Lettre avril 2016

²A.J. FABRE

LE T T R E D ' I N F O R M AT I O N S

H I S T O I R E DE LA M E D E C I N E

n°43 A V R I L 2016[1]

 

Sites Internet sur l'Histoire de la médecine

 

 

Clystère n° 49 – Avril 2016 (http://www.clystere.com)

Editorial : Achat en ventes publiques. Enchérir par téléphone. Réponse à Guy Gaboriau (Jacques Hotton)

L’image du mois : Une ordonnance du docteur Petiot (Stephane Merucci)

Histoire des instruments :

-L’appareil à air chaud du Docteur Miramond de Laroquette (Bernard Petitdant)

-Une curiosité : l’ozoformophore du docteur Levieux (Jean-Marie Kaiser)

Histoire de la santé :

-Discussion philosophique et éthique autour du procès des médecins nazis de Nuremberg (Xavier Riaud)

-Histoire des femmes médecins dans le monde arabo-musulman (Driss Cherif)

-La droguerie Menier, tremplin commercial pour la maison Charrière en 1860 (Alain Ségal, Isabelle Demouy)

-Médaillons et médailles de Paul Richer (1849-1933): page 50, un article consacré au Dr Paul Richer, interne de Jean-Martin Charcot et artiste, créateur notamment de médailles honorant le souvenir d'illustres confrères.( Olivier Walusinski)

Actualités

En musardant sur la Toile, Courrier des lecteurs, Nouveautés en librairie

"Odontotechnie ou l'Art du dentiste" (Réédition du livre de 1825 commentée par les Drs Jean-Pascal Durand et Xavier Riaud)

 

CNPERT Drug addiction : Lettre N° XCII Avril 2016

https://drogaddiction.com/author/cnpert/

L’interdiction du cannabis est l’élément principal de la prévention (Philippe Goujon)

Coup d’arrêt au trafic de cannabis dans les lycées

Les salles de shoots – la suite mais pas l’épilogue"

 

Le métier de clinicien : Course entre l'obésité et son expertise (Luc Perino)

http://lucperino.com/307/la-medecine-clinique-et-le-metier-de-clinicien.html

Tous les médecins de l'Antiquité avaient observé les bénéfices de la diète et de l’exercice quotidien sur la santé.

Dès la renaissance, les progrès de la clinique ont permis de démontrer les effets néfastes des excès alimentaires et de la sédentarité. Cette nouvelle expertise des cliniciens confirmait ainsi les observations des médecins du Moyen-âge et de l’Antiquité en précisant le rôle des sucres et des graisses dans l’obésité. 

Avec l’avènement des sciences biomédicales au milieu du XX° siècle, des moyens d’investigation sophistiqués ont permis de comprendre la physiologie du stockage des graisses, l’insulino-résistance, ou encore la physiopathologie de l’athérosclérose. De multiples essais cliniques, expérimentations animales et méta-analyses statistiques ont mis en évidence les effets nocifs, d’une part, de la sédentarité qui s’était aggravée, d’autres part, des excès de sucres dont la consommation avait été multipliée par dix depuis le Moyen-âge.

Devant ce problème insoluble de l’obésité, augmentons encore le nombre d’experts, poursuivons impérativement les recherches, consacrons-y une part encore plus importante du budget de la santé…"

 

"Anatomie humaine. Anatomie de la femme, Anatomie préhistorique et mythologique dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne" par Richard-Alain Jean et Anne-Marie Loyrette

http://medecineegypte.canalblog.com/

 

"Jean-André Rochoux (1787-1852) ! Un médecin philosophe à l’aube de la neurologie vasculaire" par Olivier Walusinski

Site internet http://www.baillement.com/recherche/Rochoux_JA.pdf

Ce médecin du début du XIXème est l'auteur de la première description clinique et neuro-pathologique de l'hémorragie et de l'ischémie cérébrales, basée sur des concepts fondant la neurologie vasculaire actuelle. Sa biographie révèle un penseur formé à une philosophie matérialiste à l'origine de la rigueur de son raisonnement scientifique. L'intransigeance mise à défendre ses idéaux philosophiques, et son anticléricalisme affiché, lui ont valu de nombreux contradicteurs et opposants peu enclins à favoriser une notoriété posthume construite sur la qualité, réelle, de ses travaux de recherche en médecine.

 

 

Livres et revues sur l'Histoire de la médecine

 

 "L'anonyme de Londres : Papyrus médical grec du Ier siècle" par Antonio Ricciardetto et Jacques Jouanna (Ed. Les Belles Lettres, Paris, 2016)

Le livre donne une large place à Erasistrate (310-250 av. J.-C.), né dans l'île de Ceos, un médecin dont la réputation était telle qu'il lui resta u surnom :"L'infaillible"…

 

 

 

 

 

"Napoléon 1er et ses médecins" par Xavier Riaud (Ed. L'Harmattan, Paris, 2012)

A l'époque de Napoléon Ier, un savoir médical unique en Europe se concentre sur le sol français.

La santé est réformée en profondeur par des Corvisart, Chaptal, Berthollet, Fourcroy, un enseignement hospitalo-universitaire est crée, puis, en 1808, l'Université...

Ce livre retrace l'histoire de ces hommes, des grandes réformes au sein du corps médical sous l'Empire, de la médecine à cette époque et des rapports que Napoléon Ier nourrissait avec celle-ci.

 

"La douleur au Moyen Age" ("Pain and Trauma in Middle English") (Ed. Literature and Medicine, Volume 33, N° 2, Automne 2015). Trois articles à lire :

Afficher l'image d'origine"Suicide et amour au Moyen Age" "Wearing Your Heart on Your Face: Reading Lovesickness and the Suicidal Impulse  in Chaucer" par Rebecca McNamara : Geoffrey Chaucer, poète Anglais (1340-1400) se plaisait à dépeindre les émotions de ses personnages à travers les signes de leurs corps. Il le fait en utilisant les théories galéniques. Un exemple parmi bien d'autres est l'existence de pulsions suicidaires associées à certaines formes d'amour "extrême"

"La douleur dans les drames medievaux" ("On the Unruly Power of Pain in Middle English Drama") par Suzan Nakley: la culture médiévale tardive tend à valoriser la notion de douleur et ses relations avec la punition et la recherche du bien

"La danse macabre de Lydgate et le traumatisme de la Guere de Cent ans" ("Lydgate’s Danse Macabre and the Trauma of the Hundred Years War) par R. D. Perry") : John Lydgate était un moine poète de l'Angleterre médiévale. Son grand puvrage a été le poème épioque en 30.000 vers : "Le siège de Troie" " (1412)

"Comment le cancer pénètre en nous" ("Malignancy : How Cancer Becomes Us" par S. Lochlann Jain par Lisa Diedrich 

 

"L'odontotechnie ou l'Art du dentiste" par J. Marmont (Ed. L'harmataan, Paris, 2016)

Et si poésie et médecine ne faisaient plus qu'un ?

Julien Marmont, praticien personnel de Joséphine de Beauharnais a eu l'idée surprenante de versifier un livre de conseils et de protocoles de thérapeutiques dentaires. Jean-Pascal Durand et Xavier Riaud, spécialistes de l'art dentaire, ont eu l'idée de commenter et de rééditer cet ouvrage. Après une étude épistémologique complète le livre détaille les quatre chants psalmodiés de Julien Marmont, sr l'Art dentaire, agrémentés chaque fois de notes explicatives.

 

 

Réunions et Congrès en Histoire de la médecine

 

45eme Congrès de la Société Internationale d'Histoire de la médecine (5-9 septembre 2016) (Buenos Ayres, Argentine) http://www.fmv-uba.org.ar/sihm/index.asp

Informations : Juana Azurduy, Site internet http://www.fmv-uba.org.ar/sihm/index.asp

General & Visas information : infoajc@anajuan.com

Inscriptions : http://www.eventgo.com.ar/SIHM/LogIn.dll/EXEC/0/0mtqfqh0ftk8hg11ztn0y0lin026

Communications libres: abstracts@anajuan.com

Programme Scientifique

Mg. Ana María Rosso : rossoanamaria@gmail.com

Prof. Dr. Sergio Provenzano : decanato@fmed.uba.ar

Organizing Committee Member Ms. Claudia Fernández : privada@fmed.uba.ar

Contact http://fmv-uba.org.ar/SIHM/index.asp

 

Colloque Nicolas Lémery (1645-1715) : "Une révolution en chimie et en pharmacie ? Genèse et postérité d’une œuvre "

Le 28 mai à l'Hôpital Notre-Dame à la Rose, à Lessines en Belgique.

Colloque organisé par ASBL Mémosciences, le Centre d’histoire de la pharmacie et du médicament (UCL, Louvain-en-Woluwe) et le Musée de Notre-Dame à la Rose de Lessines.

Nicolas Lemery a acquis au XVIIIème siècle une renommée internationale, après une longue vie pleine de découvertes de médicaments nouveaux, de voyages et de persécutions religieuses. Il était membre de l’Académie des Sciences. Il préconisa la clarté de l’instruction, l’abandon du "langage barbare" et les procédés logiques de préparation des médicaments.

 

Journee anniversaire des Editions l'Harmattan (Collection " médecine à travers les siècles""

Samedi 12 Novembre 2016 aux Éditions L'Harmattan

Communications

9h00 – Accueil des auteurs.

9h15 – Xavier Riaud " Présentation et bilan sur 10 ans d’existence de la Collection Médecine à travers les siècles ".

9h30 – Vincent Bouton " La méningite de François II ".

9h45 – André Fabre " De grands médecins méconnus ".

10h00 – Michel Germain " Histoire des tables chirurgicales ".

10h15 – Gilbert Guiraud " André Breton, médecin malgré lui ".

10h30 – Serge Kernbaum " Alastrim ".

Pause

11h00 – Clément David " Hygiène bucco-dentaire du XVIIe au XIXe siècle en France ".

11h15 – Xavier Riaud " Et si la Seconde Guerre mondiale nous était racontée autrement… ".

11h30 – Patrick Pognant " La folle clinique sexuelle du Professeur Pxxx ".

11h45 – Isabelle Cavé " Les médecins-législateurs et le mouvement hygiéniste sous la IIIe République ".

12h00 – Dominique Le Nen " L’anatomie au creux de la main ".

Repas

14h00 – André Fabre " Les médecins et la politique ".

14h15 – Michel Germain " Musiciens célèbres malades ".

14h30 – Jean-Pascal Durand & Xavier Riaud " L’Odontotechnie ou l’art du dentiste (Réédition du livre de 1825 de Julien Marmont) ".

14h45 – François Resche " Le papyrus médical d’Edwin Smith ".

15h00 – Michel Chauvin " Le geste qui sauve ".

15h15 – Mathieu Bertrand " Horace Wells et William T. G. Morton ".

Pause

16h00 – Dominique Le Nen " Léonard de Vinci, un anatomiste visionnaire ".

16h15 – Mélanie Decobert " Odontologie médico-légale et Seconde Guerre mondiale ".

16h30 – Regis Nessim Sachs " Les médecins juifs du Xe au XVIIe siècle ".

16h45 – Bernard de Marsanguy " Une psychiatrie du XIXe siècle ".

17h00 – Xavier Riaud " Napoléon Ier et ses dentistes ".

17h15 – Mathieu Rayssac " Les médecins de l’assistance médicale en Indochine ".

Interlude musical (petite formation de musique classique).

18h15 – Bref rappel des 3 livres primés dans la collection par le Dr Xavier Riaud :

Xavier Riaud, Napoléon Ier et ses médecins, Prix de l’Association des Amis du Musée du Service de Santé des Armées au Val-de-Grâce, 2012.

