Plantes divines_Médecine des Dieux

PLANTES DIVINES  ET  MEDECINE DE DIEUX

Octobre 2012                    André J. Fabre               

 

Table des matières 

PREFACE

          Mythologie et Nature

4

          La science botanique de l'Antiquité

4

          La médecine par les plantes

5

          Arômes, aromates et qualités médicinales

6

          L'âge d'or de la médecine Antique

6

          Le matin des plantes médicinales

6

          Renouveau de la pharmacopée végétale

6

          Les buts assignés à cet ouvrage

7

 

Plantes divines et médecine des Dieux

  1.  

Achille et le millefeuilles

8

  1.  

Adonis et la goutte de sang

10

  1.  

Ajax et la dauphinelle

11

  1.  

Aphrodite et la myrte

13

  1.  

Apollon et les plantes du soleil

15

  1.  

Artémis et l'armoise

17

  1.  

Athéna et l'olivier

18

  1.  

Chiron et la centaurée

22

  1.  

Circé et l'ail magique

23

  1.  

Confucius et le gingembre

25

  1.  

Daphné, le laurier et la pervenche

29

  1.  

Déméter et le pavot

31

  1.  

Dionysos et la vigne

33

  1.  

Echo et le narcisse

37

  1.  

Eros et les orchidées

38

  1.  

Esculape et la panacée

40

  1.  

Flora et la fleur magique

43

  1.  

Hadès et le asphodèles

45

  1.  

Hélios et le tournesol

47

  1.  

Hercule et les nympheas

49

  1.  

Hermès et le colchique

52

  1.  

Hyacinthos et la jacinthe

554

  1.  

L'hydre et le Cancer

55

  1.  

Io et les violettes

56

  1.  

Iris et l'arc-en-ciel

58

  1.  

Junon et la pomme

59

  1.  

Mars et l'herbe au soldat

61

  1.  

Médée et l'aconit

63

  1.  

Melampos et l’ellébore

64

  1.  

Mintha et la menthe sauvage

65

  1.  

Moïse et la cannelle

67

  1.  

Myrha et l'arbre aux aromates

70

  1.  

Paeon et la pivoine

72

  1.  

Pan et le roseau

774

  1.  

Perséphone et le gui

77

  1.  

Phoenix et les épices

79

  1.  

Phyllis et l'amandier

82

  1.  

Poséidon et le pin maritime

83

  1.  

Prométhée et la férule

86

  1.  

Pyrame, Thisbé et le mûrier blanc

90

  1.  

Silène et le compagnon rouge

91

  1.  

Smilax la nymphe volubile et le safran

92

  1.  

Sylla et la scille

94

  1.  

Vishnu et le poivre

95

  1.  

Vulcain et la renoncule scélérate

97

  1.  

Zeus et l'encens

100

 

Conclusions

          Liens entre hier et aujourd'hui

104

          Invocations mythologiques d'aujourd'hui

104

          Les plantes dans notre vie quotidienne

104

          Médecine d'hier et d'aujourd'hui

104

          La redécouverte du passe

104

          Rehabilitation des médecines traditionnelles

105

          Le message de l'Antiquité

105

          Utilisation thérapeutique du passé

105

 

 

Bibliographie sommaire

106

          Mythologue grecque et romaine

106

          Textes sur la mythologue grecque et romaine

106

          La science des plantes des Anciens

106

          Textes médicaux de l'Antiquité

106

          Ouvrages traitant des plantes médicinales

107

          Ethnobotanique et ethnopharmacie

107

          Utilisation moderne des textes Anciens

108

          Les ressources du Web

 

108

 

110

 

 

 

 

 

 Préface

Mythologie et Nature 

Dans toute civilisation, la Nature est en rapport étroit avec le monde divin. Dans le monde de l'Antiquité, c'est un ensemble de dons ou plutôt de lois assignés par les dieux à chaque être. Ainsi, chaque espèce du règne animal, végétal ou minéral, se voit définir sa place, sa fonction, son apparence et, dans tous les sens du terme, sa "qualité".

 Pour les Anciens, les plantes sont des êtres vivants, fixés dans le sol mais dont la partie supérieure s'épanouit dans l'air ou dans l'eau. Grâce aux plantes va s'ouvrir la porte du merveilleux. Un exemple parmi bien d'autres nous est donne par Pline l'Ancien : les plantes exhalent un parfum suave après la pluie lorsqu'un arc en ciel vient les frapper : "sur-naturel" et mythologie ne sont jamais loin lorsqu'il s'agit du monde végétal de l’Antiquité.

 Chaque plante, chaque fleur, chaque arbre est voué aux divinités : ainsi, des dieux et des déesses, des plus importants aux plus modestes, a sa place dans la Nature. Le monde des plantes est partout présent dans l'Olympe, jusque sur la table des immortels : on y voit le "nectar", qui n'était peut être qu'une potion d'aunée et l’"ambroisie" préparée avec la plante "qui rend immortel" : l'armoise maritime.

