Médecins personnels

A.J. Fabre                                        septembre 2014

MEDECINS PERSONNELS DES GRANDS DE CE MONDE 

Comme tout un chacun, les grands personnages de ce monde ont leurs médecin personnel mais nombre de ces médecins personnels ont fait  preuve d'une personnalité hors du commun : ces quelques lignes entendent leur rendre hommage 

Francesco ANTOMMARCHI (1789-1838) médecin et fidèle de Napoléon entre les fidèles 

Antommarchi était Corse, né au village de Baragogna (commune de Morsiglia), près de Bastia où son père était notaire.

Il alla faire ses études à Livourne puis à Pise où il reçoit la maitrise  de  docteur en philosophie et en médecine en mars 1808. Il complète ses études, comme le veut la tradition par un long stage hospitalier : il reste  quatre ans au célèbre hôpital Santa Maria Nuova de Florence.

Le 30 juin 1812, après avoir soutenu une thèse intitulée "Dissertation sur la cataracte", il obtient  son doctorat.  Admis dans le service du célèbre anatomiste Paolo Mascagni, il devient prosecteur d’anatomie partageant. En même temps il s'installe avec succès en plein centre de Florence,  au "Bordo dei Greci".

Sa vie va basculer lorsqu'en 1818,  Simon Colonna , chambellan  de Maria-Letizia Ramolino, la mère de Napoléon, résidant  alors à Rome lui propose  de devenir médecin personnel de l'empereur  exilé à  Sainte-Hélène

Il s'agissait de  remplacer Barry Edward O'Meara, le médecin anglais dont Napoleon avait fait la connaissance lors de a traversée de l'ocean à bord du Bellerophon et qui s'entendait mal avec son impérial patient.

En fait les relations d' Antommarchi avec son illustre compatriote corse  furent souvent houleuses :  Napoléon congédia Antommarchi à deux reprises et demanda finalement qu'il soit assisté par le Dr Archibald Arnott, un chirurgien militaire d'excellente réputation.

C'est cependant Antommarchi qui fut désigné par l'emperuer lui même pour pratiquer son autopsie et réaliser son masque mortuaire.

En 1831, Antommarchi va partir pour a  Pologne où il avait été nommé  inspecteur général des hôpitaux. Pour avoir participé aux insurrections contre la Russie,  Antommarchi doit à nouveau s'exiler, cette fois à Paris puis en  Louisiane. Il léguera  à la ville de la Nouvelle Orleans le masque mortuairte de l'empereur avant de partir au  Mexique où il va terminer sa vie, à l'âge de 37 ans, lors d'une epidemie de  fièvre jaune

Bibliographie : " Mémoires du docteur F. Antommarchi ou les derniers momens de Napoléon" (Ed. Barrois, L'Ainé, 1825) 

Jean Victor AUGAGNEUR (1855-1931) (France 

Il y a une tradition de particiation des médecins lyonnais à la vie politique : c'est le cas de Jean-Victor Augagneur.

Il avait fait ses études au séminaire de Semur en Brionnais, puis alla à Lyon pour ses études de médecine.

Reçu  interne des hôpitaux de Lyon en 1875, il soutiendra en 1879 une thèse sur "La syphilis héréditaire tardive".

Il allait par la suite faire ce qu'il est convenu d'appeler une" belle carrière" :  Chef de clinique à la faculté de médecine de Lyon en 1881, Chirurgien de l'hôpital de l'Antiquaille en 1885, professeur agrégé en 1886, il devient  titulaire de la chaire de pathologie chirurgicale en 1894.

La politique a tenu une place prépondérante dans sa vie : depuis toujours militant au parti Républicain socialiste, il est  d'abord conseiller municipal de Lyon, puis  maire en 1904 après avoir battu aux élections son maître le Pr. Antoine Gailleton[1] miltant sous l'étiquette de "conservateur". Augagneur était aussi connu comme militant  franc maçon de la loge lyonnaise  "Les Amis de la Vérité" .

En 1905, coup de théâtre : Augagneur démissionne, pour d'obscurs motifs personnels, laissant à son poste un certain Edouard Herriot dont la carrière politique allait se montrer tout autant et peut être encore plus  spectaculaire.

Augangneur  part en posté à Madagascar, où il va mener d'importants travaux dans le domaine . À son retour, il est  élu député du Rhône et devient plusieurs fois ministre.

Bibliographie : Erreurs et brutalités coloniales (Editions Montaigne, Paris, 1927). 

Francois BERNIER (1625-1688) Médecin voyageur et  Philosophe  

François Bernier était  né à Joué-Etiau en Anjou,  dans une famille  d'un fermier. Son père mourut très tôt mais le curé du village sut déceler chez l'enfant de grandes aptitudes et l'envoya à Paris faire ses études au Collège de Clermont, le futur Lycée Louis-le-Grand.

Là, François rencontre un autre élève, Claude-Emmanuel Lhuillier, dit Chapelle, fils d’un conseiller au parlement et futur ami de Cyrano de Bergerac et de Molière. Par son intermédiaire François rencontre le philosophe Pierre Gassendi dont il devient  secrétaire. Présenté à l'ambassadeur de France  en Pologne et en Allemagne, Louis d'Arpajon, il part avec sa suite et voyage dans toute l'Europe centrale.

François part ensuite en 1652,  avec Gassendi dans le sud de la France et c'est là qu'il décide d'entreprendre  ses études de médecine. et il y obtient son diplôme à Montpellier.

Vient ensuite en  long voyage en Orient qui l'amène  en Palestine, au Caire, où il reste un an, en Arabie, et, malgré la guerre qui y règne, jusqu'en Ethiopie.

Ce qui l'intéresse, c'est d'aller aux Indes :  en 1658, il il s'embarque  à Djibouti et débarque à Surat, sur la cote ouest de l'Inde. Ilva devenir rapidement médecin personnel de Dara-Shikoh gouverneur du Bihar.

Berner sera ensuite médecin à la cour d'Aurangzeb, le dernier des empereurs moghols. Emmené par Aurangzeb au Cachemire, il est le premier européen à pénétrer sur ce territoire. Il part ensuite  au Bangladesh, prèsdu golfe du Bengale.  Bernier occupe alors une position importante à la cour des Moghols : il a même accès à l'harem impérial.  Durant son séjour, Bernier va rencontrer d'autres voyageurs célèbres  Jean-Baptiste Tavernier puis le chevalier  Chardin

En 1688 Bernier revient à nouveau  à Surat pour rédiger  à la demande du grand Colbert qui vient de fonder la Compagnie des Indes Orientales, un mémoire sur le commerce indien.

En 1669, c'est le retour à Paris, et Bernier va être introduit dans les grands salons littéraires, comme  celui de Marguerite de la Sablière où il va rencontrer  Jean de La Fontaine… et Ninon de Lenclos.

En 1685, Bernier va à Londres où il  rencontre Hortense Mancini,  nièce du cardinal Mazarin puis  revient à Paris via les Pays-Bas, où il il ne manque pas de rendre visite à son correspondant philosophique,  Pierre Bayle : ce sera son dernier voyage. 

Eugène BOTKIN (1865-1910) une destinée tragique chez les Romanov 

Quatrième enfant d'un médecin célébré,  Sergueï Botkine, Eugène se destina très tôt à la médecine.

Il fit ses études à Saint-Pétersbourg puis Berlin et Heidelberg. Il devient ensuite médecin-chef de l'Hôpital St. Georgievsky à Saint-Pétersbourg. Pendant la guerre russo-japonaise, il fut un précurseur en organisant un train de chirurgie mobile dans des wagons de chemin de fer.

En 1908, il est nommé médecin personnel de la cour mais dès lors vont s'accumuler les épreuves  : sa femme l'abandonne, ses deux fils ainés meurent à la guerre. En 1918, Dimitri, victime de son devoir, va accompagner les membres de la famille impériale à Ekaterinburg  et  sera assassiné avec eux.

Eule sa fille Tatiana parvint à s'enfuir  en  à traversant  la Sibérie jusqu'à Vladivostok. Elle épousa par la suite son compagnon de route, un officier Ukrainien, Constantin Melnik. Le couple alla vivre en France à Rive, près de Grenoble mais ils divorcèrent peu après.

L'arrière petit fils d'Eugene, Constantin Melnik naquit en Isère, à la Tronche, et devint conseiller personnel de Michel Debré.

Biographie : Mark D. Steinberg, " La chute des Romanov"[2]  (1995) 

Pierre Michon BOURDELOT (1610 1685) le gourou de Christine de Suède 

Pierre Michon Bourdelot était à la fois libertin, libre-penseur, et abbé de Macé.

Il avait fait ses études  à la Sorbonne puis s'etait s'est rendu à Rome en tant que médecin personnel  de l'ambassadeur François de Noailles.

En 1638, Bourdelot revient en France pour devenir  médecin de la famille de Condé. 

En 1640, il a fondé l'Académie Bourdelot, un cercle pour les scientifiques, les philosophes et les écrivains proches de l'opposition. Lorsque la Fronde éclate, Bourdelot fut emprisonné sur ordre de Mazarin.

En 1652 Bourdelot se réfugie en Suède à l'invitation de la reine Christine où les idées du philosophe libertin ne manquèrent pas de faire scandale d'autant qu'elles influençaient profondément la trop fragile reine Cristine,

Bourdelot revient en France en 1664 et ne consacra dès lors sa vie qu'à son Académie.

  • Bibliographie "Histoire de la musique et de ses effets depuis son origine jusqu'à présent" (Paris , 1715) 

Pierre Jean Baptiste CABANIS (1757-1808), pur produit du siècle des lumières.,  

Pierre Jean Baptiste Cabanis fut tout à la fois médecin, physiologiste et philosophe.

Son enfance se passe au château de Salagnac à Cosnac, prés de Brive où d'un père, avocat reconverti dans l'agriculture après son mariage avec la châtelaine de Salagnac.

Il fut envoyé faire ses premières études au Collège Brive-la-Gaillarde et s'y montra rebelle à toute autorité. La sanction ne tarda pas : il fut renvoyé à sa famille qui l'envoya à Paris loger chez un grand ami de la famille, le baron de l'Aulne, plus connu sous le nom de Turgot.

En fait, ce que voulait Cabanis c'était faire des voyages et lorsqu'il eut atteint l'âge de seize ans, il saisit la première occasion offerte : devenir secrétaire d'un un grand seigneur polonais qui allait rentrer dans son pays. Commence alors pendant deux ans une vie d'errance en Pologne et en Allemagne.

De retour en France, Pierre Jean Georges se découvre un gout vif pour la littérature. Grâce à ses relations il entre dans le célèbre salon à Mme Helvetius qui tient un célèbre salon littéraire. Il lit beaucoup, de Platon, Cicéron, Saint Augustin, Montaigne, Bossuet, Buffon, Montesquieu, Rousseau et Voltaire, et acquiert une bonne formation philosophique. Il entreprend même une traduction en vers de l'Iliade.

La carrière médicale prend naissance en 1777, avec l'appui d'un grand personnage de la société parisienne de l'époque, le Dr Dubreuil et, après sept ans d'études il reçoit son diplôme de médecin à Reims

Il s'installe ensuite  à Auteuil avec  l'espoir d'une carrière universitaire.  Effectivement, en 1795 il devient professeur à la faculté de médecine de Paris et très rapidement va monter les échelons de la réussite : en 1796, il est nommé professeur d'Hygiène, puis de médecine légale.

C'est alors qu'il fait la connaissance d'Honoré Gabriel Riqueti, le comte de Mirabeau dont va être médecin personnel et l'ami.

Du coup, les convictions de Cabanis deviennent nettement républicaines et la suite est une carrière politique étonnante : député aux Cinq Cents sénateur puis  comte de l'Empire, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques  et en 1803, de l'Académie française.

