Mythologie

MYTHOLOGIE ET PLANTES MEDICINALES DE L'ANTIQUITE 

André J. Fabre                   Octobre 2012                

Dans toutes les civilisations, la Nature est en rapport étroit avec le monde divin. C'est particulièrement vrai dans l'Antiquité méditerranéenne, plus encore lorsqu'il s'agit de plantes médicinales et nous voudrions montrer ici le cheminement qui a conduit, à travers les siècles, de la mythologie à la médecine.

 le pouvoir sacre des plantes

 Pour les Anciens, la Nature, c'est ce qu'apporte la naissance : un ensemble de lois qui assigne à chaque espèce du règne animal, végétal ou minéral sa place, sa fonction, son apparence et, dans tous les sens du terme, sa "qualité"[1]. Les plantes sont des êtres vivants, fixés dans le sol mais dont la partie supérieure s'épanouit dans l'air ou dans l'eau. Une science des plantes est née en Grèce, plus de vingt siècles, selon toute vraisemblance, avant notre ère : les Traités de Theophraste de Lesbos (372-287 avant J.C.) font déjà état d'une classification botanique basée sur des critères tels que provenance géographique, caractères morphologiques, et étude comparative des odeurs et des saveurs. C'est là le premier essai d'analyse "qualitative" des arômes et nous en verrons plus loin les implications thérapeutiques. La chaîne qui unit l'arôme aux plantes aromatiques[2] et aux aromates tient une place considérable dans la vie quotidienne de l'Antiquité, mais aussi, sur les plans les plus élevés de la vie spirituelle. Grâce au monde végétal va s'ouvrir la porte du merveilleux : ainsi, le parfum des plantes touchées par un arc en ciel, aussi suave, selon Pline[3], que celui de l’alhagi[4]. La magie[5] et ses pratiques ont profondément marqué les phytonymes Antiques [6] :

          le bon génie, agathos daemon, est le peucédan

          l'herbe sacrée, hiera botane, désigne la verveine officinale[7], l'herbe "qui chasse le démon"[8],

          inferialis est le millepertuis promis à un destin remarquable à travers les siècles.

          le moly est l'herbe dont Circé gardait le secret[9] dans son île d'Ææe (Eaé) mais peut-être n'était-ce qu'une variété d'ail...[10].

          le nepenthes; littéralement "ce qui dissipe le chagrin", est la drogue rapportée d'Égypte[11] par Hélène de Troie : un passage de l'Odyssée[12] montre Telemaque et ses camarades recevant d'elle le "breuvage apaisant" qui est, selon toute vraisemblance, une décoction de pavot.

          le philtre amoureux proposé par Pline[13], le stergethron, se préparait avec une crassulacée désignée par la tradition comme "nombril de Venus", l'Umbilicus pendulinus[14] [15]

La vraie question, nous le verrons, est de définir ce qu'était la magie pour les Anciens : science des "Mages"[16] ou sorcellerie ? La frontière entre les deux est indécise, certainement autant qu'elle ne l’était, au Moyen Âge, entre alchimie et science[17].

Le monde végétal était tout aussi étroitement associé aux cérémonies religieuses : ainsi, les fumigations sacrées, en particulier d'encens, le "tus" des Romains (ou "qÀos" de Grecs) qui ont été pratiquées durant toute l'Antiquité.[18] On notera, à ce sujet, le chemin qui va de "bois odorant" ("qÀos") à "thuya" ("quia"), et d'"odorant" ("" quÐeis") à "parfumé" ("qudeis"). Ultérieurement, dès le IIème siècle apparaissent à Rome, lors des cérémonies funéraires, les fumigations de diverses substances aromatiques, telles le safran ou la cannelle[19]. Chaque moment de la vie religieuse était voué aux plantes, qu'il s'agisse de libations, d'offrandes sacrées ou d'ornements votifs. Ainsi :

          le myrte dont se ceignent les nouveaux mariés en hommage à Aphrodite

          le romarin, "plante coronale" par excellence selon Dioscoride[20]

          le gattilier dont s'était ceint Promette après sa délivrance.

 L'union du monde des végétaux à celui des dieux se célébrait dans les grandes fêtes sacrées comme les Cerialia données, au mois d'avril, en l'honneur de Cérès et du renouveau de la Nature ou les jeux publics comme les Ludi Florales qui se tenaient, eux aussi, au printemps ou encore, les mystères d'Eleusis lieu sacré où selon les mythes les plus anciens, Persephone avait retrouve, à la sortie des Enfers, sa mère Déméter. Le monde végétal participe étroitement à la vie des dieux et des déesses de l'Olympe et jusqu'à leurs nourritures[21] :

          ambroisie préparée avec une plante "qui rend immortel" : l'armoise maritime[22] ?

          nectar, la plante "divine" : la grande aunée

          theombrotion, "nourriture des dieux"[23] dont la composition a gardé son secret.

