Victor Augagneur (1855-1931)

VICTOR AUGAGNEUR (1855-1931) CHIRURGIEN LYONNAIS

 A.J. Fabre          Octobre 2014 

Victor Augagneur était Lyonnais de pure souche, fils de Pierre-François Augagneur, d'abord jardinier puis régisseur à Lyon, petit-fils d'un menuisier de Saint-Laurent-en-Brionnais et d'un garde-champêtre de Vauban, à quelques kilomètres de St Laurent. .

Il fit d'abord des  études au séminaire de Semur-en-Brionnais, mais décida ensuite de devenir chirurgien.

Il entre donc à la Faculté de Lyon en 1873 et va gravir les échelons : 

Carrière médicale

 1875 : interne des hôpitaux, docteur en médecine en 1879 après avoir soutenu  une thèse sur la " La syphilis héréditaire tardive" où il développait quelques idées peu conformistes sur la prostitution et la police des mœurs

Il est nommé chef de clinique chirurgicale à la faculté de Lyon en 1881, chirurgien à l'hôpital de l'Antiquaille en 1884, Professeur agrégé en 1886, titulaire de la chaire de pathologie chirurgicale en 1894. 

Carrière politique

Tenté par la politique et fortement engagé dans ses convictions républicaines,  Augagneur va se faire élire en 1888 conseiller municipal de Lyon sur la liste d'un autre chirurgien politicien, Antoine  Gailleton[1]

En 1890 il devient adjoint à la mairie de Lyon et deux ans plus tard il se présente aux élections, avec un programme proche des socialistes indépendants (Républicains-socialistes) contre son collègue Gailleton. Il échoue à deux reprises, en 1892 et 1896, mais est finalement élu à la mairie de Lyon  en 1900.

"Victor-le-Glorieux" va y tenir un rôle important. Il commença par œuvre pour obtenir la suppression des octrois de Lyon, en qui il voyait une survivance obsolete du passé. En fait, il y d'autres taxes, en particulier sur les alcools. Augagneur entreprit également de réaliser son projet d'un "Grand Lyon"

Franc-Maçon, Augagneur fut Vénérable de la Loge "Les Amis de la Vérité" à Lyon. 

Gouverneur de Madagascar

En 1905, pour des raisons mal élucidées, Augagneur quitta Lyon pour devenir gouverneur général de Madagascar. Il renonça ainsi à la mairie où lui succéda un  jeune politicien ambitieux, Edouard Herriot qui resta maire de Lyon de 1905 à 1940.

Arrivant à Madagascar, Augagneur,  succédait au général Gallieni. Restant en poste de  1905 à 1910, il tenta de moderniser la présence française dans le pays : supprimant les cercles militaires coupables d'abus regrettables, ainsi que les offices du travail qui exploitaient à bon compte la main d'œuvre locale.

Il entreprit également de développer la production de vanille dans la région d'Antalaha, ainsi que celui du charbon de la Sakoa. Il fit installer une sérié de phares le long des cotes et développa l'enseignement secondaire

L'apport principal d'Augagneur à Madagascar reste le décret du 3 mars 1909 donnant aux  Malgaches les droits des citoyens français  

Retour à Lyon

De retour à Lyon en 1910, Augagneur reprit la vie politique. La mairie était occupée par Edouard Herriot mais restait la Chambre des députés. Augagneur retrouva sans peine, au premier tour des élections, son siège de député du Rhône.Dès lors s'ouvrait une grande carrière politique puisqu'il fut appelé en juin 1911 par Joseph Caillaux au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes puis en 1914, dans un cabinet dirigé par Viviani, à l'Instruction publiqueet aux Beaux-arts

Après la déclaration de guerre, Augagneur devient ministre de la Marine, mais après l'échec des Dardanelles, il redevint simple député, participant à d'innombrables commissions parlementaires.  

Gouverneur en AEF

Après la guerre, Augagneur  repartit en poste, cette fois comme  gouverneur de l'Afrique équatoriale française où il renouvela, de 1920 à 1923 l'organisation sanitaire de cette colonie

Sa grande œuvre demeure la construction de la ligne de chemin de fer "Congo-Océan", logue plus de 500 kms. En fait, cette réalisation ambitieuse couta fort cher en vies humaines : plus de 17.000 travailleurs indigenes. Ce drame fut denoncé avec force par André Gide qui avait visité le Congo à l'époque dans son .  et exploit  Cette ligne fut un "effroyable consommateur de vies humaines", selon André Gide dans son livre "Voyage au Congo"[2].

 Député de Lyon

Malgré tous ces voyages, Augagneur restait fidele à sa ville : il entreprit aux élections de 1928, de retrouver son siège de député du Rhône. L'année suivante, quoique septuagénaire, il repartit à l'assaut de la mairie mais la forteresse tenue par Herriot résista à cet entêtement mêlé de dépit.  

La fin au Vésinet

L'ultime combat mené par Augagneur prend place dans le havre aristocratique de la la Clinique Saint-Rémy, du docteur Besançon, 46, boulevard Carnot au Vésinet. C'est là qu'il mourra il mourra le 23 avril 1931. Son éloge funèbre fut prononcé à la Chambre par son Président, Fernand Bouisson, prononça devant les députés son éloge funèbre.

 



[1]Antoine Gailleton (1829-1904) C'est lui qui porta les premiers soins au président Sadi Carnot victime d'un attentat à Lyon en 1894,

[2]Gide A. : "Voyage au Congo" (Ed. NRF, Paris 1927)

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Date de dernière mise à jour : 14/10/2014

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