Œuvre "Apports du physique et du moral chez l'homme"[3] (1802) 

NIcolas COPERNIC (1473-1543) 

Nicolas Copernic est né à Torun en Prusse fils cadet de Niklas Kopernik, un marchand de Cracovie. En 1491, il a part en Pologne étudier à l'Université de Cracovie, la théologie la médecine et l'astronomie.

Pendant les années 1495-1500 il va aller vivre en Italie, à Bologne pour y étudier la jurisprudence. A vrai dire, on ne sait pas si le grand astronome avait pu obtenir le titre de docteur en médecine : dans  de nombreux documents, Copernic est mentionné comme docteur, mais sans préciser en quelle discipline et ce n'est que dans une lettre du Duc Albrecht de Prusse que Copernic fut mentionné comme docteur en médecine

Bibliographie: de Jean-Pierre Luminet "Le secret de Copernic Les bâtisseurs du ciel " (Ed. Lattès, 2006) 

Jean Nicolas CORVISART et les médecins de Napoléon III 

Son père voulait orienter Jean-Nicolas vers la jurisprudence mais la vocation de son fils allait à la médecine .Il part à Paris étudier avec les grands noms de l'époque tels Pierre-Joseph Desault, Vicq d'Azyr, Antoine Petit, Desbois de Rochefort. En 1782 il reçoit le titre de docteur-régent mais il refuse de porter la perruque alors  insigne de la fonction.

Médecin de l'hôpital des Paroisses puis de la communauté de Saint-Sulpice, en 1788, il succède  à Debois de Rochefort comme  médecin-chef de l'Hospice de la Charité, où il introduit des réformes de grande envergure.

La Révolution avait commencé par supprimer les études de médecine elles sont rétablies en 1794. L'année suivante 1795, la nouvelle Ecole de Santé est créée à Paris et Corvisart prend  en charge la chaire de médecine interne. Il s'intéresse beaucoup à la cardiologie et va faire de nombreuses recherches sur l'auscultation cardiaque

Lorsque s'installe l'Empire, Corvisart va devenir le médecin personnel de Bonaparte qui lui témoignait  une grande  confiance. Napoléon  aurait dt un jour  "Je ne crois pas en la médecine, mais je crois en Corvisart" et, de fait, Corvisart a suivi le futur empereur dans   dans toutes ses campagnes d'Italie en 1805 puis 1809 en Autriche.

Apres l'Empire, Corvisart ne survivra pas longtemps à son maitre : Il est mort d'une attaque cérébrale le 18 Septembre 1821 à Courbevoie,  quelques jours  après l'annonce de  la mort de Napoléon à Sainte-Hélène.

Bibliographie : "Napoléon 1er et ses médecins" par Xavier Riaud (Ed. L'Hatrlattan, Paris,  2012)"

Jean CRUVEILHIER(1791-1874) le médecin des Romantiques 

Cruveilhier avait été professeur de chirurgie à Montpellier avant d'etre nommé en 1824 à la chaire d'anatomie à la faculté de médecine à Paris.

Son apport principal reste dans le domaine de l'anatomie pathologique et il fut le premier titulaire de la chaire de cette spécialité.

Devenu le médecin "à la mode" du "tout Paris", il parmi ses patients bien des célébrités telles que Chateaubriand, Vigny et Fréderic Chopin venu mourir en France d'une "consomption pulmonaire" qui, selon toute vraisemblance était une forme grave de mucoviscidose. 

DEMOCEDES DE CROTONE (VIe siècle av. J.-C) 

Célèbre médecin et philosophe, Demoedes de Crotone a vécu à Egine et à Athènes. Vers 530 av. J.-C., , il entra au service du roi Polycrate de Samos. Après la chute du roi vaincu par les Perses,  il fut conduit à Sardes, puis à la cour de Darius.

Appelé au chevet du roi qui s'était démis la jambe lors d'une chute de cheval, il montra tout son savoir et de même quelque temps plus tard dans le traitement d'une tumeur du sein survenue chez la reine Atossa.

Democedes devint ainsi le médecin personnel et le conseiller de Darius.

Il obtint finalement la liberté et put rentrer dans son pays, épousa la fille de l'athlète Milon et périt vers 504 dans une émeute dirigée contre l'oligarchie pythagoricienne. 

Guy Crescent FAGON (1538-1718) médecin et conseiller  de Louis XIV  

Guy Cfrescent   Fagon avait pour  oncle Guy de La Brosse l'intendant du Jardin royal, c'est dire qu'il avait dans le sang l'art de guérir puisqu'à cette époque les plantes médicinales formaient le plus clair de la pharmacopée.

En 1663, il soutint une thèse sur la circulation sanguine puis devenu médecin, rédigea un catalogue de la Pharmacopée végétale, l'"Hortius Regius", ce qui le fit accéder en 1671 au rang de  professeur de botanique et de chimie.

En 1693 il devient  premier médecin de Louis XIV et surintendant du Jardin Royal. Saint-Simon, dans ses "Mémoires" le décrit ansi : "C'était un des beaux et des bons esprits de l'Europe, curieux de tout ce qui avait à son métier, grand botaniste, bon chimiste, habile connaisseur en chirurgie, excellent médecin et grand praticien...".

Fagon allait devenir le grand maitre de la médecine française. C'était lui qui examinait les produits nouveaux, les expérimentait, en donnait le droit de prescription, accordait les brevets et les monopoles, il nommait lui-même les médecins ordinaires du roi ; En bref, Fagon était le ministre de Santé de Louis XIV et devint son conseiller

En 1699, une attaque sévère de lithiase vesicale amène Fagon à consulter à son tour un homme de l'Art : c'est Jacques de Beaulieu, dit "Frère Jacques" promoteur d'une nouvelle méthode de lithotomie, dite "la taille latérale" (jusqu'alors l'ablation des pierres vésicales se faisait par 'taille périnéale"). Cependant, c'est un autre chirurgien, Mareschal devenu le specialiste en renom de la "taille vésicale" qui opéra en 1701

Durant toute l'intervention, Fagon resta tranquillement à conversé avec son opérateur, sans proférer la moindre plainte. Le dernier pansement achevé, tandis que Mareschal voulait donner quelques  conseils sur son alimentation, Fagon prononça la phrase restée célèbre : "J'ai eu besoin de votre main, mais je n'ai pas besoin de votre tête pour mon régime de vivre"[4] , réponse qui résumait bien l'ancestrale querelle entre médecins et chirurgiens.

Il convient d'ajouter que Fagon est resté dans l'Histoire de la médecine comme le promoteur en France de l'utilisation du quinquina dans les fièvres.

Bibliographie :  " Éloge de M. Fagon" prononcé par Fontenelle en 1718 

Girolamo FRACASTORO (Jérôme Fracastor ou Hieronymus Fracastorius) (1478-1553), poète et médecin des princes,  le premier syphiligraphe de l'Histoire 

Girolamo était issu d'une famille de la noblesse de Vérone et n'eut aucun mal, une fois obtenu son diplôme, à gravir rapidement tous les échelons de la carrière médicale : à peine âgé de 31 ans, il était déjà médecin personnel du pape Paul III.

Homme universel, à la fois humaniste, philosophe, botaniste, mais aussi, poète, musicien, astronome, mathématicien et géographe. En fait, il fut surtout un grand médecin connu dans toute l'Europe : le médecin de Catherine de Médicis, Jean Fernel[5], vint lui demander conseil au sujet de la stérilité de la reine et, en 1535, Charles Quint, arrivant en Italie, se déplaça en personne pour le rencontrer. Les amis de Fracastoro avaient des noms célèbres : Pietro Bembo, le cardinal écrivain ou encore, Nicolas Copernic, lors de ses deux années passées à Padoue.

Le mérite de Fracastoro est de s'être intéressé, dès le début du XVIème siècle, au concept de maladies infectieuses et de contagion.

Dans un ouvrage publié en 1546,[6] Fracastoro écrivait: "l'infection passe d’une sujet à l’autre", par le biais de "véritables semences de contagion... particules si petites qu'elles ne tombent pas sous les sens..."[7] et il concluait : "Sachez que dans les maladies, ce sujet de l'existence des germes ne doit jamais être négligé.

En ce qui concerne la contagion, là encore, les idées de Fracastoro sont très en avance sur son temps, Pour lui, la contagion se fait par contact direct ou par l'intermédiaire des vêtements (il donne en exemple la gale et la "phtisie") ou par transmission à distance en cas de "pestilence", d'ophtalmie ou fièvre éruptive

Adversaire résolu des doctrines Galénistes reçues alors comme un dogme, Fracastoro garde une position très ferme: "il faut toujours se souvenir que le plus important est de combattre le germe et de s'opposer à la contagion".

Sur le plan clinique, l'œuvre de Fracastoro est remarquable : il utilise des mots précis pour rapporter les symptômes qu'il s'agisse de la "grande vérole" ou de maintes autres maladies telles la peste, la variole ou la lèpre. Un chapitre particulier du Traité est même consacré à la "maladie émaciante" à qui Fracastoro donne le nom de "phtisie".

Cinq siècles après la publication de ses livres, Fracastoro apparaît clairement comme un des fondateurs de la médecine moderne.

C'est cependant, la syphilis qui va faire sa célébrité. La maladie venait d'arriver en Europe, ramenée d'Amérique par les colons espagnols. Fracastoro composa sur ce sujet un poème en quatre chants intitulé "La Syphilis[8] ou le mal Français" [9] et dédié au cardinal Bembo, spécialiste avéré de tous les domaines de l'amour. Le thème en est simple : pour avoir outragé Apollon, un berger séduisant nommé... "Syphilis" est frappé par les puissances divines d'une hideuse maladie. Il sera guéri grâce à un nouveau médicament arrivé (comme la vérole !), tout droit du Nouveau Monde : c'est le bois de gaïac, prescrit, il est vrai, en association au mercure.

Le gaïac était alors le médicament en vogue : nous l'avons vu, Tommaso Rangone sur le porche de San Zulian, tient à la main un rameau de gaïac. Autre figure légendaire de Venise, le Chevalier Ulrich de Hul[10] fut, lui aussi, adepte du gaïac mais il n'en périt pas moins de syphilis…

A la fin de sa vie, Girolamo Fracastoro s'était retiré près de sa ville natale, à Affi. Un matin, son domestique, entrant dans sa chambre le trouve agité, cherchant désespérément à articuler une parole et il meurt brutalement, victime selon toute vraisemblance d'un accident vasculaire.

La ville de Vérone, décida, après sa mort, de lui rendre un hommage solennel en élevant, au dessus de la grande arche de la belle Piazza dei Signori, une statue de marbre. Girolamo Fracastoro y est représenté vêtu de la toge professorale, tenant à la main un globe terrestre que les Veronais ne tardèrent pas à appeler "la boule de Fracastoro" et, selon une légende tenace, le globe est destiné à tomber sur la première personne honorable qui viendra passer sous l'arche. La boule est toujours là...

Bibliographie ; A.J. Fabre "Les médecins de Venise " (Ed. L'Harmattan, Paris, 214)

Louis FRANK (1761-1825) médecin passionné de l'Orient 

 Louis Frank venait d'une famille française qui avait des racines à travers toute l'Europe en Belgique, en Allemagne et  en Autriche. Un oncle, Jean-Pierre Frank, avait été médecin de la Cour royale de la Russie

Louis a commencé en 1780 ses études de médecine en Allemagne, à l'Université de Göttingen, mais les poursuivit en Italie, à Pavie. Après avoir terminé en 1798 ses études de médecine, Louis s'octroya une sorte de congé sabbatique en parcourant en tous sens l'Italie. En 1796, il est  à Milan et assiste en spectateur fasciné à l'entrée triomphale de Bonaparte à la tête de son armée. Dans les jours qui suivirent, il tenta, amis en vain, de prendre contact avec son idole

En fait, Louis était depuis toujours attiré par l'Orient : il décide, en 1797, d'aller visiter l'Egypte. En automne, il  arrive au Caire et, après quelques jours, loue une felouque pour remonter le Nil jusqu'à Assouan.