 Chez les mortels comme chez les dieux, les plantes étaient présentes à chaque moment de la vie quotidienne des Anciens, en parfumerie, en teinturerie, en cuisine et, bien entendu, dans la médecine.

 Durant toute l'Antiquité, de grandes fêtes religieuses célébraient chaque année, l'union du monde des végétaux à celui des dieux : ainsi les Cerialia, données chaque printemps en l'honneur de Cérès et du renouveau de la Nature, les Ludi Florales, ancêtres de nos Jeux Floraux ou encore, les Mystères dont le plus célèbre se tenait à Eleusis lieu mythique où Perséphone était enfin sortie des Enfers.

 Au delà de la mythologie et des mythes, apparaît ici l'héritage culturel de tout un peuple, reflet mouvant au fil des époques, des idéaux comme des contingences de la vie quotidienne, et, en toute logique, de tout ce qui peut protéger la santé et guérir des maladies.

 C’est donc un long cheminement, nous allons le voir, qui a conduit, à travers les siècles, de la mythologie à la médecine.

 La science botanique de l'Antiquité

La science des plantes est apparue en Grèce, il y à plus de deux millénaires,: ce sont plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'espèces végétales qui sont ainsi répertoriées dans les textes qui nous ont été légués de l'Antiquité.

 On peut parler ici de classification botanique et, bien qu'il ne reste plus trace des illustrations figurant sur les manuscrits originaux, il est remarquable de voir les soin apporté à la définition des critères permettant d'identifier les différentes espèces de plantes.

 La médecine par les plantes 

 Parallèlement à l'essor de la botanique, une médecine des plantes faisait son apparition. Les textes qui nous sont parvenus témoignent de la foi des Anciens dans les pouvoirs mystérieux des plantes.

 Les prescriptions se faisaient sous forme d'applications locales ou, par voie buccale, de préparations composées où plusieurs "simples" se trouvaient mélangés.

 Un relève détaille de ces prescriptions nous est parvenu à travers de nombreux  ouvrages tels que, au Ier siècle de notre ère, le célèbre traité de Dioscoride, De materia medica ou encore, un siècle plus tard, les Traités de Galien consacrés aux différentes drogues  (c'est le mot ancien pour désigner les médicaments) végétales :  plus de 500 plantes sont ainsi cataloguées pour leurs propriétés médicinales. Pline l'Ancien qui a vécu au Ier siècle de notre ère pour mourir au cours de l'éruptions du Vésuve, nous a laissé, sous le nom d'Histoire Naturelle une véritable encyclopédie de la science Antique où sont répertoriées près de 2.000 "recettes" médicinales.

 Comprenons le, cette "médecine des plantes", loin d'être un phénomène de mode, témoignait d'une tradition venue de la nuit des temps avec ses règles et ses contraintes.

 Arômes, aromates et qualité médicinale des plantes

 

Pour les Anciens, l'arôme ne se réfère pas seulement à une perception olfactive aussi affirmée soit elle. Ses effets mystérieux vont bien au delà de l'hedonisme sensoriel : il témoigne du pouvoir étrange de la Nature. 

Aromates et plantes aromatiques étaient parmi les ingrédients favoris de la médecine Antique : les  fumigations étaient prescrites dans une très large gamme d'indications respiratoires mais aussi, gynécologiques. Pour cela, on exposait la partie du corps à traiter à la fumée montant d'un brûle-parfum ou plus exactement d'un "encensoirs" oùles grains d'aromates étaient disposés sur un lit de charbons incandescents. 

L'inhalation était perçue comme un mode électif de pénétration des substances aromatiques jusqu'à l'organe siège des pensées et des émotions, le cerveau : tout comme les Romains, nous parlions encore il y a quelques années, de "rhume de cerveau"...On peut ainsi comprendre pourquoi nombre de remèdes, tels l'aneth ou le poivre, comme on l'a fait, bien des années plus tard avec le tabac ou les feuilles de coca. On rejoint ici le concept de ytraitement par l'arôme, au sens littéral du terme, '"aromathérapie". 

Ainsi, pour les Anciens, le chaînage qui va de plantes aromatiques à arôme et d'arôme à aromates possédait une force, une " qualité" singulière.. 

Cette notion de "qualité" (on parlait alors de "remèdes  "calorique", "amers", ou "acerbes") est assurément à considérer comme un premier essai de classement des remèdes, regroupant des catégories bien définies. Le mot à connu, comme on sait, une fortune singulière avant d'être si souvent et si injustement ridiculisé (rappelons nous de la "vertu dormitive" de l'opium... ). L’arôme, ainsi defini, était il autre chose un "outil" de travail scientifique pour un monde ignorant  tout de la chimie et de la biologie.

