Histoire du cancer

HISTOIRE DU CANCER

A.J. Fabre                                                    Novembre 2015

 

Le cancer est une maladie connue depuis la plus haute Antiquité : de nombreux textes sont parvenus jusqu'à nous à ce sujet...

Hippocrate (460-370 av. J.-C.) comparait déjà les tumeurs à un crabe en utilisant les mots de "karkinos " et " karkinoma ". De fait, l'aspect de certaines tumeurs cancéreuses et de leur lacis veineux pourrait faire évoquer l'image d'un crabe et de ses pattes.

Très tôt après lui, les Anciens ont fait la distinction  entre "carcinome" induré avec ou sans ulcération et "squirre", tumeur associée à une rétraction cutanée.

Au début du XIXème siècle, le langage médical donna aux tumeurs cancéreuses le nom de "carcinome" et utilisa  la terminaison en "-ome" pour désigner les affections proches du cancer.

A notre époque, l'emploi du mot "cancer" n'est pas sans poser problèmes : il recouvre, en effet, nombre de maladies différentes avec une étiologie et des manifestations très variées et bien entendu, une orientation thérapeutique spécifique à chaque cas.

 De plus, ce mot de "cancer" a été jugé, trop souvent, comme "chargé" d'une connotation négative, faisant référence directe à la souffrance et à la mort. C'est pourquoi, la communauté scientifique de notre époque préfère utiliser le terme d'"oncologie" dans tous les domaines du cancer : étiologie, prévention, diagnostic, traitement, réhabilitation et soins palliatifs.

C'est assez dire que cette discipline ne peut se concevoir qu'au sein d'une équipe pluridisciplinaire où chacun a sa tache spécifique associée à une large connaissance de toutes les disciplines impliquées dans l'étude du cancer

Le cancer de l'Antiquité

L'Histoire du cancer, si l'on se réfère aux textes écrits,  débute dans l'Egypte Pharaonique.

Il existe quelques documents antérieurs, ainsi en Assyrie, se référant à des "tumeurs"  mais, manifestement , la frontière est ici assez floue avec la notion de  traumatisme ou de blessure.

Il faut souligner que le papyrus d'Ebers[1], datant cette fois de 1550 av. J.-C., porte plusieurs références aux "tumeurs", en particulier le conseil de s'abstenir d'enlever une grosse tumeur de la cuisse car cela risque d'être fatal au malade.

Hippocrate (460-370 av. J.-C.)

Le grand ancêtre de la  médecine, le grec Hippocrate a donné une place importante au "cancer" dans son grand livre, le  "Corpus hippocratique" [2].

il y décrit de multiples localisations aux lésions "cancéreuses": peau, sein, estomac, col de l'utérus, rectum et propose une classification sommaire mais le traitement se milite à des cautérisation ou applications d'onguents.

Une notation d'Hippocrate mérite d'être soulignée, parmi bien d'autres  : il vaut mieux ne pas traiter les cancers "occultes" car les malades ne survivaient pas longtemps à leur exérèse.

Aulus Cornelius Celsus (Celse) (25 av. J.-C. - 50 ap. J.-C.)

Écrivain romain (peut être médecin, mais ce n'est pas certain) Celse fut souvent  influencé par les écrits médicaux de Grèce et d'Egypte.

Celse note que le cancer apparait surtout dans les parties supérieures du corps : dans les régions du visage, du nez, des oreilles, des lèvres, des seins mais aussi dans des ulcérations et dans la rate.

Il décrivit plusieurs étapes dans l'évolution du cancer : d'abord,  le "cacoethes", puis le  carcinome sans ulcération et enfin, la tumeur cancéreuse "exubérante".

On notera que, d'après Celse, seuls les "cacoethes" pouvaient être traités par excision : dans les lésions plus avancées il déconseille l'usage des onguents aussi des cautérisations et excisions.

Aretaeus (Arétée) (1er siècle ??)

Aretée, natif de Cappadoce en Asie Mineure, vécut à Alexandrie durant les règnes de Néron et de Julien.

Il décrivit le cancer de l'utérus sous deux formes : ulcère infiltrant et "tumeur" se développant au sein même de l'organe.