Malheureusement pour lui, en Juillet 1798, l'Armée française débarque à Alexandrie et comme tous les autres étrangers vivant en Egypte à cette époque, il est mis aussitôt en prison. Il n'en sortira qu''à l'annonce des victoires françaises : le premier soin de Louis est de prendre contact avec Vivant Denon, chef de la Mission française scientifique française afin d'obtenir un rendez-vous avec le général Bonaparte. La rencontre donne des résultats  positifs car Louis va être nommé médecin chef de l'hôpital militaire d'Alexandrie. Il y  restera en poste jusqu'au départ des troupes françaises en 1801.

De retour à Paris, Louis tente en vain de reprendre contact avec son grand homme. Il est toujours aussi attiré par l'Orient et se décide à gagner la Tunisie. Arrivé en 1801 à Tunis, il est parvient, avec l'appui d'un ami local, à obtenir le poste de médecin personnel du Bey, Hammouda Pacha. Certes, le Bey se montre souvent tyrannique et la vie n'était pas toujours facile pour Louis. Il mentionne, à titre d'exemple, un incident avec des gardes du Bardo qui lui jette "Tu n'es qu'un chien de chrétien et, après tout, qu'est ce que Bonaparte par rapport à notre sublime Bey ...?" Louis allait devoir supporter ces épreuves pendant encore cinq années entières.

Louis revient à Paris mais c'est pour gagner la route de Venise où il va séjourner quelque temps avant de reprendre la route de l'Orient mais, cette fois, c'est vers l'Albanie où il arrive après plusieurs mois d'errance sur les côtes de Dalmatie

Arrivé à Janina en Albanie en 1805, Louis tente, comme il faisait toujours, d'obtenir un poste de médecin auprès d'un haut dignitaire. Il lui faudra accepter la proposition de devenir médecin du tristement célèbre gouverneur de l'Epire,  Ali Pacha, connu pour ses atrocités, mais aussi son amitié étroite avec Lord Byron. Le monde méditerranéen de cette époque vivait en vase clos et Louis Frank put rencontrer en Albanie, le célèbre consul de France, Charles de Pouqueville qui venait d'arriver en poste. Quand Ali Pacha tombe en disgrâce, il ne reste plus à Louis que regagner la France

Louis ne reste en France que pour une courte période en 1810. Il ne lui faut pas longtemps pour repartir au Levant et ce sera comme médecin de l'hôpital de Corfou. En effet, Corfou, occupé par la France depuis le traité de Campo-Formio était alors devenue département français, le Département du Corcyre. Cependant, après 1815 et l'écroulement de l'Empire,  tout va changer dans les îles Ioniennes et  Corfou devient protectorat du Royaume-Uni :  il n'y avait pas d'autre choix pour Louis que revenir en France

Une fois rentré  à Paris, Louis devait faire face à une situation politique des plus périlleuses. La seule possibilité qui lui restait était d'aller rejoindre son oncle à Vienne.. Arrivé là bas, Louis épouse une Autrichienne puis il tente de trouver, comme il l'avait toujours fait, un poste auprès d'un des Grands de ce monde : ce sera, cette fois, après une année de recherche, le poste de médecin de l'ex-impératrice Marie-Louise archiduchesse d'Autriche. En 1817, il devient médecin-chef d'un établissement psychiatrique et réalise à Vienne son projet d'ouvrir une école de médecine. Il meurt à Simmering en 1825

Un témoignage irremplaçable sur la vie en Orient au XIXe siècle

Louis Frank nous a laissé un document étonnant sur sa vie en Orient lorsqu'il était médecin personnel du Bey "Description de Tunis par un ancien médecin du Bey de Tunis, du Pacha de Janina et de l'Armée d'Egypte"

 C'était un des plus pittoresques personnages de l'expédition de Bonaparte en Egypte mais il restera surtout de lui d'avoir été figure emblématique du grand mouvement orientaliste qui a parcouru l'Europe entière à cette époque  : Lamartine, le grand poète du XIXème siècle l'avait dit avant de mourir : "Je suis né Oriental et je mourrai Oriental"... 

Janet GRAEME TRAVELL (1901 - 1997), médecin personnel de John F. Kennedy 

La carrière de Janet Travell Graeme a commencé avec ses activités d'enseignement au  Wellesley College de Boston et a continué à l'école d'études supérieures puis au Cornell Medical College à New York. Elle est ensuite médecin à l'Hôpital Bellevue, où elle a fait une brillante carrière dans la recherche en s'intéressant tout particulièrement au problème de la douleur musculaire.

Elle restera dans l'Histoire comme  la première femme médecin personnel d'un président et ce fut J.F.K.

Janet  avait été appelée en consultation par le chirurgien du sénateur John F. Kennedy pour le problème de dorsalgies résultant des blessures subies au cours de la Guerre du Pacifique.

Quand Kennedy est devenu président en 1960, il a pris le Dr Travell comme médecin personnel. Ses traitements incluaient  l'utilisation d'un fauteuil à bascule  , ce qui a conduit à la popularisation de c e fauteuil dans toute l'Amérique.

Après la mort de Kennedy, Janet  est devenu  médecin personnel de son successeur  Lyndon B. Johnson et n'a quitté la Maison Blanche qu'en 1965.

Le Dr Travell résume ainsi sa vie dans son livre de souvenirs[11] "J'ai vécu dans un monde très spécial - un monde d'amour et de sécurité;. Beauté et la sérénité, l'opportunité, l'aventure, et de la variété, le défi et la réalisation, et l'appréciation de mes collègues, j'ai eu une quantité suffisante de tout que je désirais et un excès de rien"  

Claude GUBLER (1934) :  Le grand secret… 

Claude Gubler fut le médecin du président François Mitterrand et dès le 16 janvier 1996, huit jours à peine après son décès publie chez Plon in livre intitulé  "Le Grand Secret" où il est révélé qu'un cancer de la prostate avait été diagnostiqué chez le president  dès sa prise de fonction en 1981, et que les communiqués médicaux publiés tout au long de la présidence étaient mensongers. De plus, Gubler affirmait qu'à partir de 1994, le président  n'était plus en mesure d'assumer ses fonctions ".

La classe politique a fait bloc pour condamner ces propos : en particulier, le dernier Premier ministre de Mitterrand, Édouard Balladur, et son ancien Ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui ont affirmé n'avoir jamais constaté une incapacité du président à diriger le pays.

Deux jours après sa publication, le livre a été retiré de la vente à la demande de la famille de l'ancien président, le juge des référés estimant qu'il y avait là "une intrusion particulièrement grave dans l'intimité de la vie privée et familiale du président". Le 5 juillet, le Dr. Gubler est ainsi condamné à quatre ois de prison avec sursis pour violation du secret médical puis  radié de l'Ordre des médecins le 6 avril 1997 "pour avoir révélé des faits couverts par le secret médical […], avoir délivré des certificats médicaux de complaisance et avoir porté atteinte à l'honneur de la profession".

Le 23 octobre, le tribunal de grande instance de Paris maintient l'interdiction de vente du livre et condamne Gubler et les éditions Plon à verser 340.000 francs de dommages-intérêts à la famille de l'ancien chef d'État. Ce jugement sera confirmé par la Cour d'appel et la Cour de cassation.

Cependant, dès mai 2004, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France, estimant que l'interdiction du livre aurait dû être levée après quelques mois, au nom de la liberté d'expression, considérant que la capacité d'un président de la République ne relève pas du secret médical mais concerne la vie de tout un peuple.

Suite à cette décision, le livre a donc été ré-édité par les éditions du Rocher et remis en circulation  en février 2005  

Jean HEROARD ((1551-1628) médecin de trois rois Charles IX, Henri II et Louis XIII 

Il est né dans une famille de médecins protestants  : son père Michel Heroard est un chirurgien réputé, passé à la Réforme et qui a rencontré Calvin à Genève.

Avant d'être reçu docteur à Montpellier en 1575, il quitte cette ville pour monter à Paris chez son oncle Guillaume, financier, grâce à l'aide de Jacques Guillemeau chirurgien du roi.

Il participe à la bataille de Moncontour en 1569 et entre au service de Charles IX comme "hippiatre" (médecin spécialisé dans les soins aux chevaux) : il commence des études vétérinaires et fait paraître à Paris, en 1599, Hippostéologie, c'est-à-dire " discours au sujet des os du cheval ".

Il quitte la cour en 1571 pour étudier enfin à l'université de médecine de Montpellier, puis devient médecin par quartier du roi. En 1587, il participe à la bataille de Coutras. Présent à Blois lors des évènements de 1588,

 il rédige le récit de la mort des duc et cardinal de Guise. Il conserve la confiance d'Henri IV devenu roi. Il devint aussi le médecin de Charles IX et Henri III dont il réalise l'autopsie.

Le grand événement dans la vie d'Héroard fut d'accéder au poste de médecin personnel du jeune de Louis XIII et il restera à ce poste jusqu'à la fin de sa vie. . Son journal, qu'il tient durant vingt-sept années, l’a rendu célèbre : il y consigne très précisément tous les faits relatifs à la santé du dauphin devenu roi sous le nom de Louis XIII. Les prescriptions à suivre pour garder la santé du dauphin entraînent la notation quotidienne des heures du lever et du coucher, de celles des repas avec leur composition détaillée, et l'observation méticuleuse des fonctions physiologiques

Jean Héroard est mort au camp de la Rochelle le 8 février 1628 dans sa soixante-dix-huitième année, au service du roi, son maître, " à la santé duquel, écrivit un contemporain,  il s'était entièrement dédié, moins curieux de richesse que de gloire et d'une incomparable affection et fidélité ".

Bibliographie : "Le Journal de Jean Héroard, médecin du dauphin, puis roi de France, Louis XIII" (site internet de la BNF) 

Joseph Ignace GUILLOTIN (1738-1814) (France) 

Joseph-Ignace Guillotin était médecin, prêtre défroqué et  homme politique mais la postérité n'a retenu de sa biographie que de sa sinistre machine.

Il était né à Saintes, neuvième des treize enfants d'un père était avocat. Après d'excellentes études en théologie chez les jésuites de Bordeaux, il quitte la soutane et part en 1763 étudier la médecine à Reims où les études sont moins chères  puis à Paris où il arrive en  1768 en tant que boursier.

Il obtient son doctorat a à la Faculté de Paris en 1770 et y enseigne de 1778 à 1783 en tant que "médecin régent"[12] l'anatomie, la physiologie et la pathologie. En 1800 Il est nommé médecin chef de l'hôpital Saint-Vaast d'Arras.

En même temps, montrant l'étendue de son génie inventif, Guillotin effectue nombre d'expériences sur le vinaigre ou la rage En 1784, il est membre, aux côtés de Benjamin Franklin,  de la Commission royale qui enquête sur la théorie du magnétisme animal de Franz Anton Mesmer et va la condamner.