 Les végétaux sont volontiers objet d'un culte expressif : "pandios rhiza", la racine toute divine, le chélidoine, "Iovis barba"[24], "supercilium Veneris"[25], "Hermo dactyus"[26] : autant d'allusions à des attributs divins... Au delà de la mythologie et des mythes, apparaît ici l'héritage culturel de tout un peuple, reflet mouvant au fil des époques, des idéaux comme de la vie quotidienne, et, en toute logique , de tout ce qui concerne la santé. Les plantes en témoignent, ainsi, la verveine, verbena, célébre les dieux sous diverses appellations : sacra herba, et hiero botane, Dios actis[27], mais aussi Herculanea, Persephonion. Ce sera le faisceau symbolisant la conclusion d'un traité, puis l'instrument de purification de l'air et le nom de sideritis, militaris ou sanguinaria vient attester des indications vulnéraires de la verveine, enfin, sous forme de décoction ou d'infusions, cette plante hautement symbolique va servir à diverses utilisations médicinales.[28]

 les jardins de l'olympe

 Des plus importants aux plus modestes, les dieux sont unis à la nature avec des liens étroits :

Zeus (Jupiter)[29] est maître de l'Olympe mais aussi du Ciel et de la Terre. Ses pouvoirs s'étendent à toute la nature : le chêne sacré[30] à l'ombre duquel les fidèles venaient chercher son oracle, bruissait du cri des oiseaux lorsque leurs prières étaient entendues... La botanique Antique célébrait Zeus sous tous ses aspects :

          sa lumière : Dios actis, verveine officinale ou feuillage sacré ?

          ses sourcils : Dios ophrys, qu'on peut interpréter comme une orchidée[31] à la bordure noire et frangée [32]

          son haleine : Dios pneuma[33], une férule dont l'arôme plaisait particulièrement aux Anciens[34]

          sa main : Iovis manus, devenue plus tard, de façon moins poétique le... "pied d'oiseau"

          sa barbe: Iovis barba, devenu, dans notre langage botanique, la ...joubarbe[35]

L'épouse de Jupiter, Hera (Junon), était célèbre pour avoir reçu de Paris lors du Jugement qui l'opposait à ses rivales, la "pomme de discorde" interprétée par certains comme une grenade. La mère de Zeus, Rhea (Cybèle), avait pour symbole le pin d'Alep, liant le ciel à la terre[36] A la fille de Zeus et de Hera, Eileithia (Ilythie), déesse de la naissance, étaient vouées de nombreuses plantes ayant pouvoir d'agir sur les douleurs de l'enfantement.

Autour de Zeus, siège sur le mont Olympe, une assemblée de dieux[37] et divinités tous étroitement associés au monde des plantes autant qu'à celui des humains.

Athéna (Minerve), fille de Zeus, symbole de la sagesse en toutes choses, avait présidé à la naissance de l'olivier en Grèce. Voici comment : le conseil des dieux avait décidé qu'Athènes appartiendrait à celui qui ferait le cadeau le plus utile : Poséidon avant fait jaillir d'un coup de lance une source, mais Athéna l'avait emporté en faisant apparaître le premier plant d'olivier. Réputée pour sa "clairvoyance"[38] elle  avait aussi de multiples pouvoirs curatifs sur les yeux mais aussi sur les blessures : à ce que dit Pline[39] Athéna vint avertir Periclès par un songe qu'un des ouvriers travaillant sur l'Acropole avait fait une chute grave mais qu'une plante pourrait apporter la guérison, la pariétaire, consacrée depuis à la déesse (parthenos).

Apollon et Artemis[40] sont jumeaux, nés dans la forêt sacrée de Delos, et tout les oppose :

Apollon (Phoebus) est dieu de la lumière, il a la charge de veiller à ce que la Nature reçoive les rayons fécondants du soleil. C'est le dieu de l'excellence en toutes choses, des arts à la médecine : faut-il rappeler qu'Esculape est son fils ? Plusieurs plantes à vocation magique ou religieuse lui étaient consacrées sous le nom d'Apolinaris et il n'est pas sans intérêt de souligner qu'il s'agissait chaque fois de solanées, les plantes du soleil :

          jusquiame[41] [42] : plante sacrée provoquant des troubles de la vision, des hallucinations et un délire prophétique[43]. Ses appellations étaient multiples : fève de porc, hyoscyamus, nom originel fève de Zeus, Diosciamos, phytonyme ultérieur d'ennoblissement, pythonion, souvenir du serpent mythique.[44]

          mandragore, citée dans les textes tardifs comme periculosa[45].: sa acine bifide évoque vaguement une silhouette humaine et a suscité bien des légendes

          morelle noire dont le phytonyme antique, solanum, fait allusion à l'emblème d'Apollon, le soleil[46] [47] [48].

On entrevoit, ici, le chemin tortueux qui conduit de la magie à la médecine...

 Le nom d'Apollon est associé à une des plus pittoresques anecdotes mythologiques. Son ami le plus cher, Hiacynthos, ayant été mortellement blesse par le disque lancé par un autre dieu, Apollon poussa un cri de douleur à jamais gravé sur la fleur devenue la jacinthe : quatre signes qui signifient, en grec, le mot "hélas" : "AIAI" [49]

Tout oppose Artémis (Diane) à son frère jumeau Apollon : elle est déesse de la nature et, selon certaines croyances, de la nuit ou de la lune[50], vierge chasseresse[51] armée d'un arc et de flèches empoisonnées au suc de l'if[52] [53]. Ses colères pouvaient être redoutables[54] : n'avait-elle pas, sur l'ordre de sa mère Leto, tué les enfants de Niobé qui s'était imprudemment vantée de sa fécondité. Artémis était cependant déesse de la féminité et nombre d'espèces végétales vouées au traitement des affections gynécologiques portent son nom parfois déformé par le temps[55] :

·           armoise qui est aussi Ephesia, l'herbe d'Ephèse, la ville d'Artemis[56] ou l'herbe de la vierge (parthenis, parthenium[57]

·           dictame de Crète renommée, sous le nom d'"artemideion", pour ses propriétés gynécologiques.