André Fabre, Haschisch, chanvre et cannabis : l’éternel retour, Prix Ampli-Groupement des Ecrivains médecins, 2013.

Apolline Trioulaire, Sainte Apolline, sainte patronne des dentistes et de ceux qui ont mal aux dents, Prix Georges Villain d’histoire de l’art dentaire, 2014.

18h30 – Remise de prix par le Dr Xavier Riaud :

Prix Georges Villain 2016 du meilleur travail d’histoire de l’art dentaire (Président jury : Dr Xavier Riaud ; membres jury : Pr Michel Germain et Dr André Fabre).

Prix du meilleur livre de la collection Médecine à travers les siècles à l’issue des 10 ans d’existence ;

Prix de l’auteur le plus prolifique de la collection Médecine à travers les siècles à l’issue des 10 ans d’existence.

19h00 – Clôture (verre de l’amitié) et repas de gala avec les auteurs et leurs proches.

 

Société d'Histoire de la médecine Réunion du 19 mars 2016

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/

Samedi 19 Mars 2016 à 14h30

Salle du Conseil de l’ancienne Faculté, 12 Rue de l’École de Médecine, 1er étage, 75006 Paris (métro Odéon)

Remise des Prix de Thèse de la SFHM, par le Dr Pierre Thillaud, Président du Jury, et intervention des lauréats

Hommage au Dr Claude Renner, par Guy Gaboriau et Alain Ségal

Communications : Alain Segal La filière de Charrière : moyen de mesure précis du diamètre des diverses algalies, bougies, sondes… devenue une mesure de référence actuelle

Frédéric Bauduer : Représentations artistiques de l’insuffisance staturale au fil de l’histoire : approche diagnostique de cas à la lumière des connaissances actuelles

Jacqueline Vons : Un commentaire d’un personnage de théâtre (Le Bilieux de Plaute) par le médecin J. A. Vander Linden (1609-1644)

Simone Gilgenkrantz : Kusumoto Ine, la première femme médecin au Japon (1827-1903)

 

Groupement des Écrivains (GEM)

http://www.ecrivains-medecins.fr/activites/GEM-Salon-2016-06-11.pdf

11 juin 2016 (15-19 heures)

Café Procope 13 rue de l'Ancienne Comédie, Paris

 

Institut Éthique, Histoire et Humanités, Université de Geneve

https://www.unige.ch/medecine/ieh2/accueil/
Lundi 25 avril 2016 : Swiss-Chat, "Favoriser une réflexion éthique sur les priorités dans le système

 de santé suisse"  par Mélinée Schindler, assistante de recherche et d'enseignement, département de

 sociologie, Université de Genève)

13 avril 2016 "Les études de genre en histoire de la médecine : débats et perceptives" par Cathy McClive Durham University Delphine Gardey

17 mai 2016 "L'individuel en médecine" par Gianna Pomata, Johns Hopkins University et Johanna Sommer, Unité de médecine de premier recours, Université de Genève

 

Séminaires de l'Institut universitaire d'histoire de la médecine et de la santé" ( UHSMP, Lausanne)

Vendredi 27- Samedi 28 mai 2016 " De quelques champs problématiques tracés dans les humanités médicales par l’anthropologie"

vendredi 10 juin 2016, 11h15-12h45 "La santé publique et ses enjeux : un lieu de pouvoirs »

Lundi 13 juin 2016, 9h-17h La pathologie du suicide

Pour une nouvelle histoire des enjeux médicaux et socio-politiques aux 19e et 20e siècles

 

Conférences de l'Université Claude Bernard (Lyon 1) et Institut universitaire d’histoire de la medecine Cycle 2015-2016 (Partenariat avec la Société Nationale de Médecine et des Sciences Médicales de Lyon, le Musée Testut Latarjet d’anatomie et d'histoire naturelle médicale )

18 heures, Amphi Carraz au premier niveau du domaine Rockefeller Sciences Médicales (Rillieux-la-Pape) et l'Hôtel-Dieu de Belleville. Université Claude Bernard – 8, avenue Rockefeller – 69008 Lyon.

29 mars 2016 : " Paul Courmont, ce lyonnais méconnu, et la lutte contre la tuberculose "

5 avril 2016 : " Tentatives de vaccination anti-syphilitique au dix-neuvième siècle "

12 avril 2016: " Histoire de la grippe espagnole et de son impact sur Lyon et sa région "

19 avril 2016 : " De l’Afrique au Brésil, histoire et trajectoire du vaccin contre la méningite A "

23 avril 2016 (Séance exceptionnelle dans les locaux de l'Hôtel-Dieu de Belleville) :Histoire de la chirurgie "

26 avril 2016 : " En feuilletant les mémoires du Baron Larrey "

Mardi 3 mai 2016 : Programme encore non défini "

Mardi 10 mai 2016 " De la plante au médicament ... Quoi de neuf docteur ! " Conférence suivie de l'allocution de clôture du cycle 2015 – 2016 des Conférences d'Histoire de la Médecine

 

Colloque de Meaux de la Société Française d’Histoire de la Médecine :: "Médecine et Littérature"

Médiathèque Luxembourg, 2 rue Cornillon, 77100 Meaux,

vendredi 20 mai

16 h Accueil et présentation des journées

16 h 30 Pierre Charon : La médecine et Bossuet (1627-1704) : un précepteur anatomiste et physiologiste

17 h Philippe Albou : Montaigne et l’expérience de la chute de cheval

17 h 30 : Jacques Chevallier: Léopold Chauveau (1870-1940) : médecin, écrivain, peintre et sculpteur

18 h : Intronisation de membres de la SFHM dans la Confrérie du Brie de Meaux

Samedi 21 mai 2016

9 h 20 :Ouverture et présentation de la journée

9 h 30 : Pierrette Casseyre Médecine et littérature enfantine

10 h: Marc Gentili Syndrome post-traumatique en situation de guerre (14-18) et Littérature

11 h Francis Trepardoux : Le Docteur H. Vangeon, alias Henri Ghéon : un écrivain briard, poète, cofondateur de la NRF en 1909

11 h 30 : Jean-Marie Gilgenkrantz :Boris Vian : les rendez-vous manqués avec la cardiologie

12 à 14 h :Déjeuner au restaurant " La Péniche " (à proximité de la Médiathèque)

14 h 30 :Jacques Rouëssé Chateaubriand et la médecine de son temps

15 h 00 :Dominique Mabin Une lecture médicale (psychiatrique) d’ " Aurélia " de Gérard de Nerval

15 h 30 Jacques Battin :Pierre et François Mauriac : le doyen de la faculté de médecine et le prix Nobel 1952 de littérature : une amitié fraternelle privilégiée

16 h 30 :Bernard Hoerni Cancer et littérature

17 h 00 François Derquenne :Maladies pulmonaires et autres pathologies dans l’oeuvre landaise de deux romanciers du XXe siècle : François Mauriac et Pierre Benoît

17 h 30 : Conclusions des journées

 

Workshop " Medicine & Media" (Wellcome Library / Maison Française d'Oxford, April 7-8, 2016) : "A gathering of Francophone and Anglophone projects in medicine and the humanities

Welcome Library 183 Euston Road Londres

Maison Française d'Oxford 2 Northam Rd Oxford

http://www.univ-paris-diderot.fr/CHV/DocumentsFCK/CHVR/File/Larca/Booklet_Medicine_Media_web_final.pdf

Contact : medicine.media2016@gmail.com"

 

Séminaire Histoire des sciences, histoire de l'innovation (Université Paris Sorbonne, UPMC, LabEx EHNE)

7 avril à 17h00 Salle de conférence de l’Institut des sciences de la communication (ISCC), 20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13°, M° Gobelins: Gabriel Galvez-Behar (Université Lille3, IRHiS, IUF) : "Louis Pasteur, entrepreneur. Pour une histoire économique des mondes savants"

14 avril : Jon Agar, (University College London) : "The politics of Star Wars: Thatcher and the UK and European contexts of the Strategic Defense Initiative".

3 mai : (attention séance exceptionnellement le mardi): Thomas Thwaites, designer : "Making a toaster, becoming a goat, policing with bees… Doing design projects about science and technology".

12 mai : Catherine Radtka, (CNES/ISCC) : "Mettre en pratique un engouement pour l'espace : les constructions de fusées en amateur dans la France des années 1950-60.

 

Workshop : "Médecine et connaissance au Moyen Orient" (Medicine and Knowledge in the Middle East" de la City University de New Yok (CUNY)

Vendredi 1er Avril 2016 CUNY, Room C198

New York The Graduate Center, CUNY 365 Fifth Avenue New York, NY 10016 USA - See more at: http://www.gc.cuny.edu/Home#sthash.jEaRlmps.dpuf

Contact Seçil Yılmaz : syilmaz@gradcenter.cuny.edu

 

Séminaire 'L'argumentation scientifique au Moyen Âge' 

Septième séance pour l’année 2015-2016

lundi 11 avril (17h-19h)

Ecole Normale Supérieure (45 rue d’Ulm, salle de l’IHMC, escalier D, 3e étage).

Gaia Gubbini (Freie Universität Berlin) : "Traces des savoirs médicaux dans la littérature française médiévale (XIIe-XIIIe siècle) "

contacter: Joël Chandelier: joel.chandelier@univ-paris8.fr ou Nicolas Weill-Parot: nicolas.weill-parot@u-pec.fr

 

 

Séminaire "Construire une histoire de la santé publique"

vendredi 1er avril, de 15 à 18 h,

EHESS (salle 1, 105 bd Raspail, 75006 Paris).

"Construire une histoire de la tuberculose : la guerre au crachat dans l’espace barcelonais (1919-1936)" par Celia Miralles-Buil (Université Lumière Lyon 2)

 

Colloque des Amis du musée de l’AP-HP (ADAMAP) et du musée de l’AP-HP "L’explosion technologique : un défi pour la sauvegarde du patrimoine hospitalier

Jeudi 14 avril 2016

l’hôtel Scipion – 13 rue Scipion – 75005

 

Appel à communications"

 

The Michele Larose – Osler Library Artist-in-Residence Programme

Société canadienne d'Histoire de la mdecine : http://cshm-schm.ca/

Contact : Osler Library website: http://www.mcgill.ca/library/branches/osler et

https://www.mcgill.ca/library/node/8809

 

ISHM Congrès international d'Histoire de la medicine, Buenos Ayres, 5-9 septembre 2016

http://www.fmv-uba.org.ar/SIHM/index.asp

Pour toutes informations: contacter Mme le Pr. Maria Jose Persano : infoajc@anajuan.com ou le Prof. Ana Maria Ross rossoanamaria@gmail.com"

 

Propositions de postes en Histoire de la médecine

 

American Academy of Family Physicians Foundation : Fellowship Center for the History of Family Medicine

We are seeking a third panelist for a panel focused on the politics of disability, illness, and public health in 20th century France. Rebecca Scales will examine how the post-WWII public health crisis offered disability advocacy group (particularly those involved in tb and polio activism) to stake claims to the resources of the new postwar French welfare state as it was being constructed. Jonathyne Briggs’s paper will examine how parents became important disability rights advocates in the 1960s, following a crisis within the French asylum system. 

The Fellowship provides a grant in an amount of up to $2,000 to support travellodging and incidental expenses relating to research on a project of their choosing dealing with any aspect of the history of General Practice, Family Practice, or Family Medicine in the United States. The fellowship will be awarded directly to the individual applicant and not to the institution where he or she may be employed.

The deadline to apply is 5:00 p.m. CDT, Thursday, March 31, 2016. All applications will be reviewed in April, with the Fellowship award announced by May 31, 2016.