La grande date dans la vie de Guillotin fut 1787, lorsqu'l devient médecin personnel du comte de Provence, frère de Louis XVI futur Louis XVIII. Parallèlement, il  s’engage dans la franc-maçonnerie :  initié en 1772, à la loge d’Angoulême "la Parfaite union"  il est deux ans plus tard Vénérable de la loge "La Concorde fraternelle" à l’Orient de Paris et en 1778 et sera membre affilié à la "Loge  des Neuf sœurs" où il rejoint…Voltaire, les peintres Greuze et Vernet, le duc d’Orléans et le duc de Chartres

L'entrée de Guillotin dans la vie politique est liée à sa rencontre avec Mirabeau dont il partage les convictions jacobines. Aux États Généraux de 1789, c'est lui qui proposa aux député de se reunir dans la salle du Jeu de paume, lorsque la salle de réunion est fermée sur ordre royal. En octobre 1789 Guillotin va devenir célèbre en présentant, avec l''appui de son ami Mirabeau, un projet de réforme du droit pénal dont le premier article dispose que " les délits de même genre seront punis par les mêmes genres de peines, quels que soient le rang et l'état du coupable. "

Mis au point par le  secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie, Antoine Louis l'appareil fut d'abord  appelé "Louison" avant de recevoir le nom de  "Guillotine". C'était aller contre la volonté de Joseph Ignace qui,  sur son lit de mort,  voyait dans le sinistre instrument " la tache involontaire de [sa] vie ". Il mourut à Paris à l'âge de 76 ans. Après sa mort il ne restait plus à la famille qu'à changer de nom, ce qui leur fut accordé. Victor Hugo l'a dit " Il y a des hommes malheureux. Christophe Colomb ne peut attacher son nom à sa découverte, Guillotin ne peut détacher le sien de son invention. "

Œuvres : "Pétition des six corps" ou Pétition des citoyens domiciliés à Paris[13]  où Guillotin réclame que le nombre des députés du Tiers état soit au moins égal à celui des députés des deux autres ordres 

Ioanis KOLETTIS (1773-1847) (Grèce) 

Parmi les médecins politiciens,  c'est un des plus  pittoresques mais aussi un des plus redoutables héros, il l'a montré au cours de la de la guerre d'indépendance  Grecque

Kolettis était né à Janina[14], la ville d'Epire où de Pouqueville allait plus tard devenir médecin personnel du pacha.

Décidé à devenir médecin, Kolettis fit ses études en Italie à l'Université de Pise.  revient en 1813, s'installer  dans sa ville natale médecin généraliste

Il accepta de devenir  médecin personnel du fils d'Ali Pacha, Moukhtar Pacha Conneau mais il n'abandonna pas ses rêves d'une Grèce libérée.

Une fois l'indépendance obtenue, il est élu parlementaire, membre, au titre du "Parti français'[15]  de la première Assemblée nationale de Grèce qui siège à partir de  1822 à Épidaure. Il est nommé ministre de l'Intérieur puis  ministre de la Guerre par intérim.

De 1844 à 1847, il est premier ministre du nouveau roi de Grèce, Othon 1er'Othopn 1er qui le nomme en 1835, ambassadeur en France où Kolettis va promouvoir auprès des politiciens français l'idée d'une Grèce éternelle héritière de  l'Empire romain d'Orient

Sa fin fut brutale : Il s'opposait à l'armatole[16] Odysseas Androutsos, qui le fit, selon toute vraisemblance assassiner…. Kolettis avait toutjjuste  74 ans

Kolettis reste immortalisé par un tableau du peintre Dominique Papety, élève d'Ingres qui vécut longtemps en Grèce ; il y y est vêtu du costume traditionnel, coiffé d'un fez portant la fustanelle, le jupon traditionnel des evzones, le gilet brodé, le "phermeli," orné de médailles

Biographie : Christabel Donatienne Ruby " Ioannis Kolettis" [17] 

Félix Hippolyte LARREY (1808-1895) 

Larrey était né à Paris, fils du célèbre chirurgien en chef de la Grande Armée de Napoléon, Dominique Larrey,  fondateur de la médecine d'urgence.

Etudiant brillant, après ses études à Paris,  une thèse sur les fractures, il est nommé chirurgien militaire à l'âge de 31 ans. chargé de mission il accompagna son père comme secrétaire en Algérie pendant l'inspection de 1842,

Reçu brillamment  à tous les concours auxquels il se présente, sa carrière est jalonnée de titres hospitaliers et universitaires : professeur agrégé de la Faculté de Paris à 27 ans, professeur de pathologie chirurgicale au Val-de-Grâce en1841, il entre à l'Académie de médecine en 1863puis à l'Académie des sciences, devient  de la Société de chirurgie puis sera élude l'Académie de médecine. il sera nommé chirurgien personnel de Napoléon III en 1853 médecin-inspecteur de l'armée en 1858, médecin en chef de l'armée d'Italie en 1859

Nommé médecin en chef de l'armée du Rhin durant la guerre de 1870, il va participer à tous les combats et lors de la retraite de 'armée française, parvient à regagner Paris en passant par la Belgique où il participe aux services sanitaires de la capitale.

A la différence de son père, Hippolyte Larrey prit une part active à la vie politique, devenant conseiller général de Bagnères-de-Bigorre en 1860 puis député élu au Parlement en 1877, en tant que représentant de la droite républicaine, sous l'étiquette l'Appel au peuple. Durant son mandat, il  s'oppose fermement aux différents gouvernements républicains qui se succèdent mais ne se représente pas en 1881  : il  préfère se consacrer désormais à ses travaux sur l'Empire

Napoléon III eut de très nombreux médecins parmi lesquels, non seulement Larrey mais aussi: Begin, De guionis, De la fonte, Evans, Fauvel, Frayer, Materne, Neaton, Nellaton, Ricord, Rochambaud

Bibliographie : Hippolyte Larrey, " Madame Mère: Napoléonis mater" (Ed.Dentu, 1892 

Joseph-Marie-François de LASSONE (1717-1788), médecin du couple royal guillotiné pendant la Révolution

Son  père, Anthony Joachim avait été médecin ordinaire du roi. Joseph Marie fit ses études médicales études sous la direction du célèbre chirurgien Morand, à l'hôpital de la Charité et à 21 ans, il obtenait déjà  un prix de l'Académie nationale de chirurgie pour son travail sur le cancer du sein.

Il devient professeur à la Faculté de médecine de Paris et il est admis à l'Académie des sciences à l'âge de 25 ans.

En 1751 il devient médecin de la reine, puis après leur accession au trône, celui de Marie-Antoinette et de Louis XVI.

En 1776 il est, avec Félix Vicq d'Azyr, à l'origine de la création de la Société royale de médecine.

Bibliographie "Eloge de M. de Lassone  prononcé le 1er septembre 1789, dans la séance publique de la Société royale de médecine.  

John LOCKE (1632-1704)(Gde Bretagne) 

Personnalité phare, pourrait on dire sans jeu de mots du siècle des Lumières, John Locke  était né dans village du Somerset, près de Bristol. puis vint vivre avec sa famille à Pensford, où son père exerçait comme  avocat.

John Locke fit ses premières  études à la prestigieuse école de Westminster à Londres et les poursuivit à Oxford à la Christ Church, University . Là lui fut ouvert le monde de la philosophie, la clef qui ouvrait le nouveau monde d'alors.. Il mené de pair  des études en médecine mais il n'exercera pas : il devient médecin personnel d'un des personnages les plus en vue de Londres,  Lord Ashley, comte de Shaftesbury, et ministre du roi Charles II.

Entre 1675 et 1679, il voyage en France, visite Montpellier, étudie Descartes et fréquente les milieux intellectuels parisiens.

La vie politique prend le dessus :médecin personnel du le comte de Shaftesbury était acquis aux idées nouvelles et progressistes (pour l'époque' du parti des "Whigs" qui, à cette époque, represe,ntaient une forme de "droite libérale" Après de violents affrontements avec les tenants du parti "Tory" conservateur, il  est arrêté et passe en jugement pour "haute trahison" . Il est acquitté mais craignait de nouvelles poursuites il quitte l'Angleterre. Locke l'accompagne et devra faire face au drame lorsque survient une maladie grave chez son patient : après consulta tâtions répétées entre médecins il est décidé d'une intervention chirurgicale dont le risque à l'époque était majeur : l'ablation d'un probable kyste du foie. Le comte survécut à l'intervention et vécut encore plusieurs mois.

Connaissances médicales de Locke a été mis à l'épreuve lorsque l'infection du foie de Shaftesbury devenu mortelle. Locke a coordonné l'avis de plusieurs médecins et était probablement contribué à persuader Shaftesbury subir une opération (alors lui-même la vie en danger) pour enlever le kyste. Shaftesbury a survécu et prospéré, créditant Locke lui a sauvé la vie.

Locke ne retournera qu'en 1689 dans son pays Pendant son séjour en exil, il a complété et Essai sur l'entendement humain et Traité du gouvernement civil empreint des idées "libérales" des  Whigs Il pensait que le contrat social entre le gouvernement et le peuple reposait sur le consentement et que le gouvernement ne reconnaît pas cela et les droits universels protégés à la vie, à la liberté et à la propriété, les personnes ont le droit de se rebeller

Des idées de Locke ont inspiré les philosophes français Voltaire et Rousseau, ainsi que les  révolutionnaires d'Amérique du Nord qui se tenait derrière la Déclaration d'Indépendance américaine. Locke vécut assez longtemps pour voir se mettre en place l'indépendance des Etats Unis. Il mourut  à l'âge de 72 ans d'une crise d'asthme alors qu'il discutait de politique "Whig" avec des amis .

Il meurt à Oates, en Essex à l'âge 72 ans

Œuvres : "Les lois de la nature, Essai sur la tolérance", (Ed. Anatomica, 1667) et "De arte medica", 1669 [19] 

Jean- Paul - MARAT (1843-1793) (France)(Suisse) 

Marat était...suisse, bien peu de Français le savent, né à Boudry canton de Neuchâtel,

Après d'innombrables aventures en Angleterre, Mrat sinsatle à Paris et devent en 1777 médecin du comte d'Artois, Louis le frère cadet de Louis XVI qui deviendra a Charles X en 1824. Le poste est rémunéré 2.000 livres par an et des indemnités.

Pris dans le tourbillon de la Révolution, sa fin sera tragique, assassiné dans sa baignoire par ne jeune aristocrate Charlotte de Corday d'Armont aux convictions politiques affirmées. 

Georges MARESCHAL 1658–1736)(France et Irlande

La magnifique carrière de Georges Mareschal commence avec les faits d'armes de son père, le capitaine irlandais John Marshall qui perdit un bras à la bataille de Rocroi mais fut par la suite anobli avec un nom francisé en "Mareschal". Après quelques revers de fortune, le capitaine vint s'installer à Gravelines près de Calais où il devint… aubergiste.

Apres la mort du père, Georges, qui avait tout juste dix-neuf ans décida d' aller étudier la médecine à Paris et, pour cela,  fit la route à pied (près de 300 kls…).

A Paris, Heorges sera d'abord employé comme "aide barbier" à l'hôpital de la Charité. Il fut ensuite engagé par Simon Le Breton, maître en chirurgie de la Confrérie de Saint-Côme-Saint-Damien, qui tenait boutique de chirurgien-barbier, rue des Lombards. Là Mareschal va faire la connaissance de Rémy Roger, attaché à la maison du prince de Conti ; cette amitié lui ouvrit toutes les portes de  l'hôpital. Apprécié par son ami, remarqué pour son habileté manuelle par les frères de Saint-Jean-de-Dieu qui dirigeaient l'hôpital, Georges Mareschal fut nommé "gagnant-maîtrise"en 1684 ; ce qui lui permit d'pbtenir la main de Marie Roger, la sœur de Rémy, et de l'épouser le 25 octobre 1684, en l'église Saint-André-des-Arts

En 1688, il devient l'élève de . Claude Morel, maître chirurgien qui le designa comme son successeur et en 1692, Mareschal prit la suite  chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité.