 On pourra évoquer ici une autre plante, la pivoine, vouée à Esculape et à la déesse de la lune dans des circonstances dont nous parlerons plus loin.

Aphrodite (Venus)[58] est déesse de la féminité et, en toute logique, de la jeunesse et de l'amour[59]..De nombreuses plantes viennent rendre hommage à sa beauté et ses parfums : "les plantes de Venus"

          myrte au feuillage toujours vert et à l'arôme entêtant: c'est avec du myrte qu'Aphrodite avait caché sa nudité lorsqu'elle sortait des flots à Paphos et les jeunes filles, le jour de leur mariage, portaient en l'honneur d'Aphrodite, une couronne de myrte.

          iris des marais sous les nom d'aphrodisias

          menthe, appelée par les Anciens venerea et célébrant l'arôme d'Aphrodite 'ou d'éventuelles vertus thérapeutiques) [60] 

Les appellations botaniques, sous un tel marrainage, sont volontiers imagées :

          la couronne de Venus est faite de feuilles de menthe sylvestre, Aphrodites stephanos[61]

          la "baignoire de Venus" : Aphrodites lutron, est la cardère dont le suc était supposé bénéfique pour la beauté.

          le labrum Veneris est identifié par Jacques André[62] comme le dictame de Crète[63] dont les feuilles ressemblent à une coupe mais labrum a plusieurs sens, dont celui, dérivé de lambo, de "lapper, lécher" distinct de lavo , "baigner"

          la flamme de Venus, flammula Veneris, "flamme (ou oriflamme) de Venus",  la leontice, est un ingrédient classique des philtres aamoureux,

          le sourcil de Venus, supercilium Veneris, est une allusion au millefeuilles dont les fleurs sont en forme de languette.

          le nombril de Venus : umbilicus Veneris et le jardin d'Aphrodite (cepos Aphrodites) designent l'Umbilicus pendulinus dont les feuilles sont marquées d'une dépression omphalique et qui prendra, dans notre langue, le... gobelet.

 On notera, enfin, que la plante connue des Anciens sous le nom d'Aphrodes porte à présent le nom de Silène (Silène inflata), image du satyre âgé, ventru mais plein de sagesse...Il nous faut, également, rappeler le souvenir "aphrodisiaque" qui reste attaché à une fleur, l'adonis et à un arbre, la myrrhe. Voici comment : Adonis, né des amours incestueuses du roi de Chypre et de sa fille Myrrha avait trouvé naissance dans l'arbre à myrrhe en lequel sa mère, rivale d'Aphrodite, avait été métamorphosée par la déesse. La beauté d'Adonis était telle que, lorsqu'il mourut, tué par un sanglier, Aphrodite versa autant de larmes qu'Adonis avait perdu de sang : ainsi est née une fleur nouvelle, l'Adonis autumnalis que nous appelons encore "goutte de sang"[64].

Eros (Cupidon) est un compagnon habituel d'Aphrodite (ou son fils ?). Lui sont dédiées[65] les plantes du désir amoureux et de la ...cupidité : cerfeuil et mélisse

 Les divinités des plantes

Certaines divinités étaient encore plus étroitement associées à la vie des plantes : Démeter (Ceres) était la déesse des récoltes et du monde végétal, ce qui explique le très grand nombre de plantes qui lui soient consacres :

          gattilier : plante sacrée des thesmophories, les fêtes de Déméter Législatrice[66] et symbole de chastet. Lors de ces cérémonies (dont les hommes étaient bannis...), les femmes s'allongeaient sur une litière de gattilier pour affirmer la pureté de leurs mœurs...

          verveine : vouée, sous le nom de demetrias, aux cérémonies purificatrices des cultes d'Eleusis

          pavot : associé étroitement à la mémoire de Demeter qui, après l'enlèvement de sa fille Persephone, avait tenté d'apaiser sa douleur en absorbant du suc de cette plante[67]. Persephone (Proserpine) était fille de Déméter et de Zeus. Enlevée par Hadès, dieu des Enfers,[68] elle fut condamnée à passer la moitié de l'année sous terre, symbolisant ainsi le renouveau éternel de la nature[69].

 Parmi les nombreuses espèces végétales qui sont ainsi vouées au couple "infernal":

          petite camomille: herba proserpinae, "herbe de Proserpine"[70] : (Matricaria camomilla)

          verveine officinale : persephonion vouée à la fille comme à sa mère.

          gui : un rameau de gui (viscum) servait à Persephone pour ouvrir la porte des Enfers.

          asphodèle : anthericus, eroion, la plante qui honore les héros après leur mort.

Bien d'autres divinités viennent régir le monde végétal :

Orcon, dieu des enfers et de la mort[71] à qui étaient dédiées :

          la "rave d'Orcus", Orci beta : la mandragore (Mandragora vernalis)

          la "tunique d'Orcus",  Orci tunica : l'anémone coronaire (celle que nous appelons anémone des fleuristes...)

Chloris "la verdoyante" (Flore), est la déesse des fleurs chargée par Hera, épouse de Zeus, de veiller à la croissance des plantes.

Les Horaï, filles de Zeus, surveillaient le déroulement harmonieux des grandes saisons (printemps, été et hiver) qui rythment la vie du monde végétal.