Voir http://www.aafpfoundation.org/chfmfellowship

Contact Don Ivey, MPA : Manager, Center for the History of Family Medicine, 11400 Tomahawk Creek Parkway, Leawood, KS 66211 (Telephone: (800) 274-2237, ext. 4420, Fax: (913) 906-6095),

E-mail: chfm@aafp.org

 

Poste de Chercheur postdoctoral (Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en santé)

Faculté des sciences de la santé / Université d'Ottawa

Contact Jason Bremner, Communications Officer, Nova Scotia Health Research Foundation 

http://www.nshrf.ca/contact-details"

 

Poste de Professeur à l’École des sciences de l’activité physique (ÉSAP) dont le domaine d’expertise académique est lié à la gouvernance du sport.

Candidatures à adresser à la Faculté des sciences de la santé d'Ottawa

Contact M. Benoit Séguin Directeur École des sciences de l’activité physique Faculté des sciences Université d’Ottawa

 

Dept of History, Rochester Institute of Technology, College of Liberal Arts, New York

We are seeking a third panelist for a panel focused on the politics of disability, illness, and public health in 20th century France. Rebecca Scales will examine how the post-WWII public health crisis offered disability advocacy group (particularly those involved in tb and polio activism) to stake claims to the resources of the new postwar French welfare state as it was being constructed. Jonathyne Briggs’s paper will examine how parents became important disability rights advocates in the 1960s, following a crisis within the French asylum system. 

Contact Rebecca Scales at rpsgsh@rit.edu if you are interested in forming a panel.

 

Expositions sur l'Histoire de la médecine

 

La guerre des soins pendant la Guerre de 1914-1918

Université Paris Diderot Bibliothèque des Grands Moulins 5 rue Thomas Mann - Paris 13e

Du 5 avril au 20 mai 2016

Contact http://www.univ-paris-diderot.fr/sc/site.php?bc=implantations&np=SitePRG

A.J. Fabre      Avril  2016

ORSON WELLES (1915-1985) UN DIABETIQUE DE GENIE (1)"

 

Afficher l'image d'origineOrson Welles fut à ses débuts le "Wonder Boy'' de Hollywood avant de devenir, à l'âge mûr, son '"Outlaw". Pour ses innombrables admirateurs, il reste à jamais l'immortel "Citizen Kane".

D'innombrables biographies ont été consacrées à Orson Welles mais sans aborder un des chapitres les plus importants de son existence : son diabète.

En effet, Orson Welles était porteur d'un diabète du "type 2" (diabète acquis non insulinodépendant) où s'associait, comme si souvent dans cette pathologie, une hypertension artérielle sévère ainsi qu'une tendance à l'obésité, une pancréatite latente et la répétition d'accès de goutte, le tout aggravé par un alcoolisme hérité du père.

A la fin de sa vie, le gonflement de ses jambes prit de telles proportions que Welles dut acquérir un appareil pour drainer les œdèmes. A ce moment, son  poids était de 350 livres, soit 158 kgs pour une taille de 1m 82[2]

Il est intéressant de noter que Welles s'était toujours intéressé au diabète. Ainsi, en octobre 1940, il rencontra son presqu'homonyme H.G. Wells, auteur de la "Guerre des mondes" mais aussi président de la plus grande association de diabétiques en Grande Bretagne[3]. Voici l'histoire : H.G. Wells, de passage à San Antonio, au Texas,  vint donner une interview à la station radiophonique KTSA. Il y rencontra Orson Welles, invité pour parler de sa célèbre émission sur les Martiens qui avait fait scandale peu de temps auparavant. La rencontre commença sur une plaisanterie de H.G. sur la date choisie par O. pour son émission : le 30 octobre, jour de "Halloween"[4] où traditionnellement toutes les plaisanteries sont permises et l'émission se déroula sans incidents.

Le diabète resurgit curieusement dans le célébrissime film "Le troisième homme" où Orson Welles joue le rôle d'Harry Lime, un être sans scrupule qui gagne des sommes énormes en vendant au marché noir, une insuline sinistrement "trafiquée"

Ainsi, tout se conjugue pour expliquer la fascination exercée sur Orson Welles par Falstaff, l'immortel héros de Shakespeare,  grand viveur obèse et alcoolique mais doté d'une vive intelligence et d'un sens aigu  des reparties.

On retrouve ce personnage de Falstaff chez bien des amis de Welles, ainsi, Jackie Gleason[5], célèbre acteur, diabétique et robuste bon vivant, affichant en toutes circonstances un non-conformisme provoquant

Les jeunes années [6]

George Orson Welles est né le 6 mai 1915 à Kenosha, Wisconsin d'une famille aux ascendants anglais, irlandais et allemands. Le grand ancêtre auquel Orson doit son prénom était un avocat du Wisconsin, Orson Sherman Head (1817-1875) descendant supposé de John Arden, un des marins du célébrissime "Mayflower".

Le père était Richard Head Welles[7] qui fit un temps fortune avec l'invention d'une lampe de bicyclette[8]. Les biographes[9] y voient l'incarnation du personnage "fétiche" de Welles : Falstaff, ivrogne, tricheur, fanfaron et coureur de jupons.

Beatrice Ives (1879-1924) était la mère adorée de Welles, pianiste et artiste qui lui fitaire ses débuts au théâtre dès l'âge de 2 ans, dans le rôle de l'enfant de '' Madame Butterfly".

Orson avait un frère de dix ans son ainé, Richard, qui vécu une partie de sa vie dans des établissements psychiatriques.

Les premières années de Welles se passent à Grand Détour, à 160 kms de Chicago où sa famille avait un petit hôtel de campagne que vint détruire un incendie en 1928 . Le père ne s'en remit jamais et sombra dans l'alcoolisme.

Les parents vont divorcer très tôt après et cette séparation allait laisser des traces profondes sur Orson à peine âgé de neuf ans. Peu de temps après, la mère va mourir d'une "maladie du foie".

Le père ne lui survivra pas longtemps : à en croire les biographes, lorsqu'il fut âgé de quinze ans, Orson était allé poser un ultimatum à son père : il ne le verrait plus jamais s'il continuait à boire. Le père mourut très peu de temps : le mot de "suicide" est alors prononcé et Orson en garda le remords tout le reste de sa vie …

En fait, le rôle du père, durant les jeunes années d'Orson était tenu par un ami de la famille, le Dr Maurice Bernstein[10], médecin orthopédiste de Chicago qui venait de Russie. Selon la légende le Dr Bernstein était entré dans la famille à l'occasion d'une blessure que Richard s'était fait à la tête : le petit Orson, alors âgé de trois ans, assistait à la scène et aurait déclaré gravement au médecin : "la recherche du soin est ce qui différencie l'homme de l'animal" [11].Peu à peu, le Dr. Bernstein entra dans la famille, finissant par aller vivre chez les Welles. Les relations du Dr. Bernstein avec la mère d'Orson Welles ont été l'objet de maints commentaires de la part des biographes et l'hypothèse a été avancée que le Dr. Bernstein ait été le vrai père d'Orson[12].

Le Dr Bernstein était passionné de théâtre et son influence a certainement été décisive pour amener Orson à sa carrière d'acteur. En témoigne le cadeau qu'il fit un jour à l'enfant : une trousse complète de maquillage de scene avec, en plus, un bâton de chef d'orchestre, un violon et, "last but note least", un "kit" de magicien.

À 10 ans, Welles entre à la "Todd School" de Woodstock, dans l'Illinois où le Directeur, Roger Hill, aura une grande influence sur lui[13]. Avec l'appui de son mentor, Orson va monter à plusieurs pièces de théâtre, Shakespeare tout d'abord (et Welles en portera trace toute sa vie) puis une adaptation de "Sherlock Holmes" écrite et jouée par Orson.

Refusant d'aller poursuivre ses études au Cornell Collège de Mt Vernon, ce que lui avait conseillé Roger Hill, Welles, décide de devenir acteur et s'inscrit à l'Art Institute de Chicago. Il n'y restera pas longtemps : en 1932, il part des États-Unis pour visiter l'Irlande, sac au dos et chevalet de peinture en bandoulière : il va passer plusieurs semaine à peindre les paysages de Cork et de Limerick mais son destin va se sceller avec la découverte du Gate Théâtre de Dublin.

Les débuts d'acteur

Dès sa première visite, le jeune touriste américain s'enthousiasma pour l'atmosphère qui régnait dans ce théâtre, "où tout le monde travaille dans la joie de créer". Il ne va pas tarder à faire parvenir au directeur du théâtre, Hilton Edwards un billet portant ces mots : "Orson Welles, star du New York Theatre Guild, envisage l'adaptation d'une de vos productions et voudrait prendre contact avec vous."[14].

A sa grande surprise, Orson est engagé sans difficultés et ce sera pour tenir un rôle dans une pièce de Leon Feuchtwanger[15] : "Le Juif Süss" : les ravages de l'antisémitisme y étaient dénoncés, à travers l'exécution en 1738, d'un banquier juif du Wurtemberg,,[16]. Orson Welles jouait le rôle du duc Charles-Alexandre de Wurtemberg protecteur de Joseph Süss. La "première", malgré quelques incidents, fut un triomphe pour le jeune acteur. Un des acteurs, Micheal Mac Liammóir (qu'on retrouvera plus tard dans les films de Welles) écrivit dans le "Irish Time" qu'il y avait là "une performance étonnante… affichant, à travers un grand chaos d'inexpérience toutes les garanties de faire bonne route dans la voie du théâtre…" [17]

Le jeune Welles avait gagné sa place dans la compagnie pour le reste de la saison :il se vit confier deux rôles dans "Hamlet" : celui du roi Claudius et celui du Roi fantôme où Welles connaitra un vif succès[18].

Entre Octobre 1931 et Février 1932, Welles va jouer, outre le Juif Suss et Hamlet, pas moins de cinq rôles au Gate Theatre: "La mort prend des vacances"[19], "La course à la mort"[20] et "Le tsar Pau"l[21].

 Au total l'expérience de Dublin a certainement été décisive pour façonner la carrière d'Orson.

A la découverte de l'Espagne et du Maroc (1933)

Après l'Irlande, Welles va tenter sa chance à Londres et Broadway mais ce sera un échec : il part de nouveau à l'aventure, "ruck sack" au dos, mais ce sera cette fois l'Espagne et l'Afrique du nord.

Il s’installe en 1933  à Séville, dans un petit appartement loué au Triana, le quartier gitan de la ville. C'est là qu'il découvre, quelques années après Hemingway, les courses de taureaux . Il s'essaye même à "toréer" sous le nom d'"El Americano" mais s'aperçoit vite que ses dons dans ce domaine sont assez limités : il va abandonner la corrida après une blessure non pas de la corne d'un "toro" mais d'une bouteille de "cerveza" que lui avait lancé un "afficionado" outragé d'indignation.

Après l'Espagne, ce sera le Maroc qui laisse à Welles des souvenirs indélébiles qui resurgiront plus tard dans le tournage d'"Othello" à Mogador.

Retour vers la "mère patrie" (1933)

Fin 1933, Welles revient aux États-Unis. Grâce à Roger Hill, son ancien professeur de la "Todd School", il fait connaissance, au cours d'une réception à Chicago, d'un célèbre auteur dramatique de l'époque, Thornton Wilder[22] qui, à son tout, le présente aux deux "empereurs de Broadway" : Katharine Cornell et son mari Guthrie McClintic[23].

Ainsi, Orson Welles se voit confier la mise en scène de trois œuvres de Shakespeare dont "Romeo et Juliette" où il tenait le rôle du "méchant" Tybalt.

Lorsque survient la "Grande dépression" puis le "New deal" de F.D. Roosevelt, Welles va pouvoir réaliser en 1936 son grand projet de "Théâtre fédéral" : ce sera, au "Lafayette Théâtre" de Harlem, pour y mettre à nouveau en scène Shakespeare : ce sera "Macbeth[24]", mais en version "Vaudou".

