Sept livres publiés par A.J. Fabre

A. J. FABRE [i]    BIBLIOGRAPHIE  PERSONNELLE

Editions de l'Harmattan, 5-7 rue de l'école Polytechnique,  Paris 75005 Paris, Juin 2012

 

 

 

"Les grands médecins méconnus"

(Ed. L'Harmattan, 2010)

 

"Haschisch, chanvre et cannabis, l'éternel retour

(Ed. L'Harmattan, Juillet 2010)

 

"Axel Munthe, Médecin vagabond de l'Europe"  

(Ed. L'Harmattan, Juillet 2012)

 

"Les médecins de Venise"

(Ed. L'Harmattan, 2014)

 

"La pharmacopée brésilienne du Dr. Chernoviz"

(Ed. J.P. Naude Paris, 2010)

 

"Les médecins et la politique"

 (A paraitre)

 

"Les médecins au cinéma"  

(A paraitre)

 

 

LES GRANDS MEDECINS MECONNUS

 

 

Avec ce livre, André Fabre nous propose à travers les plis (et les replis ) de la mémoire, un voyage dans la vie de médecins qui auraient, certes, bien mérité d'être célèbres mais qui n'ont connu qu''une gloire éphémère ou, pire, sont restés méconnus

Ces médecins, 35 au total, viennent de toutes les époques : de l'Antiquité au monde moderne en passant par le Moyen Age, le Siècle des Lumières et le très romantique XIXème siècle qui rêvait d'un savoir scientifique absolu.

Vingt pays sont représentés ici : de la France à la Pologne et du Brésil à la Suisse, contrée trop souvent méconnue de ses voisins.

On trouvera même dans ce livre captivant, le souvenir de quelques uns des médecins imaginaires de la Littérature tels le Dr Bianchon qui apparaît 28 fois dans l'œuvre de Balzac.

Bien des questions sont ainsi posées, dont la plus difficile : le médecin peut il trouver justification à son existence ailleurs que dans le fait de soigner et si possible guérir les malades ?

Certes, nombre de médecins ont trouvé leur accomplissement en dehors de leur métier, certains ont même trouvé là une renommée à laquelle ils n’auraient jamais pensé : on se souvient bien de Wozzeck mais plus guère, sans doute, du Dr Büchner.

Chaque être s’imagine, et c’est bien normal, avoir mené une vie différente des autres. Pour les médecins c’est souvent vrai, et surtout dans les époques troublées que traversent de temps à autres les civilisations.

Mais qu’en reste-t-il en fin de compte ?: les souvenirs d’un médecin, s’il en a laissé le récit, sont enfouis au fond des bibliothèques et personne ne va garder en mémoire les étapes d’une expérience qui fut unique pour celui qui l’a vécue.

Trop d'érudition fait peur, c’est bien connu, l'auteur l' a compris : aussi ne faudra-t-il pas chercher ici de répertoire exhaustif des dates, des lieux ou des faits accomplis par les grands noms de la médecine.

Pour en revenir au sujet de ce très intéressant ouvrage : Le médecin méconnu, "notoirement méconnu", comme aurait dit Alexandre Vialatte, mérite-t-il quelque attention ? Sans aucun doute, oui, lorsqu’il a fait son devoir et l’a bien fait.

Certes ses accomplissements resteront ignorés du grand nombre même si son nom fut pour un temps, célèbre : c’est le cas d’Adrien Proust, spécialiste reconnu des questions d’Hygiène : ses travaux pourtant remarquables, sont aujourd’hui bien oubliés et la postérité se refuse à voir en lui autre chose que le père du "petit Marcel".

Les médecins couverts de gloire peuvent eux aussi, être mal connus, ou même, par un étonnant paradoxe, méconnus, que ce soit dans certains traits de leur personnalité ou quelques parties de leurs œuvres : savions nous que Rabelais a longuement disserté du cannabis ? qu’Axel Munthe a longtemps exercé la médecine générale à Paris ?

Qui arrive à se souvenir, en dehors de quelques spécialistes, de ce que Tronchin, dont le nom garde de vagues consonances moliéresque, était un précurseur de la médecine moderne et qui plus est, un personnage étonnant ayant vécu dans quatre pays différents ?

En fin de compte, que va-t-on trouver dans la vie de ces médecins méconnus ? Une chose est sûre ils exerçaient le métier de médecin et la médecine, comme la prêtrise, marque à jamais ceux qu’elle a choisis.

 

Liste des médecins mentionnés dans le  livre

 

Elizabeth Blackwell (1821-1910): première femme médecin des temps modernes

Mikhail Boulgakov (1891-1940): antibolchevique admire par Staline médecin dévoré par son génie littéraire

Edme Joachim Bourdois de la Motte (1754-1835) médecin des rois et des pauvres

Karl Georg Büchner (1813-1837), médecin, dramaturge et romantique allemand

Aulius Cornelius Celse (25 a.j.c.-50): inventeur de l’oncologie

Cheiron le centaure, inventeur de la chirurgie

Louis-Napoléon Chernowiz (1812-1881) un médecin français ne en polonais célèbre au Brésil

Nicolas Copernic (1473-1543) médecin de la révolution des astres

Garcia da Orta (1500-1568) fondateur et martyr de la médecine  tropicale

David P. Davies (1955-), Hong Kong et la mort subite du nourrisson

Alfred Döblin (1878-1957) révolutionnaire allemand et médecin Français

. Le "Docteur "Horace Bianchon, médecin de la comédie humaine d’Honore de Balzac

Leonardo Fioravanti (1517-1588) et Andreano Zuccarelli : les premiers chirurgiens à avoir ose enlever la rate

Le Dr Louis Frank (1761-1825), un médecin allemand dans l’expédition de Bonaparte en Egypte

Madeleine Gebelin Brest (1842-1925) le médecin malgré les autres

Le Docteur Husson et son traitement miracle de la goutte

Robert koch (1843-1910) fondateur de la bactériologie moderne

Georges Marinesco (1863-1938): le neurologue qui a inventé le film   médical

Barry Marshall (1951) le médecin australien qui affirmait, envers contre tous, l’origine infectieuse des ulcères gastriques

Axel Munthe (1857-1949), un suédois généraliste a paris et hôte des altesses royales a Capri

. Prosper Antoine Payerne (1806-1886) pionnier de l'aventure Sous-marine

. Biaggio Pernice (1854-1906): le chercheur sans laboratoire qui a découvert l’existence d’aberrations chromosomiques d’origine médicamenteuse