Notation intéressante, Arétée observe que les cancers "ulcérés" ont un pronostic encore plus mauvais que les autres.

Leonidas (140 ?- 2002 ?)

La biographie de Leonidas est des plus incertaines : on sait seulement qu'il naquit à Alexandrie et vécut durant le règne de Septime Sévère (145-211)

Il s'intéressait particulièrement aux tumeurs du sein : dans son livre intitulé "Tetrabiblos", il a été le premier à décrire la rétraction du mamelon comme signe de "cancer"

Sur le plan chirurgical, Leonidas a laissé une description complète de sa méthode  de mastectomie, découpant autour du mamelon dans le tissu encore sain et cautérisant ensuite la plaie  pour éviter l'hémorragie et détruire les tissus cancéreux résiduels.

Galien (Publius Licinius Egnatius Gallienus )(130-201)

Né en Asie Mineure à Pergame, Gallien étudia la médecine en Egypte, à Alexandrie avant de venir exercer à Rome.

Ses Traités furent pendant des siècles la base de tout enseignement de la médecine

Au chapitre des tumeurs, Gallien utilise le mot "oncos" pour désigner une grosseur maligne, considérant que la cause en est un excès "d'humeur", de bile noire, qui se solidifiait dans certaines parties du corps comme les lèvres, la langue, les seins.

Sur le plan thérapeutique, l'exérèse des tumeurs ne s'envisage qu'en cas d'échec du traitement médical dont la base est l'administration de purges censées dissoudre la bile solidifiée.

Sa théorie des "humeurs" restera la base de l'enseignement médical pendant des siècles.

Après la chute de Rome et les invasions barbares : beaucoup de médecins grecs se réfugièrent à Constantinople mais le relai fur pris par la médecine Arabe.

Oreibasius (320 – 403)

Oribase, dit encore Oreibasius était né, comme Gallien à Pergame et avait, lui aussi, fait ses études de médecine à Alexandrie. Il devint par la suite médecin de l'empereur Julien.

Sa grande œuvre, les "Collections médicales" donne  une place importante au cancer. Il y décrit les tumeurs utérines telles que les fibromes et les polypes ainsi qu'un large éventail de cancers à différentes localisations, différenciant clairement  tumeurs cancéreuses et tumeurs inflammatoires.

 En ce qui concerne le cancer, il insiste sur l'intérêt d'un diagnostic précoce et d'une excision chirurgicale.

 Paul d'Egine (825-690).

Peu de choses sont connues de sa vie si ce n'est qu'il naquit dans l'île d'Egine et fit lui aussi ses études  à Alexandrie

Il a laissé un ouvrage, "De Re Medica Libri Septem"[3], où il parle longuement du "cancer" :

"Le nom vient, de ce que quand il s'est emparé d'un organe, il ne le lâche plus, de même que fait le crabe quand il s'est attaché a quelque chose

Le cancer est incurable et ne cède à aucun moyen, ni au adoucissants, qui ne changent rien à son état, ni aux remèdes énergiques, qui le rendent pire.

. Les saignées et les purgatifs sont au premier rang des moyens à employer. Dans les cancers ulcérés, on applique le suc de solanum. "

Le chapitre 67 du livre III, est consacré au cancer utérin : que le cancer soit ou non ulcéré, il préconise les applications émollientes et narcotiques.

Fin du 1er millénaire

A la fin du premier millénaire, la médecine arabe va prendre une place importante dans l'Histoire du cancer:

Avicenne (Ibn Sīnā) (980-1037),

Le célèbre médecin arabe Avicenne était né dans l'actuel Ouzbékistan actuel, à Afshéna, près de Boukhara  et il mourut en Perse à Hamadan.

Personnalité hors de pair, il fut à la fois philosophe, écrivain, astronome et alchimiste mais surtout médecin, auteur du "Livre de la Loi concernant la médecine" connu en Occident sous le nom de Canon,

En matière de cancer, l'apport d'Avicenne est d'avoir bien défini le caractère de progression lente de la maladie, précédant la phase envahissement puis de destruction des tissus avoisinants .

Albucasis (Abu al-Qasim Khalaf) (1013-1106),

Albucasis (ou Abulcasis) fut un médecin et écrivain Arabo-Andalou, né et mort en Espagne, à Cordoue.