Iris, messagère des dieux accompagnait les âmes des morts sur un arc en ciel dont la fleur qui porte son nom symbolise la couleur chatoyante.[72]

Typhon est ce Géant monstrueux foudroyé par Zeus puis englouti sous l'Etna, tenu pour responsable des tempêtes . Plusieurs plantes dangereuses lui sont dédiées :dont le tifonion qui désigne probablement la jusquiame et l'œil du Typhon, oftalmos Tiphonos, la scille officinale.

Dionysos (Bacchus)[73] : ce jeune homme quelque peu efféminé, entouré d'une cour de ménades, de satyres et de silènes, est, en harmonie parfaite avec le monde végétal, le dieu de l'extase et du vin. Trois plantes lui étaient plus particulièrement consacres :

          la vigne : Dionysos avait offert le premier plant de vigne au fils d'un satyre et d'une nymphe, Ampelos, devenu ainsi le lointain parrain des Ampelidacees mais une autre version fait de la vigne le présent fait par Dionysos à Oineus, roi de Kalydon, au nord de Corinthe.[74]

          le lierre : cissos, l'attribut de Dionysos qui apparaît toujours, dans les représentations Antiques, orné d'une couronne en feuilles de lierre et tenant à la main le thyrse, baguette ornée de lierre et de pampres.

          millepertuis : dionysias, dont les feuilles froissées, à ce que nous assure Dioscoride[75], rendent un suc vineux. Nous verrons plus loin les utilisations de cette plante dans la pharmacopée moderne.[76]

Il faut également citer d'autres plantes consacres a Dionysos :

          la bardane, bacchion, "l'herbe de Bacchus" avait d'autres appellations, telles persollata et prosopion en référence possible[77] aux masques de cérémonies mysterieuses

          les férules : lors des fêtes du culte de Dionysos, les prêtres frappaient les spectateurs en état d'ivresse avec des tiges de férule sans risque de les blesser.[78]

          dionysonymphas, la "fiancée persane de Dionysos" dont parle Pline[79] : ce pourrait être le cachou dont l'arôme se "marie bien" avec le vin ?

Il est intéressant de noter que, selon la légende, Dionysos, enfant, avait été élevé aux Indes, dans un lieu montagneux dont le nom se retrouve dans un des phytonymes tardifs du lierre, Nysia[80]...

Les nymphes, naïades et dryades ont reçu d'Océanos père de toutes les eaux et rivières, la charge de veiller sur la fécondité de la Terre. Les nymphes étaient souvent victimes de la brutalité amoureuse des dieux et tout un fonds d'histoires légendaires leur est consacré :

Daphné , fille du dieu des fleuves, était une nymphe chasseresse qui se refusait à toute avance masculine. Pourchassée par Apollon elle alla se réfugier chez sa mère qui la métamorphosa en un arbre qui lui est depuis consacré sous le nom de "dafnh", le laurier d'Apollon [81]

Syrinx avait suscite les désirs amoureux du dieu Pan, dieu des bergers et des bois. Prise d'une peur qu'on pourra volontiers qualifier..."panique"[82], elle demanda être changée en roseau[83]: il ne resta plus au dieu qu'à en couper quelques tiges pour se faire la flûte qui, depuis, porte son nom.

Pitys : nymphe elle aussi courtisée par Pan, cette fois en rival de Borée le vent du Nord. Furieux de voir la nymphe lui échapper, Borée la précipita du haut d'une falaise. Pan ne put que métamorphoser son corps en sapin[84] qui laisse couler, à chaque souffle de Borée, des larmes de résine D'autres récits, à l'inverse, font état de passions mal partagées...

Écho s'était éprise d'un trop beau jeune homme Narcisse qui ne répondait pas à son amour. Il fut puni par Aphrodite de façon cruelle : fasciné par sa propre image, il tomba dans l'eau d'une source et s'y noya. Les dieux, émus par son destin, le métamorphosèrent en fleur qui, depuis, porte son nom : Narcissus serotinus[85][86]

Nymphéa eut un destin tragique, morte d'amour pour Heraclès qui lui inspirait une jalousie dévorante. Plusieurs plantes aquatiques lui sont consacrées dont le nénuphar blanc et la fougère aigle.

 Citons enfin l'histoire de Smilax, la nymphe vainement amoureuse du jeune Krokos. Déçue dans son amour, elle demanda à se métamorphoser en plante grimpante; le liseron épineux à qui elle donna son nom[1] tandis que Krokos se changeait en plante aromatique, le safran.... 

 de la mythologie à la médecine 

Asclépios (Esculape), fils du plus superbe des dieux, Apollon, dieu lui même, incarnait l'art de guérir. Il est toujours représenté[2] tenant à la main un caducée, baguette entourée de deux serpents, symbole du partage des deux mondes, terrestre et souterrain, vie et mort. Grâce à l'enseignement du centaure Chiron, il apprit tous les pouvoirs de la médecine. Il encourut ainsi la colère d'Hadès, dieu des Enfers qui redoutait de voir se dépeupler son royaume et le fit foudroyer par Jupîter. De très nombreuses plantes médicinales lui sont consacrées et parmi elles  

  • férules : asclepion, panaces asclepion, "la plante qui guérit tout", "la panacée d'Esculape", probablement Ferula nodosa....
  • euphorbe à larges feuilles : Asclepias diadema
  • dompte-venin : asclepias, rangé par les botanistes modernes dans la famille des Asclepiadacées. 