François Charles de Pouqueville (1770-1835) le destin prodigieux d’un diplomate et médecin amoureux de la Grèce

Adrien Proust (1834-1903): un père illustre éclipse par ses enfants

François Rabelais (1483-1553): thuriféraire méconnu du cannabis

Jean-François Regnard (1655-1709): une enquête sur la sante des lapons  au siècle de louis xiv

Jean Reverzy (1914-1959): médecin, résistant et écrivain lyonnais

Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1199): médecin et femme  de l’an mil

Victor Segalen (1878-1919): écrivain, archéologue et médecin

Fred Silverman (1914-2006) et le "syndrome des enfants battus"

Hans Sloane (1660-1753), médecin, encyclopédiste et grand ami de la France

Gabriel Tapié de Celeyran (1870-1930) le cousin médecin de Toulouse Lautrec

Anton Pavlovitch Tchekhov (1860-1904) et les méfaits du tabac

Theodor Tronchin (1709-1781) : un médecin de l’âme au XVIIIème siècle

Louis Lazare Zamenhof (1859-1917) le rêve d’une communauté  du langage

 

 

HASCHISH, CHANVRE ET CANNABIS:

L’ÉTERNEL RETOUR

 

L’Histoire du cannabis est celle d’un éternel retour. Au fil des siècles, cannabis et cannabisme surgissent dans les régions les plus lointaines pour réapparaître à nouveau, fléau imprévisible mais chaque fois plus menaçant.

Le cannabis, sous les noms les plus divers (chanvre, hemp, haschisch) est l'une des substances végétales dont l’utilisation est le plus anciennement avérée : initialement récolté pour en tisser les fibres, ses propriétés singulières furent très tôt utilisées à des fins religieuses et thérapeutiques mais il est bien difficile en de situer dans le temps les débuts d'un usage hédoniste.

 

 

Le cannabis dans le monde Antique

C'est dire l'intérêt des récits qu'a fait, au Vème siècle avant J.C., Hérodote, de la pratique du cannabisme chez une peuplade de nomades indo-européens, les Scythes qui occupaient alors les steppes d'Asie centrale.

De nos jours, s'est popularisée partout l’idée d’un monde Antique mêlant les fumées du cannabis au stupre des orgies La vérité est quelque peu différente : certes, il existe d'amples mentions d'une utilisation du cannabis chez Dioscoride, Galien et Pline et bien d'autres auteurs de Traités sur la médecine, l'agriculture ou la cuisine : plus de 30 références peuvent être dénombrées sans y trouver la moindre allusion à une utilisation hédoniste.

Il en est de même dans les Traités de botanique, les textes mythologique, les récits de voyage et toutes les chroniques historiques des Anciens. En dehors des récits d'Hérodote, le seul témoignage irréfutable du cannabisme est archéologique : la découverte, en 1991, dans une tombe des environs de Jérusalem, datée du IVème siècle, des restes d’une très jeune femme enterrée avec, près d’elle, un fœtus : à l’évidence le témoignage d’un drame obstétrical. Près du corps, était une coupelle contenant des traces d’une substance identifiée, après analyse, comme tetrahydrocannabis : on conviendra qu’il est difficile de parler ici d’utilisation hédonisme

En résumé, tout fait penser que les Anciens redoutaient de voir arriver chez eux le cannabisme, la suite, semble-t-il, ne leur a guère donné tort

 

En Orient

En Orient, le statut du cannabis est longtemps resté inchangé mais tout va basculer à partir du Xème siècle lorsqu'arrive dans le monde arabe la grande vague du haschich encore amplifiée par la vogue du Soufisme, doctrine mystique prônant à la fois l'ascétisme et le recours aux drogues. A titre personnel, nous avançons l'hypothèse de ce que irruption du cannabisme en Islam n'est pas sans relation avec l’interdiction coranique de l’alcool et du vin ...

A l’"Age d’Or" de l’Islam, le cannabis est partout présent en Orient. Comment ne pas faire état de la légende "Vieux de la Montagne", le célèbre cheikh Hassan ibn al-Sabbah qui utilisait le haschich pour endoctriner ses disciples à qui la légende a donné le nom d'hashischins", pour en faire de redoutable guerriers. En Egypte seule, on estimait, à la fin du XIXème siècle, le nombre de consommateurs de haschich à plus de 12 millions

 

En Occident

En Occident, à l'inverse de l'Orient, la progression du cannabisme fut, à ses débuts du moins, une marche silencieuse. Il est certes difficile d'affirmer que le Moyen Age et la Renaissance aient ignoré le cannabisme mais toute affirmation dans ce domaine reste hasardeuse. Ainsi, la Bulle du pape Innocent VIII fréquemment citée comme une première référence au cannabisme, ne contient, en réalité, rien qui puisse s'interpréter dans ce sens et il en est de même des nombreux textes relatifs aux procès en "sorcellerie" du Moyen-Age et des premiers Traités de Botanique.

Cependant, dès le XVIème siècle, quelques publications donnent à penser que le cannabisme n'était pas inconnu des contemporains, ainsi le "Tiers Livre" de Rabelais qui contient un récit de voyage assez particulier puisque il s'agit de l'usage du "Pantagruelion", autrement dit le chanvre, qui en ouvre les portes. On pourrait également citer le Colloque des drogues de l’Inde publié en 1563 par Garcia da Orta où se trouve la première référence au cannabisme de la littérature occidentale et "Les beautés de l'exotisme" d'Engelbert Kaempfer médecin allemand de la fin du XVIème siècle qui ramena d'un très long périple le récit de sa rencontre aux Indes, lors de cérémonies religieuses, avec le cannabis.

 La première rencontre des Occidentaux avec le cannabis se situe en 1798, lors de la campagne d'Egypte : Bonaparte avait été, à son entrée dans Alexandrie, agressé par un fanatique en état d’ivresse cannabinique. Peu de temps après, fut édicté pr le général Menou le Décret du 17 Vendémiaire An IX (8 octobre 1800) prohibant le haschich, premier texte de loi dans ce domaine.

Le fléau allait ensuite déferler en France : en 1844 dans l'île Saint Louis, à l'Hôtel Pimodan, un "Club des Hashishins" est fondé par un médecin, Moreau de Tours, grand spécialiste de l'aliénation mentale. Toutes les personnalités marquantes des arts et des lettres venaient y défiler : Théophile Gautier a laissé le récit de cette expérience dans ses Souvenirs, Charles Baudelaire, à la suite de cette expérience, publia deux ouvrages pour en dénoncer les dangers, Gérard de Nerval, fidèle habitué des drogues, écrivit dans son "Voyage en Orient" deux nouvelles à la "gloire" du haschich. Alexandre Dumas, de son côté, n'hésite pas à montrer le Comte de Monte Cristo; alias Sinbad, servir à ses hotes une délectable "confiture de haschish" servie dans une coupelle de vermeil...