 Est il permis de résumer vingt siècles d'évolution de l'Histoire des Sciences ? Nous dirons que la science Antique propose une approche "qualitative" et "analogique" en contraste avec l'approche "quantitative" et "numérique" qui est la notre.

 Renouveau de la médecine des plantes 

L'âge d'or de la médecine de la médecine Antique

 L'hégémonie de Rome en faisait le carrefour où convergeaient les marchandises et, avec elles, les traditions de tous les territoires de l'Empire et bien au delà. Ainsi, la pharmacopée Romaine était remarquable par la l'étendue et la diversité de son savoir sur les plantes médicinales qu'il s'agisse des plantes du "terroir" méditerranéen ou des épices les plus exotiques, chacune était répertoriée dans des indications bien définies L'âge d'or à perduré bien au delà de l'Antiquité, dans le monde arabe puis dans l'occident médiéval.

 L'éclipse allait survenir après la Renaissance. Ensuite est arrivé le temps du mépris puis de l'oubli. Le "scientisme" triomphe au XIXème siècle" : les plantes médicinales ont perdu tout crédit auprès de la communauté scientifique Dans son dictionnaire, Littré, pourtant médecin, n'accorde que quelques lignes à la médecine des plantes. C'est là qu'en est resté le corps médical, sur l'idée d'une science de guérisseurs pour ne pas dire de charlatans.

 Le matin des plantes médicinales

 Il ne faut pas sous-estimer l'ampleur du mouvement qui conduit aujourd'hui les "consommateurs de la santé" à s'intéresser aux plantes médicinales. Un exemple parmi bien d’autres est la "vogue" actuelle en Allemagne du millepertuis considéré comme un substitut du Prozac dans le traitement des dépressions.

 On peut évoquer ici bien des facteurs : souci de vigilance écologique (la "pharmEcologie". ), refus du "scientisme", quête de l'automédication (on sait le développement étonnant pris, aux Etats Unis, par la "mail-pharmacy") et, " last but not least ", recherche de solutions les plus économiques.!. Peut être faudrait placer en première ligne ce souci qu'ont à présent tous les peuples de retrouver les traditions de leurs ancêtres...

 Le renouveau de la pharmacopée végétale

 En même temps, se manifeste un peu partout dans le monde, dans les milieux scientifiques, un regain d'intérêt pour les médications d'origine vegetale: la plus grande partie des médicaments actuels est d'origine végétale. La recherche, dans ce domaine, se situe à présent, au plus haut niveau, dans les " "nobélisées" ou "nobélisables.

 Ainsi, les buts assignes à cet ouvrage son triples : 

Rendre hommage à la force d'attraction qu'exerce encore sur nous après plus de deux millénaires, la mythologie méditerranéenne. Bien d'autres l'ont fait avant nous mais nous voudrions évoquer le parcours qui va des plantes divines aux plantes médicinales.

 Réhabiliter la pharmacopée de l'Antiquité est une tache difficile mais ce n'est que justice : les Romains ont su exploiter avec le génie qui leur était propre les traditions médicinales de tout le monde méditerranéen et ce savoir a mieux resisté à l'épreuve du temps que bien des modes médicales éphémères...

 Montrer les similitudes ou du moins les concordances qui unissent nos connaissances à celles des Anciens

 Ce qui est proposé ici, c'est donc de faire connaissance avec des plantes médicinales qui ont eu leur heure de gloire il y à deux millénaires ou plus mais qui se retrouvent, à des degrés divers, portées au premier rang de l'actualité scientifique. La femme de chambre de Marie-Antoinette, Madame Campan, disait, paraît-il, chaque matin en ouvrant les portes de la garde-robe royale : "Madame, il n'y à décidément pas de nouveauté, il n'y à que des modes". Nous allons voir la justesse de ces propos en ce qui concerne la médecine et les médicaments.

 PLANTES DIVINES ET MEDECINES DES DIEUX

 1. ACHILLE ET LE MILLEFEUILLES

Achille était fils d'une des déesses de la mer, Thetis et d'un mortel, le roi Peleus de Thessalie. En fait, cette union avait été arrangée par Zeus qui craignait de voir Thétis lui donner un fils qui puisse le surpasser. Lorsque Achille naquit, sa mère le rendit invulnérable en le trempant dans les eaux d'un fleuve légendaire, le Styx mais le pied par laquelle elle avait tenu son enfant n'était pas protégé. D'autres versions assurent que le "baptême" d'Achille avait été précipitamment interrompu par l'arrivée intempestive de son "beau-père" Peleus. Toujours est il que le talon allait rester le point vulnérable d'Achille, ce C'est ainsi que Paris (ou peut être Apollon ?) pu tuer Achille, comme le montre Homère, d'une flèche qui était allée se ficher dans le talon promis à une célébrité durable.