Mareschal va rapidement se spécialiser dans l'intervention de la "taille", où une lithotomie se réalisait par voir périnéale mais sa réputation de chirurgien ! il est ainsi appelé à opérer avec succès  Bossuet qui souffrait de la pierre. La célébrité arrive : Saint-Simon fait de Mareschal le portrait suivant " le premier de tous en réputation et en habileté (...) fort peu d'esprit, très bon sens, connaissait bien ses gens, était plein d'honneur, d'équité, de probité et d'aversion pour le contraire ; droit, franc et vrai, et fort libre à le montrer, bon homme et rondement homme de bien et fort capable de servir, et par équité ou par amitié, de se commettre très librement à rompre des glaces auprès du roi, quand il se fut bien initié et on l'était bientôt dans ces sortes d'emploi familiers auprès de lui."[

En 1696, Mareschal est appelé au chevet de Louis XIV soufrant d'un enorme anthrax d la nuque. Les médecins, Fagon, Félix, du Tertre, puis Bessière s'étaient succédé  sans résultats. Mareschal, malgré les reticences de ses confreres, pratiqua une grande incision cruciale d'où sortit un flot de pus amenant une amélioration rapide de l'etat du royal malade.

Par la suite,  Georges Mreschal tint une place de plus en plus importate à la cour : ol était non seulement le chirurgien du roi mais aussi, son conseiller politique. Il ne tarda pas à être anobli.et alla vivre au château de Bièvre, tout près  de Versailles

Comme le dira plus tard son neveu "Il savait  partager son temps entre son devoir à la Cour, les affaires que la chirurgie lui donnait à la ville, et quelques moments de repos à la campagne".

Georges etait au chevet de Louis CIV lors de ses derniers moments. En août 1715 il veille le roi Louis XIV, atteint de la gangrène, tente une opération pour le sauver, constate sa mort le 1er septembre puis pratique son autopsie et son embaumement. Devenu par la suite chirurgien de Louis XV, Mareschal fonde en 1731, avec son futur succeseur François Gigot de La Peyronie, l'Académie Royale de Chirurgie. L'Académie eut tout de suite une destinée remarquable,  au premier rang des sociétés savantes de l'époque. Ses réunions se tenaient dans l' Amphithéâtre de Saint Côme, près du couvent des Cordeliers. Les jetons frappés dès 1723 portaient l'effigie royale avec, au revers on pouvait lire autour d'une main ouverte entre deux serpents surmontés de la couronne de France "Consilioque manuque"[20]; L'Académie victime fut dissoute en 1793 par la Convention.

Biographie : Jean-Jacques Peumery "Georges Mareschal (1658-1736) fondateur de l'Académie de chirurgie 

Germain LAMARTINIERE (Germain Pichault de La Martinière (1697-1783) 

Germain Pichault de La Martinière était né dans une famille de chirurgiens vendéens. Il est envoyé à Paris faire ses études de médeine et dès  l'âge de 23 ans il est agrégé et siège à la La confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien[21],et devient chirurgien du roi "servant par quartier[22]".

La Martinière est pourtant attaché aux armées royales à sa demande, tout d'abord comme aide-major. Il fait ainsi la campagne d'Italie du maréchal de Villars en 1733, puis participe l'année suivante au siège de Philippsburg lors de la campagne du Rhin de la guerre de Succession de Pologne.

En 1741, promu au grade de chirurgien-major, il participe au siège de Prague puis la campagne de Bohême.

À son retour, il est nommé et chirurgien-chef des Gardes-françaises premier chirurgien, à la succession de François de la Peyronie[23], décédé en avril.

Louis XV lui témoigne de sa plus intime amitié et La Martinoere  poursuit les réformes de de Lapeyronie qui, avec l'appui du vieux chirurgien de Louis XIV, Georges Mareschalpour  l'émancipation de la chirurgie de la Faculté de médecine de Paris, en en faisant une discipline autonome

, Cette lutte se traduira par une confrontation entre de La Martinière et François Chicoyneau, premier médecin du roi et chancelier de la Faculté, qui se soldera par un décret du conseil d'État cessant, de fait, la sujétion d'un corps à l'autre en 1750. Un décret royal de 1770 effacera définitivement cette sujétion séculaire des chirurgiens en faisant prêter serment au premier chirurgien en les mains du roi à la place d'en celles du premier médecin[.

Président de l'Académie de chirurgie de 1747 à 1783

Les statuts de l'Académie de chirurgie seront promulgués en 1748 et La Martinière en prendra la direction pendant près de trente-sept années. Ainsi, soucieux d’améliorer la formation des chirurgiens et des médecins, il obtient du roi l'édification d'un bâtiment assez spacieux pour contenir l'Académie, le Collège et la Bibliothèque de chirurgie, en remplacement du trop exigu amphithéâtre d'anatomie de Saint-Cosme, dans le fief originel de la communauté des chirurgiens de Paris. La construction de l'ouvrage sera confiée à Jacques Gondouin en 1769 et achevé en 1774. La Martinière fait par ailleurs établir des écoles de chirurgie dans les principales villes de province et fonde à Paris l'École pratique de chirurgie où les élèves peuvent s'exercer à disséquer et à répéter les opérations sur des cadavres[.

En 1771, le souverain nomme son premier chirurgien conseiller d'État. Louis XVIII rapporte dans ses Mémoires que Louis XV " était comme un enfant docile en présence du chirurgien investi de toute sa confiance " et décrit de quelle manière " il n'y avait pas à transiger avec sa volonté ", parlant de sa " franchise brutale ".

Quand Louis XVI monte sur le trone, Il conserve sa charge de premier chirurgien

Germain Pichault de La Martinière meurt le 17 octobre 1783 dans sa résidence de campagne de Bièvres, où il est inhumé simplement, laissant de quoi fonder deux chaires de professeurs appointés à l'école pratique et 10 lits dans l'hôpital pour " maladies chirurgicales peu communes " qu'il avait créé à l'école de chirurgie 

André LICHTWIZ (1899-1962) médecin personnel du général de Gaulle 

André Lichtwitz venait de  Bouscat en Gironde où il était né dans une famille d'origine polonaise et arriva à Paris en après la Grande Huerre pour y faire ses études de médecine. Il est nommé à l'internat des hôpitaux de Paris en 1924, et fait une grande partie de son interat  à Lariboisière

En septembre 1939 il est mobilisé comme médecin capitaine de réserve. Démobilisé, il cherche immédiatement à entrer dans la résistance et part en Espagne Il y est emprisonné trois mois avant de gagner le Portugal. A la mi-avril 1942 le général de Gaulle tombe très gravement malade sans qu’aucun médecin ne parvienne à établir de diagnostic. Le lieutenant-colonel Billotte, membre de l’Etat-major particulier, ayant appris la présence à Lisbonne du Dr Lichtwitz et connaissant sa réputation, obtient des Britanniques de le faire venir d’urgence par avion à Londres. Après un premier examen, André Lichtwitz diagnostique une crise aigüe de paludisme et quelques jours plus tard, le chef des Français libres est rétabli.

En 1941, il rencontre de Gaulle et s'engage dans les Forces Frazncaises Libres. Il va devenir médecin chef de la 13° Demi Brigade de Légion Etrangère, et participe à tous les combats de Tunisie, d'Italie, de Provence, d'Alsace et d'Allemagne.

Après la guerre et après une mission d'information médicale aux Etatsd Unis, il fonde le Centre du Métabolisme phosphocalcique à l'Hôpital Lariboisière.

Dès 1945, il est médecin personnel du général de Gaulle dont il devient très proche. En avril 1961, lors du putsch des généraux à Alger, le général de Gaulle vivant sous la menace d'une attentat remet à

André Lichtwitz une enveloppe cachetée en lui disant : " à ouvrir si je viens à disparaître . "Dans cette enveloppe, de Gaulle fait du docteur Lichtwitz son exécuteur testamentaire et lui donne les dispositions à prendre pour ses obsèques.

A la mort d'André Lichtwitz me général de Gaulle, adresse à Mme Lichtwitz  la letytre suivante : "Quel grand chagrin est le vôtre ! Quelle part j’y prends, ainsi que ma femme !Quelle perte est, à tous égards, la disparition du docteur André Lichtwitz !Il fut tout ce qu’il fallait être et tout ce qu’il a voulu : un grand médecin, ungrand savant, mais aussi un homme de grand coeur, de grand courage. Il fut mon compagnon et mon ami. Son souvenir est dans mon esprit et dans mon âme pour autant que moi-même je vivrai. Combien il m’a aidé moralement et physiquement.

Je vous demande d’agréer, chère madame, mes hommages les plus respectueux et les pensées les plus profondément attristées de ma femme et de moi-même"[24] 

Bernard MENETREL (1906-1947) (France) le médecin du Maréchal

Le nom de Bernard Ménetrel est resté dans l'Histoire mais c'est une gloire équivoque car c'est pperdd dans le tlourbillon de l'Hstoire revolutionnaire pour finir ragiquement en our avoir été Médecin personnel et ami personnel du Maréchal Pétain.

Externat des hoîtauis de Paris au deuxième concours puis nommé Interne des hopîtaus de Paris e,n 1929. Service militaire au Maroc

Installé généraliste à Paris aveue Montaigne

Son père Louis Ménétrel très lié au Maréchal Petains’était engagé volontaire dans le service de santé pendant la guerre de 1914-1918. Il fait son retour à la vie civile avec huit citations, six blessures, ce qui lui vaut d’être nommé officier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Son frère, Henri n'avait pas eu cette chance et était mort au combat.

Tous les souvenirs de la Grande Guerre ont rapproché Bernard du maréchal qui s'intéresse de près à sa carrière Aucun document sérieux n'a pu

accréditer la thèse souvent évoquée de Bernard Ménetrel fils caché du Marechal

Dès l'exode du gouvernement français à Bordeaux, Bernard est aux cotés de Pétain et va l'accompagner à Vichy om il devient Médecin personnel  Il est en fait le secrétaire particulier du Marechal chargé de veillant sur sa santé.

Peut on parler de complicité politique ? Ménetrel avait, dans ses années d'étudiant été proche de l'Action française, mais n'y a jamais milité

Il suit le maréchal dans sa fuite à Sigmaringen mais il sera arrêté en novembre 1944 par les Allemands qui le soupçonnent d'intelligence avec les services alliés; Menetrel va être détenu au camp d'Eisenberg en Bohême et ne sera libéré qu'en mai 1945 lors de l'avance des troupes américaines.

Ramené en France, il est emprisonné à Fresnes sous l'inculpation d'intelligence avec l'ennemi. Rn janvier 1946 Il obtient sa libération conditionnelle pour raison de santé mais l'instruction n'ira pas à son terme car Ménétrel décède l'année suivante, à l'âge de 41 ans,  dans un accident de voiture à Mallemort pittoresque villa du Lubéron dont le nom n'a rien d'imaginaire…Il avait 41 ans

Biographie Bénédicte Vergnez-Chaignon," Le Docteur Ménétrel"(Ed. Periin, 2002) 

Charles MERYON (1783–1877) médecin d'une lady très excentrique 

LadyHesterStanhopeLucy(12Mars1776-1723Juin1839),étaitnearistocrate de la haute société britannique, mais aussi fortement marginale, multipliant les excentricités dans tous les pays.

Son médecin personnel et mi intime, le Dr Meyron en 1846, quelques années après sa mort, le Dr Meryon publié trois volumes de Mémoires sur savie avec  Lady Hester Stanhope

Avec le consentement des chefs arabes, elle se fait construire un palais baroque à l’accès difficile au milieu d’un paysage de roches, de montagnes neigeuses, de torrents et de cèdres centenaires. De cet endroit protégé elle assiste aux guerres qui ruinent cette région du croissant fertile. Elle y participe aussi, mais secrètement, conseillant les belligérants et retrouvant par cette activité l’influence qu’elle avait à Londres au temps de son oncle, le premier ministre du royaume d’Angleterre. Sa notoriété est telle qu’aucun voyageur ne songe à ne pas la rencontrer : ainsi l’un des plus prestigieux poètes et homme politique français de l’époque, Alphonse de Lamartine, lui adresse une respectueuse demande d’audience. Cette rencontre est décrite dans le récit qu’il publie à son retour en France.