Puis, c'est …Eugene Labiche qui va inspirer Orson : jamais à court de projets, il monte au Maxine Elliott's Théâtre de Broadway, "Un chapeau de paille d'Italie" devenu "Horse eats hat". Sa future épouse, Virginia Nicolson en est la vedette en compagnie de Joseph Cotten qui deviendra plus tard, l'acteur fétiche de Welles

Suivit ensuite une adaptation du "Dr. Faust" de Goethe donnée, selon les consignes de Welles sur une scène à demi obscure, sans projecteurs.

Réapparait ensuite la fascination de Welles pour Shakespeare : il monte "Hamlet" au Mercury Théâtre puis, dans une adaptation très novatrice de "Jules César" où il tient e rôle de Brutus: cette fois, il n'y a plus de rideau de scène et le seul décor est un mur de briques (peint en noir…) sous la lumière aveuglante de projecteurs censés évoquer le Congrès de Nuremberg et le nazisme débutant [25]. Comme le dira plus tard Joseph Cotten, "le drame de Shakespeare était s'était transformé en meeting anti fasciste"[26]

Le 30 octobre 1938 (jour de "Halloween") éclate un "scandale" retentissant : une adaptation radiophonique sur CBS d'un livre célébrissime de son presqu'homonyme, HG. Wells[27], "La guerre des mondes". L'annonce faite par Welles d'un débarquement surprise des Martiens avait été longuement préparée et le choix du "terrain d'atterrissage" au New Jersey décidé après un long examen de la carte géographique), un faux programme de musique lancé en l'interrompant brusquement pour "dramatiser" l'annonce et l'interviaw des "soi-disant" témoins. L'émission, si l'on en croit la légende, déclencha une vague de panique à New-York[28] mais, du jour au lendemain, Welles était devenu célèbre[29].

Toujours prêt à provoquer, Welles va ensuite donner, de mars à juin 1941, au St James Théâtre de Broadway, une adaptation de "Native Son"'[30]' une pièce de l'écrivain noir Richard Wright [31]

Les années d'Amérique latine (1941-1942)

En aout 1941, lorsque a guerre éclate, Orson Welles, réformé du service militaire pour des problèmes podologiques mal définis, va se voir confier une série d'émissions de propagande . Peu de temps après, en novembre 1941, Welles est nommé "Ambassadeur de bonne volonté de l'Amérique latine" par le coordonnateur américain de affaires interaméricaines (et actionnaire principal de RKO), Nelson Rockefeller.

L'impératif était devenu devant les menaces venant d'Europe et d'Asie, de renforcer les liens entre les deux Amériques et Welles fut chargé de visiter, tour à tour Mexique, Guatemala, Equateur, Pérou, Bolivie, Chili, Argentine, Uruguay et Bresil [32],

Lorsqu'en 1942, le gouvernement brésilien exprima son souhait d'un documentaire sur le Carnaval de Rio, le Département d'état engagea tout un ensemble de célébrités : George Balanchine, Bing Crosby, Aaron Copland, Walt Disney, John Ford et Rita Hayworth. En même temps, Welles reçut du Département d'état, commande d'un film intitulé "It's All True" ("La vérité vraie") consacré à l'Amérique latine et la diversité de ses cultures.

S'en suit le tournage d'un film commencé au Mexique "My friend Bonito" (mis en scène par Norman Foster sous la direction de Welles), repris ensuite au Brésil en y associant deux autres films "Carnaval" (connu également sous le titre d'"Histoire de la samba") et "Jangadeiros" (sous le nom de "Four Men on a Raft"[33])

Tout va changer en 1942, pour Welles, avec l'arrivée d'une nouvelle direction à la RKO : Nelson Rockefeller, principal soutien de Welles, fut exclu du Conseil d'administration, en même temps que, George Schaefer, le commanditaire des films brésiliens. C'était le glas de la période " Latino America" de Welles."Retour au pays natal (1942)"Il ne restait plus qu'à rentrer aux États-Unis, ce qu'Orson fit en août 1942. Il fut alors chargé d'organiser la campagne menée par le Département du Trésor pour financer l'envoi de troupes américaines en Europe. Welles reçoit alors mission d'animer une émission radiophonique, "Cavalcade of America" chargée de glorifier le patrimoine commun des deux Amériques sous le titre quelque peu "racoleur" de "Hello Americans".

C'est ainsi que Welles va diriger de nombreuses émissions patriotiques et, entre autres, en 1943 au Mercury Théâtre de New York,, un spectacle destiné aux soldats américains : le "Mercury Wonder Show" où se mêlaient variétés et magie[34]. Orson Welles tenait le rôle d'"Orson the magnificent" avec, à ses côtés, le fidele Joseph Cotten ("Jo-Jo the Great") et nombre d'invités tels Rita Hayworth, la nouvelle épouse d'Orson, Marlene Dietrich… et Jean Gabin de passage à New York avant de s'engager dans les Forces françaises libres

Welles n'oubliait pas pour autant Shakespeare, sa grande passion : il va monter au Mercury Théâtre en collaboration avec John Houseman[35], un "digest" du théâtre Shakespearien intitulé "Les cinq rois" ("Five Kings") rassemblant des extraits de neuf pièces de Shakespeare dont " Henry IV", et de "Henry V". Il s'agissait, comme l'a dit plus tard Welles, d'"adapter le génie de l'époque Élisabéthaine en utilisant les dispositifs techniques du théâtre moderne".[36] Aux côtés de Welles déjà voué au rôle de Falstaff, était un acteur célèbre, Burgess Meredith jouant le Prince Hal. La partition musicale était signée d'Aaron Copland.

Ces opérations de propagande gouvernementale appellent quelques commentaires : Welles était un ardent "supporter" de F.D. Roosevelt, participant activement à sa campagne de reelection de 1944 mais après la mort du président, Welles refusa obstinément de se joindre à l'entourage d'Harry Truman."

Triomphe et revers à Hollywood

"Contacté, dès 1939, par la RKO[37], Welles arriva triomphalement à Hollywood et ses premiers mots, en entrant dans les studios furent '' C'est est le plus beau train électrique qu'un garçon ait jamais reçu en cadeau…

Par un contrat légendaire, Welles reçoit "carte blanche" pour mener à bien son grand projet de film, "Citizen Kane" dont il fut tout à la fois, producteur, metteur en scène dialoguiste et acteur. De plus, il obtenait de RKO d'avoir comme scénariste, son vieil ami Herman Mankiewicz[38], grand intellectuel à l'imagination fertile mais rongé par l'alcool et le jeu.

Les ambitions de Welles furent couronnées de succès: le film se prêtait à merveille au scandale car il s'agissait d'une biographie à peine déguisée d'un "tycoon" célèbre de la presse américaine, William Randolph Hearst[39] .

Tourné à Hollywood du 23 juillet au 30 octobre 1940, "Citizen Kane" permettait à Welles de déployer tout son génie de cinéaste. Il était, entre autres, le premier réalisateur des États-Unis à rompre avec la tradition des plans fixes : "flash-backs", vues des plafonds, plongées et "contre plongée" se succèdent sans arrêt dans le film…[40]

Toute la galerie des "familiers" d'Orson Welles était réunie dans le générique du film : Joseph Cotten, Agnès Moorehead, Everett Sloane, Gus Schilling, Arthur Yeoman, Charles Bennett, Gino Corrado, Walter Sande et… Alan Ladd

A sa sortie, le film déchaina l'enthousiasme de tous les professionnels de films qui voyaient là une étape décisive dans l'Histoire du cinéma : au XIVème "Academy Awards", Welles obtint tous les prix : "meilleur metteur en scène, meilleur scénariste, et meilleur acteur"..

En revanche, la carrière commerciale fut jugée décevante aux États-Unis alors qu'en Europe, le succès était immense. Certes, en France, quelques voix discordantes se firent entendre, ainsi, Jean Paul Sartre qui écrivit dans un article enflammé intitulé " Quand Hollywood veut faire penser"[41] : " Kane aurait pu être intéressant pour les Américains, [mais] il est complètement daté pour nous, parce que tout le film est basé sur une conception erronée du cinéma. Le film est dans le passé, alors que nous savons tous que le cinéma est, avant tout, dans le présent…. Ce film, situé dans le passé est l'antithèse du cinéma et, par conséquent, Citizen Kane n'est pas du cinéma"….

Pendant les six années passées à Hollywood, au retour d'Amérique du sud, Welles réalisa quatre grands films qui ont fait date dans l'Histoire du cinéma[42] :"Citizen Kane" (1941) " "La splendeur des Amberson" ("The magnificent Ambersons") (1942), ""La Dame de Shangaï" ("The lady of Shangaï ") (1947)(Columbia Pictures), et "Macbeth" (1948)

La vérité est que seuls les fervents du "cinématographe", selon l'acception de Jean Cocteau[43], etaient en mesure d'apprécier : le public des États-Unis bouda quelque peu…

Orson Welles en tira quelque amertume et ses relations avec Hollywood devinrent de plus en plus difficiles d'autant qu'il se déclarait ouvertement "étranger" de ce qu'il appelait "le système commercial Hollywoodien" mais deux éléments sont ici à considérer :

Tout d'abord l'image d'Orson Welles pour le public nord-américain. Un livre récent de Joseph McBride[44] montre que Welles etait jugé "gauchiste"[45] alors même s'il n'y avait aucune preuve de liens quelconques avec le parti communiste. Quoiqu'il en soit, Welles fut littéralement " mis à l'index" par les studios d'Hollywood dès la fin des années 1940.

Il faut également tenir compte d' un événement majeur pour Hollywood : la fin de l'"Âge d'or" des années d'après guerre. Tout commença en 1948 avec une baisse brutale de la fréquentation des salles de cinéma, passant de 80 millions de spectateurs par semaine en 1946 à 60 millions. Les grands studios en ont subi la conséquence : MGM a été achté par un magnat de l'hôtellerie. Warner Brothers par "Seven Arts", Paramount par la "Gulf Western", MCA par "Universal", Columbia par "Coca-Cola"…

Tous ces éléments se conjuguent pour expliquer la décision prise par Welles de quitter les États-Unis après l'échec de son film "Macbeth" en 1948. Il ne reviendra que vingt ans plus tard

Une vie d'errance [46]"

Depuis son départ en 1932 pour l'Irlande, et jusqu'à sa mort à Hollywood, Orson Welles mena ce qu'il est convenu d'appeler une existence de "bohème", changeant sans cesse d'adresse au fil de ses tournages.

En fin de compte, son existence peut se résumer par le célèbre poème de Charles Baudelaire : "Bohemiens en voyage"[47]  Welles a vécu dan presque tous les pays de l'Europe non communiste de son temps

Angleterre, Ecosse et Irlande : Le Royaume uni était, pour Orson Welles un pays d'élection . Il a tourné à Londres plusieurs films insolites, dont " Swinging London"[48]. et" London Clubs"[49]

L'Ecosse était, avant tout, pour Orson, le "pays des ancetres" mais, à la vérité, son grand film sur le roi d'Ecosse "Macbeth" et sa femme  fut tourné ….dans site réservé aux "westerns" dela "Mercury Productions"

L'Irlande, nous l'avons vu, avait été le premier grand voyage d'Orson hors de son Illinois natal et il y retourna souvent par la suite,. Cependant, si l'on en croit son biographe, Peter Biskind, Welles, à la fin de sa vie, jugeait assez durement le pays : "J'aime l'Irlande, j'aime sa littérature, et tout ce que fait ce pays mais les Irlando-Américains ont inventé une Irlande qui est proprement insupportable. La verte Eire, oh mon Dieu! C'est à vomir!""[50]"

France: Welles voyait la France comme le seul pays où son œuvre était un peu connue..et appréciée à sa juste valeur.

