie Bel. Relation inédite du voyage d’Éthiopie, d’après le manuscrit H 98 de la Bibliothèque Universitaire de Médecine de Montpellier"..Voir aussi

http://books.google.fr/books?id=HEEGAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Charles+Jacques+Poncet%22&hl=fr&sa=X&ei=XHXeU4yWGMKw0AWl14CwDg&ved=0CCIQ6AEwAw#v=onepage&q&f=false

[89]  La Comtesse de Ségur fera de Pouqueville son modèle pour le personnage de Monsieur Tocambel" dit "le père Toc" de Quel amour d’enfant!

[90] Le portrait fait en 1830 par Henriette Lorimie de François Charles de Pouqueville figure en couverture du livre

[91] Le portrait de Samuel Pozzi  par John Singer Sargent, fait en 1881, s'intitule "Dr. Samuel Jean Pozzi at Home" et est exposéau "Armand Hammer Museum of Art" de Los Angeles

[92] Pozzi Samuel. "Expressions des émotions chez l'homme et les animaux" (Ed. Paris, Reinwald et C., 1874) (Traduction, en collaboration avec René Benoit, du livre de Charles Darwin publié en 1872 : The Expression of the Emotions in Man and Animals

[93] Pozzi Samuel, "Notes sur l'enseignement de la gynécologie en Autriche-Hongrie et en Allemagne" (Ed. Rousset, Paris, 1887

[94] L'exposition internationale de 1893, dont le titre officiel était  Columbian World’s Fair ou World Columbian Exposition, s'est tenue à Chicago, du 1er mai 1893 au 30 octobre 1893, à l'occasion du 400e anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde1. L'exposition attira 27 millions de visiteurs.

[95]  Pozzi Samuel, "Un Voyage chirurgical aux Etats-Unis"(Ed. imp. de Arrault, 1909)

[96]Propos rapportés par Jules Claretie in " Les Canadiens français jugés par les Français de France" (Armand Yon, in Revue d'histoire de l'Amérique française ( vol. 19, n° 4, 1966, p. 566-584 (.Voyages au Canada)

[97]Pozzi Samuel, "Notes d'un voyage chirurgical en Argentine et au Brésil" (Ed., impr. de Protat frères, Mâcon, 1912)

[98] Journal de Catherine Pozzi  (Ed. Phebus, Paris, 1997)

[99] Saint Aubion de Lanquais est un petit village de Dordogne, tout comme Issignac

[100] Voir le site internet  http://alain.bugnicourt.free.fr/cyberbiologie/bioramapub/pozziaubin.pdf

[101] Marcel Proust y fait allusion dans Le temps retrouvé (p. 1039, Gallimard, Paris, 1927) : "Ces gens atteints au plus haut degré du mal de mer et qui, traversant la mer Caspienne, n'esquissent même pas une résistance si on leur dit qu''on va les jeter dans la mer".

[102] Ce tapis finira chez Marcel Proust qui le gardera jusqu'à sa mort dans sa chambre

[103] "Le Piège humanitaire" (Ed. Hachette, Paris,1993), " L'Empire et les nouveaux barbares "(Ed. Lattès, 2001), "Globalia "(Ed. Gallimard, 2005 ), " L'Abyssin" (Ed. Gallimard, 1999 ), "Sauver Ispahan"(Ed. Gallimard, 2000), "Rouge Brésil",(Ed.  Gallimard, 2001), "Katiba" (Ed. Flammarion, Paris 2010

[104]Arthur Schnitzler, "Le retour de Casanova " (traduction de Maurice Rémon)(Ed. Gallimard, Paris, 1998).

[105] Lire, de A.S. Mason "Hans Sloane and his friends",  The FitzPatrick Lecture 1993.", Journal of the Royal College of Physicians of London 27 (4): 450–5, 1993 Oct

[106] Sur ce sujet, une documentation très complète a été apportée par Jean Jacquot dans son ouvrage : Sir Hans Sloane and French Men of Science publié dans Notes and Records of the Royal Society of London, Vol. 10, No. 2 Apr., 1953, pp. 85-98

[107] Charles Patin fit, par la suite, une brillante carrière médicale à Paris avant d'être contraint, dans les suites d'une enquête menée sur les sympathies littéraires de son père, a fuir de Paris. Après avoir voyagé dans toute l''Europe, il se fixa à Padoue où l'Université lui offrit un poste de Professeur de clinique médicale (voir le site http://andrefabre.e-monsite.com/pages/histoire-de-la-medecine/charles-patin-un-medecin-rebelle-a-la-cour-de-louis-xiv.html.

[108] Jacques Chifflet, "Pulvis febrifugus Orbis Americani ventilatus" publié à Bruxelles en 1653.