C'est le Dr Meryon qui publiera l'Histoire incroyable de Lady Stanhope: deux volumesayant pour titre : Mémoires de Lady Stanhope (1845) et Voyages de Lady Stanhope (1846)[25] 

Joseph MICHON (1836-1904) (France) orléaniste acharné 

Fils d'un chirurgien celebre, Louis-Marie Michon qui fut en 1845 president de l' Académie de Chirurgie, Joseph Michon fut, dès l'enfance, un  familier de tous les grands grands noms de la science, tels Claude Bernard ou de la Littérature tel  Emile Littré. Il fait ses études au Lycée Louis-le-Grand, et, après son baccalauréat, va mener de front les études médicales, doctorat en lettres et licence en sciences naturelles

Il devient ensuite Médecin personnel  du comte de Paris, petit-fils aîné du roi Louis-Philippe.

La politique  tint un grand rôle dans la vie de Josephe Michon : il ne fut pas élu aux  élections législatives de 1869 mais après la guerre de 1870, il sera nommé, avec le soutien de Mac-Mahon, préfet du Puy-de-Dôme puis du Loiret.

L'instauration de la République puis la mort du Comte de Paris, qui restait seul prétendant au trône, amèneront  son retrait définitif de la vie politique

Son fils Louis Michon (1864-1951) fera une carrière brillante de chirurgien urologique 

Charles McMORAN WILSON (1882-1977 

Charles McMoran Wilson né à Skipton, Yorkshire,a servi dans la Royal Army Medical Corps Au cours de la Première Guerre mondiale. Il a étudié la médecine à l'École de médecine de l'hôpital St Mary, aujourd'hui l'École de médecine de l'Imperial College, où il obtient son doctorat en médecine en 1913

Il avait été  doyen de l'école de médecine l'hôpital St Mary président du Collège royal des médecins en Avril 1941

Il a été anobli en 1938 comme baron Moran de Manton dans le comté de Wilts

Le baron Moran est passé à la postérité comme médecin personnel de Sir Winston Churchill Pendant son temps comme médecin privé de Sir Winston Churchill, il a rencontré plusieurs personnalités,: comme Anthony Eden, le feld-maréchal Montgomery (plus tard le 1er vicomte Montgomery d'Alamein), Lord Mountbatten de Birmanie et Lord Beaverbrook.

Biographie Le livre de Moran, "La lutte pour la survie"[26] décrit sa santé défaillante de Churchill en détail. Le a causé beaucoup de controverse en raison de ce qui a été considéré comme une violation de la confidentialité médecin-patient. A côté de Churchill, défilent un nombre considerable de personnalités de la Seconde guerre mondiale de de Gaulle à Staline en passant par Roosevelt, toujours avec une précision clinqiue dans la description du syndrome maniaco-depressif" de beaucoup de grads hommes  

Theodor MORELL (1886-1948)  le médecin d'Adolf Hitler 

Morell était le second fils du maitre d'école d'un petit village de Haute-Hesse. Trais-Münzenberg.

Désireux de s'orienter bers la médecine,  Morell est parti  étudier à Grenoble et Paris, puis à Munich début en 1910 En 1913, il obtient son doctorat et va devenir  médecin assistant à bord de navires de croisière puis s'installe en Hesse, à Dietzenbach. Après avoir passé sur le font la Première Guerre mondiale, il s'installe en 1919 à Berlin et épouse, une actrice riche, marié Hannelore "Hanni" Moller.

Morell commence alors à s'intéresser à diverses thérapeutiques non-conventionnelles en même temps qu'il s'associe à plusiers entreprises pharmaceutiques.

Tout va changer lorsque Morell en 1933 devient membre du parti Nazi et en 1936aores avoir rencontré Adolf Hitler et devient son médecin personnel.

Morell va administrer à son patient diverses préparations, y compris une combinaison de vitamines et hydrolyse la bactérie E. coli. De nombreux personnages de l'entourage de Hitler imitent son exemple

A la fin, Hitler prenait jusqu'à prenait 28 médicaments  différents par jour, avec de nombreuses injections de méthamphétamine.

Morell a quitté le bunker de Berlin une semaine avant l'arrivéee des troupes russes. Il avait pu trouver un avion pouir le conduire en Bavière mais il est rapidement arreté par l'armée américaine.  

Echappant au sort des autres membres de l'entourage de Hitler, Morell va vivre en Bavière mais sa santé décline rapidement et survient une atttaque cérébrale Il meurt à Tegernsee trois ans après son trop célèbre malade. 

Axel MUNTHE (1857_1949)(Suède) un aventurier médecin de classe internationale 

Axel Munthe, médecin et écrivain, a eu le privilège unique de vivre quatre vies successives : en Suède, en France, en Angleterre et en Italie. Il était né à Oskarshamn, sur les bords de la Baltique. De 1892 jusqu'à sa mort en 1930, Axel a été le médecin personnel de la reine qui partageait sa passion pour les animaux : ils avaient tous deux créé un sanctuaire ornithologique à Capri, sur le mont Barbarossa. Beaucoup a été écrit sur leurs relations véritables mais tous deux ont toujours témoigné de la plus grande réserve sur leur vie privée.

La vie d'Axel Munthe est remplie de contrastes et de paradoxes : médecin et homme de lettres, mondain tout dévoué aux déshérités, grand voyageur et grand séducteur. Il lui sera toutefois beaucoup pardonné car sa compassion était sans limites, pour les êtres humains comme pour les animaux ...

Bibliographie : A.J. Fabre "Axel Munthe, médecin vagabond de l'Europe" (Harmattan, 2012) 

Ambroise PARE  1510-1590) : la gloire de la médecine française 

Ambroise Paré, venat de  Bourg Hersent à Laval. Il commence sa carriere en 1537 comme chirurgien militaire en participant aux campagnes contre Charles Quint. Il propose alors un nouvelle methde de  traitement des blessures par armeà feu. " Méthode de traicter Les quelques hacquebutes faictes Playes (1545).

Il va devenir à Paris  Prosecteur d'anatomie. Enet 1562, Catherine de Médicis le nomme premier chirurgien du roi CharlesIX et En 1563, il sera nommé, bien que huguenot,  premier chirurgien du roi Henri II avec ke titre de "conseiller et premier chirurgien du roi"

Au cours d’une joute Henri II grièvement blessé d’un coup de lance accidentel par Gabriel de Lorges, comte de Montgommery, capitaine de sa Garde écossaise. Il fut transporté à l’hôtel des Tournelles, résidence royale toute proche, située à l'emplacement de l'actuelle place des Vosges. Ambroise Paré conscient de la gavté dde la lessure appela en consultation rien moins que sn confrère Vésaleu de Bruxelles., le roi mourut dans d'atroces souffrances le 10 juillet 1559. 

De POUQUEVILLE : un fervent serviteur de la Grèce et de ses pashas 

ville est né à Merlerault, un petit village de Normandie. Son destin allait devenir prodigieux

Pouqueville avait appris le  latin avec le curé de so village, mais, en 1790, lorsque son mentor doit s'enfuir en Angleterre, il entre au séminaire d'Alençon. La Révolution arrive et Pouqueville est ordonné rapidement sous-diacre, diacre, puis, à peine âgé de 21 ans, vicaire. Lorsque survient la Terreur, François n'échappé que de justesse à la mort en se cachant dans une cave. Peu à peu converti aux idées révolutionnaires, il devient "Prêtre assermenté", en conséquence de quoi, lorsqu' arrive la "Terreur blanche" et l'insurrection des chouans, il lui faut, une fois de plus, rester terré dans un abri ...

Excédé de tous ces bouleversements politiques, Pouqueville renonce au sacerdoce et choisit de devenir médecin. Il arrive à Paris où il devient élève, avec l'aide d'un ancien condisciple, d'un célèbre Professeur à la Faculté, Antoine Dubois, le futur accoucheur de l'impératrice Marie-Louise, Avec ce nouveau mentor, Pouqueville progresse rapidement dans l'apprentissage et la médecine mais aussi, de la vie mondaine à Paris.

Grâce à ses relations, François est inscrit en 1798 sur la liste des médecins de la Grande Armée d'Orient et devient membre de l'importante Commission des Sciences et des Arts de l'Expédition. A son arrivée en Egypte, François est chargé d'une mission difficile : négocier avec la marine britannique d'un échange de prisonniers: il devient l'ami du commodore Sidney Smith, vétéran de la Guerre d'Indépendance des Etats Unis, mais se heurte à l'hostilité de l'amiral Nelson. Après avoir  accompli sa mission, Pouqueville revient en Egypte pour tomber gravement malade, atteint d'une fièvre prolongée. En Octobre 1798, son rapatriement est décidé et il est transporté à bord de la Madonna di-Monténégro, un tartan qui va faire voile vers Livourne ..

A peine arrivé aux côtes de Calabre, le navire est attaqué par des pirates barbaresques et Pouqueville est livré au Pasha de Navarin, Mustafa, qui l'emprisonne... dans son harem. Mais, bientôt, nouveau coup du sort : le pacha tombe en disgrâce et son successeur, Ahmed Pacha, se déclare hostile aux Français. En fait, quand il apprend que son prisonnier était "expert en médecine", il en fait son médecin personnel. Néanmoins, en 1799, François va être emprisonné au château des Sept Tours de Constantinople, le Yedikule. Pendant sa détention, il va apprendre le grec ancien pour accéder à la lecture des grands classiques d'Anacréon à Homère et Hippocrate : il devient peu à peu, ardent partisan du Mouvement Philhellénisme apparu  partout en Europe pour aider la Grèce à se libérer du joug Ottoman.

Pouquevile va rester deux ans prisonnier en Turquie. De retour à Paris, il parvient enfin à terminer ses études de médecine en soutenant une Thèse de doctorat sur "La peste en Orient". Il était, cependant, plus attiré par la Grèce que par la médecine. En 1805, il publie ses souvenirs dans un livre, "Voyage en Morée et Constantinople" qui connaît un si vif succès que Talleyrand va le nommer Consul de Janina,en Epire,  au nord-ouest de la Grèce. Dès son arrivée, François entreprend un vaste programme de fouilles archéologiques aidé d'un autre diplomate, William Leake, resté célèbre pour avoir transporté les frises du Parthénon en Angleterre

Bientôt, Pouqueville dut faire face à de nouveaux dangers : le redoutable Pacha de Janina, Ali, célèbre pour ses atrocités, mais aussi ses relations étroites avec Lord Byron se montrait de plus en plus irrité des déclarations Philhellénismes du Consul. La situation devint si tendue que Pouqueville dut rester enfermé dans son consulat jusqu'à ce que Louis XVIII accepte de le muter très loin de l'Epire, jusqu'à Patras. Pourtant, lorsqu'e survient la guerre d'indépendance grecque, en 1822, François et son frère, connus de tous comme défenseurs de la cause pro-hellénique durent revenir en France.