En 1960, La chaine de television CBC a filmé Welles dans son appartement de Paris, commentant avec amertume la ségrégation dont il est l'objet de la part de l'"Hollywood System" [51]

L'Hotel d'Orsay, adresse favorite de Welles à Paris, tient une place à part dans l'œuvre de Welles: c'est dans les immenses locaux désaffectés de la gare d'Orsay toute proche qu'ont été tournées les scènes majeures du "Procès", adaptation filmée d'une nouvelle de Kafka.

Welles était familier du voyage en France, à commencer par Cannes où le Grand Prix du Festival lui fut décerné en 1952 : Orson, à chaque voyage, était fidele au Carlton de Cannes et, sur la route d'Espagne, il aimait s'arrêter à Perpignan et Biarritz, logeant dans les meilleurs hotels de la ville…

Saint Tropez, alors à l'abri du flot touristique, eut souvent la visite de Welles : en témoigne le livre d'images écrit et dessiné en 1956 par Orson lui même, "Les Bravades"[52], offert en 1956 à sa fille Rebecca comme cadeau de Noel, avec ces quelques mots en dédicace : "J'ai vu beaucoup de "fêtes", "fiestas", et festivals, de toutes sortes partout dans le monde. … en Sicile et en Chine, dans le sud de l'Espagne et e Italie et même sur les hauts plateaux du Alti-Plano de Bolivie mais je n'ai jamais rien vu de tel que la "Bravade" de Saint-Tropez…"J'ai eu la chance d'être à Saint-Tropez lors de cette fête; et parce que je souhaitais que tu sois avec moi, je t'ai préparé ce petit livre d'images pour te donner une idée de cette fête ".

Belgique : Orson Welles avait longuement sejourné en 1971 à Anvers pour le tournage d'un film, "Malpertuié, dont le "casting" était impressionnant : Michel Bouquet, Jean Pierre Cassel, mais aussi…Sylvie Vartan et Johny Hallyday vedettes d'un cabaret appelé (Anvers oblige…) …"Vénus"

Allemagne : Munich apparait plusieurs fois dans un des films d'Orson, " Mr Arkadin", notamment dans une belle scène d'hiver enneigé où un orchestre de l'Armée du Salut joue avec inspiration "Stille nacht" : "Voilà quatorze ans que je n'avais entendu ce morceau," soupire alors Arkadin-Orson Welles.

Autriche : L'Hôtel Sacher est une des "stars" du "Troisieme homme" : c'est là où vient loger le journaliste Joseph Cotten à la recherche d'Harry Lime-Orson Welles. Graham Greene y vint souvent en compagnie de Welles qui devint ensuite client attitré de l'hôtel mais, si l'on en croit la légende, Welles, jugeant le décor trop "belle épque", alla s'évader au Wienerwald et finit la soirée dans une "schenke" [53] où un certain Anton Karas jouait de la cithare. On connait la suite... "

Italie : L'Italie a tenu une place considérable dans la vie de Welles. Rappelons que sa dernière épouse fut une authentique aristocrate italienne, : Paola Mori, née comtesse Paola di Girifalco.

Venise, comme on devait s'y attendre,  était une des adresses favorites de Welles: une photographie prise en novembre 1949 le montre dirigeant avec une majesté impériale les prises de vue devant la statue de Neptune au palais des Doges. Autres lieux de souvenirs "Wellesiens" : le Harry's Bar de la Calle Vallaresso et le Lido : en 1949,  Welles y rencontra à l'Excelsior Winston Churchill. De nombreuses plansdu film '"Othello", ont été tournées  à Torcello, ainsi la scène où Iago sort de l'église Santa Maria Assunta.

Sur tout le territoire italien, Orson Welles a laissé trace de son passage : ainsi à la Villa d'Este du Lac de Comme, à Viterbe à l'antique Palais des Papes, où il vint tourner plusieurs scènes d'"Othello. A Rome, c'est au  bar de l'hôtel Eden que Welles a rédigé avec Peter Bogdanovitch[54] ses Mémoires : "This is Orson Welles""

Espagne: L'Espagne a tenu une place toute aussi importante que l'Italie dans la vie de Welles : il y fit d'innombrables séjours depuis son voyage initiatique de 1932 et c'est là qu'il voulut être enterré..

Le séjour que fit Welles en Espagne : en 1937 pendant la Guerre civile, est peu connu. Partisan convaincu des Republicains, Welles, ne prendra pas cependant les armes, comme Ernest Hemingway, mais participera largement à la réalisation d'un film "engagé" "Terre d'Espagne" [55]

Par la suite, Welles revint souvent en en Espagne mais comme "aficionado" des courses de taureaux : en témoigne en 1955 la séquence sur la "corrida" du film " Around the World " . Les commentaires de Welles sont eloquents : "Je crois que j’ai bien le droit de parler de la corrida, parce que moi j’étais, pour quelque temps, je ne sais pas bien pourquoi, mais c’était comme ça, un torero en herbe. Pour moi, le torero c’est un acteur qui fait face à la réalité. J’ai passé une bonne partie de temps vers les ranches dont on cultive les taureaux de combat. Mais ne vous inquiétez pas, il ne faut pas approuver la corrida, je ne le vous demande pas, et je ne rêve pas du tout de défendre le spectacle. Moi-même, j’étais bien impressionné par le " total " du spectacle, mais n’importe ton attitude, rappelle que on peut brancher le taureaux et il n’y aura pas de rancune".[56]

Ainsi s'explique la fascination de Welles pour la ville de Ronda, dans la province de Malaga, connue comme  "berceau de la corrida" car ce fut la ville natale de plusieurs toreros illustres, ainsi Antonio Ordóñez, grand ami d'Orson Welles.

Suisse: Welles ne faisait guère de ski mais allait volontiers à St Moritz. Une photo le montre avec sa fille Chris Feder le jour de Noel 1951 : ce fut pour longtemps leur seule journée passée ensemble. Bien des années après, Chris s'en souvenait encore, en témoigne son livre de souvenirs : Phoebe, la "secrétaire" de son père avait tenté de la consoler de de devoir vivre seule "Tu vois, Chris, on ne peut pas attendre d'un génie de se comporter comme un père ordinaire." Et Chris de répondre simplement: "Oui, Phoebe, je sais" [57], sans avouer qu'elle entendait depuis des années le même discours…

Croatie: La Croatie est devenue, dans ses dernières années, une seconde patrie pour Welles surtout après sa rencontre à Zagreb lors du tournage de son film "Le procès" avec l'actrice et sculpteur croate, Oja Kodar.

Après la mort de Welles Oja a fait ériger à Spalato (le Split des Croates) une sculpture représentant Welles en toute majesté, coiffé d'un large feutre et le cou enveloppé d'une écharpe.

A Zagreb, Orson résidait le plus souvent au Regent Grand Hotel. Dans un interview récent, le portier de l'hôtel a raconté, entre autres, que "Mr Welles n'enlevait jamais  l'argent de ses poches quand il envoyait un costume à nettoyer.

"Portugal : A Cintra, Orson Welles, fervent adepte de la  "VVHL", la "Very Very high life", était un habitué du "Seteais", ancienne demeure d'un consul des Pays Bas dont  les murs sont décorés de magnifiques fresques "rococo", œuvres d'un grand peintre francais Jean-Baptiste Pillement (1728-1808)

Grèce : Orson Welles sejourné en 1968 à Athènes pour le tournage du film "Oedipus the King" et y a laissé le souvenir d"'un "génie imprévisible"

Turquie : Engagé pour jouer le rôle d'un agent secret dans le film "Voyage au pays de la peur" Welles résida plusieurs semaines à Galata,  (le Karakoy actuel) reste de la splendeur de l'Empire byzantin.

"Maroc : De son voyage initiatique de 1933, Welles avait gardé une passion pour le Maroc et il y revint souvent en particulier à Mogador (Essaouira) où il vint filmer de 1947 à 1952, plusieurs scènes d'"Othello" dans le vieux bastion

Hong Kong : Pour le tournage du film " Ferry to Hong Kong", Welles résida longtemps au "Peninsula Hotel" de  Kowloon, où la personnalité "rugueuse" du maitre provoqua quelques dissensions.

Amérique latine : Envoyé en mission de 1941 à 1942 en Amérique du sud comme ""Ambassadeur de bonne volonté de l'Amérique latine" Welles parcourut en tous sens le continent :

Mexique : Welles aimait  beaucoup la ville de Rosarito, ville en bord de mer  de "Baja California" au charme…" colonial".

A Mexico une des adresses favorites de Welles était l'hôtel Imperial du magnifique "Paseo de la reforma" et, à Acapulco : Welles vint tourner plusieurs scènes de "La dame de Shangaï" La ville de Tijuana, en Basse Californie, a servi de décor pour plusieurs scènes de "La soif du mal". Welles y avait ses quartiers au "palacio Azteca".

Pérou: On parle encore de l'accueil triomphal que reçut  Orson à Lima au cours de sa tournée gouvernementale en 1942

Chili: Welles découvre à Santiago la boisson nationale qui n'est pas le thé mais le "Pisco sour", melange d'alccool national, de jus de citron vert, de sucre de canne et de blanc d'oeuf..."

Brésil : Le "Copacabana " de Rio de Janeiro garde encore le souvenir du long séjour que fit ici en 1942 Orson Welles en compagnie de sa "girl friend" de l'époque, Dolores del Rio.Lorsque Dolores annonca son intention de rompre, Orson, hors lui, entreprit de jeter par la fenêtre tout le mobilier de la chambre, y compris le oiano qui finit…dans la piscine de l'htel…

 Cuba est un des seuls pays qu'Orson n'a pas visité mais il a toute sa vie été grand amateur de cigares de La Havane."

Canada: C'est au Château Frontenac de Québec que Welles, au décours de son film "Les feux de l'été",  donna en juin 1958, une interview à Judith Jasmin, célèbre journaliste de Radio Québec : une fis de plus Orson tint brillamment son rôle facori : celui d'agent provocateur…

États-Unis: Orson Welles n'a jamais  n'a pas caché son amertume vis-à-vis des États-Unis, parlant même d'une véritable ségrégation de la part du "Hollywood system"[58].

Dans le carrousel des pérégrinations "orsoniques", toutes les villes du continent sont à citer :

Chicago : Welles, né dans une ville toute proche, vint souvent à Chicago, en client fidèle, on pouvait s'y attendre du somptueux hotel "Ambassador" : Welles eut souvent quelques difficultés pour payer la note des palaces : il l'a dit et répété cent fois "Être dans les bras du luxe est une bonne chose sauf que vous ne savez jamais s'il ne va pas se lever et laisser choir"

New York : C'est au Plaza qu'Orsonavait enregistré enregistra sa célèbre émission sur sur l'attaque des Martiens. Au Waldorf Astoria, Welles était, en 1938, fidèlement aux côtés de Franklin D. Roosevelt pour le lancemen desa campagne. On raconte, mais on ne prête qu'aux riches, que Welles, résident forcé de l'hotel en raison d'une varicelle argua d'un règlement sanitaire sorti tout droit de son imagination fertile pour empecher deux de ses procucteurs de quitter le Waldorf.