La médecine, à son tour, s'empare du cannabis : en 1829, Edmond de Coursive va lui consacrer une Thèse très remarquée. Quelques années plus tard,, le Pr. Charles Richet, futur Prix Nobel décrit dans "Les poisons intellectuels" les effets observés sur lui-même lors d'une expérimentation héroïque : il en sortira pleinement convaincu que le risque est bien réel ! En fait, à la fin du XIXème siècle apparaît une nouvelle gamme de médicaments analgésiques, sédatifs ou hypnotiques et c’en est désormais fini du cannabis médical.

Cependant, le cannabisme va réapparaître avec force dans la littérature : Alfred Jarry en 1897, raconte dans "Les jours et les nuits" l'histoire d'un déserteur sous l'emprise du cannabis, Henri de Monfreid publie en 1933 "La croisière du haschich", André Breton, en 1932, dans les "Vases communicants" fait du "rêve de haschich " un "récit surréaliste", Ernst Junger relate longuement son expérience des "paradis artificiels" dans "Approches, drogues et ivresses" (1970).

En Angleterre, dès le XVIIème siècle, le pasteur Robert Burton, dans le "Traitement de la mélancolie" proposait le recours au cannabis dans les cas les plus sévères. Un siècle plus tard, Samuel Coleridge, le poete halluciné écrivait ses plus grands poemes sous l'emprise du "bhang" qu'il faisait venir des Indes, Thomas de Quincey, le "mangeur d'opium" avait, le premier, donné au cannabis une "aura" littéraire avant de sombrer dans l'enfer de la drogue.

 

CharleCh. Baudelaire

 

(AutopAuto-portrait     (1867 ?)

 

 

Axel Munthe, fait l'aveu dans sa correspondance, d'avoir essayé du haschish lors d'un voyage en Algérie en 1887 : il le raconte lui même, mais ne renouvellera pas l'expérience..

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En 1954 Aldous Huxley publie un ouvrage, "Les portes de la perception", exposant une philosophie spirituelle largement étayée par les substance psychédélique".

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Un chapitre trop méconnu de l'Histoire des Sciences est l'œuvre de William Brooke O'Shaughnessy (1808-1889) un des personnages les plus étonnants du XIXème siècle : émigré aux Indes, il va y découvrir les propriétés pharmacologiques du haschich et son "Mémoire sur le chanvre indien" présenté en 1839 à la Société Royale de Londres, peut être considéré comme la première étude médicale du cannabis étayée par l'expérimentation animale.

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Aux Etats Unis, le cannabisme va apparaître en 1920 avec l'arrivée à la Nouvelle-Orléans de travailleurs des Caraïbes.

Une véritable épidémie de cannabisme s'ensuit où les musiciens de jazz vont tenir un rôle prépondérant.

La "marijuana" (on ne disait plus "haschich ") déferle ensuite sur tout le territoire des Etats Unis, amenant Franklin D. Roosevelt à faire voter, en 1937, une loi appelée Marihuana Tax Act.

         Les Fumeurs de

        Haschish

          daumier_fumeurs de haschish

   " Ah! Quel plaisir oriental! je commence a éprouver ... il me semble que je trotte sur un chameaux! -- Et moi... je crois recevoir une bastonnade!...

(Honor          Daumier)(1845)

 

Dans les années 1960, le cannabisme va connaître une nouvelle flambée lors de l'envoi au Viet Nam des troupes américaines. Dans les années suivantes, apparait un mouvement de contre-culture où les hippies rejetaient bruyamment la "société de consommation" : en fait, ils allaient se montrer eux memes gros consommateurs mais de drogues hallucinogènes destinées à "ouvrir les frontières mentales"

La suite est bien connue : avec le mouvement de contestation étudiante né dans les Universités californiennes de 1968 surgit la "flower generation", mais les fleurs vont bientôt être remplacées par l’"herbe"...au sens "oriental" du termeLa réaction ne se fit guère attendre : en novembre 2010, les électeurs de Californie rejettent par referendum une proposition de loi destinée à légaliser le cannabis

Quelques noms illustrent l'Histoire de l'"herbe" aux Etats Unis : dans un livre au titre provoquant, "Le mangeur de Haschich", Fitz Ludlow décrivait minutieusement le "voyage" d'un drogué. Il mourra en 1870 à l'âge de 34 ans : sur son cercueil, figuraient, ainsi qu'il l'avait souhaité, deux mots : "Enfin libre...". Autre partisan acharné de la drogue, Miton Mesirow dit Mezz Mezzrow, célèbre musicien voué à la marijuana, comme tant d'autres joueurs de jazz de cette époque, Timothy Leary, ardent propagandiste des substances psychédéliques qui répétait partout  son slogan : "Turn on, tune in, drop out "("Droguez vous, soyez branché et sortez du système"). Autre douloureux prosélyte du cannabis, William Burroughs, richissime héritier de l'inventeur des machines informatiques: son livre le plus célèbre, "Le festin nu" est le récit cauchemardesque d'une descente aux enfers de la drogue.

A notre époque, le cannabisme est devenu, dans tous les pays, un "fait de société" avec de très lourdes conséquences sur le plan sanitaire et social.

En France, les statistiques du ministère de l'Intérieur faisaient état en 2009 de près de quatre millions de consommateurs dont un sur trois "consommateur habituel" et un sur dix, "consommateur dépendant". Selon les mêmes sources, un adolescent sur trois reconnait avoir fait "au moins une fois" l'expérience du cannabis et un sur cinq en avoir consommé récemment. Depuis 1990, le nombre d'actions judiciaires concernant l'usage et le trafic du cannabis s'est multiplié par cinq. Particulièrement alarmant est le développement en France d'une production "locale" de cannabis à hauteur de dix pour cent de la consommation globale : c'est à présent dans la "France profonde" que se récolte en toute illégalité, une "herbe" cultivée dans les lieux les plus divers, entrepôts désaffectés, hangars ou même locaux souterrains, sous la lumière du néon...