La fille d'Esculape, Hygeia (Valetudo) aidait à guérir de leurs maux aussi bien les humains que les animaux : le nard, la valériane, l'armoise et le ricin[3], autant d'invocations à l'efficacité divine par son intermédiaire. 

Les deux fils d'Esculape, avaient hérite du savoir de leur père. L'un d'eux, Machaon, chirurgien habile avait soigné, avec des applications de plantes, Ménélas, blessé par flèche et Philoctète mordu par un serpent venimeux. La plaie avait suppuré, Machaon y appliqua un baume guérisseur qui plongea Philoctète dans un profond sommeil : on y verra peut-être- la première anesthésie de l'Histoire de la Médecine. 

Le Centaure Chiron avait été le maître d'Asclépios et le précepteur d'Achille tient une place importante dans la mythologie médicale de l'Antiquité. Nombreuses sont les plantes vouées à Chiron, pour la plupart vulnéraires :  

  • grande centaurée, herbe d'or et grande aunée qui sont les "herbes de Chiron" : chironias, chironion, panaces Centaurion[4].
  • tamier, herbe aux femmes battues : c'est le raisin de Chiron, l'ampelos chironia
  • gentiane (Gentiana lutea), plante du roi Gentis, en Illyrie[5], lieu de prés montagneux tout comme le pays des Centaures, le Pilion, en Thessalie.

  De nombreux personnages mythologiques entrent dans cette constellation médicale :

 Achille, le plus célèbre des héros grecs qui avait reçu de Chiron le pouvoir de guérir. Il put ainsi soigner les blessures de Telephos avec la plante qui lui reste consacrée : l'achillee

  • Sarapis, dieu des malades, a légué son nom à une orchidée, l'orchis bouffon utilisé, sous le nom tormentalis dans le traitement des coliques et de priapiscus dans ses propriétés aphrodisiaques.
  • Paeon, père d'Esculape, était dieu lui-même et guérisseur : la pivoine lui est directement dédiée dans la plupart des langues européennes[6]. 

Il est intéressant de considérer la phytonymie Antique de cette fleur colorée d'un beau rouge vif[7] :

  • selenion, selegonon, quae nocte lucet, invocation à l'astre des nuits
  • marmaritis plante "brillante comme le marbre" [8]
  • casta : la plante qui chasse les impuretés. 

Les plantes consacrées à la lune étaient, en effet, considérées par les Anciens comme... emménagogues : le grec n'a qu'un seul mot, ou presque, pour designer les règles, la lune et les lunaisons[9]. Une des appellations proposées par Dioscoride n'est elle pas ...meneon[10]..

 Reste, enfin, Heraclès (Hercule), célèbre pour sa force et sa compassion, toujours prêt à venir apporter à tous son aide efficace. Nombre de plantes médicinales lui étaient ainsi vouées : 

  • câprier, lappa Herculiana, "la plante qui reste collée à la peau", allusion à la tunique léguée au héros par le centaure Nessus
  • fougère capillaire qui est l'Heracleus pogon, "la barbe d'Heraclès"[11]
  • grémil, Heracleus pyros qui est le "blé d'Heraclès" aux graines rondes et lisses, presque musclées
  • nénuphar blanc[12] : plusieurs de ses phytonymes font référence à Hercule (heraclea, herculanea), à ses armes (clava Herculis, "la massue d'Hercule"),  ou...ses amours (Nymphaea...)
  • opopanax, panax Heraclia, la panacée d'Hercule, dédiée au traitement des blessures[13]
  • origan : Heracleotice, Heracleoticum, mais, ici, le nom d'Hercule n'est qu'un rappel de la région d'où provient la plante, le Pontus
  • pavot sauvage : Heraclium[14], célébré par Pline pour sa force thérapeutique[15] et désigné par la tradition sous le nom de Silène...
  • scrofulaire[16] : Heracleon siderion, le "fer d'Heraclès"[17 

On voit ici la diversité des mythes et des légendes attachées à ce personnage inclassable, mi-dieu, mi-héros, célèbre pour sa force et sa faiblesse : n'était-il pas, selon les récits tardifs, atteint du "haut mal"[18] ? 

 mythologie et médecine des plantes

  Les plantes médicinales ont-elles leur racine dans la mythologie ? Il est logique d'imaginer une longue chaîne allant des temps protohistoriques aux siècles de l'Antiquité classique et bien au delà mais, seuls, les derniers maillons nous sont bien visibles...

 Prenons l'exemple de la traumatologie, la plus ancienne forme d'exercice de la médecine[19]. C'est Mars (Arès), fils unique de Zeus, dieu de la guerre et des armes qui est le plus souvent invoqué :  

  • martialis est la chélidoine, le dictame de Crète[20]
  • sideritis et son homologue latin, ferraria, sont autant d'allusions au fer des armes : bétoine, crapaudine[21], ivette, mercuriale annuelle[22], perce-murailles, pimprenelle, renoncule[23] et pariétaire[24].
  • les "herbes d'Heraclès" (millefeuilles, scrofulaire et verveine) sont d'autres "vulnéraires" cités dans les textes Antiques. 

Au fil des siècles, vont s'élargir les indications thérapeutiques mais, pour autant, les références aux traditions mythologiques ne disparaîtront pas. 

