Lettre d'informations mai 2016

A.J. Fabre            Juillet 2016

 

A.J. FABRE

LE T T R E     D ' I N F O R M AT I O N S  n°44    M A I    2016

 

Sites Internet d'Histoire de la médecine

Académie nationale de chirurgie : mise en ligne, du N°1-2016 des e-Mémoires.

Le référencement des articles par DOI augmente la visibilité internationale des auteurs, influant sur l’"impact factor" des "e-Mémoires". Celui-ci est favorablement impacté tant par le nombre de visites quotidiennes du site ANC (6550 téléchargements/jour) que par les citations des articles référencés dans les publications ultérieures des auteurs.

Pour y accéder : Ajouter le préfixe www.academie-chirurgie.fr/

www.academie-chirurgie.fr/doi:10.14607/emem.2015.1.005

Pour consulter les articles, aller sur le lien

www2.academie-chirurgie.fr/sean/?emem=2016x15x1

ou sur le site de l’Académie, consulter le programme des séances à venir

www2.academie-chirurgie.fr/sean/?annee=2016

 

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"Pourquoi la prohibition de l’usage du cannabis ne fonctionne pas ? (Pr. J. Costentin Président du Centre National de Prévention d’Eudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT) (Extrait de l'article)

https://drogaddiction.com/2016/04/15/pourquoi-la-prohibition-de-lusage-du-cannabis-ne-fonctionne-pas/

Pourquoi la prohibition ne remplit-elle pas sa fonction ?. On peut constater que la prohibition du cannabis, instaurée par la loi de 1970, n’a pas empêché les français de devenir, parmi les 28 états membres de l’Union européenne, les "recordmen" de consommation de cette drogue.…

La loi de prohibition du cannabis est largement méconnue des adolescents. Elle l’est aussi de leurs parents, hormis après qu’ils soient allés chercher au commissariat leur rejeton, pris en flagrant délit de consommation, d’achat ou de vente d’herbe (marijuana) ou de résine (haschisch) de cannabis…

Ce n’est que depuis peu que les parents prennent conscience de l’envahissement de notre société et de la menace de contamination de leurs enfants par le cannabis, au pays qui compte quelques cent mille dealers de cannabis, que ne les a-t-on prévenus plus tôt ?

 

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45eme Congrès de la Société Internationale d'Histoire de la médecine (5-9 septembre 2016) (Buenos Ayres, Argentine)

http://www.biusante.parisdescartes.fr/ishm/images/buenosaires.jpg http://www.fmv-uba.org.ar/sihm/index.asp

Informations : Juana Azurduy

Site internet http://www.fmv-uba.org.ar/sihm/index.asp

General & Visas information : infoajc@anajuan.com

 

Inscriptions : http://www.eventgo.com.ar/SIHM/LogIn.dll/EXEC/0/0mtqfqh0ftk8hg11ztn0y0lin026

Communications libres: abstracts@anajuan.com

Blogspot d'Alexandre Klein

http://histoiresante.blogspot.fr/

Alexandre Klein est Docteur en philosophie et histoire des sciences, ses travaux portent sur la notion de subjectivité dans l’histoire et l’épistémologie des pratiques et discours relatifs à la santé, que ce soit la médecine, la psychologie scientifique, la psychiatrie ou l’éducation à la santé. 

Ses recherches sont centrées sur le thème d'une épistémologie historique, afin de constituer une histoire philosophique de l'expérience contemporaine de la santé.

Il collabore actuellement au projet "De hospitalisation psychiatrique et accès aux services de santé mentale. Regards croisés Ontario-Québec, 1950-2012", dirigé par Marie-Claude Thifault.

Il étudie l'expérience de la désinstitutionalisation psychiatrique entre 1948 et 1968, particulièrement chez les anglophones montréalais du Verdun Protestant Hospital.