Dans tout le monde occidental, la situation est tout autant alarmante : en 2010, un rapport de l'O.M.S. estimait à 150 millions le nombre des usagers du cannabis, soit 2,5% de la population mondiale. Fait capital, les plus touchés par le fléau sont les jeunes des pays riches (Amérique du Nord, Europe occidentale et Australie) où s'observe un abaissement de plus en plus marqué  de l'âge du premier "joint".

La Législation du cannabis suscite bien des commentaires : une Convention sur les stupéfiants a été signée en 1961 par tous les pays membres de l'O.M.S. De très nombreux textes de lois ont été depuis lors, édictés dans le monde entier avec des effets, sur la consommation de cannabis, pour le moins problématiques.

En France, les dispositions légales concernant le cannabis figurent dans l'article R 5181 du Code de la santé publique mais les modalités d'application ont déjà fait l'objet de plus de 500 circulaires émanant de différents ministères, principalement de la Justice, de la Santé et de l'Intérieur.

Dans ce contexte la prévention reste un objectif prioritaire centré sur le maintien au sein de la famille comme du milieu scolaire, d'un dialogue attentif avec l'adolescent menacé du  piège de la drogue

En fin de compte, l'"éternel retour" du cannabisme appelle bien des commentaires. On pourrait évoquer l'attrait de l'exotisme ou de "l’ailleurs" : tiraillé par des pulsions contradictoires, l'adolescent va chercher dans l'ivresse de la drogue une "évasion" du réel. En même temps, le fait de "fumer" va constituer pour l'adolescent une pratique sociale qui le lie au groupe par le "joint" (les mots ont parfois un cheminement étrange) du cannabis. Ainsi va s'ouvrir pour lui le piège des "paradis artificiels" : "Paradis", puisqu'il s'agit d'un refuge pour ceux qui veulent fuir les misères de la condition humaine, mais aussi "artifice" puisqu'il s'agit d'un plaisir factice coupé de toute réalité.

La recherche scientifique, élément clé du "dossier cannabis" : est parvenue à déchiffrer les mécanismes complexes qui unissent, dans cerveau, la sensation du plaisir aux drogues addictives. Ce sont de véritables leurres pharmacologiques court-circuitant dans le cerveau les neuromédiateurs naturels pour obtenir une "récompense" fictive

En conclusion, de nombreux enseignements sont à retenir dans cette longue Histoire du cannabis : le fait majeur reste que les utilisateurs aient, de tous temps, si mal compris la gravité des faits. A l’évidence, il y a là une mission impérative pour les professionnels de la santé, mais aussi pour les enseignants et les familles, d'aider à sortir du piège les adolescents trop enclins à "brûler" leur vie.

 

 

AXEL MUNTHE, MEDECIN VAGABOND DE L'EUROPE[ii]

 

Axel Munthe, médecin et écrivain, a eu le privilège unique de vivre quatre vies successives : en Suède, en France, en Angleterre et en Italie. Il était né à Oskarshamn, sur les bords de la Baltique. Son père, un riche pharmacien lui donna très tôt une "véritable éducation européenne". En 1874, Axel commence des études de médecine à Uppsala, mais, peu après, doit partir en France, à la recherche d'un meilleur climat pour sa santé fragile. Il séjourna quelque temps à Montpellier, puis vint à Paris où il a soutenu en 1880, une thèse sur les "hémorragies du post partum", devenant ainsi le plus jeune médecin diplômé de France.

 

 

 

Dans le service du célèbre Pr. Charcot à La Salpêtrière, Axel avait fait une expérience étonnante des débuts de la psychiatrie. Il n'a cependant jamais caché sa réprobation de l'exhibition, devant un nombreux public, des malades hystériques et, après une explication orageuse avec son maitre (et, probablement, une aventure sentimentale avec une de ses malades...). Axel a choisi d'exercer la médecine générale avenue de Villiers, tout à côté du Parc Monceau. Il a ainsi connu tous les grands noms de la société parisienne de l'époque : Guy de Maupassant, Pasteur, le prince Eugène et même le grand auteur suédois Strindberg au cours d'un de ses passages à Paris.

C'est ainsi qu'il rencontre une jeune fille venue étudier la peinture à Paris, Ultima Hornberg. Il va l'épouser en 1880, mais divorcera quelques années plus tard après un long séjour en Italie.

A l'âge de 50 ans Axel va se marier à nouveau, cette fois, avec une beauté de 25 ans issue d'une famille de la haute aristocratie, Hilda Pennington-Mellor. Comme cadeau de mariage, les Munthe reçoivent un luxueux domaine en Dalécarlie, province historique de la Suède. Mais Axel ne va pas tarder à devenir quelque peu volage laissant souvent sa femme esseulée dans leur magnifique manoir: Tout se termina en 1919 par un nouveau divorce et Hilda part vivre avec ses deux fils, dans un château près de Rome, le Castello di Lunghezza.

Depuis ses plus jeunes années, Axel avait toujours eu en lui le goût des voyages et il a consacré sa vie à une errance sans fin, de Suède à l'Angleterre, de France en  Algérie et d'Allemagne en Egypte.

Cependant, la grande passion dans la vie d'Axel Munthe a été l'Italie, tout jeune encore, il avait pris une part active aux opérations humanitaires menées à Naples lors de l'épidémie de cholera de 1883. En 1890, il s'était installé comme généraliste à Rome, place d'Espagne, dans la "Casina Rossa", où avait vécu le grand poète John Keats. Il devient bientôt familier de toute la colonie étrangère de Rome donnant beaucoup de son temps aux déshérités du Transtevere.

Ayant obtenu la nationalité britannique, Axel fut médecin, de 1914 à 1916, de la Croix-Rouge britannique sur le font de la Somme. Il ramène de son expérience doulureuse: "Croix-Rouge et Croix de Fer".

Les voyages ont tenu une place considérable dans la vie de celui qu'on appelait "le vagabond de l'Europe". Il a vécu non seulement en Suède, mais encore en France, en Angleterre et plus d'un demi-siècle en Italie. Très jeune encore, il avait parcouru l'Algérie jusqu''au Sahara et par la suite, revint plusieurs fois en Egypte, pour prendre part aux fouilles du tombeau de Toutankhamon.

Capri est toujours resté au cœur du "Muntheland" : Axel Munthe y avait trouvé, à son premier voyage, une maison délabrée qui devint, après de longs travaux, la magnifique "Villa San Michele". Il a vécu près de 50 ans dans ce temple du monde méditerranéen et sa lumière où, tout au long de l'année, se succédaient les plus célèbres visiteurs et, parmi eux, le futur roi Gustave V de Suède et son épouse, Victoria de Bade à qui les médecins avait recommandé "une cure en climat méditerranéen". De 1892 jusqu'à sa mort en 1930, Axel a été le médecin personnel de la reine qui partageait sa passion pour les animaux : ils avaient tous deux créé un sanctuaire ornithologique à Capri, sur le mont Barbarossa. Beaucoup a été écrit sur leurs relations véritables mais tous deux ont toujours témoigné de la plus grande réserve sur leur vie privée.