De fait, toute la vie d'Achille est placée sous le signe de la violence et de la rage guerrière : Homère  le montre, durant la guerre de Troie, vengeant avec férocité la mort de son ami le plus cher, Patrocle en tuant Hector; chef des Troyens, dont il va laisser traîner longuement le corps derrière son char. de surprenant à ce qu'Achille se soit beaucoup intéressé à la traumatologie guerrière et aux plantes "vulnéraires " les remèdes propres à guérir les blessures d’autant qu’il était l’ancien élève du Centaure Chiron, maître dans l’art de la médecine.

Ainsi, Achille put guérir les blessures d'un personnage doublement important, roi et fils d'Hercule, Télèphe, peut être avec la rouille du fer de sa lance, plus probablement avec la plante qui, depuis, porte le nom d’achillée. Il s’agit, en fait, du millefeuille dont il existe très nombreuses espèces en Grèce

Le millefeuilles est une plante vivace qu’on rencontre le long des routes et des sentiers, reconnaissable à ses longues feuilles en forme de plumette, de couleur vert foncé brillant, très aromatiques. La tige finement duvetée  est surmonte de fleurs d'un blanc crémeux ou rosé, groupées en coupelles aplaties.

Dans tous les pays méditerranéens, le millefeuille à longtemps été utilisé comme médicament de premier secours des plaies et traumatismes de toutes sortes. La réputation de l"herbe aux charpentiers" en faisait l’ingrédient principal de diverses recettes de breuvages miraculeux, tels le "fall trank" des montagnards suisses prenant le nom d'"eau vulnéraire" de l’autre cote des Alpes. Il en allait ainsi dans la médecine chinoise traditionnelle et jusqu'a en Alaska.

Il en allait de même dans la médecine de l’Antiquité mais les motifs de prescription du millefeuilles étaient parfois fort éloignés de la traumatologie La forme allongée des pétales de la fleur faisait évoquer les sourcils de Venus et orientait vers de multiples indications gynécologiques en particulier comme emménagogue pour faire apparaître les règles. Dans d'autres indications, plus prosaïques, le millefeuilles était donné comme pansement dentaire pu comme… vermifuge.

 La prédestination d'Achille pour la carrière des armes s'est révélée très tôt: Sa mère tenait d'un oracle que le destin de son fils était de mourir de mort violente et, pour le sauver, elle décida de l'envoyer à la cour du roi Lycomède, à Skyros, une île au large de l'Eubée. Là, il vécut une vie tranquille et sans incidents, déguisé en fille et portant le nom de Pyrrha. Le stratagème prit brusquement fin, à ce qu'assure Apollodore, lorsqu'un marchand ambulant (pour certains, il s'agissait d'Ulysse) vint proposer des bijoux et des bimbeloteries aux jeunes filles de la cour. Une épée se trouvait cachée aux milieux des colifichets et Achille, la saisissant tout de suite par un geste instinctif trahit alors sa vraie nature. Entre temps, il avait fait connaissance de la fille du roi et eut d'elle un fils qu'on appela Pyrrhus le Roux. Peut être faut-il y voir l'annonce du futur conquérant de l'Italie ?

 Choix d'ouvrages à consulter

 Jeunesse d'Achille : Ovide (Métamorphoses XIII.162) (Pausanias. Description de la Grèce. I.22.4.)

  • Voir aussi, par A. Rivier : "La vie d'Achille illustrée par les vases grecs" (Lausanne 1936)
  • Achille et Hector : Homère (Iliade , XXII, 364-404)t

  

2    ADONIS ET LA GOUTTE DE SANG

 

Adonis, né des amours incestueuses du roi de Chypre et de Myrrha avait trouvé naissance dans un arbre, l’arbre à myrrhe en lequel sa mère, rivale d'Aphrodite, avait été métamorphosée par la déesse. La beauté d'Adonis était telle que, lorsqu'il mourut, tué par un sanglier monstrueux, Aphrodite versa autant de larmes qu'Adonis avait perdu de sang : ainsi est née une fleur nouvelle, l'Adonis autumnalis que nous appelons encore "goutte de sang", ou, de façon moins poétique, "œil de bœuf" ou encore, dans le registre médiéval; "œil du diable".

Plusieurs versions s’affrontent. Selon une d’elles, après la mort d’Adonis Aphrodite aurait place son corps dans un coffre dont Perséphone avait reçu la garde. Perséphone ouvrit le coffre et tomba aussitôt amoureuse d'Adonis. Ainsi, Adonis était il destine à devenir, après sa mort, objet d’affrontements farouches entre deux déesses Aphrodite et Perséphone La chose alla si loin qu'il fallut l’arbitrage du maître de l’Olympe : Zeus en vint à ce qu'il faut bien appeler avec quelque anachronisme, au jugement du roi Salomon : Adonis se partagerait désormais entre les deux rivales : il passerait les deux tiers de l'année, une fois la belle saison arrivée, avec Aphrodite et le tiers restant avec Perséphone.

