Louis Frank, médecin fou d'Orient

Louis Frank, médecin de Bonaparte

LOUIS FRANK (1761-1825) UN MEDECIN FOU D'ORIENT

André-Julien Fabre                                                                                       10 Septembre 2010

 Louis Frank venait d'une famille française qui avait des racines à travers toute l'Europe en Belgique, en Allemagne et  en Autriche. Un oncle, Jean-Pierre Frank, avait été médecin de la Cour royale de la Russie

 À Milan avec Bonaparte

Louis a commencé en 1780 ses études de médecine en Allemagne, à l'Université de Göttingen, mais les poursuivit en Italie, à Pavie. Après avoir terminé en 1798 ses études de médecine, Louis s'octroya une sorte de congé sabbatique en parcourant en tous sens l'Italie. En 1796, il est  à Milan et assiste en spectateur fasciné à l'entrée triomphale de Bonaparte à la tête de son armée. Dans les jours qui suivirent, il tenta, amis en vain, de prendre contact avec son idole

 En Egypte

En fait, Louis était depuis toujours attiré par l'Orient : il décide, en 1797, d'aller visiter l'Egypte. En automne, il  arrive au Caire et, après quelques jours, loue une felouque pour remonter le Nil jusqu'à Assouan.

Malheureusement pour lui, en Juillet 1798, l'Armée française débarque à Alexandrie et comme tous les autres étrangers vivant en Egypte à cette époque, il est mis aussitôt en prison. Il n'en sortira qu''à l'annonce des victoires françaises : le premier soin de Louis est de prendre contact avec Vivant Denon, chef de la Mission française scientifique française afin d'obtenir un rendez-vous avec le général Bonaparte. La rencontre donne des résultats  positifs car Louis va être nommé médecin chef de l'hôpital militaire d'Alexandrie. Il y  restera en poste jusqu'au départ des troupes françaises en 1801.

En Tunisie

De retour à Paris, Louis tente en vain de reprendre contact avec son grand homme. Il est toujours aussi attiré par l'Orient et se décide à gagner la Tunisie. Arrivé en 1801 à Tunis, il est parvient, avec l'appui d'un ami local, à obtenir le poste de médecin personnel du Bey, Hammouda Pacha. Certes, le Bey se montre souvent tyrannique et la vie n'était pas toujours facile pour Louis. Il mentionne, à titre d'exemple, un incident avec des gardes du Bardo qui lui jette "Tu n'es qu'un chien de chrétien et, après tout, qu'est ce que Bonaparte par rapport à notre sublime Bey ...?" Louis allait devoir supporter ces épreuves pendant encore cinq années entières.

Retour en Italie

Louis revient à Paris mais c'est pour gagner la route de Venise où il va séjourner quelque temps avant de reprendre la route de l'Orient mais, cette fois, c'est vers l'Albanie où il arrive après plusieurs mois d'errance sur les côtes de Dalmatie

En Albanie

Arrivé à Janina en Albanie en 1805, Louis tente, comme il faisait toujours, d'obtenir un poste de médecin auprès d'un haut dignitaire. Il lui faudra accepter la proposition de devenir médecin du tristement célèbre gouverneur de l'Epire,  Ali Pacha, connu pour ses atrocités, mais aussi son amitié étroite avec Lord Byron. Le monde méditerranéen de cette époque vivait en vase clos et Louis Frank put rencontrer en Albanie, le célèbre consul de France, Charles de Pouqueville qui venait d'arriver en poste. Quand Ali Pacha tombe en disgrâce, il ne reste plus à Louis que regagner la France

A Corfou

Louis ne reste en France que pour une courte période en 1810. Il ne lui faut pas longtemps pour repartir au Levant et ce sera comme médecin de l'hôpital de Corfou. En effet, Corfou, occupé par la France depuis le traité de Campo-Formio était alors devenue département français, le Département du Corcyre. Cependant, après 1815 et l'écroulement de l'Empire,  tout va changer dans les îles Ioniennes et  Corfou devient protectorat du Royaume-Uni :  il n'y avait pas d'autre choix pour Louis que revenir en France

 Dernier voyage : l'Autriche

Une fois rentré  à Paris, Louis devait faire face à une situation politique des plus périlleuses. La seule possibilité qui lui restait était d'aller rejoindre son oncle à Vienne.. Arrivé là bas, Louis épouse une Autrichienne puis il tente de trouver, comme il l'avait toujours fait, un poste auprès d'un des Grands de ce monde : ce sera, cette fois, après une année de recherche, le poste de médecin de l'ex-impératrice Marie-Louise archiduchesse d'Autriche. En 1817, il devient médecin-chef d'un établissement psychiatrique et réalise à Vienne son projet d'ouvrir une école de médecine. Il meurt à Simmering en 1825

Un témoignage irremplaçable sur la vie en Orient au XIXe siècle

Louis Frank nous a laissé un document étonnant sur sa vie en Orient "Description de Tunis par un ancien médecin du Bey de Tunis, du Pacha de Janina et de l'Armée d'Egypte"

 C'était un des plus pittoresques personnages de l'expédition de Bonaparte en Egypte mais il restera surtout de lui d'avoir été figure emblématique du grand mouvement orientaliste qui a parcouru l'Europe entière à cette époque  : Lamartine, le grand poète du XIXème siècle l'avait dit avant de mourir : "Je suis né Oriental et je mourrai Oriental"...

 

a.fabre.fl@gmail.com

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Date de dernière mise à jour : 20/09/2014

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