Les Mémoires d'Axel Munthe publiées en 1929, sous le titre "Le livre de San Michele", ont obtenu d'emblée un énorme succès d'édition: douze éditions de la version anglaise originale suivie de 45 éditions en langues étrangères. C'est une suite de courts épisodes, résumant la vie de l'auteur selon la technique du "flash back" cinématographique. Toutefois, dès la préface, Axel tient à le préciser "certains des épisodes de ce livres se situent sur l'étroite frontière séparant le réel de l'irréel de l'irréel, entre le rêve et les faits"

Autres lovres : "Hommes et bêtes, lettres d'une ville en deuil et Croix Rouge, Croix de fer

En 1939, à 82 ans devenu presque aveugle, Axel avait dû quitter Capri pour retourner dans son pays brumeux. Médecin officiel de la cour, il vécut désormais dans le château royal de Stockholm et c'est là qu'il mourut en 1949. Selon ses volontés, ses cendres ont été dispersées au large de la côte ouest de la Suède, dans le Skagerrak.

La vie d'Axel Munthe est remplie de contrastes et de paradoxes : médecin et homme de lettres, mondain tout dévoué aux déshérités, grand voyageur et grand séducteur. Il lui sera toutefois beaucoup pardonné car sa compassion était sans limites, pour les êtres humains comme pour les animaux ...

 

 

LES MEDECINS DE VENISE

 

 

Ce livre est un hommage aux médecins de Venise : Venise est une ville pleine de mystères et l'Histoire de ses médecins garde bien des secrets.

Le premier grand médecin de Venise fut sans doute Thomas Rangone, guérisseur de syphilis, mécène des Arts (Le Tintoret l'a plusieurs fois placé au centre de ses tableaux…) et devin (il avait fait fortune avec son livre intitulé "Comment vivre cent ans"…) : sa statue trône encore au fronton de l'église San Giuliano, tout près de la célèbre "Mercerie".

L'Histoire de Venise et de Padoue, sa sœur jumelle, montre bien la place qu'y ont pris, pendant des siècles, leurs médecins :

A l'"Age d'or" de Venise apparait une impressionnante galerie de médecins : d'Alessandro Benedetti, grand chirurgien militaire, à Charles Patin, le reprouvé de la Cour de Versailles, en passant par Bernardino Ramazzini, celui qui a créé la médecine du travail. Citons encore l'inventeur de la médecine expérimentale, Santorio Santorio, Nicolò Massa le "Rouvière de Venise" dont la Traité d'anatomie resta pendant des siècles la "Bible" des étudiants en médecine, syphiligraphe et poete, Giovanni-Domenico Santorini qui naquit et mourut à Venise où il avait charge de l'Ospedaletto, le petit hôpital situé tout près de la Basilique San Zanipolo. .:

A Padoue, depuis le XIIIe siècle, l'Ecole de médecine est restée au premier rang des Universités d'Europe, avec des enseignants "vedettes" tels d'Acquapendente qui créa le premier Amphithéâtre d'anatomie d'Europe, Giovanni Morgagni, fondateur de l'anatomie pathologique et Vésale, le grand anatomiste.

Pendant longtemps, Venise a gardé des liens étroits avec l'Orient : nombre de médecins, au terme de leurs études allaient s'installer dans les possessions vénitiennes de la Méditerranée orientale tels Guido da Bagnolo, le médecin des rois de Chypre, Andrea Alpago, celui qui fit connaître Avicenne, Prospero Alpini, médecin du consulat vénitien du Caire fondateur de la botanique tropicale et Jacopo Pilarino qui ramena de Smyrne la vaccination antivariolique et la fit connaitre à travers toutes l'Europe.  Grâce à Blase Cendrars et son livre "Bourlinguer" le "médecin" aventurier vénitien des Indes du XVIIème siècle, Nicolò Manucci, a connu une nouvelle vie.

Un chapitre trop méconnu de l'Histoire de Venise est celui des médecins juifs chassés par les persécutions espagnoles. Ils arrivèrent nombreux à Venise pour y être enclos dans le tristement célèbre "ghetto " : ainsi, David de Pomis et Isaac Cardoso. Le premier d'entre eux, Pietro d'Abano, apôtre d'une réconciliation entre  judaïsme, Islam et chrétienté était tout désigné à tomber victime des persécutions religieuses : il fut déféré devant l'inquisition pour un double crime : avoir publié les œuvres du rabbin Aben Ezra et croire en une mécanique céleste mue par les astres et non les anges.

Les "hôpitaux" de Venise ont longtemps servi de "temples" à la musique sacrée : ainsi, les Mendicanti, l'Ospedaletto et La Pietà du quai des Schiavoni, où l'on venait de partout entendre les chœurs dirigés par le grand Vivaldi.

Venise, grand port de l'Orient, était ville ouverte à  toutes les épidémies et ses médecins ont souvent montré, au péril de leur vie, un dévouement exemplaire. Ainsi, lors de la Grande peste de 1345, mais aussi, en 1575, en 1530 et aussi  lors des nombreuses épidémies de choléra ou de typhoïde. C'est à Venise qu'est née l'idée d'une prévention sanitaire collective avec la création des trois "Lazarets" disséminés dans la lagune .

Un chapitre du livre est consacré aux "médecins touristes" et ils ont été nombreux.

Le premier est sans contexte le Dr Jacob Spon, médecin érudit et numismate, le grand ancêtre des touristes de Venise : en 1675, il arpenta en tous sens la ville, avant de s'embarquer pour la Grèce.

Bien d'autres noms peuvent être cités, tels le grand médecin et poète, Fréderic Schiller : Venise ne fut pour lui qu'un rêve mais superbement décrit dans son "Prince de Venise".

Le Dr. Anton Tchekhov, au lendemain de sa cruelle expérience des "camps de la mort" en Sibérie, vint, lui aussi, "tourister" à Venise et laissa dans sa correspondance le  récit enthousiaste de ses impressions de voyage

Le Pr. Adrien Proust, grand spécialiste des maladies tropicales, venait souvent en congres à Venise et finit par acquérir pour la ville une passion qu'il fit partager aux siens : Marcel Proust accompagné de sa mère (et de son grand ami Reynaldo Hahn) vint en 1890, visiter la cité de ses rêves. Il y retourna en 1900, pour un dernier voyage, mais cette fois, seul.