L’adonis est une plante des pâturages et des sous bois qui fleurir d’avril à juin. La tige est ramifiée, les feuilles de forme palme, de couleur vert brillant. Chaque tige ne porte qu'une seule fleur à pétales dentés, d'une belle couleur  jaune ou orange, unique, L’adonis est devenu à notre époque, C'est une plante rare et protége.

L'utilisation que faisait la pharmacopée romaine laisse perplexe celle d' …sédatif ou, len applications locales, d'un vésicatoire.

Durant l'Antiquité, s'est poursuivi un véritable culte d'Adonis devenu objet de vénération sacrée pour les femmes. Au début du printemps une cérémonie présidait à la création de "jardins d'Adonis", le plus souvent des graines de fleurs mises en pot autour d'une statuette et arrosées d'eau chaude pour hâter la floraison. Il est plausible que le mythe d'Adonis et du renouvellement, des forces de la Nature soit venu d'Orient.. Qui peut ignorer ce qu'était la signification du mot "Adonaï" pour les Hébreux ?

 Choix d'ouvrages à consulter

 Légende d'Adonis : Les Métamorphoses d'Ovide (X:503-559)

  • Utilisations médicales de la myrrhe :"Local anaesthetic, antibacterial and antifungal properties of sesquiterpenes from myrrh" (Dolara P, Corte B, Ghelardini C, Pugliese AM, Cerbai E, Menichetti S, Lo Nostro A, , Planta Med. 2000 Mai;66(4):356-8)


 

3.    AJAX ET LA DAUPHINELLE

 

Ajax, héros à la force colossale, était l’ami le plus cher d’Achille . Lorsqu'il apprit la mort de son ami, pris d'une crise de folie furieuse, il partit massacrer les troupeaux des Grecs. Quand il revint à lui il se transperça le corps de son épée. Des gouttes de son sang vinrent tacher la corolle d'une fleur où les Anciens voyaient gravés le mot "hélas" ("AIAI" en grec, qu'on peut aussi lire "Ajax".

La fleur était une dauphinelle remarquable par la richesse de ses patronymes : les botanistes en ont fait la plante d'Ajax, Delphinum Ajacis,  les Anciens observant la forme renflée des fruits y voyaient une sorte de raisin sauvage  Bien d'autres comparaisons surgissent par la suite : "pied d'alouette", "éperon de chevalier", "bec d'oiseau". Une traditions tenace veut faire de la dauphinelle la fleur dont le bulbe renflé évoque le museau d'un dauphin.. D'autres patronymes évoquent l'utilisation médicinale de la dauphinelle : '"l'herbe aux pouilleux", "consoude", la plante qui cicatrise.

On voit ainsi, par les noms de plantes, la pérennité des indications médicinales au fil des siècles…

 Choix d'ouvrages à consulter

 La colère d'Ajax :Ovide (Métamorphoses, XIII:1-122 The debate over the arms:.) 

4.   APHRODITE ET LA MYRTE

 

Aphrodite (Venus) est la fille qu'eut Zeus d'une de ses compagnes, Dione, doublement divine puisque son nom fait référence à Dios, le maître suprême de l'Olympe…

En fait, Aphrodite jouit de deux lignes généalogiques distinctes :

Pour Hésiode, très ancien poète de la Grèce Antique (VIIIème siècle ABANT J.C.), elle est née d'Ouranos (le Ciel) dans des circonstances assez étranges : Ouranos fut castré de la main de son propre fils Chronos (le Temps) et Aphrodite naquit du flot d'écume  qui se forma autour de la plaie. Il n'est pas indifférent de savoir qu'"aphros" est le mot grec pour "écume"…

D'autres versions font d'Aphrodite une orientale venue de Chypre ou de Cythère, île de la mer Egée proche de la Crête. Certains y ont vu la résurgence d’anciens cultes "aphrodisiaques" qu'on pourrait qualifier de licencieux, Pour être clair Aphrodite est déesse de la féminité et, en toute logique, de la jeunesse et de l'amour..