La comitialité[25] en donne un bon exemple : de nombreuses plantes mythologiques étaient vouées à cette indication : 

  • les solanées du culte Apollinien : jusquiame, morelle, mandragore
  • pavot, sous plusieurs variétés dont l'appellation est explicite : opium[26], oniros[27], meconium[28], lethe[29].
  • férules, les plantes d'Esculape (asclepion) et de Jupiter (dios pneuma, le "souffle de Zeus") anti-epileptiques[30] reconnus de la pharmacopée Antique.
  • ellébore : le nom d'helleborum, cher au souvenir du devin Melampus et des apothicaires de Molière, désigne une renonculacée riche en veratrine[31], alcaloïde aux effets digestifs et neurologiques violents.[32] mais qui figure en bonne place dans la liste des plantes médicinales recensées par l'O.M.S.[33]. 

Les plantes destinées au traitement des maladies gynécologiques étaient, elles aussi, objet fréquent d'invocations mythologiques : 

  • armoise[34] et pivoine, nous l'avons vu, témoignant, par leurs appellations des idées que se faisaient les Anciens des relations entre cycles menstruels et cycles lunaires[35].
  • l'iris des marais doté dans les textes tardifs d'un phytonyme explicite : aphrodisias[36]
  • la menthe sauvage est l'Aphrodites stephanos, la "couronne d'Aphrodite",  médication souveraine des troubles menstruels puisqu'à en croire Pline[37] elle peut aussi bien provoquer qu'arrêter les règles... 

En ce qui concerne les bronchites et la toux, la thérapeutique, ici aussi, fait largement recours à la mythologie : 

  • centaurée que Pline conseille dans les problèmes d'asthme[38]
  • "origan d'Hercule", la marjolaine bâtarde, autre panacée[39] conseillée par Pline[40] et Dioscoride[41]
  • "souffle de Zeus" est, nous l'avons vu, une férule médicinale. On observera que cette indication "respiratoire" donnée aux férules se retrouve à la fois chez Dioscoride[42], Scribonius Largus[43] et Pline[44].
  • sarriette : proposée par Pline[45] au traitement de l'asthme sous le nom d'Helenium, souvenir des larmes versées par Hélène à l'annonce de la mort du navigateur Canopos, celui qui l'avait aidée, après la chute de Troie, à gagner l'Égypte. 

Les préparations de la pharmacopée Antiquité font tout aussi souvent référence à la mythologie : 

  • Aesclpiadeus dont la composition était inscrite, à ce que Pline[46] nous rapporte, sur un fronton du temple de Cos dédié à Esculape
  • ephemeron, le breuvage venu de Turquie, en Colchide et donné par la magicienne Médée au père de Jason pour le rajeunir
  • melampodium, la plante aux pieds noirs, l'ellébore noir qu'avait donné, mélangée à du lait de chèvre, le devin Melampus aux femmes possédées par le culte de Dionysos pour mettre fin à leur ivresse? 

On retrouve donc, à chaque moment dans les textes ce qui reste familier à notre époque, le contraste entre une appellation "traditionnelle" pour le pas dire archaïque et un contenu qualifié de "scientifique". Hippocrate de Cos avait, le premier, bien avant notre ère (460-370 avant J.C.), su délivrer la médecine de ses entraves mythologiques. Bien d'autres noms viendront à sa suite : Dioscoride d'Anazarbos (41 à 68)[47], Pline (23 à 79), Celse (10 à 50? ), Galien (131 à 200), Marcellus (350 à 410?) : aucun d'entre eux ne s'inquiète, apparemment, des relations entre la médecine et le monde divin, sauf Pline qui, on le sait, n'était pas médecin. 

La médecine Antique est une médaille biface : l'avers est la science, le revers, la magie... Malgré des progrès éclatants, l'art des thérapeutes va rester empreint d'un pouvoir mystérieux. Ici, pourtant, les références mythologiques, certes présentes en arrière-plan, ne sont qu'allusives. 

Prenons un exemple parmi bien d'autres : la voie respiratoire d'administration des drogues, une des formes les plus anciennes de la pharmacopée Antique. C'est la vieille tradition orientale des "herbae mirabiles" qu'on fait brûler pour invoquer les dieux, mette en fuite les mauvais esprits, la mort et...amener la guérison. Ainsi, pour les Anciens, l'arôme végétal est doté d'un pouvoir spécifique qu'il s'agisse de fumigations sacrées ou de ce qu'il faut bien appeler "aromathérapie" : exposition de diverses parties du corps[48] aux vapeurs aromatiques, inhalations respiratoires ou buccales, fumigations d'encens, d'aloès et de diverses Térebinthacées, " prises " nasales (comme on l'a fait plus tard avec le tabac " à priser ") d'aneth ou de poivre. De fait, l'inhalation était perçue comme un mode de pénétration vers le siège des pensées et des émotions, le cerveau : les essences ne restent-elles pas de " purs esprits " ?[49] [50] 

Bien d'autres pouvoirs mystérieux étaient attribués aux plantes médicinales, ainsi, la théorie des signatures évoquait les moyens offerts par la Nature de faire connaître les remèdes disponibles : 

  • l'orchis désigné par sa forme, comme médication aphrodisiaque[51]
  • la pivoine prédispose par sa couleur rouge sang au traitement de pathologie menstruelle[52]
  • la mandragore vouée au traitement des troubles psychiques[53]. 

On aura quelques difficulté a décider s'il s'agit de croyances mythiques ou d'explications rétrospectives... 