Le Dr. Freud était passionné par Venise et il y vint souvent : "Notre cœur tend vers le Sud" répétait il dans ses lettres. Accompagné de sa femme, de son frère ou, à son dernier voyage, de sa fille, Anna, la future psychanalyste, Sigmund ne fit pas moins de six voyages à Venise : le charme mélancolique de la lagune lui faisait évoquer le Léthé des Anciens, la rivière des morts où tout finit par s'oublier.

Le Dr. Léon Daudet écrivain objet de bien des polémiques actuelles, vint en famille séjourner à l'hôtel Danieli mais son père, le grand écrivain Alphonse Daudet, contracta une typhoïde après avoir dégusté un plat de fruits de mer au Lido et dut être rapatrié d'urgence. De retour à Paris, Léon tomba à son tour malade et dut rester plus d'un mois alité : il n'en garda pas moins intact son amour pour Venise où il revint plus tard, résident du Palazzo Vendramin Calergi, devenu de nos jours…le casino des jeux de Venise.

Le Dr. Destouches, plus connu sous le nom de Céline, n'a laissé sur Venise  que quelques lignes sarcastiques dans son "Voyage au bout de la nuit" : "... j'y fus savez-vous à Venise dans ma jeunesse, mon jeune ami... Mais oui ! On y dépérit aussi bien de faim qu'ailleurs... Mais on y respire une odeur de mort somptueuse qu'il n'est pas facile d'oublier par la suite...".

Arthur Schnitzler, médecin de Vienne et auteur à succès, se voulait, dans ses œuvres (et dans la vie) fervent disciple du séducteur patenté de Venise, Giacomo Casanova. Hélas, Venise se révéla fatale à sa fille bien-aimée et lorsque Schnitzler y revint, ce fut en pèlerinage au cimetière du Lido.

A la fin du livre arrivent les médecins venus à Venise pour y convoyer leurs malades Ils sont légion, ainsi, le Dr. Aglietti, médecin de Lord Byron, le Dr. Munthe accompagnateur de la future reine de Suède et le Dr Pagello, médecin du "couple infernal" Musset et George Sand.

Le livre se clôt sur un pèlerinage aux trois églises dédiées aux Saints patrons médecins de Venise: St Panteleimon, "le tout miséricordieux", St Luc "l'évangéliste" et Ste Lucie, "la protectrice des aveugles et des malvoyants".

Dire adieu à Venise, "Ville des rêves et rêve de Ville" est un moment éprouvant. Venise a légué, au fil des siècles, un message de splendeur et de séduction mais aussi, en atteste chacun des chapitres de ce livre, de ténacité et de courage. La destinée de Venise a été grandiose, personne n'en disconviendra, mais ses médecins y ont beaucoup aidé.

 

LA PHARMACOPEE BRESILIENNE

DE LOUIS NAPOLEON CHERNOVIZ (1812-1881)

 

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(Editions Naudé, Paris, 2009)

 

Louis Napoleon Chernoviz, est un médecin polonais qui avait trouvé refuge en France après la tentative de révolte à Varsovie en 1831.

Une fois acquis à Montpellier son diplôme de docteur en médecine, il obtint en 1840 du roi Louis Philippe d'être envoyé en mission au Brésil auprès de l'empereur Dom Pedro.

Après  une carrière médicale brillante à Rio de Janeiro, il entreprend durant son séjour au Brésil la rédaction de plusieurs ouvrages de vulgarisation  médicale qui allaient faire sa célébrité

 

Le Formulaire de médecine 

En 1841, Chernoviz avait publié un Guide médecine populaire, le Formulário Guia Medico, qui rencontre un succès considérable auprès d'une population encore largement dépourvue de médecins. Ce livre, assorti d'une iconographie importante, présente un large ensemble de plantes indigènes du Brésil en détaillant leurs indications thérapeutiques.

 

Les plantes médicinales du Brésil

Parmi un total de plus de 200 plantes médicinales

Ipeca Psychotria (Ipecacuanha) anti-diarrhéique, expectorant et émétique

Anacardium occidentale (Cajueiro) traitement du diabète

Jacaranda caroba (Caroba) traitement des  maladies vénériennes

Louis Napoleon Chernoviz  fondateur de l'ethnopharmacologie moderne

 

Le précurseur   de la médecine des plantes

Au XIXème siècle, le siècle du scientisme triomphal : les plantes médicinales avaient perdu tout crédit auprès de la communauté scientifique. La phytomédecine était considérée comme une pratique empirique réservée, au mieux, aux herboristes, au pire aux charlatans.

Le mérite de Louis Napoléon Chernoviz est d'avoir compris l'intérêt d'une exploration systématique des plantes médicinales traditionnelles du Brésil.

C'était jeter les bases d'une nouvelle discipline : l'ethnopharmacologie, complément d'une ethnobotanique qui  étude de façon  interdisciplinaire les matières d'origine végétale, les savoirs et les pratiques s'y rattachant, proposées à des fins thérapeutiques, curatives, préventives.

Brésil terre d'élection de l'ethnopharmacologie

Plusieurs travaux botaniques avaient été publiés dès le début du XIXème siècle, sur la flore brésilienne notamment par Saint-Hilaire dans son Livre des Plantes usuelles du Brési (1824) et Carl Frederich von Martius, dans Systema De Materia (1840)

Les publications de Chernoviz qui datent de 1841 tiennent une place toute particulière en présentant une étude systématique des plantes du Brésil et de leur propriétés pharmacologiques.

A la suite sont venues de nombreuses publication, en particulier Joaquim Monteiro Caminhoá auteur d'une Botánica de Elementos Geral e Médica (1877),et Theodor  Peckolt avec son Historia das plantas e Medicinaes Úteis do Brazil (1884)

 

Perspectives actuelles de développement de l’ethnopharmacologie brésilienne

On ne saurait minimiser l'ampleur des problèmes posés par l'exploitation thérapeutique des plantes médicinales de la pharmacopée vernaculaire : une première étape en laboratoire doit s'assurer du bien-fondé des thérapeutiques léguées par la tradition et en isoler les principes actifs.Vient ensuite une stratégie complexe de développement industriel préalable à une éventuelle mise sur le marché pharmaceutique

Cependant l'OMS a clairement pris position en faveur d'un développement des recherches ethno-pharmacologiques : en avril 2009 la Division de la médecine traditionnelle de l'OMS a reconnu la valeur thérapeutique des médications traditionnelles d'Amérique du Sud et recommandé le principe d'une évaluation basée sur des essais pharmacologiques.

