Biaggio Pernice, le médecin de l'Hopital de Palerme qui découvrit le concept de maladie des chromosomes

 BIAGGIO PERNICE (1854-1906)  LE CHERCHEUR SANS LABORATOIRE  QUI A DECOUVERT L’EXISTENCE D’ABERRATIONS CHROMOSOMIQUES D’ORIGINE MEDICAMENTEUSE.

 Octobre 2012                       André J. Fabre    

 Un chapitre trop peu connu de l’Histoire de la Médecine est celui des travaux menés en génétique, à titre individuel, à la fin du XIXème siècle, par un médecin de l’hôpital de Palerme, Biaggio Pernice 

Un chercheur qui trouve

Pernice, qui finançait lui même ses travaux, ce qui est, à vrai dire, un cas de figure assez rare chez les chercheurs, avait pu démontrer en 1889 sur les chiens que l’absorption de larges doses de teinture de colchique provoque de graves anomalies de la mitose cellulaire, avec un phénomène remarquable d’inhibition des métaphases. 

Une découverte exhumée de l'Index Medicus après un demi-siècle 

Biaggio Pernice publia le résultat de ses recherches mais dans une revue médicale à diffusion limitée : Sicilia Medica: "Sulla cariocinesi della cellule epiteliali e dell’endotelio dei vasi della mucosa dello stomaco e dell’intestino, nelle studio della gastroenterite sperimentale (nell’avvelenamento per colchico"[1].

Malgré la portée considérable de la découverte, ces travaux allaient rester méconnus jusqu’en 1949, date à laquelle ils furent exhumés par miracle dans l’Index Medicus, publication de la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis  qui regroupait, depuis 1879, les références bibliographiques du monde entier.

Depuis 2004, l’Index Medicus a été remplacé par Medline puis Pubmed mais le nom de Pernice reste desormais inscrit dans l’Histoire de la Médecine : il a été le premier à démontrer qu’une substance chimique puisse être responsable d’une altération du capital chromosomique. 

Une oubliettte pour les fondateurs de la génétique ? 

Bien d’autres chercheurs, dont les noms sont trop souvent tombés dans l’oubli, prirent une part active à la découverte des lois de la génétique : il faut citer ici Johann Mendel, Edward Strasburger et Walter Flemming  

Johann Mendel (1822-1884) :le moine du monastère de Brno

Certes, le nom de Johann Mendel[2] est toujours cité lorsqu’il est question de génétique mais qui connaît vraiment ce que fut sa vie ? Moine du monastère de Brno, il avait publié dès 1865, un article intitulé: Recherches sur des hybrides végétaux où il exposant ses vues sur la génétique et l’hérédité. Mendel avait fait parvenir son travail aux plus grands spécialistes de ce domaine et seul l’un d’eux lui répondit..

Néanmoins, Mendel gardera toute sa vie un esprit très novateur : il partageait, on le sait à présent toutes les aspirations libérales de son époque mais son appartenance à un ordre religieux qui put lui donner les conditions les plus favorables à ses recherches exigeait de lui, en retour, une obligation de réserve. 

Edward Strasburger 1844-1912) le botaniste d'Iena 

Edward Strasburger[3]avait fait ses études à Bonn puis Paris et obtint son doctorat à l’université d’Iéna en 1866. Il commence à enseigner à l’université de Varsovie avant de devenir professeur de botanique à Iéna de 1869 à 1880, puis, ensuite et pour le restant de sa vie, à l’Université de Bonn. C’est lui qui montra le premier l’existence du phénomène de la réduction chromatique 

Walther Flemming(1843-1905), un ancien médecin  militaire

Walthe Flemming[4] était né à Sachsenberg, dans le Mecklenburg. Il devint médecin militaire pendant la guerre Franco-prussienne puis vint en poste à l’Université de Prague puis de Kiel. C'est à lui que revient le mérite d’avoir compris, le premier, les phénomènes de mitose chromosomique là où ses collègues ne voyaient qu’une simple anomalie nucléaire. Tout est expliqué dans un livre daté de 1882: "Substance cellulaire, noyaux et division cellulaire". Il y laissa une phrase qui aurait dû, à elle seule, assurer sa célébrité: "Toute cellule est issue d’une cellule pré existante" 

En vérité, tout porte à croire que les généticiens aient pu revêtir au siècle précédent, le casque merveilleux d’Hadès qui, d’après les Anciens avait le pouvoir de rendre invisible
 

 

a.fabre.fl@gmail.com

 

 

Notes

[1] )Sicilia Med. 1: 265-279 1889

[2] Mendel : voir Orel V., Armogathe J.R., Mendel, un inconnu célèbre. Paris : Belin, 1985

[3]Strasburger Chromosomenzahlen, Plasmastrukturen, Verebungsträger und Reduktionstellung (1909).

[4]Fleming voir : Gwyn Macfarlane, Fleming 1881-1955: l'homme et le mythe. Savant, une époque, Belin, 1990.

 

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Date de dernière mise à jour : 29/07/2013

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