Autre théorie surprenante, celle des sympathies-antipathies. Le contraste entre jusquiame et armoise[54] dont Pline fait état est-il l'image du "couple" Apollon-Artemis  ou l'ébauche de nos idées sur l'antagonisme et la complémentarité?[55]. 

Un dernier exemple fera prendre la mesure des difficultés qui sont les nôtres pour interpréter le message mythologique de la science Antique : les techniques de récolte des plantes médicinales. Le choix d'une date et d'un horaire[56], d'un type d'instrument de cueillette (en os ou en or) ou du récipient qui va servir à conserver les substances font l'objet de recommandations précises. Chacun est libre de son interprétation : témoignage d'un savoir empirique ou pratiques superstitieuses ? 

Considérons à présent les tout derniers maillons de cette chaîne qui relie la mythologie aux plantes médicinales et d'abord, la phytonymie. Sommes nous conscients d'invoquer si souvent, par les noms de plantes, des personnages mythologiques : achillée, armoise (artemisia), camomille (chamaemelon), daphné, jacinthe (hiacynthus), iris, joubarbe (Iovis barba), mercuriale, myrrhe, narcisse, nymphea, ophrys, orchidée, pivoine (paeonia) : autant d'invocations mythologiques qui nous sont familières... 

Reste à exposer un fait qui ne manquera pas de surprendre : la pérennité des indications thérapeutiques proposes par les Anciens. Citons, parmi bien d'autres exemples : 

  • les solanées : nous avons vu l'emploi très large qui s'est fait de ces substances durant toute l'Antiquité, comme drogue psychostimulante mais aussi comme thérapeutique des symptômes digestifs et jusque dans l'accompagnement des gestes "chirurgicaux".
  • le millepertuis (Hypericum perforatum[57]), drogue sacrée connue sous le nom de dionysias est devenu, au fil des siècles, thérapeutique anti-dépressive[58]
  • le pavot[59] et, à une période tardive, le cannabis[60] étaient couramment utilisés pour leurs effets analgésiques . 

Bien d'autres substances "mythologiques" sont objet d'études contemporaines : 

  • l'armoise[61] connue dans la pharmacopée Antique sous le nom de febrifuga est proposée, dans des publications récentes, comme traitement du paludisme[62].
  • les férules étaient, semble-t-il, largement utilisees dans le monde Antique pour leur activité anticonceptionnelle[63], dont il a été fait état dans des études pharmacologiques récemment publiées [64]:
  • la menthe-pouliot connue des Anciens comme pulicide mais aussi... comme abortif (Serenus Sammonicus : Liber Medicinalis.XXXII.) : plusieurs études récentes sont venu confirmer cette indication [65] . 

Bien d'autres exemples ne manqueront pas d'être évoques a ce sujet : comment ne pas évoquer la colchique propose par Celse dans le traitement de fièvres au long cours et qui constitue la thérapeutique actuelle de la maladie périodique, connue dans les pays anglo-saxons sous le nom de "fièvre méditerranéenne"[66] ?. 

Enfin, l'exemple de référence reste celui du taxol, dérivé de l'if  (taxus) dont Pline[67] (H.N.XVI.51.), Dioscoride[68] (IV.79) et même Virgile[69](Bucoliques.IX.30) avaient abondamment commenté la toxicité, et devenu l'un des plus importants médicaments de l'oncologie contemporaine (Paclitaxel[70]). 

De nombreux travaux pointent, à l'heure actuelle, vers l'idée d'une archéo-pharmacologie qui serait, pour la pharmacopée Antique ce qu'est l'ethno-pharmacologie aux médecines traditionnelles du continent africain ou sud-américain. 

Terminons sur un constat : au delà des mots et des mythes, des interprétations hasardeuses sur la nature des maladies et leur diagnostic, nous avons vu émerger, durant les 8 siècles de l'Antiquité, une véritable science de la thérapeutique. En va-t-il autrement pour nous ? n'avons nous pas mieux progresse dans le traitement de nos malades que dans l'explication de leur maladie ? 

Comme l'a dit Paul Valéry : "le présent est il autre chose que la nourriture future du passé" ? 

a.fabre.fl@gmail.com

Notes

 


[1] Pline range le liseron parmi les plantes mortuaires (H.N.XVI.153, XXIV 8283).

[2] Table des illustrations (VI).

[3] "valere" est avant tout ""être efficace"

[4] Une autre appellation, explicite, est "centurion" .

[5] Aux confins de la Croatie et de la Dalmatie .

[6] Le nom anglais de la pivoine n'est-il pas "peony" .

[7]  Table des illustrations (VII).

[8] Une autre version, propose par J. André, serait, plus prosaïquement : " la plante qui pousse dans les marbres".

[9] "mÐnj" est la lune, "mÐn se rapporte aux menstruations.

[10] Dioscoride. De Materia Medica.III.140.

[11] une autre tradition donne à cette fougère le nom de "cheveu de Venus"...

[12] Un autre phytonyme pour le nénuphar blanc est "herculanea".

[13] J. André propose, pour certains textes, tels Pline.H.N.XXV.42., qu'il puise s'agir du millefeuilles (Achillea millefolium) .

[14] On peut discuter, nous le verrons, une identification avec le pavot.

[15] Pline.H.N.XX.207. On ne manquera pas d'observer que le silène est également désigné, dans le même passage de l'Histoire Naturelle, comme "aphrodes"...