Sa grande œuvre est le " Livre de la méthode", qui ne comporte pas moins  de trente volumes couvrant tous les chapitres de la médecine de son temps.

Dans le chapitre sur le cancer, il recommande l'ablation de la tumeur à un stade précoce, associée à une cautérisation des tissus avoisinants et, en cas d'hémorragie, des vaisseaux afférents. En période préopératoire, venaient les recommandations classiques de "purger le patient de sa bile noire" suivies ensuite de saignées. Dans les formes avancées, Albucasis prône  l'abstention chirurgicale considérée comme dangereuse..

Abu Marwan Ibn Zuhr (Avenzoar) (1070-1162)

Avenzoar était, lui aussi, Arabe d'Andalousie, né à Séville d'une famille de médecins où l'on était médecin de père en fils.

Son œuvre principale est le livre intitulé "Livre de la simplification des traitements et régimes".

Il y consacre plusieurs chapitres au cancer, en particulier les "tumeurs  de l'estomac et aussi, de l'intestin, puisqu'Avenzoar a laissé pour l'Histoire la première observation détaillée des "tumeurs de l'intestin.

Le Moyen Age

John Arderne (1307-1390)

John Arderne qui avait pris part en tant que chirurgien à de nombreux combats de la Guerre dite de Cent Ans,  est le fondateur de la chirurgie anglaise

Dans son "Liber medicinalis", Il décrit les symptômes de plusieurs localisations cancéreuses et notamment du cancer du rectum avec ses hémorragies et sa constipation opiniâtre.

Faisant preuve d'une rare franchise, il avoue n'avoir jamais pu obtenir, dans ce domaine, une seule guérison.

Guy de Chauliac (ou Guido de Cauliaco) (1300-1370),

Chauliac était né dans le Languedoc et fit ses études à Toulouse puis Montpellier, grande ville universitaire du Moyen Âge.

Il a laissé un traité de chirurgie, "Chirurgia Magna",  publié en 1363

En annexe ("Auxiliaire" , il traite de ce qu'il appelle "l'apostème chancreux" : "Le cancer qui n'est pas ulcéré est une tumeur ronde, dure, parsemée de veines d'une couleur brune, crossant en peu de temps fatiguant sans cesse le malade…est une affection très-pernicieuse…qui attaque souvent les mamelles et les parties glanduleuses des femmes, quand elles n'ont plus leurs ordinaires et des hommes, quand après avoir été sujet au flux des hémorroïdes, l'écoulement a cessé" . Dans un chapitre suivant, il exhorte à ne pas traiter les cancers dits occultes parce que "les personnes qui en sont affligées meurent plus tôt si on les traite que si on ne les traite pas…""

Médecins Polonais de l'Hôpital du St Esprit à Varsovie

Construit en 1442 le " Szpital Świętego Ducha" est probablement le premier hôpital d'Europe a avoir pris en charges les malades cancéreux

La Renaissance - 16ème siècle

Durant cette période la chirurgie va prendre un développement considérable. A l'évidence,  la pratique des autopsies, enfin autorisées, allait bouleverser la connaissance anatomique livresque du Moyen Age.

Gabriel Fallope (Fallopius) (1523-1562)

Fallope naquit à Modène en Italie et fut élève de Vésale à Padoue avant de devenir  ensuite professeur d'anatomie dans ce lieu.

Il décrivit plusieurs variétés de cancer sans pour autant proposer de traitement autre que l'excision et la cautérisation des lésions récentes. Il traitait les lésions avancées avec différents onguents

Gaspare Aselli (1581-1625)

Aselli, médecin à Crémone, découvrit l'existence du système lymphatique.

Dans son livre, " De lactibus, sive lacteis venis, quarto vasorum mesaraicorum genere, novo" il se révèle grand précurseur, exposant  que le cancer a sa source dans les voies lymphatiques

Jean Pecquet (1622-1674)

Jean Pecquet, natif de Dieppe, fut le premier à décrire le canal thoracique, collecteur principal des vaisseaux lymphatiques, publiant ses travaux en 1653 dans un livre intitulé " De Thoracicis Lacteis"

Malgré les travaux de ces deux grands précurseurs, il fallut ensuite attendre longtemps avant de comprendre combien le rôle du système lymphatique est important dans l'évolution du cancer et que l'ablation des ganglions lymphatiques locorégionaux est une composante  essentielle dans la thérapie du cancer.