Mais beaucoup reste à faire !

 

Conclusions

La flore de l'Amérique, en raison de sa biodiversité, possède  un potentiel unique au monde de recherches  pharmacologiques futures

C'est le grand mérite de Louis Napoléon Chernoviz de l'avoir, le premier, révélé. 

Une coopération entre la France et le Brésil dans ce domaine est plus que jamais souhaitable

 

 

LES MEDECINS ET LA POLITIQUE

(A paraitre)

 

http://alarecherchedejeanjaures.blogs.nouvelobs.com/media/01/02/640192386.jpg

 

De tout temps, les médecins se sont intéressés à la politique, c'est leur vocation même de venir en aide au bien-être de  leurs semblables.

En politique, cette participation a pris au fil des siècles, les caractères les plus divers, simple conseiller ou dirigeant politique laissant une empreinte forte dans la vie du pays

Au total c'est une galerie de plus de 300 médecins politiciens de toutes époques et de tous pays qui est présentée dans ce livre

 

Les buts de ce livre

Une première tache était de définir le terme de "médecin politicien" : S'il est aisé d'expliquer ce qu'est l'art de guérir[1], il n'est pas si facile d'apporter une définition précise au terme de "politicien".

Dans ses origines grecques, "politique" se référait à la vie d'une communauté ou d'un groupe social mais, dans une acception moderne,   la politique s'entend, avant tout, comme l'art d'exercer le pouvoir.

Ce livre présente donc la galerie  des médecins ayant, par une action d'ordre politique,  profondément marqué leur époque.

Pour chacun des personnages sont regroupées les données "de base" suivantes : en premier lieu, date de naissance, durée de vie, sexe, pays d'origine et résidences ultérieures. Vient ensuite l'activité médicale : études médicales, formation postuniversitaire, date et intitulé de la thèse de doctorat et carrière  médicale. A ce niveau, un des problèmes rencontrés a été la difficulté de retrouver dans les documents du passé, la différenciation qui nous est familière entre "généralistes" et "spécialistes".

 

L'engagement politique

Vient enfin le point majeurs de cette étude : l'engagement politique et ses modalités.

Cette activité politique n'a parfois laissé que peu de traces : c'est le cas d'Abd el Nour, Pozzi, Chris Barnard, Eugene Doyen, Franz Fanon, Littré, Richet et bien d'autres.

Pour d'autres, la politique a centré toute leur existence bien qu'ils n'aient jamais exercé de fonction officielle : Aboulker, Carrel, Céline, Debré-Ritzen, Kahn, Mandeville, Menetrel ou Rizal .

Dans de nombreux cas, la médecine n'est resté qu'un lointain souvenir d'études . C'est le cas de 31 des "médecins politiciens" n'ont jamais utilisé leur diplôme, soit près de 10 % : Guevara, Houphouet Boigny ou Salvatore Allende.

Dans nombre de cas, le médecin a exercé une responsabilité politique précise : on en trouvera le détail au niveau de chacune des entrées de la galerie mais aussi, à la fin de l'ouvrage, dans les index différenciant les différents types de responsabilités politiques : locale, parlementaire, ministérielle, voire présidentielle.

Ici, la difficulté n'est pas de définir la place occupée par les médecins sur le classique échiquier politique : "droite", "gauche" et "centre", que reconstituer le chemin souvent sinueux des engagements d'une carrière de politicien.

 

Une galerie de plus de 300 médecins politiciens

Au total est présentée une galerie de 333 médecins politiciens sont présentées, de toutes époques et de tous pays .

Cette galerie est organisée selon un ordre alphabétique : Il s'agit d'un choix réfléchi pour assurer toute l'objectivité souhaitable à la présentation de ces personnalités issues de deux disciplines fascinantes par leur diversité, tout en nuances et demi-teintes, la médecine et la politique.

Près de la moitie des 333 médecins de cette étude sont nés en France. Il faut d'abord y voir un problème d'accès aux données biographiques étrangères : faute de données exploitables, le nombre des médecins politiciens nés à l'étranger listés dans notre étude se limite à seulement 171.

Leur répartition est étalée sur un vaste ensemble de pays  : 23 sont originaires des Etats Unis, 15 du Canada 14 de Grande-Bretagne. Les autres pays : Allemagne, Australie, Japon, Russie, Afrique du sud et Brésil ont chacun moins de 5 représentants.

En annexe est un index détaillé de la répartition des médecins politiciens par pays.

On ne trouvera dans  notre étude, que 20 femmes soit moins de 7 % % de l'ensemble.

L'explication est simple : dans l'ensemble des pays, sauf en Scandinavie, très peu de femmes envisagent la carrière politique...

Dans les données biographiques vient n premier lieu, date de naissance, durée de vie,

Près de la moitié des médecins politiciens présentés sont nés avant le XXème siècle : 32 avant 1800 et 111 au XIXème siècle, entre 1800 et 1900. L'autre moitié concerne 128 médecins politiciens nés au XXème siècle, dans sa première partie et 51 nés après 1950. Il apparait ainsi que le concept de "médecin politicien" est fortement lié à l'époque moderne

Pour l'ensemble des personnages figurant dans notre étude : l'âge moyen est de 66.8 ans mais ce chiffre mérite quelques commentaires.

II existe une différence notable entre hier et aujourd'hui et plus encore entre l'âge des médecins déjà décédés et ceux qui sont toujours en vie à notre époque : Parmi les 194 médecins décédés (60 % des noms), la durée moyenne de vie s'est située autour de 70.5 ans mais parmi ceux qui sont encore en vie, et c'est près de 40 % de l'ensemble, l'âge moyen est de 65.8 ans, ce qui souligne la notion bien établie d'un allongement de la longévité.

 

L'activité médicale des médecins politiciens

Comme on pouvait s'y attendre le nombre des généralistes vient en tète avec 98 noms, soit un tiers environ de l'ensemble. Cependant, nous l'avons vu, il faut tenir compte des difficultés d'interprétation du mot "généraliste" à travers les siècles. Rappelons le à nouveau : pendant longtemps, médecine et chirurgie n'ont fait qu'un.