[16] Le mot "scrofa, scrofae, f." désigne, en latin la truie, mais aussi, la cicatrice d'une plaie ou d'un ulcère. Le terme de "scrofule", dérivé du bas-latin, implique l'idée d'une cicatrice

[17] Et non la constellation d'Hercule : sidus, sideris (n.).

[18] Le morbus Herculaneus peut aussi avoir été le mal qui résiste victorieusement aux remèdes ?

[19] Table des illustrations (VIII).

[20] Autres interprétations : germandrée et chélidoine.

[21] Dédiée aussi, par d'autres phytonymes, à Achille, Hercule et aux armes...

[22] La phytonymie Antiques est très riche pour la mercuriale annuelle : Hermu basilon, Hermu notane, Hermu poa, mercuriana et...sideritis

[23] On en rapprochera les innombrables appellations de la grande...consoude : consolda, symphytum, haemostasis, soldago.

[24] La plante qui avait obtenu, par l'intercession d'Athéna, la guérison miraculeuse d'un ouvrier victime d'une chute grave.

[25] La survenue d'une crise contraignait à ajourner la tenue des Comices.

[26] Scribonius Largus.21.22.

[27] Pseudo-Apulee.53.13. (cité par J. André).

[28] "la plante qui donne le rêve" ?

[29] "la plante qui donne l'oubli " ?

[30] Pline.H.N.XX.98.

[31] "veratrum" est un des noms latins de l'hellébore.

[32] Pline.H.N.XXV.52.

[33] Liste des Plantes Médicinales Essentielles (Document O.M.S, D.P.M, 80.4)

[34] Pline.H.N.XXVII  45 XXVIII.

[35] menses rubentes sistit.

[36] Oribase.eup.2.1. (430.12) (cité par J. André).

[37] Pline.H.N.XX.146 et 148.

[38] Pline.H.N.XXVI 27 XVI.

[39] la "panacea" citée par Pline (H.N.XX.169.)

[40] Pline.H.N.XX 175 LXII.

[41] Dioscoride.De Materia Medica.III.29 (ed. grecque 32).

[42] "spirandi difficultatem" : Dioscoride.De Materia Medica. III. 87.

[43] "ad tussim vetere, suspirium et phtiisi temptatos" : Scribonius Largus.LXXXIX.

[44] "dyspnoicis" : Pline.H.N.XXIV.23. et Pline.H.N.XXVI 27 XV.

[45] Pline.H.N.XXI.159.

[46] Pline.H.N.XX.264.

[47] Table des illustrations (IX).

[48] Voir dans Caelius Aurelianus (Tard.II.114) la description d'un appareil de fumigation thérapeutique.

[49] N'avons nous pas, parfois, un " rhume de cerveau " ?

[50] Peut-on faire le rapprochement avec les pratiques de prise nasale par les toxicomanes ?

[51] Pline.H.N.XXVI.95 et, sous le nom de satyrion" XXVI.96.

[52] Pline.H.N.XXVI.131.

[53] Celse.De Medicina.III.18.12.1.

[54] Pline.H.N.XXV/74-75.

[55] Une des fonctions du système sympathique n'este-t-elle pas de régir la vie ""végétative" .

[56] Pline.H.N.XX.29 .

[57] Nous avons vu le "dyonusias" identifié par J. André comme millepertuis perforé .

[58] Nordfors-M; Hartvig-P.St John's wort against depression in favour again. Lakartidningen. 1997 Jun 18; 94(25): 2365-7.

[59] Voir, à ce sujet, Dioscoride.IV. 65., Celse.V.25. 1.1, V.25. 3b.1 et VI. 7. 1c.1,

[60] Une très interessante publication israelienne decrit les fouilles archéologiques effectuees sur la sepulture d'une très jeune accouchee enterree avec son enfant et une vasque de fumigation contenant encore des restes de cannabis (Zias J., Stark H., Seligman J., Levy R., Breuer A., Mechoulam R. Early medical use of Cannabis. Nature, 1993 ; 363 : 215).

[61] C.G.L 3 543.

[62] Artemisia annua dans le traitement de la malaria. Pharm Belg 1998 Jul-Aug;53(4):276-7 .

[63] Pline.H.N.XXIV. 21. XII.

[64] Aqel MB, Al Khalil S, Afifi F, Effects of a Ferula sinaica root extract on the uterine smooth muscle of rat and guinea pig, J-Ethnopharmacol. 1991 Mar; 31(3): 291-7.

[65] Holland, déjà cité.

[66]  C'est l'appellation anglo-saxonne de la maladie périodique...

[67] "et même il est prouvé que des récipients de bois faits en Gaule pour le transport du vin ont provoqué la mort. D'après Sextius, les Grecs l'appellent smilax et son poison en Arcadie est si actif qu'il tue ceux qui dorment ou qui mangent sous un if".

[68] "l'if de la Narbonnaise...a un effet violent même pour ceux qui se sont arrêtés ou couchés sous son ombre et souvent, cause leur mort".

[69] Virgile conseille d'écarter les ruches du "bois amer" de l'if.

[70] Potier P., Gueritte-Voegelein F., Guenard D. (Institut de Chimie des Substances Naturelles, C.N.R.S., Gif-sur-Yvette).Taxoids. A new class of antitumour agents of plant origin. Recent results. Nouv.Rev.Fr.Hematol. 1994; 36:Suppl. S21-3 .

 

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Date de dernière mise à jour : 29/07/2013

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