Fabricius Hildanus (Wilhelm Fabry) (1560-1634),

Fabry, le grand ancêtre  de la chirurgie allemande" exerça surtout à Berne en Suisse

Dans son livre sur l'anatomie ("Von Der Fürtrefflichkeit und Nutz Der Anatomy", Il a laissé de nombreuses descriptions du cancer.

Fai notable, Fabry préconisait une dissection large   de ganglions lymphatiques axillaires de patientes atteintes de cancer du sein.

Marco Aurelio Severino (1580-1656)

Severino était né en Calabre et fit toute sa carrière à Naples

Son grand oeuvre" De abscessuum recondita natura. Libri VIII." ("Abcès cachés") englobe toutes les variétés de tumeurs sous le nom d "abcès".

Il exposait  cependant en détail le diagnostic différentiel des différentes tumeurs bénignes et malignes du sein. Il fut un des  premiers à illustrer ses exposés avec des dessins. On ne manquera pas de relever ses conseils  d'enlever les tumeurs bénignes car elles risquaient de dégénérer

Il fit également des descriptions détaillées de ce qui serait plus tard dénommé "fibro adénome".

Johann Schultes (1595-1645)

Célèbre chirurgien d'Ulm, Schultes s'est beaucoup intéressé à l'instrumentation de sa discipline mais aussi au traitement des tumeurs

Dans son "Armamentum Chirurgicum" publié en 1645, il a dressé la liste des instruments nécessaires à l'amputation du sein en présence de cancer .

Daniel Sennert (1572-1637)

Chirurgien de Wittenberg, il a consacré au "cancer" un long chapitre dans son  "Institutiones medicinae" publié en 1611."

Son apport est d'avoir osé réfuter la croyance dans la contagiosité du cancer : il n'hésita pas à ouvrir largement son hôpital aux cancéreux trop souvent considérés à son époque, comme contagieux.

Jean Godinot (1661-1739)

Jean Godinot, chanoine de Reims fit construire en 1740 un hôpital, l'Hôpital St-Louis, pour y accueillir les malades cancéreux.

C'était aussi un grand propriétaire de vignobles Champenois et il publia en 1748 un ouvrage (non signé) qui fait encore référence " Manière de cultiver la vigne et de faire le Vin en Champagne"

Henri Francois Le Dran (1685-1770)

Le Dran, chirurgien chef  à l'hôpital de La Charité à Paris, fut un des premiers chirurgiens spécialisés dans e traitement des "cancers".

Dans son "Traité des opérations de chirurgie" publié en 1742, il expose que la maladie débute localement et gagne ensuite par les canaux lymphatiques vers les ganglions lymphatiques et peut atteindre les poumons.

Il est intéressant de noter que Le Dran préconisait l'excision de la tumeur et des ganglions lymphatiques axillaires et déconseillait toute application d'onguents sur les tumeurs

.Xavier Bichat (1771-1802)

Grand anatomopathologiste du XIXème siècle, a développé le concept de tumeurs secondaires formées loin de la tumeur initiale via le système lymphatique ou sanguin, les " métastases,"

Dans son ouvrage "Exposé des doctrines et de la pratique de P.J. Desault", Bichat exposait que les différentes localisations du cancer ne sont qu'une seule et même maladie touchant le même tissu mais dans différents organes.

Giovanni Battista Morgagni (1682-1771)

Morgagni fut le véritable initiateur de l'anatomopathologie moderne.

A ce qu'assurent ses biographes, il avait  pratiqué de sa main plus de 700 autopsies durant sa carrière et il acquit ainsi une expérience considérable sur les cancer du sein, de l'estomac, du rectum et du pancréas.

Dans son ouvrage "De Sedibus et Causis Morborum", Morgagni exprime avec force sa conviction que le seul traitement efficace des cancer soit la chirurgie.