Le mythique hôtel  " Algonquins" de Manhattan  était le rendez vous des intellectuels New Yorkais : Orson vint y allait volontiers

A Hollywood, malgré ses critiques acerbes envers  l"'Hollywood system", Welles "avait ses habitudes " au "Sunset bvd Restaurant", mais aussi au "Beverly Hills" dont les bungalows abritaient les "super stars". On raconte qu'un jour, Orson, resident au Bachelor's Row[59] de l'hotel, vint, nu comme un ver, ouvrir la porte à un visiteur importun, pour lui signifier de ne pas le déranger davantage…Autre "bonne adresse" de Welles à Hollywood était "Le Jardin d'Allah"[60] que les journalistes désignaient comme tout à la fois "famous and infamous".

C'est autour d'une (bonne) table de Los Angeles, au restaurant "Ma maisonn"[61], que Welles entreprit sa vie à un jeune cinéaste anglais Henry Jaglom[62].

Parmi les incessantes pérégrinations de Welles aux États-Unis, citons encore :

San Francisco : plusieurs scènes de "La Dame de Shangaï" y ont été tournées, au "Marineland" et au theatre chinois.

Las Vegas : Un épisode peu connu de la vie de Welles est sa carrière (assez brève) de magicien au Caesar Palace[63] mais, en  1975 il revint une fois de plus à Las Vegas pour y installer sa fille Beatrice

Big Sur en Califorie a servi de refuge pour nombre d'aventures "don juanesques" de Welles mais il y vint aussi en voyage de noces avec Rita Hayworth.

Floride : "l'Etat du soleil " a beaucoup Orson dans sa jeunesse : une vieille photographie le montre, en costume marin, marchant main dans la main avec sa jeune épouse Rita, le long du célèbre "Broadwalk" de Miami Beach. Le couple logeait au Roney [64], grand hôtel, emblématique des "années folles" avec son dôme en cuivre et sa tour de style florentin"

Orson Welles le magicien

 

Nous avons vu qu'Orson avait reçu en cadeau de son tuteur, le Dr Bernstein, une panopli complète de magicien et il garda toute sa vie une passion pour l'Art difficile de la magie. Il avait brievement exercé à Las Vegas et, depuis ne manquait jamais une occasion de témoigner de ses dons de magicien : en témoignent plusieurs emissions de television[65]

Rappelons aussi la boite de magicien recue en cadeau de son tuteur, les tours de magie du Mercury Théâtre, le redoutable "Chiffre" de "Casino Royale" et le Magic show des émissions de télévision[66]

Welles était membre de deux grandes sociétés de magiciens en exercice : l'"International Brotherhood of Magicians" et " Society of American Magicians et participa plusieurs fois à des rencontres entre professionnel.

Bien plus, Welles confia à son biographe qu'il avait été tenté par une carrière de "diseur de bonne aventures" mais n'avait pas pas voulu sombrer dans la mystification

Les trois mariages

 

Orson Welles se maria trois fois :

Virginia Nicolson (1916-1996) : Virginia etait, tout juste âgée de 18 ans quand elle monta sur la scene du Maxine Elliott Théâtre aux côtés d'Orson. Tout a pris fin en 1940, lors de la liaison affichée de Welles avec "Dolores del Rio. Une fille etait née de ce mariage: Chris Welles Feder

Rita Hayworth née Margarita Carmen Cansino (1918-1987)

Rita venait une famille d’artistes espagnols et son vrai nom était Margarita Carmen Cansino. Dès l'âge de 4 ans, elle montait sur scène, avec la troupe familiale des "Dancing Cansinos", habillée en "gitane" avec éventail et castagnettes.

A l'âge adulte, Rita devenue danseuse va connaitre un grand succès dans ses duos avec Fred Astaire: en témoignent une série de films, en particulier "Youwere never lovelier"[67]

En 1946, Rita Hayworth entrerpend une carrière d'actrice qui atteint son apogée dans Gilda, film tourné tout juste après la guerre. Le grand critique de films André Bazin, n'hésita pas à écrire : "Rita est "la déesse de l’amour, l'incarnation de la beauté absolue, sulfureuse, provocante, désirable, moulée dans un sublime fourreau de satin noir, épaules et dos dénudés"[68],

En 1943, elle rencontre Orson Welles et c'est le coup de foudre : le mariage (secret) eut lieu le 7 septembre 1943. Peu après le tournage de "La dame de Shangai", tout se termina par un divorce : ""Rien n'est plus difficile, déclara alors Rita, que vivre avec un génie ". Orson Welles restera toute sa vie attaché au souvenir de Rita : la veille de sa mort, il parlait d'elle en ces termes : "un des êtres les plus chers que j'ai rencontré ... j'ai eu la chance de- vivre avec elle plus longtemps qu'aucun autre homme "[69]."

Paola Mori (1930-1988)

Paola était une authentique aristocrate italienne, née comtesse Paola di Girifalco. Welles la fit jouer à ses côtés dans" Mr. Arkadin" et dans le "Procès".

Le mariage malgré les infidelités notoires de Welles, dura jusqu'à sa mort. Pola quelques mois après la mort de son mari, mourut dans un accident d'autombile et fut enterrée en Espagne à ses cotés.

Une fille était née de leur union, Beatrice, devenue à présent exécuteur testamentaire de son père.

 

Orson Welle, un séducteur invétéré

 Si l'on en croit les journaux à scandales, Orson Welles eut d'innombrables aventures sentimentales :

"Dolores del Rio (Dolores Asúnsolo y López Negrete del Río) (1906-1983) La "Bomba latina" était Mexicaine, cousine d'un célèbre acteur du cinéma muet Ramon Navarro. Elle se maria avec un décorateur Hollywoodien, Cedric Gibbons, divorca puis eut une longue histoire d'amour avec Orson Welles, qui avait dix ans de moins qu'elle. Leurs relations, nous l'avons vu furent parfois orageuses et, finalement, Dolores poursuivra seule mais avec succès sa carrière à Hollywood[70].

Marlene Dietrich (1901-1992)Actrice et chanteuse allemande naturalisée américaine, à qui les films de Sternberg donnèrent une celebrité mondiale. Au déclin de sa carrière, Orson Welles lui donna un rôle inoubliable de"femme fatale" dans son film "La soif du mal""Oja Kodar (née Olga Paminkas) (1941, Zagreb)

Oja Kodar, Actrice et sculpteur hungaro-croate, partagea la vie d'Orson pendant plus de vingt ans. Elle est l'auteur, nous l'avons vu, de la grande grande statue en bronze d'Orson Welles erigée à Split.

Bien d'autres noms pourraient être cités, de Billie Holiday à Judy Garland et de Suzanne Cloutier à Jeanne Moreau.

 

Les enfants d'Orson"

 

De chacune de ses épouses, Orson Welles eut des filles :

De Virginia Nicolson, en 1944, une fille qui reçut un nom… de garçon[71] qu'elle feminisa en "Chris" dès qu'elle fut adulte : Christopher (1944-2004)[72]

De Rita Hayworth : une fille Rebecca (1944-2004). Contrairement à ce qu'affirmait Orson, les qualités maternelles de Rita sont pour le moins incertaines : elle abandonna Rebecca, alors âgée de 9 ans et sa demi-sœur, Yasmin Aga Khan, âgée de 4 ans, quant elle partit en Floride avec son quatrième mari, le chanteur Dick Haymes . Par la suite La " National Society for the Prevention of Cruelty to Children" (NSPCC)[73] fut alertée de ce que les enfants de Rita Hayworth n'étaient plus scolarisés et trainanient dans les rues sans aucune surveillance.

De Paola Mori, Orson eut en 1955 une autre fille Beatrice[74] qui est, à présent, exécutrice testamentaire de son père.

Faut-il ajouter Michael Lindsay-Hogg né de l'actrice Geraldine Fitzgerald, qui jouait aux côtés d'Orson à l'époque du Mercury Théâtre ? Écrivain, metteur en scène et acteur il devint, après le mariage de sa mère, heritier du titre de "Baronnet" …

Une question se pose : Orson Welles fut il meilleur père que n'avait été son père Richard Head Welles ?

 

 

Portrait d'Orson Welles

 

Comme le rappelle Peter Bogdanovitch[75], Welles était un personnage "Falstaffien", doté d'un appétit légendaire pour la bonne chère, les bons vins, les gros cigares…et les jolies femmes.

Sa personnalité était tout aussi flamboyante : il pouvait être tour à tour sarcastique, comique, lyrique, mais toujours prêt à lancer un des célèbres "bons mots Orsoniens " qui lui ont valu nombre d'ennemis dans le monde et surtout dans son pays.

En Europe, cependant, Welles garda toute sa vie une vraie "cote d'amour". Il faudrait une armée de psychologues pour analyser les différences profondes entre le monde anglo-saxon et l'Europe catholique lorsqu'il est question d'Orson Welles : est ce seulement une question de langue ?

Il est vrai que Welles avait une vison de la vie beaucoup plus proche de Jean Paul Sartre que des paysans de son pays natal : "Nous sommes nés seuls, nous vivons seuls, nous mourrons seuls. C’est seulement à travers l’amitié et l’amour que nous créons l’illusion, pour un moment, que nous ne sommes pas seuls…

Et la politique dans tout cela ? Dans les années trente, Welles, comme beaucoup d'intellectuels américains, se disait "radical", ce qui impliquait, dans l'acception de l'époque, l'engagement aux idées "de gauche"[76]. Il y avait là une fidélité profonde aux idées de la mère adorée : Beatrice Ives, qui aimait se déclarer " radicale et réformiste"… D'ailleurs, Welles l'a souvent répété " Je prends plus au sérieux la politique que l'Art".

Rien d'étonnant à ce que le FBI, à ce qu'on sait à présent, ait longtemps maintenu une surveillance "privilégiée" sans jamais pouvoir découvrir le moindre indice d'une sympathie pour les idées communistes…

En définitive, les convictions politiques les plus fortes d'Orson Welles étaient son opposition au racisme de la bonne société américaine de cette époque : c'est ainsi qu'Orson s'est plu à faire jouer Shakespeare à Harlem et à s'afficher en compagnie de la chanteuse noire Billie Holyday.

Sur la religion : les convictions de Welles étaient pour le moins incertaines et il l'a déclaré : "J'essaie d'être chrétien ... mais je ne prie pas, parce que j'ai trop peur d'ennuyer Dieu."[77]. Bien plus, Orson ne détestait pas se presentyer comme à moitié Juif. Aux dires d' Henry Jaglom[78], au cours d'un des repas à MaMaison, Welles lui lança "Je sais ce que vous voulez savoir, Henry: dites vous bien que je suis juif, mais à "cinquante pour cent"…"La fin"Dans les années 1970, Welles se décide à retourner dans son pays natal. Fasciné par le "Système Hollywood" qu'il execre, il confie ) son biographe attitré : "J'aime Hollywood mais ce n'est pas reciproque…"

Après son retour aux Etats Unis,  Wellles vapPeu à peu remplace le tournage des films par de trop nombreuses prestations à la télévision. Il a pourtant des mots très durs pour le "petit écran" : [79]La télévision c'est comme les cacahuètes : je déteste mais je ne peux pas m'en passer" ,d'autant qu'il s'agissaity souvent de fructueuses prestations pulicitaires. La plus célèbre est celle des "petits pois surgelés" où, par accident ou goût des "practical jokes" multipliait les hesitations et les erreurs[80]

En fait, si Welles a abandonné sa vie d'errance à travers le monde, il change sans cesse de domicile aux États-Unis, vivant en "bohème" dans des chambres d'hôtel et les "garnis". Ainsi, à Laurel Canyon, un des innombrables quartiers de Los Angeles[81] : c'était, aux dires d'un de ses biographes, David Thomson[82]," un lieu déprimant, un bâtiment moderne sans fioritures. La cour était parsemée de mégots de cigares et la baignoire pleine de livres. Le mobilier consistait en un grand fauteuil, un poste de télévision en permanence allumée, un bureau et un grand cendrier'..