À son retour à Paris, François s'aperçoit qu'il est devenu un personnage célèbre : la Grèce est désormais "à la mode" et Pouqueville, "coqueluche du Tout-Paris". Il est reçu dans tous les salons en vogue et devient l'ami de personnages célèbres tels Arago et Chateaubriand encore auréolé de son "Voyage en Orient paru en 1811. La comtesse de Ségur fait de Pouqueville, sous le nom de Monsieur Tocambel le pittoresque héros d'un de ses livres, "Quel amour d'enfant!". Les récits de Pouqueville sur la Grèce inspirent les plus grands artistes : Népomucène Lemercier écrit, en 1825, une tragédie sur le thème des "Martyrs de Souli", un grand peintre romantique, Ary Scheffer, crée l'événement au Salon de Paris avec ses "Femmes Souliotes", Alexandre Dumas fait d'Ali Pasha la triste vedette de ses "Crimes célèbres". Peu de temps après son retour en France, Charles François avait rencontré Henriette Lorimier, portraitiste à la mode, qui va partagé sa vie jusqu'à la fin. Henriette ainsi que l'un de ses parents, Jean-Auguste Ingres, avaient fait plusieurs portraits de Pouqueville

 À la fin de sa vie, Pouqueville est devenu une figure nationale: membre de la Légion d'Honneur, membre de toutes les sociétés scientifiques, élu en 1830 à l'Académie de médecine.

Il mourut en 1835 dans son appartement de la rue de l'Abbaye. Sa tombe est encore visible au cimetière Montparnasse, ornée d'un médaillon de David d'Angers et d'une page de marbre portant les deux derniers vers de l'Odyssée, là où Homère promet à Achille la "mémoire éternelle"

Bibliographie : A.J. Fabre "Les grands médecins méconnus" (Ed. Harmattan, Paris 2010) 

Antoine PORTAL  (1742-1832)  Fondateur de l'Academie de medecine 

d'une famille d'apothicaires de Cahuzac-sur-Vere, Antoine Portal  était l'aîné de 12 frères et sœurs. Il part étudier la médecine à Albi, Toulouse et Montpellier. C'est là qu'il obtient son diplôme et va bientôt y devenir professeur en anatomie.

En 1766, il s'installe à Paris où, sur la recommandation de l'archeveque d'Albi, le célèbre cardinal de Bernis il est nommé précepteur d'anatomie auprès du Dauphin en 1767.

Il devient rapidement  professeur d'anatomie au Jardin des plantes médicinales de Paris, le Jardin botanique  royal.

En 1776, Buffon le fait nommer professeur d'anatomie au Jardin du roi. Il soigne les principaux personnages de la cour, et fait une série de consultations au cardinal de Rohan pendant son internement à la Bastille. Portal obtient la chaire nouvellement créée d'anatomie humaine au Muséum national d'histoire naturelle en 1793. Il soigne son ami Cambacérès et le pape Pie VII dans son exil à Savone.

Apres la revolution. Louis XVIII le fait nommer premier médecin du roi, fonction qu'il occupe également sous Charles X. Cette charge le place à la tête d'un service médical de plus de vingt médecins de Paris, le fait entrer dans les conseils d'administration de nombreuses œuvres de charité, d'hôpitaux et hospices civils

Apres la revolution, Portal devient "' premier médecin" de Louis XVIII puis de Charles X ainsi.

Avec l'appui de son royal patient, Antoine Portal a pu créer en 1820 ce qui est devenu l'Académie Nationale de Médecine, dont il était président à vie.

Le baron Portal mourra, )ce qu'assurent ses biographes de la "maladie de l'homme de pierre", ce que notre époque désigen sous le nom de "myosite ossifiante". Il a été enterré au cimetière St Pierre de Montmartre aux côtés de Bougainville.

Bibliographie :  "Cours d'anatomie médicale", une oeuvre en 5 volumes (1803-1804).  

Samuel POZZI (1846-1918) Chirurgien flamboyant  

Samuel Pozzi a été l'homme de toutes les réussites : chirurgien brillant, anthropologiste reconnu, grand vyageur mais aussi grand seducteur. C'est par l'intermédiaire d'un grand acteur de l'époque, Mounet Sully[27], son compatriote de Bergerac, qu'il rencontra Sarah Bernard[28] : ce fut le début d'une grande histoire d'amour. Pour Sarah, Pozzi était tout simplement "Docteur Dieu" mais pour Samuel, Sarah était "La divine "...

 Durant la guerre de 1870 Sarah va aider Pozzi à installer une antenne chirurgicale au théâtre de l'Odéon et en fera ensuite son chirurgien personnel. En 1898, quand Sarah a 54 ans et qu'il lui faut accepter une opération sur son kyste de l'ovaire "volumineux écrit-elle, comme une tête d'enfant de 14 ans', c'est à Samuel Pozzi et aucun autre qu'elle va demander de pratiquer l'intervention. Il reste de cet épisode une longue lettre émouvante adressée par Pozzi à Robert de Montesquiou[29]

En février 1915, c'est encore Pozzi qui sera appelé pour venir jusqu'à Bordeaux assister à l'amputation de jambe de Sarah, ultime recours à une tuberculose ostéo-articulaire incurable avec les moyens de l'époque.

Un des épisodes de la "saga" Samuel Pozzi-Sarah Bernardt nous a été relaté avec humour par son petit fils, Claude Bourdet[30] : "Un jour, juste avant la Première Guerre mondiale, je sortais de l'immeuble où mon grand-père a vécu et où il avait ses salles de consultation, sur l'avenue d'Iéna. Il y avait une voiture qui descendait l'avenue et il me semblait être une voiture électrique car j'étais, je me souviens, frappé par le fait que je n'y avais pas vu un cheval. J'avais quatre ou cinq ans, il ya si longtemps que je ne peux pas être sûr d'impressions réelles à ce moment-là. Mais ce que je suis sûr, c'est que mon grand-père, que nous n'avions pas trouvé à la maison, sauta hors de la voiture et me prit dans ses bras tendrement, comme il l'a toujours fait. Ma gouvernante restée sur le trottoir nous regardait. Puis mon grand-père m'a jeté, ni plus ni moins, dans la voiture où je disparus dans une montagne de soie et de plumes qui me couvrit de baisers. Mes souvenirs de cet événement sont absolument agréables, mais il n'y avait plus à venir. Mon grand-père me reprit dans ses bras et m'a redonné à ma gouvernante, en prononçant ces paroles que je n'ai jamais oubliées, probablement parce qu'on me les a répétées une centaine de fois depuis: "Tu viens d'embrasser Mme Sarah Bernhardt. À l'époque, cela ne faisait aucune impression sur moi. Mais plus tard, quand j'ai entendu parler de la relation entre Sarah et mon grand-père, et encore plus tard, quand je lis les lettres étonnantes dans laquelle elle l'appelait "Docteur Dieu", disais à mes camarades, non sans une certaine satisfaction, que moi, aussi, j'avais connu Sarah Bernhardt." 

James REID (1849-1923) : le médecin de la reine Victoria 

James Reid était écossais,  né à Ellon, et fit ses études à Aberdeen Grammar School puis à l'Université d'Aberdeen.

 Il obtient le titre de docteur en médecine en 1871 et a pratiqué en Ecosse pendant une décennie

En 1885 il est  nommé médecin de la reine Victoria et restera médecin de la cour avec les deux successeurs de la reine : Edward VII et George V.

James Reid resta médecin de la cour tout au long de sa vie. Il mourut en 1923 à l'âge de 74 ans. Il avait reçu le titre de Baron en 1897

Depuis des mois, la santé de la reine Victoria était chancelante. Elle avait maintenant 81 ans et était aller séjourner à sa residence de l'île de Wight. Le matin du 17 Janvier 1901, tout s"aggrave. Le Dr James Reid, aussitôt appelé, constate que le côté gauche du  visage est paralysé. L'illustre patiente a trouve difficilement ses mots et sa voix est pateuse. D-s le lendemain, la reine perd conscience mais dans la matinée du 19 Janvier, la reine parait aller un peu mieux et elle trouve la force de dire quelques mots à son médecin. Peu de temps après elle sombre dans le coma.

Une issue fatale paraissait imminente et le Dr Reid appela tous les membres de la famille.. À 18h30 le 22 Janvier 1901, la reine Victoria décédait, entourée de sa famille,.

La reine Victoria avait laissé des instructions très précises sur ses funérailles et en particulier la liste des objets qu'elle voulait avoir dans son cercueil.

 Le 25 Janvier 1901 Dr Reid fut chargé de disposer dans le cercueil les objets demandés par la reine : la robe de chambre de son cher mari Albert, , un plâtre de sa main, et son portrait.

le corps de la reine Victoria a ensuite été couché  dans son cercueil avec l'aide de son fils Albert (le nouveau roi), son petit-fils William (le Kaiser allemand), et son fils Arthur (le duc de Connaught). Puis, selon les directives de la reine c'est le Dr Reid qui a placé sur le visage de la reine son voile de mariage de la reine Victoria lieu sur son visage et, une fois les autres partis, a placé une mèche des cheveux de son domestique favori,  John Brown dans sa main droite, qu'il a couvert de fleurs.

Quand tout fut prêt, le cercueil a été fermé puis le porté à la salle à manger où il a été recouvert de du  drapeau britannique

Bibliographie  :Tony Rennell  "The Last Days of Glory: The Death of Queen Victoria" [18]

 

Christian Friedrich Freiherr von STOCKMAR (1787-1863) Le médecin des Grands de ce monde 

Christian Friedrich Freiherr von Stockmar était un médecin et homme politique germano- anglo-belge qui a joué un rôle majeur dans les affaires du Royaume-Uni durant le règne de la reine Victoria.

, Né en Bavière d'une famille suédoise de Coburg.  C'est là qu'il fit ses études de médecine en s'orientant d'abord vers la  médecine militaire En Janvier 1814, il devient médecin-chef des armées du Grand Duc de Saxe dans la campagne contre la France et exerce dans divers hôpitaux militaires à Mayence, Oppenheim, Guntersblum et Worms.  En 1815 il suit le régiment  saxon en Alsace.

Une fois la paix revenue,  il est nommé, En 1816 médecin personnel du futur roi Léopold Ier de Belgique et devient son conseiller politique

Sa première mission sera en Angleterre où il est envoyé en 1837, auprès de la nièce de Léopold, la reine Victoria du Royaume-Uni.  Von Stockmar joue alors un rôle majeur dans la rencontre entre la jeune reine et son cousin Albert de Saxe-Cobourg-Gotha qui va devenir son époux. Par la suite, von  Stockmar fait office de conseiller officieux des souverains et intervient dans plusieurs crises auxquelles le couple est confronté.

En 1848, Von Stockmar est nommé ambassadeur du duché de Saxe-Cobourg auprès du parlement de la Confédération germanique et  Quelque temps après, Von Stockmar est élevé au rang de baron par le roi de Saxe.

Cependant,  l’importance de Von Stockmar dans la vie politique britannique soulève l’opposition de certains cercles nationalistes qui inquiets de voir l'influence allemande grandir en Angleterre, Désormais il  ne se consacre plus qu'aux réflexions sur la philosophie et la religion.

 Von Stockmar, décédé à Cobourg après un accident vasculaire cérébral. Il  avait  75 ans.  Il a été enterré dans le simple caveau de famille, transformé par la suite en mausolée  par le coule royal d'Angleterre.

Biographie : John Powell,Derek W. Blakeley,Tessa Powell "Biographical Dictionary of Literary Influences: The Nineteenth Century" (Ed John Powell Westport 2001)[31] 

Johann STRUENSEE (1737-1772) (Danemark)(Allemagne) une overdose d'ambition 

Johann Struensee  était né à Halle en Allemagne, où son père, pasteur était professeur de théologie à l'université

Johann voulait devenir médecin comme son grand-père Johan Samuel Carl Struensee, médecin Christian VI lors de sa maladie mentale, 

A 15 ans seulement, Jan partà la faculté de Halle-Witenberg commence ses études de médecine., En 1757, Struensee obtient son doctorat en médecine, avec une thèse sur "Les lésions dues aux  mouvements désordonnés [32]"  où il valorise les mesures de prévention dans ce domaine.