[109]  Robert Talbor (1642-1681) ou Tabor connut la célébrité en Angleterre pour avoir découvert chez l'apothicaire qui l'employait  Cambridge les propriétés de l'écorce de quinquina. Il put ainsi guérir   la malaria du roi Charles II et, pour cela,  anobli et devint médecin de la cour malgré l'opposition du  Collège royal des médecins qui le tenait pour un simple charlatan…

[110] Robert Talbot, "Les Admirables qualitez du kinkina : confirmées par plusieurs experiences, et la maniere de s'en servir dans toutes les fiévres pour toute sorte d'âge, de sexe, & de complexions" (Martin Jouvenel, marchand libraire, 1689

[111] George Wheeler (ou Wheler)( 1650–1723)  était un pasteur anglais antiquisant renommé. Il a laissé de son voyage un récit dont la confrintaton avec celui de Spon ne manque pas de saveur. Le récit est en grande partie publié, avec une fort intéressante iconographie sur Internet  (http://books.google.fr/books?id=xt1OAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false)))

[112] Voyage d'Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant fait ès années 1675 et 1676, par Jacob Spon , Docteur médecin et George Wheler, gent homme anglais (Ed. Ed. Henry et Theodore , Amsterdam, 1679) Une édition électronique est disponible sur " https://archive.org/details/voyageditalieded02spon". Voir aussi l'édition Gallica : " http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853239.r=bpt6k85322z+OR+bpt6k853239+OR+bpt6k85324n.langFR":

[113] "Histoire de Genève", publiée en 4 volumes chez les éditeurs  Fabri et Barillot, à Genève, 1730

[114] "Miscellanea eruditae Antiquitatis" (Ed. Lyon, 1679) et "Recherches curieuses d' Antiquité (Ed. Thomas Amaulry, 1683)

[115] "Discours sur une pièce antique et curieuse du cabinet de Jacob Spon" (Ed. Faëton, Lyon, 1674).

[116] Jacob Spon : " De l'origine des étrennes" (Ed. Francois Ambroise Didot, dit Didot  l'aîné, rue Pavée, et Guil. De Bure, quai des Augustins, 1781)

[117] Moreau Yves, " Jacob Spon et les arts : un savant protestant dans la République des Lettres, Métaphores du beau et signes visuels dans la pensée de Calvin" "Chrétiens et socéié", Numéro spécial I | 2011 : Le calvinisme et les arts

[118] Dimitri Sergueïevitch Merejkovski (en russe : Дмитрий Сергеевич Мережковский, publié autrefois en France sous l'orthographe Merejkowsky), né à Saint-Pétersbourg le 2 (14) août 1866, mort à Paris le 9 décembre 1941, est un écrivain et critique littéraire russe. Il est principalement l’auteur de romans historiques et figure parmi les écrivains les plus lus et les plus célèbres du début du XXe siècle.

[119] A. Tchekhov, " Letters of Anton Chekhov to his family and friends" (Ed. Farrar Straus & Company; First Edition edition, 1955)"

[120] Melchisédec Thévenot (1620-1692à, était  physicien. Il inventa le niveau à bulle et écrivit le premier traité de natation en français, il était  également cartographe, diplomate et bibliothécaire du roi.

[121] Barthélemy d'Herbelot de Molainville (1625-1695), professeur ay College de France et secrétaire et interprète de langues orientales de Louis XIV.

[122] Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689) est pionnier du commerce avec l'Inde. Sans cesse en voyages, Il est mort à Moscou en juillet 1689.

[123]   Jean de Thévenot " Voyages en Europe, Asie et Afrique, Volume 1" (Amsterdam, 1727) et " Voyages de Mr de Thévenot contenant la relation de l'Indostan, des nouveaux Mogols et Pays des Indes "(Ed. Veuve Bietkins, rue de la Harpe, Paris, 1684)

[124] Ernest Marie Louis de Gonzague Doudart de Lagrée (1823-1868) était un officier de marine explorateur, geographe et entomologiste. Il est  à Tong-Tchouen, dans le Yunnan

[125] Clovis Thorel " Notes médicales du voyage d'exploration du Mékong et de Cochinchine" (Ed. Le Francois, Paris,  1870)

[126] Deville Patrick, "Pura Vida: Vie et mort de William Walker" (Ed. du Seuil, Paris, 2004

[127]Bergère Marie-Claire et coll. " Sun Yat-sen La Chine au XXeme siècle, D'une revolution à l'autre (1895-1949)" (Volume 1 de la série "La Chine au XXe siècle") (Ed. Arthème Fayard, Paris, 1994)



 

 

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Date de dernière mise à jour : 22/09/2014

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