Disons le tout de suite, le dernier logis de Welles sera Hollywood et c'est là, dans une demeure du " Strip", au 1717 de North Stanley Avenue[83] que se terminera son existence à l'âge de 70 ans.

Dans la soirée du 9 Octobre 1985 Welles enregistre son ultime interview dans une émission celebre de T.V. : le "Merv Griffin Show". Après avoir commenté divers chapitres de son existence, il s'excuse de ne pouvoir s'attarder car il lui faut terminer un manuscrit : le lendemain matin son chauffeur venu le chercher, le trouve mort[84] dans son lit, le manuscrit à la main.

Conformément à la volonté d'Orson, et avec l'accord de son exécuteur testamentaire, le producteur de télévision Greg Garrison, Welles fut incinéré. S'ensuivit une brève cérémonie où assistaient l'épouse d'Orson, Paola Mori et ses enfants : c'était la première fois que les trois filles étaient réunies ensemble. Les amis les plus proches étaient là : Greg Garrison, Graver, Roger Hill et le prince Alessandro Tasca di Cuto. Aux dires de Chris Welles Feder, qui relate la cérémonie dans son livre des souvenirs[85] fut "une expérience véritablement terrifiante"

Un hommage public fut un peu plus tard organisé à Los Angeles par l'ami et confident d'Orson, Peter Bogdanovich[86] : y assistaient notamment Charlton Heston et Janet Leigh. Seul absent de marque : Joseph Cotten qui envoya, avec un sonnet de Shakespeare, ces quelques mots : "Je sais ce que Welles voulait pour sa mort, "Il ne voulait pas de ceremonie, il voulait être enterré loin des journalistes, dans une petite ville d'Espagne...."

Au terme de la "saga Orsonienne", en 1987 les cendres de Welles furent transportées en Espagne, pour être enfouies au fonds d'un puits dans le parc de la propriété de son vieil ami, le torero Antonio Ordóñez[87]. "Commentaires personnels[88]"L'Histoire de Welles n'est pas sans rappeler la légende d'Orphée, héros mythique de l'Antiquité, détenteur d'un mystérieux pouvoir de fascination qui causa sa perte…

 

L'œuvre d'Orson Welles

 

Aussi étonnant que cela puisse paraitre l''œuvre d'Orson Welles a véritablement été ecrasée par sa vie : il a cependant été un des plus grands createurs de l'Amérique du XXème siècle

Il reste, avant tout, un très grand metteur en scène, non seulement de cinéma mais aussi de théâtre. En effet,, le génie cinématographique de Welles doit beaucoup à son expérience du théâtre, aussi bien en ce qui concerne les acteurs (et les actrices…) que la mise en scène[89] : le '' Wonder Boy '' de Broadway avait dès les années 1930, transformé la mise en scène du théâtre avec son "Jules César '' incarnant le fascisme et son "Macbeth" annonciateur de "Berthold Brecht"...

En fin de compte, la vie entière d'Orson Welles a été un hommage à Shakespeare : commencé à Dublin, sur la scène du Gate Théâtre, continué ensuite à New York, au Mercury, repris ensuite inlassablement dans ses films.

A la vérité, Welles fut un artiste complet, ses dessins et tableaux en teloignent"

 

Orson Welles cinéaste

 

Avec une œuvre filmée de plus de cinquante titres dont "Citizen Kane", "La splendeur des Amberson" et "La dame de Shangaï", Welles occupe une place majeure dans l'Histoire du cinéma.

Certes l'accueil reçu par ses films dans son propre pays a souvent été décevant et Welles l'a reconnu lui meme : "Je ne plais pas à la bonne société d'Amérique du Nord et du Sud, parce que je suis trop peu conventionnel. Je déroute, peut-être, en étant à la fois esthète, intellectuel et populaire, je déteste l'idée d'être avec son siècle : un artiste se doit d'etre en désaccord avec son époque…"[90].

En fait il y avait chez Welles le mépris pour le "système" Hollywoodien mais en même temps le sentent de ne pouvoir s'en passer : "Hollywood, c'est la fosse aux serpents : je déteste ça, mais le seul endroit où je peux vivre". .[91]

Personne, cependant, n'a jamais mis en doute la virtuosité technique du réalisateur Orson Welles : il savait admirablement orchestrer les mouvements de caméra : profondeurs de champ, plans rapprochés et effets spectaculaires de "traveling" sur grue. Ainsi, la séquence d'ouverture de "La soif du mal" : le spectateur sait qu'une bombe a été placée dans la voiture dont il suivra les déplacements pendant trois minutes et vingt secondes avant que n'arrive l'explosion …

On notera le refus persistant du metteur en scene d'utiliser la couleur dans les films : "Le blanc et noir, disait-il est le meilleur ami du metteur en scène, ajoutant "l'importantn'est pas la couleur des des yeux, des cheveux ou des vêtements mais l'expression du visage des acteurs"….

En France, contrairement aux États-Unis, les films d'Orson Welles ont topujours reçu un accueil chaleureux de la part du public et des critiques : ainsi, Jean Cocteau affirmant : "Les innovations de Welles en matière de profondeur de champ et d'utilisation de l'esthétique de théâtre…ont créé un nouveau vocabulaire au cinéma…".

Orson Welles acteur

 

Comme l'écrit Julien Allen [92], il existe quatre catégories d'acteurs-réalisateurs : les "metteurs en scène" vedettes dans leurs films et ceux des autres tels Martin Scorsese, François Truffaut et Erich Von Stroheim, les "acteurs" qui entreprennent de réaliser, euxc aussi, un film, tels Clint Eastwood ou Robert Redford, les très grands noms qui dirigent leurs propres films, tels Charlie Chaplin, Buster Keaton, Woody Allen et enfin, ... Orson Welles, qui échappe à toute classification.

Curieusement, pour le public, Orson Welles rest, avant tout, un acteur. La plupart des gens auraient du mal à citer, à part "Kane" et "Harry Lime" le nom d'un de ses rôles. En fait ce n'est pas un personnage que va faire apparaitre Welles sur les écrans, c'est…sa présence : Welles d'ailleurs a avoué à Bogdanovitch ses obsessions d'acteur : il voyait la salle des cinémas comme l'antre d'une hydre aux mille tètes, accroupie dans 'obscurité

Ce n'est pas un hasard si les grands rôles de Welles au cinéma sont sont construits autour d'un monologue : ainsi, le discours électoral du "Citoyen Kane", le monologue d'introduction de "La splendeur des Ambersons" et, parmi tant d'autres compositions, Father Mapples le prêtre prêcheur de "'Moby Dick".

On a suggéré que Welles se voyait avant tout comme un acteur mais un acteur habillé non selement d'un costume de scène mais d'une apparence physique répulsive : ainsi, dans "La soif du mal", Welles s'affuble de fausses bajoues et d'un faux ventre et dans "La décade prodigieuse" de Chabrol d'un faux nez. Le réalisateur s'en est expliqué : "Orson détestait son petit nez en trompette. Dans presque tous ses films, il se fabriquait un faux nez. J’ignorais cette obsession et comme il fallait que je fasse faire de grandes statues de lui pour le film, j’ai engagé un sculpteur qui, évidemment, a sculpté sa tête avec un nez normal …. Quand il a vu les statues, Orson a dit qu’il les refusait… à cause du nez. Pendant la nuit, le nez a donc été modifié pour ressembler à celui qu’il se fabriquait lui-même" [93]..

Malgré son caractère toujours imprévisible, Welles intéressait, comme acteur, les autres metteurs scène : Henry Hathaway, Carol Reed, Nicholas Ray,, John Huston, Robert Siodmak. Cependant, Orson exigeait de chacun d'eux le droit de pouvoir retoucher son texte. Les "rajouts" d'Orson Welles sont restés célèbre, il n'est que de citer le "Troisième homme" et la tirade des "cuckoo clocks"

 

Conclusions"

 

Bien sûr, en ce qui concerne le "cas Orson Welles", les faits sont là : sa vie erratique, son égo-centrisme et ses tendances à passer de l'auto-destruction à un orgueil arrogant mais personne ne va nier qu'il y eut une sorte de génie chez Orson Welles.

Peut être pourrait on dire d'Orson Welles ce que Cocteau disait de Victor Hugo : " "un fou qui se prend pour Victor Hugo[94]

 

La liste des anciens numéros de la Lettre d'Informations est sur le site http://andrefabre.e-monsite.com/

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[1] Ces informations sont données sans responsabilité personnelle sur leur contenu,  ni sur le lieu ou la date des réunions

[2] Un de ses biographes, Simon Callow's rapporte que le dossier medical  d'Orson Welles mentionne en 1941 les precisions suivantes : "Weight listed as 218, and height at 72" - 6 feet even"

[3] H.G. Wells fut confondateur, en 1934, de The Diabetic Association", devenue aujourd'hui " Diabetes UK".

[4] Halloween est une fête célébrée aux États-Unis et au Canada  chaque 31 octobre, à la veille de la Toussaint. Le nom est écossais : "Allhallow-even ("Eve of All Saints' Day".  Comme dans les pays catholiques, "tous les Saints" sont réunis ce jour là... en anglais contemporain et peut se traduire comme "Veillée de la Toussaint "

[5] Jackie Gleason (1916-1987) fut un très célèbre  acteur, compositeur, producteur, scénariste et réalisateur d'emissions télévisées aux États-Unis.

[6] Sur la famille d'Orson Welles et leur "album" de photographie : voir sur Internet" http://www.wellesnet.com/family-album-page-2/"

[7] Richard Head Welles (né en 1872 à Missouri, mort en 1930 à Chicago),

[8] Il fut aussi inventeur d'un modèle de patin à vapeur :comment ne pas évoquer ici Fernandel dans son célèbre film de 1943, "Adrien"

[9] Callow Simon "Orson Welles : The road to Xanadu" (Ed. Pengion Books, 1997)

[10] Toute son enfance Orson appelait "Dadda" le Dr Bernstein

[11] D'après  K. Elan Jung, " Sexual Trauma: A Challenge Not Insanity"

[12] Il faut noter que le Dr. Bernstein fut désigné comme  "tuteur légal" d'Orson après la mort de Richard Welles.

[13] Lire de Tarbox Todd, petit fils de Roger Hill : " Orson Welles and Roger Hill: A Friendship in Three Acts" (Ed Bear Manor Media, 3013)

[14] Welles a laissé un dessin où il se représente face au Gate Théâtre

[15] Léon Feuchtwanger (1884-1958) antihitlérien  convaincu, échappa de peu aux Nazis pour &migrer à Los Angeles où il est mort en 1958

[16] Joseph Süß Oppenheimer (1698-1738) était banquier et conseiller financier du duc de Wurtemberg. A la mort de son bienfaiteur, il fut arrêté, jugé et, refusant d'abandonner la religion juive, condamné à mort et pendu en place publique. Son corps resta six ans suspendu dans une cage sous les murs de la ville. Ce dramatique épisode des persécutions antisémites d'Allemagne fut repris par la propagande d'Hitler sous forme de film, "Jud Süss" (1940), une des plus exécrables œuvres du régime nazi.

[17] Mac Liammóir : "The Irish Times" (14 Octobre 1931)

[18] La tradition, contestée par les biographes modernes, veut que Shakespeare ait tenu lui même ce rôle…

[19] "La mort prend des vacances" "Death Takes A Holiday" de l'auteur italien Alberto Casella

[20]  "La curse à la mort" ' The Dead Fast Ride Gottfried August Bürger " Denn die Todten reiten schnell"

[21] Dmitry Merezhkovsky "Czar Paul" . On fera le rapprochement avec le velebre "Lieutenant Kijé" de Prokoviev.