La chirurgie avec 75 noms vient ensuite, représentant près d'un quart de toute la galerie : il s'agit en grande majorité de chirurgie générale : 41 cas, les autres formes d'exercice chirurgical sont fortement minoritaires

Venons en à ce que nous appelons, à notre époque, "spécialités médicales" : là encore, l'interprétation des chiffres apparaitra quelque peu hasardeuse puisqu'on le sait, la notion de spécialité n'est apparue qu'assez tard. On observera, peut être avec quelque surprise, qu'après la chirurgie, la spécialité la plus souvent exercée par les médecins politiciens a été la psychiatrie (14 noms) suivie par la gynécologie-obstétrique (14) puis, cancérologie, cardiologie, ophtalmologie et santé publique (6 représentants de chacune de ces spécialités)

Les autres spécialités ne concernent qu'un nombre réduit de médecins politiciens :

Il est remarquable que plus d'un quart des médecins politiciens de cette étude aient exercé une fonction universitaire : 79 au total dont 45 concernant la France.

Venons en aux médecins personnels, médecins escorteurs de différentes personnalités : Dix médecin politiciens entrent dans cette catégorie, en voici la liste

 

L'Engagement politique

L'Engagement politique est au cœur de l'ouvrage

Un classement approximatif donnerait les résultats suivants :

"Plutôt à gauche" (Parti Socialiste ou assimilés, Parti Communiste, Parti Démocrate des Etats Unis) : 21 %

 "Plutôt à droite" (RPR UDF UMP Parti Libéral Parti Conservateur Parti Républicain des Etats Unis) "Plutôt au centre" (Parti Indépendant, Parti Radical et radical socialiste )  28 %

"Aucun parti défini" 2  %

On trouvera le détail dans les annexes

Il apparait ainsi la réalité d'un équilibre relatif entre "gauche" et "droite" qu'on retrouve chez les médecins politiciens en France

 

 

Spécificités de la situation française

Le total de médecins politiciens français est de 153 sur un total de 333, un peu moins de la moitié . Il faut souligner la place importante des chirurgiens parmi les médecins politiciens français mais aussi l'âge des médecins politiciens français légèrement supérieur à celui de l'ensemble es personnages de cette étude.

Sur le plan des "étiquettes politiques", la répartition des différentes "étiquettes" politiques en France confirme l'équilibre entre "gauche " et "droite" qui a jusqu'ici été la règle dans toutes les démocraties. Voici les données apportées par notre étude : politiciens situes plutôt à gauche : 27 %, plutôt à droite : 35 %,  plutôt au centre : 38 %,  sans engagement politique précis  2 %...

 

Commentaires

Un premier commentaire est la persistance jusqu'à notre époque d'un équilibre relatif entre médecins et politiciens, en place depuis des siècles

Cet équilibre était basé sur une véritable "allégeance" du médecin à la société, impliquant  des rapports spécifiques entre médecins et la politique.

A l'heure actuelle un nouveau type de médecin est apparu : le  médecin politicien et se profile sans doute à l'horizon le risque d'une  "médicalisation" de la Santé publique

Un question domine : les  politiciens vont ils prendre le contrôle de la médecine ?

 

Conclusions

En définitive, deux conceptions s'affrontent, sur le rôle du médecin sur la société :

. D'un côté, le rôle traditionnel du médecin qui se consacre à la tâche d'améliorer par tous les moyens de son art, la condition des malades, et à trois niveaux :

 restaurer la santé par les thérapeutiques médicales et les techniques chirurgicales

 assurer la prévention des états pathologiques

 soulager les souffrances des malades

. De l'autre côté, la médecine proposée comme produit de société, idée de plus en plus répandue dans le monde moderne, pour assurer le bien être de chaque individu grâce à  une politique de santé publique placée sous la dépendance directe de l'Etat.

Jusqu'ici, existait un équilibre subtil mais efficace entre les responsabilités que le médecin doit assumer pour porter ses soins aux malades et les efforts que fait la société pour participer à la prise en charge des maladies.

Il reste à espérer que cet équilibre pourra perdurer : Médecins et politiciens sont condamnés à vivre et travailler ensemble

 

 

LES MEDECINS AU CINEMA

A paraitre

 

 

Depuis les débuts du cinéma, les histoires de médecins ont fasciné les cinéastes, les artistes et, plus encore, le public.

Notre étude porté sur 150 "films de Médecins" réalises durant la deuxième partie du XXeme siècle en Europe, aux Etats Unis, au Mexique et en Amérique du Sud.

Trois groupes principaux sont présentés ici : les "médecins héros" (tels "Brief Encounter" (1945), "The story of Dr Wassel" (1944) et "Il est minuit, Dr Schweitzer")(1952), les "médecins comiques" ("Knock" (1950), "Mash" (1970), "Dr Patch Adams")(1999) et les "médecins aventuriers" ("Arrowsmith" (1932), "Les Orgueilleux" (1953) et "The last King of Scotland")(2007)

Le cinéma a beaucoup changé durant le dernier cinquantenaire: à l'heure actuelle,  les "films de médecins" sont pour la plupart basés sur la vie à l'hôpital et dans les services d'urgence tels The Hospital (1971) et (Doctors Hospital) (Universal TV 1975-1976).

Le médecin, lui même, n'est plus ce qu'il était : le généraliste a cédé la place au spécialiste, qu'il soit chirurgien (Grey's Anatomy)(ABC 2005) ou psychiatre (Dr Caligari, M le maudit, La maison du Dr Edwardes.

Une place particulière a toujours été donnée aux films de "Femme médecins", en témoignent un dezs premiers films de l'Histoire du cinéma, le film de Max Linder, daté de 1909: "Max et le médecin", mais aussi L'Histoire d'Elizabeth Blackwell et celle, plus douteuse, de James Barry, chirurgien "homme-femme"

Le fait le plus remarquable dans l'évolution actuelle du cinéma est le succès des films consacrés à la "médecin humanitaire" aussi bien sur les "grands écrans" qu''à la télévision : Aventure MSF, Revenge, Hôtel Rwanda et Kandahar.

En conclusion, le cinéma est un miroir qui reflète non seulement l'évolution des technologies de la médecine, mais aussi l'évolution de la société.

 

 

[1] Le terme latin de "medicus" est ciblé sur l'idée de remède

 

 

[ii] Dr André J. Fabre, ancien médecin du CHI de Créteil

( Société française d'Histoire de la Médecine et International Society for the History of Medicine)

40 av. Paul Doumer, Le Parc Saint Maur 94200 France, E-mail : jfabrefl@club-Internet.fr

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Date de dernière mise à jour : 01/06/2015

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