Al fin de ses études, Johann va quitter Halle pour Altona - ville proche de Hambourg son père est nommé pasteur et va rapidement être engagé comme médecin municipal de la ville mais il va s'installer généraliste pour compléter ses revenus.

Johann avait deux atouts : une intelligence supérieure et de grandes manières et bientôt devient un personnage important de la ville admis dans les milieux de la noblesse locale : on y discutait beaucoup de philosophie car c'était le "Siècle des  Lumières.

C'est ainsi qu'un membre influent de la société allemande,  le comte Schack Carl Rantzeau, le fait nommé médecin pour le voyage que le roi de Danemark allait faire en Allemagne.

L''etat de Christian VII, atteint de graves désordres psychiatriques,  nécessitait effectivement une présence médicale et Johann deviens son médecin personnel

Struensee va accompagner le roi Christian VII dans un grand voyage qui le conduit d'Allemagne, aux Pays-Bas  en 'Angleterre et en France.

Au retour à Copenhague en Janvier 1769 Struensee est officiellement é médecin personnel du roi.

Devenu proche de l'épouse royale, la reine Caroline sœur du roi George III d'Angleterre,  il devient son amant, et va de plus en plus s'impliquer dans les affaires politiques du Danemark  Les idées de Struensee dans ce domaine étaient liberal  des philosophes et en particulier de Jean Jacques Rousseau :  Nombreuses reformes abolition de nombreux privilèges de la noèse, interdiction de la traite négrière dans les colonies danoises n suppression de la peine capitale pour vol,

A partir de 1770,  le roi a sombré dans un état de torpeur mentale, l'autorité de Struensée sur le royaume devient sans limites.

, Alors qu'initialement les Danois ont favorisé ses réformes, ils ont commencé à se retourner contre lui et lorsque Struensée aboli la censure de la presse, il principalement donné lieu à une avalanche de pamphlets anti- Struenseee. Struensee, publié le 4 septembre 1770, avant même le renvoi de Bernstorff, abolit la censure et instaura une totale liberté de presse, démontrant qu'il était un fervent partisan de la philosophie des Lumières, dans ses implications les plus radicales.

La mauvaise volonté générale contre Struensée, qui couvait tout au long de l'automne 1771, a trouvé son expression

Tandis que le reine était emprisonnée au château de Kronborg . Struensee et un de ses proches Enevold Brandt furent passèrent en jugement pour crime de lèse-majesté, le premier parce qu'il avait insidieusement usurpé le pouvoir du monarque

L'exécution eut leu le 28 Avril 1772  devant ure nombreuse assistance  :  Tout d'abord, la main droite de Struensée a été coupée . prochain, après deux tentatives infructueuses, sa tête a été coupée, collée sur un poteau et présentée à 30.

Puis, après éventration, ses restes ont été écartelés, Il avait 35 ans

Œuvres : "Mémoires authentiques et intéressants, ou, Histoire des comtes Struensee et Brandt"[33] 

Miron VOVSI (1897-1960), médecin personnel de Staline 

Miron Vovsi était un médecin russe originaire de la communauté juive de Lettonie  était un éminent médecin de l'Union soviétique. Il etait cousin d'un acteur célébré,  Salomon Mikhoels assassiné en 1948 sur ordre de Malenkov

Il devint le médecin personnel de Joseph Staline.

En Janvier 1953, lors d'une violente campagne de propagande antisémite, restée dans l'Histoire comme "le complot des blouses blanches", neuf médecins sont arretés, pour la plupart appartenant à la communauté juive et, parmi eux,  Vovsi Miron qui  ne fut libéré qu'après la mort de Staline, le  5 mars 1953.

Le 5 avril 1953, le ministère de l'intérieur declarait que l'arrestation des neuf médecins était " illégale et sans fondement " et que les aveux avaient  été obtenus " par des moyens strictement interdits par la loi ". Le 6 avril la Pravda rend cette décision publique et annonce que le complot des médecins n'a jamais existé et que ces derniers sont désormais réhabilités.

N fait, sur les 9 médecins arrétés, seulement   sept retrouveront la liberté, les autres  sont selon toute vraisemblance,  morts durant leur interrogatoire

Bibliographie : Arno Lustiger , "The Tragedy of the Soviet Jews and the Anti-Fascist Committee"( Enigma Books, 2003) 

 Ram Baran YADAV (1948)(Népal) Un Rastignac au Népal 

Ram Baran Yadav est un médecin indien qui vient du Nepal, au pied de l'Himmalaya.

 Il a fait ses études à Calcutta, en Inde et obtenu son doctorat de médecine à Chandigarh, la ville nouvelle du nord de l'Inde  édifiée sur les plans de Le Corbusier. Une fois obtenue son diplôme il est revenu au Népal pour s'établir  à Janakpur.

Après plusieurs années d'exercice Il entre en politique comme militant du Parti progressiste népalais proche du parti communiste.

Sa carrière politique a été fulgurante : élu à deux reprises député  à la Chambre des représentants, ministre d'État à la Santé de 1991 à 1994,  membre de l'Assemblée constituante puis élu président t de la République en  2008.

Ram Baran avait été en 1980 médecin personnel du premier ministre du Nepal, Girija Prasad Koirala, personnalité népalaise du parti du Congrès.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les destins de Ral Nadav et de Brigitte Bardot se sont croisés : Brigitte Bardot lui avait demandé dans une  lettre d'arrêter les pratiques de sacrifice animal lors des cérémonies sacrées . "Personnellement, je trouve qu'il est difficile d'imaginer que votre cœur peut résister à une telle cruauté, sachant que vous, être à la tête du pays, êtes finalement de responsable", écrivait-elle. On attend encore la réponse du gouvernement népalais…

Bibliographie  : Jesse Russell et Ronald Cohn  "Ram Baran Yadav " (Ed. Calcutta  Book, 2012) 

 

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a.fabre.fl@gmail.com

 

 



[1] Antoine Gailleton : voir plus loin dans la galerie des médecins personnels

[2] Steinberg Mark D., "The Fall of the Romanovs'"(Ed. Yale University Press, 2012)

[3] Cabanis Pierre-Jean-Georges, "Apports du physique et du moral chez l'homme" (Ed. Crapart, Paris, 1802)

[4] la Gazette de Hollande, 12 décembre 1701

[5] Jean Fernel 1497 1558), mathématicien, astronome et médecin.

[6] Girolamo Fracastoro, De Contagione et Contagiosis Morbis (Ed. Guglieme Gazée, Lyon, 1546).

[7] Id.

[8] Quatre siècles plus tard, nous ne savons toujours rien de l'origine du mot "syphilis" : s'agit il d'un des quatorze enfants de Niobé que Leto tua à coups de flèche pour punir leur mère sur le mont Sypile en Phrygie ou d'une allusion au "cochon ami (sus, et philos en grec) qui sommeille en nous" [8]?

[9] Girolamo Fracastoro, "Syphilis Sive Morbus Gallicus" (Ed. Antonio Blado, Rome, 1531).

[10] Ulrich von Hutten (1488- 1523) chevalier d'Empire, humaniste et propagandiste ardent de la Réforme dans le Saint Empire a laissé un livre fort célèbre en son temps "De guaiaci medicina et morbo gallico" (Ed. Hieronymus de Benedictis, Bologne, 1521).

[11]"Heures de bureau: Jour et Nuit" (" Office Hours: Day and Night: The Autobiography of Janet Travell, (World Publishing Company, 1968) 

[12] "Régént" comprendre : "Chargé d'enseignement"

[13] Guillotin Joseph-Ignace, "Pétition des six corps ou Pétition des citoyens domiciliés à Paris  (Ed Clousier, imprimeur du Roi, Paris, 1788)

[14] Janina a pour nom actuel "Ioanina"

[15] Le "Parti français de Grèce", dit aussi "Parti national", fut créé au sortir de la guerre d'indépendance, de même que  le "Parti russe" et le "Parti anglais". Ces trois partis existèrent jusqu'à la guerre de Crimée

[16] Les "Armatoles" constituaient  la gendarmerie nationale de Grèce

[17] Ruby Christabel Donatienne " Ioannis Kolettis' (Ed. Fidel, 2011)

[18] Tony Rennell  "The Last Days of Glory: The Death of Queen Victoria" (Ed. St Marin, New York, 2001)

 

[19] Locke John, "Essai sur la tolérance" ( 1667)(Ed. Flammarion, 1992) "The physician's art: an attempt to expand john locke's fragment de arte medica" (Ed. Clarendon, 1933)

[20] Consilioque manuque  "par le conseil et par la main" : l'oeil inscrit dans la paume de la main indique que le chirurgien est si habile de ses mains que tout se passe comme s'il y avait un oeil 

[21] La confréerie de Saint-Côme et de Saint-Damien   mise en place par saint Louis au XIIIe siècle   siegeait dans les ;locvaux magnifiques    Louis Joubert d'OrgemontJo construit avec son pèreCharles Joubert    l'amphithéâtre Saint-Côme, 5 rue de   l'Ecole-de-MédecineToujours visible au Au 5 de la rue de l'Ecole de médecine 1691 - 1695

[22] Au nombre de huit. Les chirurgiens "servant par quartier" assistaient au lever, au coucher et aux repas du roi comme l"s médecins; en outre ils le suivaient à la chasse. Ils avaient ainsi que les apothicaires du roi, le privilège de tenir boutique ouverte à Paris

[23] La Peyronie fut presidet de l'Acadeie de cchrurgie de 1736 à 174, siccedant ainsi à )%areschal qui avaot été resien t de 1733 à 17367

[24] Lettre publiée sur le site http://www.amjhl.eu/michel-soulas.pdf

[25]Memoirs of the Lady Hester Stanhope, as related by herself in conversations with her physician; comprising her opinions and anecdotes of some of the most remarkable persons of her time (1845)

[26] Churchill: The Struggle for Survival 1945-60 Carroll & Graf, 16 févr. 2006

[27] Jean Sully Mounet dit "Mounet Sully" (1841-1916) fut un célébrissime acteur de la Comedie Française

[28] Henriette Rosine Bernard dite "Sarah Bernhardt "(1844 – 1923) fut la plus célèbre actrice de son siècle. Sur les relations entre Samuel Pozzi et Sarah Bernhardt, on lira avec intérêt le livre de Caroline de Costa et Francesca Miller préfacé par le  Pr Jacques Battin : "Sarah Bernhardt et le Docteur Pozzi" (Ed. Glyphe, coll. Essais,  Paris, 2013) reste une des figures les plus étonnantes du Paris du XIXème siècle. Elle débuta dans la vie en épousant un aristocrate grec, Jacques Ambroise Aristide Ramala. Son mariage ne dura qu'une année et le grand amour de sa vie fut son fils Maurice. Sur le même sujet, il faut lire : " The Diva and Doctor God: letters from Sarah Bernhardt to Doctor Samuel Pozzi" de  Caroline De Costa.( Xlibris Corporation 2010=

[29] ILettre de Samuel Pozzi à Robert de Montesquiou le 20 février 1898

[30] In Préface au livre "Samuel Pozzi chirurgien et ami des femmes" cité plus haut

[31] Powell John et coll. "Biographical Dictionary of Literary Influences: The Nineteenth Century" (Ed John Powell Westport 2001)

[32] Johann Sruensee  De incongruis corporis motis insalubritate (Ed. Halle,  1757)

[33]Seneca Otto Falkenskjold "Mémoires authentiques et intéressants, ou, Histoire des comtes Struensée et Brandt " (Nabu Press, 2012)

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Date de dernière mise à jour : 19/09/2014

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