La plante d’Aphrodite est d'abord le myrte, arbuste à l'écorce gris rougeâtre qui pousse volontiers près des plages. Les feuilles sont fortement aromatiques et montrent à leur face inférieure de très fins pertuis interprétés par la tradition. Un voyageur du IIème siècle, Pausanias, y voyait la marque des piqûres faites avec une épingle à cheveux sur une feuille de myrte par Phèdre, la célèbre fille de Minos et de Pasiphaé, dans un accès de désespoir amoureux. C'est avec un rameau de myrte qu'Aphrodite avait caché sa nudité lorsqu'elle sortit à Paphos des flots de la mer. C’est la myrte qui servait à faire dans la Grèce antique, la couronne des jeunes mariées  : Hymen n’était il pas fils d'Aphrodite

En fait, la myrte était surtout utilisées dans l’Antiquité pour ses propriétés médicinales, en particulier dans le traitement des diarrhées de l'enfant mais la destinée véritable du myrte était de parfaire la beauté du corps féminin avec des indications très "ciblées" de méditation astringente et … stimulante,

Bien d'autres déesses se voyaient vouées au myrte : ainsi les Trois Graves, filles de Zeus.

Pour en revenir à un sujet fascinant, le charme d'Aphrodite opérait volontiers par l'entremise de plantes médicinales :

La couronnée d'Aphrodite était la menthe aux feuilles d’un vert plus foncé sur leur face supérieure largement utilisée, nous le verrons, dans la pharmacopée d'hier et d'aujourd'hui.

La flamme de Venus (ou son …oriflamme), était le léontice où Pline l'Ancien voyait, sur les folioles, l'empreinte d'une patte de lion

le miroir de Venus est cette campanule violette où les Anciens voyaient lorsque la corolle est aplatie l'image d'un miroir.

Le cheveu de Venus est le capillaire de Montpellier, fougère aux longs filaments noirs partant de sa racine.

le nombril de Venus petite plante grasse à feuilles charnues et pendantes dont les feuilles sont marquées d'une dépression suggestive était le " gobelet de Venus " mais aussi son " jardin ". L’utilisation médicinales en était fort prosaïque : les applications de broyat des feuilles étaient données pour mûrir les furoncles ou apaiser les crises hémorroïdaires.

La lèvre de Venus, dictame de Crète, la cardère poilue que nous appelons familièrement "cabaret des oiseaux", dont les feuilles lancéolées ont la forme d’une coupe avait pour nom "lèvres de Venus" mais il faut ouvrir ici son dictionnaire : " labrum " peut se référer à un hanap lorsque le mot dérivé de lambo ("laper, lécher") mais peut aussi être dérive de " lavo " (baigner) : la coupe devient ici baignoire. Utilisée autrefois comme diurétique ou stomachique, plus souvent pour carder la laine

Enfin, l'ornithogale, l'asperge à feuilles piquantes était également vouée au souvenir d'Aphrodite : la déesse avait protége Perigune, fille du brigand'Sinis, poursuivie par Thésée après le meurtre de son père,   en la cachant derrière un buisson de cette plante. La destinée médicinales de cette plante mérite d’être rappelée puisqu’un enzyme tiré des asperges, le L-asparaginase tient, à présent, une place considérable dans le traitement des leucémies.

D’autres plantes étaient vouées à Aphrodite pour accomplir des taches fort prosaïques : les baies fortement aromatiques de la myrte ont immortalisé une recette romaine de saucissons sous le nom de …: Mortadelle

Le souvenir d'Aphrodite reste attaché à des fleurs, à des plantes mais aussi à des fruits : il suffit de se remémorer le jugement de Paris, petit fils du roi de Troie, Priam. La déesse de la Discorde, Eris, avait, au mariage de Peleus et de Thétis (rappelons nous, les parents d'Achille…) jeté une pomme en or (une grenade ?) sur laquelle portant étaient gravée la dédicace fatale : "à la plus belle". Trois déesses allaient ainsi s'affronter Junon, Athéna et Aphrodite. Le petit fils de Priam, Paris, dont la beauté était célèbre, fut désigne comme arbitre : Héra était la majesté, Athéna, la sagesse mais Aphrodite lui avait promis l'amour d'Hélène.

 Fort de cette promesse Paris enleva Hélène. Les conséquences en furent doubles : un nouveau nom botanique puisque Paris enleva Hélène d'un champ d'aunées à qui la postérité allait donner le nom d'Inula helenium et la survenue d'un evenement trafique car ainsi commença la guerre de Troie.

 Choix d'ouvrages à consulter

 Naissance d'Aphrodite : Homère (Iliade, 5.363) et Pausanias "Description de la Grèce" (I.XXII.1 et 11.XXXII.1)

  • Jugement de Paris : Métamorphoses d'Ovide (XII.598) 

 

5.   APOLLON ET LES PLANTES DU SOLEIL

 

Apollon (Phoebus) est dieu de la lumière, il à la charge de veiller à ce que la Nature reçoive partout les rayons fécondants du soleil, en parfaite harmonie avec sa sœur jumelle, Artémis (Diane), déesse de la Nuit.

Le couple de jumeaux splendides était né des amours de Zeus et de Léto (Latone). Poursuivie par la haine de Junon, épouse toujours jalouse, Léto s'était réfugie dans les Cyclades à Délos, à l'ombre du seul arbre de l'île, un palmier. L'accouchement traînait en longueur et Léto ne dut sa délivrance qu'à l'intercession d'lris la messagère des dieux. Il faut voir ici une allusion aux propriétés thérapeutiques de la plante dont la déesse porte le nom.

