William Walker (1824-1860)

A. J. Fabre             Janvieer 2015

William WALKER (1824-1860)

William Walker était médecin, avocat, journaliste et , surtout, aventurier au destin incroyable qui l'a mené jusqu'à la présidence de l'état du Nicaragua.

Il était né, d'un père fils d'un immigrant écossais et d'une mère fille d'officier, à Nashville, Tennessee, devenu de nos jours… capitale de la "country music"…

 William Walker fit ses premières études à L'Université de Nashville où il fut diplômé (à l'âge de quatorze ans…) avec mention "summa cum laude".

 Il va ensuite poursuivre ses études dans les plus grandes universités d'Europe, d'Edimbourg à Heidelberg, en passant par Göttingen et Paris. Les explosions révolutionnaires survenues alors dans toute l'Europe ont certainement beaucoup impressionné le jeune Walker, alors âgé de 24 ans…

Walker quitte l'Europe pour retrouver les Etats Unis et obtient son diplôme de médecin à l'Université de Pennsylvanie, Il s'installe comme généraliste à Philadelphie mais décide bientôt d'opter pour le droit el part reprendre ses études à la Nouvelle-Orléans. Là encore, son expérience sera des plus brèves car sa véritable vocation est le journalisme. Il devient rédacteur en chef du grand quotidien ""New Orléans Crescent " " aux cotés du grand poète Walt Whitman qui sera bientôt licencié pour ses opinions libérales sur l'esclavage…..

 En 1849, tout va changer : Walker part pour le nouvel Eldorado des Etats Unis, la Californie, il redevient journaliste à San Francisco et conquiert la célébrité à coups de duels. Il va maintenant développer un programme ambitieux, c'est le moins qu'on puisse dire, partir à la conquête de l'Amérique latine, pour y créer de nouveaux États, les rattacher ) l'union fédérale en développant une politique résolument esclavagiste….

Passant à l'action, Walker arrive au Mexique à l'été de 1853 avec le projet de créer à Guaymas, au nord du Mexique une colonie indépendante qui servirait de frontière fortifiée, comme avait fait le Texas pour protéger le sol américain de raids indiens.

Devant le refus du gouvernement mexicain, Walker rassemble une petite armée de partisans esclavagistes, Il s'empare de La Paz où la création d'un nouvel Etat où le l'esclavage serait légal. Une résistance énergique du gouvernement mexicain va rapidement contraindre Walker à battre en retraite. De retour en Californie, Walker est déféré en justice pour violation de la loi de neutralité de 1794. En fait, Walker était devenu tellement populaire dans tout le sud et l'ouest des États- Unis qu'il fut acquitté par le jury après quelques minutes seulement de procès…

En 1854, une guerre civile éclate au Nicaragua entre les tenants du parti conservateur et les démocrates qui vont solliciter l'appui militaire de Walker, Pour contourner les lois sur la neutralité des États-Unis, un contrat est signé pour amener trois cents "colons armés" Le 4 Septembre 1855, lors de la bataille de La Virgen, Walker défait l'armée légitimiste, investit la capitale, Grenade et met en place un nouveau président, Patricio Rivas. Mais la situation va s'aggraver de façon dramatique lorsque Walker, après une élection pour le moins douteuse, prend le pouvoir en 1856. Il lancé aussitôt un programme où figure en bonne place, comme principal moteur economique, un rétablissement de l'esclavage…

Le règne de Walker ne va pas durer longtemps : en 1857, après l'intervention des armées d'Amérique centrale Walker se rend au commanda dément de l'United States Navy pour être rapatrié aux Etats Unis Arrivé à New York, Walker a été accueilli comme un héros et il organise aussitôt une nouvelle expédition, qui se termine comme les précédentes.

Le destin aventureux de Walker était proche de sa fin : il retourne une nouvelle fois dans les Caraibles, deba,rque à Trujillo, et sera arreté, cette fois, par la Royal Navy britannique. Les Anglais voyaient en Walker un redoutable adversaire aux projets d'ouverture d'un canal entre l'Atlantique et le Pacifique : Walker est livré aux autorités du Honduras, jugé coupable de préparation d'un empire personnel et executé dans les fossés du fort de Trujillo.  Il avait tout juste 36 ans

La mémoire de Walker reste toujours vivace dans le sud et l'ouest des États- Unis, où " le général Walker " est "l'homme aux yeux gris du destin" tandis, dans les Etas du nord, l'opinion publique, voit Walker comme un simple "flibustier". En Amérique latine, Walker reste l'homme qui symbolisa l'affrontement entre Nord et Sud, source de fierté nationale ou, plutôt, substitut à la guerre d'indépendance que l'Amérique centrale dont l'Amérique centrale a longtemps rêvé : au Costa Rica, en commémoration de la bataille de Rivas, le 11 avril, est un jour de fête nationale.

La vie de Walker est un sujet en or pour le cinéma : deux films (très romancés) ont été tournés : "Queimada" (parfois appelé "Burn!") réalisé en 1969 par Gillo Pontecorvo, avec Marlon Brando dans le rôle principal, et "Walker, film réalisé en 1987 par Alex Cox, qui se veut délibérément anachronique montrant des machines à écrire et des hélicoptères…

Mieux vaut relire "Autant en emporte le venté : au chapitre 48, Margaret Mitchell fait metion de la destinée de William Walker, "mort contre un mur dans Trujillo : Vous rappelez vous de William Walker ? C'était un grand ami de Rhett et je l'admirais beaucoup, malheureusement il a eu trop d'appétit….

Biographie : Patrick Deville, " Vie et mort de William Walker (2004)[1] est une biographie fortement romancée.

 

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[1] Patrick Deville, "Pura Vida: Vie et mort de William Walker" (Ed. du Seuil, Paris, 2004

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Date de dernière mise à jour : 01/01/2015

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