Matthew Baillie (1761-1823),

Célèbre anatomopathologiste écossais de la fin du XVIIIème siècle, Baillie  publia en 1793 " The Morbid Anatomy of Some of the Most Important Parts of the Human Body". Il déclare  n'avoir jamais observé la "bile noire" rendue célèbre   par Vésale mais en revanche,  des cancers du poumon "gros comme une orange", des cancers de l'estomac "ayant toute l'apparence d'un champignon" et des cancers du testicule décrits comme: "un profond ulcère puant"

Bernard Peyrilhe (1735-1804),

Chargé de la chaire de chirurgie à la faculté de Paris, Peyrilhe s'intéressa durant toute sa carrière au cancer.

Il connut la célébrité en tentant d'inoculer à un animal des fragments de tumeur du sein prélevés sur une malade. L'expérience tourna court quand le chien développa sur le site de l'injection non pas une tumeur un abcès volumineux abcès.

Peyrilhe tient cependant une grande  place dans la galerie des médecins du cancer. Il fut un des premiers à comprendre que le foyer initial du cancer se propage par les canaux lymphatiques et il mit au point une technique de mastectomie qui comportait une  large excision du muscle "grand pectoral" et la dissection des ganglions lymphatiques axillaires.

John Hunter (1728-1793)

John Hunter fut un des plus grands chirurgiens de son siècle et un musée lui est consacré au "Royal College of Surgeons of England"

Il observa que les localisations les plus fréquentes des tumeurs cancéreuses étaient : le sein, l'utérus, les lèvres, le nez, le pancréas, le pylore gastrique et les testicules.

Il fut surtout le premier à évoquer l'hypothèse d'une prédisposition génétique au cancer

Le XIXème siecle

Astley Paston Cooper (1768-1841)

Élève de Hunter il s'intéressa particulièrement aux tumeurs du sein et  fut le premier à décrire l'existence de kystes bénins du sein et ce qu'est à présent reconnu comme " mastopathie fibrokystique "

Sir James Paget (1814-1899)

Paget est considéré comme un des fondateurs, avec Rudolf Virchow, de la pathologie médicale scientifique

Son nom est resté associé à une variété d'ostéite déformante mais aussi aux localisations cancéreuses du mamelon ou de l’aréole..

Joseph Lister (1827-1912)

Pionnier de la chirurgie aseptique dans le droit fil des idées Pastoriennes, il fit beaucoup pour promouvoir l'idée d'une exérèse aussi précoce que possible des tumeurs cancéreuses du sein.

William Stewart Halsted (1852-1922)

Un des plus chirurgiens les plus illustres d'Amérique du nord, il fut le fondateur du Johns Hopkins Hospital de Baltimore

Particulièrement intéressé par la chirurgie des cancers, il a laissé son nom à la tyechnique de mastectomie radicale dont il a été pionnier

Époque contemporaine

Le cancer d'abord considéré comme une maladie de l'organisme, puis du tissu, devint à partir du XXème siècle, maladie de la cellule et de son noyau caractérisée par une multiplication anarchique des cellules. Les centres de cancer apparaissent un peu partout en Europe avec, pour la première fois, approche multidisciplinaire du cancer : chirurgie, rayons X, laboratoires de recherches et chimiothérapie, pour combattre la même maladie.

La découverte en 1895 des rayons X et, en 1898, de la radioactivité puis de la chimiothérapie, qui utilise différentes drogues pour tuer les cellules malignes, vinrent faire progresser de façon spectaculaire les connaissances et le traitement du cancer.

Par la suite arrive  l'immunothérapie, qui aide l'organisme à attaquer les cellules néoplasiques et la mise au point de marqueurs biologiques permettant une détection, mais aussi, en imagerie médicale, la mise en service  d'appareils de sophistiqués et performants (IRM, Pet scan ....) et, enfin, determination du profil génétique des tumeurs afin de le corréler à l'efficacité du traitement, et d'envisager  une thérapeutique en quelque sorte "sur mesure" et donc plus efficace.

 

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[1] https://web.archive.org/web/20050226100008/http://www.macalester.edu/~cuffel/ebers.htm

[2] Œuvres complètes d'Hippocrate, trad. Émile Littré, Paris, 1839-1861, 10 vol

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Date de dernière mise à jour : 24/11/2015

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