Apollon est le dieu de l'excellence en toutes choses, des arts à la médecine, du tir à l'arc comme de la lyre.

Au culte d'Apollon était vouée la jusquiame aux pouvoirs mystérieux et redoutables. C’est une plante qui aime à pousser au bord de chemins, près des murs ou … dans les décombres, aisément reconnaissable à ses grosses tiges rameuses et velues, ses grappes de fleurs jaune fonce, veinées de pourpres et ses feuilles aux dentelures aigues répandant, quand on les froisse, une odeur forte et désagréable.

A lui seul, le nom de la jusquiame pourrait justifier bien des commentaires : l'appellation initiale d"hyoscyamos" faisait de façon assez inattendue référence à …la fève de porc. Le nom à été ennobli plus tard en " fève de Zeus " (Diosciamos), enfin "Apollinaris" lorsque la jusquiame fut vouée au dieu de la lumière et même "vaticina". L’administration de jusquiame suscitait, en effet, chez les fidèles d'Apollon des troubles important de la vision en même temps qu’un état hallucinatoire associe au délire prophétique .

Rareté actuelle de la jusquiame

Une réputation redoutable est restée très longtemps accolée au nom de la jusquiame, il n'est que rappeler Hamlet racontant comment s'est fait le meurtre de son père, en versant dans son oreille un poison à base de jusquiame (Hamlet Acte I, scène 5). On comprend mieux la prudence des médecins de l'Antiquité dans les indications qui nous sont à présent familières, en particulier le traitement des douleurs abdominales,

D'autres plantes que nous connaissons toujours sous le nom de "solanées", les " plantes du soleil’", étaient vouées à Apollon :

La belladone  : espèce  vivace à racine charnue, à feuilles ovales et pointues  et aux fleurs violettes, aux beaux fruits noirs et luisants qui attirent tant, pour leur malheur, les enfants.

Certes, la "belladona" a longtemps été utilisée, chez les femmes,  pour parfaire la beauté du regard (et chez les ophtalmologistes pour dilater les pupilles…) mais sa toxicité était bien connue des Anciens : Dioscoride nous le dit: "Boire le volume d'une drachme  donne des hallucinations, quatre drachmes est mortel." Aucune surprise donc à ce que l'alcaloïde le plus redoutable de la jusquiame, l'atropine, porte le nom dérive d’une des Parques, Atropa,  "celle qui coupe le fil de la vie".

La mandragore est une autre "plante du soleil", classée par les botanistes dans la famille des Solanées. Sa racine bifide à forme vaguement humaine suscita bien des récits terrifiants, longtemps encore après les temps Antiques : iln'est que citer légende du Golem de Prague. Le nom latin de la mandragore est "periculosa" mais ses propriétés médicinales ont été très tôt reconnues : on donnait à marcher un morceau de sa racine aux blessés.

La morelle noire qualifiée autrefois de "morelle furieuse" est une autre  plante solaire". Elle s’utilisait en applications locales comme sédatif des douleurs dentaires mais aussi comme sédatif et analgésique

Le stramoine, plante familière des terrains vagues et des ruines avait, chez les Anciens, une appellation sans équivoque : "la plante qui rend fou" . Ici, les risques d’atteinte toxique sont particulièrement élevés du fait de la présence d’un alcaloïde dangereux, l’hyosciamine. Pour Dioscoride même des doses minimes de stramoine pouvaient être utilisées en thérapeutique "une drachme de stramoine dans du vin donne des rêves agréables, deux drachmes vont endormir pour trois jous, avec quatre drachmes, c'est la mort…"

On entrevoit, avec les solanées, le chemin tortueux qui conduit de la magie à la médecine.... La préfiguration de nos idées actuelles sur les atropiniques est ici évidente et un des grands mérites de la pharmacopée Antique reste d'avoir découvert le rôle thérapeutique des solanées.

Un des noms donnés en Grèce à la jusquiame était "pythonion", allusion au plus célèbre des mythes apolliniens : Apollon était encore qu’un enfant quand il parvint, au mont Parnasse, à vaincre le serpent monstrueux, Python  envoye par Junon pour tuer Leto, la mère d'Apolon.