[22] Thornton Wilder (1897-1975) plusieurs fois "Prix Pulitzer", était célèbre comme romancier à succès : "La peau de nos dents", "les ides de mars" mais aussi comme scénariste d'Alfred Hitchcock (''l'ombre d'un doute")

[23] Guthrie McClintic (1893-1961) directeur de theatre, réalisateur et producteur de films régnait sans partages sur Broadway aux côtés de sa femme Katharine Cornell.

[24] Le rôle de la première des trois sorcières était tenu par Rosetta LeNoire (1911-2002) qui fit plus tard une grande carrière à la télévision

[25] Le "lichtdome" était la marque des grands meetings  nazis de Nuremberg

[26] Joseph Cotton "Vanity Will Get You Somewhere: An Autobiography (Ed. Excel, 1987)Par Joseph Cotten

[27] "La guerre des mondes" (voir plus haut.

[28] Le jour suivant, Orson s'excusa publiquement d'avoir été cause d'une "mass hysteria" Plusieurs planites avaient été déposées mais aucune n'eut de suite. Plus tard, Welles commentera "Je n'ai jamais  de remords, c'est ce qui me differencuie des hommes politiques…"

[29] Le grand photographe Bresilien Benicio DiasTomás rapporte qu'Orson Welles lui avait confié : "Si j’avais fait mon émission sur les Martiens en Amérique du Sud, on m’aurait mis en prison, aux États-Unis, j'ai eu un contrat de Hollywood.”

[30] Le roman de Richard Wright aura un grand succès en France après sa publication dans une traduction de Marcel Duhamel sous le titre "Un enfant du pays" (Ed. Club du livre, 1953)

[31] Richard Wright (1908-1960) né à Natchez, Mississipi et mort à Paris, fut le premier écrivain afro-américain à succès Son livre "Native son" a été publié en 1947 aux éditions Gallimard puis republié  en 1988 sous le titre "Un enfant du pays" . Selon la légende, le titre du  livre serait dû à  Nelson Algren, devenu célèbre en France grâce à Simone de Beauvoir

[32] Voir de Catherine Benamou  It’s All True: Orson Welles’s Pan-American Odyssey" (U. of California U. Press, 2007

[33] "Four men on a raft" : "Quatre hommes sur un bateau"

[34] Encore une "légende Wellesienne" : Orson arrivait toujours en retard à ses émissions, le plus souvent en raison des difficultés de circulation à New York. Il eut l'idée ingénieuse de prendre une ambulance, toutes sirènes hurlantes…

[35] John Houseman (Jacques Haussmann)(1902-1988) était un acteur et producteur venu de Roumanie. Il prit une part active à la réalisation de "Citizen Kane"

[36] Voir le site internet http://fivekings.ca/home/2015/6/3/five-kings-dorson-welles-rsum-des-scnes

[37] RKO Pictures a été créée en 1928 par la fusion du réseau de salles Keith-Albee-Orpheum (KAO), de la société de Joseph Patrick Kennedy (le père de JFK) Film Booking Offices of America (FBO) et de la Radio Corporation of America (RCA).. Pendant l'âge d'or d'Hollywood, RKO sortait près d'un film par semaine. Bien des grands noms étaient alors sous contrat avec la RKO  : Ingrid Bergman, Bette Davis, John Ford, Katharine Hepburn, Alfred Hitchcock, Cary Grant, Robert Mitchum et Orson Welles. Parmi les films produits par RKO, on peut citer Citizen Kane, King Kong, La vie est belle, Quasimodo, Nous avons gagné ce soir et de nombreuses comédies musicales avec Fred Astaire et Ginger Rogers ainsi que les premiers films de Walt Disney : Blanche-Neige et les Sept Nains et Fantasia

[38] Hermann Mankiewicz (1897-1953) scénariste et producteur de films On ne le confondra pas avec son frère Joseph Leo Mankiewicz (1909-1993), célèbre metteur en scène, entre autres; de "Jules Caesar", "All about Eve", "The barefoot contessa" et "Guys and dolls"

[39] William Randolph Hearst (1863-1951) fut un grand  magnat de la presse écrite. Il fit construire en 1920 à San Simeon, en Californie, un château spectaculaire rempli  d'antiquités diverses  et d'œuvres d'art achetées en Europe, dont en 1928 la chambre à coucher de Mademoiselle Mars, acheté à un décorateur parisien célèbre, Stéphane Boudin, qui l'avait acquis lui-même de la grande tragédienne du Théâtre Français,  Mary Marquet

[40] En France, dès 1928, le film muet de Marcel L'Herbier, "l'Argent", tentait de promouvoir une nouvelle technique de cinéma avec des mouvements de caméra incessants

[41]  Sartre, Jean-Paul "Quand Hollywood veut faire penser: ‘Citizen Kane’ film d’Orson Welles" (L’Ecran francais, n° 5, 1er aout  1945)

[42] On trouvera le commentaire de ces films dans la seconde partie, consacrée à l'œuvre 'Orson Welles

[43] Jean Cocteau différenciait  "ciné, cinéma et cinématographe" (voir de Francis Ramirez, Christian Rolot : "Jean Cocteau: le cinéma et son monde" (Cahiers Jean Cocteau, n° 7)

[44] Joseph McBride, " Orson Welles " (Perseus Books Group, 1996)

[45] Il n'est pas inutile que "gauchiste" aux Etats Unis implique un engagement politique qui, en France, serait la gauche…de l'ancien UMP…

[46] Welles et  Peter Bogdanovich : "This is Orson Welles" (Ed. New York: HarperCollins Publishers 1992)

[47] Charles Baudelaire " Bohemiens en voyage""

[48] Le film est sur Internet : https://www.youtube.com/watch?v=6ewT3wzhgq0 et

[49] Voir, sur Internet :  https://www.youtube.com/watch?v=VNdZnCmvtNk

[50] Peter Biskind, " My Lunches with Orson: Conversations between Henry Jaglom and Orson Welles"

[51] Voir http://www.printmag.com/steven-brower/the-visual-art-of-orson-welles/ et https://www.youtube.com/watch?v=sd4mMmrpIB0

[52] "Les bravades" ("A Portfolio of Pictures Made for Rebecca Welles by Her Father" (Ed. Workman Pub, 1996)"

[53] "Schenke" : "taverne", "bistro"

[54] P. Bogdanovitch "This is Orson Welles" Voir aussi les notes 56 et  64

[55] "Terre d'Espagne ("The Spanish Earth") est un film du célèbre metteur en scène flamand, Joris Ivens, écrit par John Dos Passos et Ernest Hemingway, raconté par Orson Welles et réenregistrée par Hemingway (avec Jean Renoir faisant la narration dans la version française), avec de la musique composée par Marc Blitzstein et arrangé par Virgile Thomson.

[56] Simon Callow "The road to Xanadu" (Ed. )Vinntage 1996)

[57] Chris Welles Feder, " In My Father's Shadow: A Daughter Remembers Orson Welles"(Ed. Mainstream Pulishing Co, 2009)

[58] Interview enregistré à Paris pour la Chaine de television CBC (1960). Voir http://www.printmag.com/steven-brower/the-visual-art-of-orson-welles/ https://www.youtube.com/watch?v=sd4mMmrpIB0

[59] "Bachelor's Row" : Allée des célibataires

[60] Initialement l'hôtel était "Jardin d'Alla", portant le nom de son propriétaire  le richissime Alla Nazimova

[61] "Ma maison" avait été créé créé par rien moins que Claude Terrail, le mythique fondateur de "La tour d'Argent". Le restaurant n'existe plus, il a été fermé en 2015

[62] Cf : " My Lunches with Orson: Conversations between Henry Jaglom and Orson Welles" de Peter Biskinkind (Metropolitan Books, Henry Holt, New York 2014). Henry Jaglom,est un acteur-réalisateur-auteur américain, né en 1938 d'une famille d'émigrés allemands réfugiés en Angleterre pour fuir le Nazisme.

[63] Voir plus loin  le chapitre:"Orson Welles le magicien"

[64] L'hotel a été transformé en "condominium" : 'sic transit gloria mundi"…

[65] Voir https://www.youtube.com/watch?v=d0Qiiy6jJtg

[66] VoirWelles dans un de ses numéros de magiciens : https://www.youtube.com/watch?v=d0Qiiy6jJtghttps://www.youtube.com/watch?v=d0Qiiy6jJtg

[67] Voir l'étonnant duo F.A.-R.H sur https://www.youtube.com/watch?v=k72XIuUIxYE " https://www.youtube.com/watch?v=k72XIuUIxYE"

[68] Rappelons que la première bombe atomique lancée sur Bikini portait le nom de "Gilda"

[69] Interview donné au Merv Griffin Show : voir " https://www.youtube.com/watch?v=YZEWy--VsBQ&list=UUaxAJybXd-1ahQ9OV1J2WaA

[70] Dolores del Rio a notamment joué dans le film "Flaming star"  le rôle de la mère d'….Elvis Priesley

[71] Welles se déclara souvent déçu de n'avoir eu, de ses mariages, que des filles…

[72] Christopher Welles - Feder a publié un livre de souvenirs sur son père ("In my father's shadow") qu'elle a signé "Chris"  et non pas Christopher

[73] "Société américaine pour la prévention de la cruauté envers les enfants"

[74] Beatrice Mori di Gerfalco Welles, alors âgée de neuf ans, tenait le rôle du page de Falstaf dans "Midnight Chimes" dans Macbeth. Elle eut pour parrain…Frank Sinatra. On notera que "Beatrice" était le prénom de la mère adorée de Welles

[75] Voir note précédente

[76] Le terme ne s'entend qu'en référence au lieu et à l'époque : comme l'a dit Paul Morand :"La  gauche aux États-Unis de cette époque aurait été vue en France comme "bourgeoisie éclairée

[77] Cité dans entrevue par Merv Griffin, de Frank Brady, "Citizen Welles: A Biography de Orson Welles" (Ed. Charles Scribner: New York, NY, 1989).

[78] Voir note précédente

[79] Cf "My lunches with Orson Welles" de Peter Biskind, deja citéDinners with Welles

[80] Cf Bogdanovitch déjà cité

[81] Graham Green a decrit Los Angeles comme un "amas de villes sans capitale"…

[82] David Thomson "Rosebud: The Story of Orson Welles" (Ed. Vintage Books, 1997)

[83] Voir le site intyernet "https://boscutti.com/2012/03/15/orson-welles-xanadu/"

[84] On notera qu'Orson Welles et ul Brynner sont morts le meme jour…, le 10 octobre 1985

[86] Peter Bogdanovitch (1939) est un metteur en scène, acteur, producteur et critique d'art américain . Il a réalisé  plus de trente films dont "Texasville". Ami de mongue date d'Orson Welles il a publié plusieurs livres sur lui et, en particulier  "This is Orson Welles" "

[87] La propriété est, depuis la mort d'Ordonez,   fermée aux visiteurs.

[88] Un florilège des aphorismes d'Orson Welles est publié sur https://en.wikiquote.org/wiki/Orson_Welles

[89] On peut dire la même chose d'Ingmar Bergman ou de Sacha Guitry et de Luchino Visconti

[90] Cf.  Chan Norris, "Orson Welles sur l'Amérique latine". (PM, Septembre 13, 1942, page 17)

[91] Cf Bogdanovitch, déjà cité

[92] Julian Allen (2942-1998) était illustrateur  dans de nombreuses revues telles Esquire et le New-Yorker

[93] Claude Chabrol, "Comment faire un film" (Ed. Payot, 2003)

[94] "Opium" de Jean Cocteau ("Histoire d'une atmosphère"(Ed. Stock, Paris, 1930),

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Date de dernière mise à jour : 23/06/2016

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