En souvenir du dragon vaincu jadis par Apollon, les "pythies", prêtresses du sanctuaire apollonien de Delphes mâchaient des feuilles de laurier, l’arbre du dieu, pour mieux entrer en transes et délivrer leurs oracles,

Plus concrètement, on pourra trouver un sujet de réflexion dans le fait que la famille des solanées regroupe également non seulement la belladone mais aussi le tabac et les pommes de terre

 Choix d'ouvrages à consulter

 Toxicité du stramoine : Dioscoride (De materia medica.4. 74, 4. 76, 4.69)

  • Le mythe du dragon Python tué par Apollon enfant : Ovide, Métamorphoses (I. 438)

 

6.    ARTEMIS ET L'ARMOISE

 

Tout oppose Artémis (Diane) à son frère jumeau Apollon : il’est dieu du Soleil, elle est déesse de la Lune et de la Nuit. Vierge chasseresse, elle  parcourt, dès le coucher du soleil, champs et forets, armée d'un arc aux flèches empoisonnées : encore une différence avec son frère pour qui le tir a l’arc n’est qu'un exercice sportif

Les colères d'Artémis pouvaient être redoutables : n'avait-elle pas, sur l'ordre de sa mère Léto, assassine les enfants de Niobé qui s'était si imprudemment vantée de sa fécondité. à tuer une des vierges de son entourage.

Elle en vint même à tuer une des vierges de son entourage, Callisto, qui, à l'heure de la baignade, refusait de se dévêtir comme faisaient ses compagnres : elle était enceinte de Zeus et Artémis jugeait sévèrement toute faiblesses envers les hommes, fussent-ils des dieux. A dire vrai, certains disent que Callisto eut la vie sauve mais fut transformée en ourse, ce qui n'allait guère avec son nom ( Callisto veut dire ; "la plus belle"). Dès qu'il s'agit de sexe, et surtout du sexe mâle, Artémis est la proie de phantasmes meurtriers : elle n'hésita pas à faire dévorer par ses propres chiens, après l'avoir métamorphosé en cerf, un jeune chasseur, Actéon, qui avait osé s'approcher de la vierge farouche alors qu'elle se prenait son bain dans une source.

En dépit de sa vigoureuse personnalité, Artémis était déesse de la femmes mais de la femme vierge, celle qui ignore tout de l'amour et des enfants

L'armoise, comme son nom l'indique, est la plante d'Artémis:  la plante à bien des noms, chacun porte sa marque : "herbe d'Ephèse", la ville vouée à Artémis ou "parthenis", l'herbe de la vierge.

La mythologie a bien des visages : une tradition veut que l'armoisez porte le nom d'une autre Artémis, mariée à son frère, le roi Mausole de Carie. C'est elle qui, à, la mort de son époux fit construire le plus magnifique des monuments funéraires, le Mausolée. C'était aussi une reine férue de botanique et de science des plantes médicinales

Si l'armoise a tant de noms c'est parce que les différentes espèces en sont innombrables.

La plus connue est l'armoise commune dont la tige cylindrique, striée, rougeâtre un peu velue, porte des feuilles lancéolées, vert foncé dessus, blanc argenté dessous. Dans cette nombreuse famille, il faut citer bien d'autres espèces : armoise des champs au feuillage très fin, armoise maritime, aurone (la citronnelle), absinthe aromatique et amère et  le dragon, que nous appelons plus sobrement "estragon"

La pharmacopée Antique a fait largement appel à l’armoise, sous toutes ses espèces : Les herbes d'Artémis étaient le plus souvent vouées aux indications gynécologiques, en particulier lorsqu'il y avait trouble des règles, les Anciens faisant relation entre cycles lunaires et cycles menstruels. Homère disait déjà qu'une plante nommée "artemideion" est renommée  pour son efficacité dans les maladies de la femme.

D'autres indications, bien plus triviales sont données à l'armoise, ainsi la préparation vermouth appelé "absinthium Romanum" par le plus célèbre des gastronomes, Apicius et notre moderne absinthe qui fit tant de morts au siècle dernier.

Parmi les indications les plus inattendues à la prescription d'armoise, citons le traitement des parasitoses (le nom d'"herbe aux vers" lui est longtemps resté attaché) et les convulsions. Au genépi se voyaient conférées les indications traumatologiques. L’absinthe à longtemps été utilisée dans le traitement des "fièvres". Il est intéressant d'évoquer ici la pharmacopée chinoise d'une des espèces d'Armoise utilisée depuis plus de vingt siècles et "re-découverte" récemment comme anti-paludéen .

D'autres plantes étaient également vouées à Artémis pour la même indication gynécologique : la petite camomille sous le nom très "cible"de "matricaire",  pariétaire, mercuriale annuelle et romarin.

Citons enfin le dictame de Crête voue à Artémis dans le traitement des blessures car la déesse pouvait guérir aussi sûrement les blessures par flèches que les infliger.

Peut être faut il revenir au " couple thérapeutique " souvent cite par les Anciens, jusquiame et armoise, pour évoquer<

 

 

a.fabre.fl@gmail.com

 

Commentaires (1)

1. Martin J Potter (site web) 02/11/2012

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Date de dernière mise à jour : 29/07/2013

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