Il travaille en outre à l'édition de la correspondance et des archives du psychologue Alfred Binet (1857-1911) et coordonne et anime le réseau Historiens de la santé http://www.histoiresante.blogspot.ca/ et est également responsable des recensions francophones au Bulletin canadien d'histoire de la médecine.

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Socété d'Histoire de la médecine 

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/

 Séance du Samedi 16 Avril 2016 à 14h30

 Magdalena Kozluk : "Une curieuse " imaginothèque" : les "emblemata medica"

 de Louis de Caseneneuve"

Teunis Van Heiningen : "Théodore Tronchin (1709-1781)"

Corinne Doria : "L’impact de la Grande Guerre sur l’ophtalmologie : diagnostic, , traitement des blessés, organisation sanitaire. L’exemple des ophtalmologistes français."

Géraldine Hetzel : "L’Ennemi de la mort ou la lutte contre le royaume des fièvres"

Prochaine réunion : Vendredi 20 et samedi 21 mai 2016 à Meaux (Seine-et-Marne) : Colloque " Médecine et Littérature " Cf. Programme et Formulaire d’inscription

Programme prévisionnel 2016

Samedi 16 Janvier 2016 (Faculté de médecine) : 4 conférences

Samedi 20 Février 2016 (Faculté de médecine ) : Assemblée générale de la Société d'Histoire de la médecine + 4 conférences

Samedi 19 Mars 2016 (Faculté de médecine) Remise des Prix de Thèse de la Société d'Histoire de la médecine + 3 conférences

Samedi 16 Avril 2016 (Faculté de médecine) : 4 conférences

Vendredi 20 et samedi 21 Mai 2016 (Médiathèque de Meaux (Seine-et-Marne)

 Colloque " Médecine et Littérature "

Samedi 11 juin 2016 (Faculté de médecine) : 4 conférences

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"Maximien Parchappe (1800-1866)" par Olivier Walusinski

http://walusinski.com/data/Parchappe_M.pdf

Maximien Parchappe (1800-1866), avait été l'élève de Jean-Etienne Esquirol et eut une carrière d'aliéniste en deux périodes successives. D'abord clinicien d'asile en Normandie, il a tenté de trouver une étiologie à "la folie" en unissant une étude anatomo-pathologie macroscopique de près de huit cents cerveaux et la science naissante de la statistique. Puis, nommé "Inspecteur des asiles", il va jouer un rôle important dans la mise en application de la Loi de 1838.

Il œuvre, d'abord, à la construction d'asiles départementaux répondant à des normes architecturales adaptées à l'accueil des aliénés.

Ensuite, il s'attache à promouvoir l'humanisation des soins et le bien-être des malheureux insensés enfermés en par la mise en place de l'ergothérapie.

Travailleur acharné, Parchappe a pris soins de publier, régulièrement tout au long de sa carrière, les résultats de ses multiples travaux dans de nombreuses publications qui feont l'objet d'un article à paraitre.

Livres et revues sur l'Histoire de la médecine

Afficher l'image d'origine"Etat, santé publique et médecine à la fin du XIXème  siècle français" par Isabelle Cavé (Ed. , L'Harmattan, Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2016.

ll faudra attendre la première moitié de la IIIe République (1870- 1914) pour que la société française se dote d’une forte juridiction sanitaire. Les lois de santé publique sont votées, en grand nombre, peu de temps après les découvertes en microbiologie de Pasteur (entre 1855 et 1870) puis l’action efficace des hygiénistes à diffuser les résultats de leurs enquêtes médicales auprès des autorités.

Dans le même temps, les épidémies de peste, de choléra, de variole et de typhoïde terrassent d’effrois morbides les populations humaines.

Dans ce livre consacré à l’histoire d’une société qui se médicalise de façon radicale, la loi du 15 février 1902 renvoyant à la protection de santé publique prend une place importante. Il s’agit du tout premier texte du code de la santé qui résume les préoccupations de salubrité visant à venir à bout des épidémies et des maladies contagieuses.  C’est pourquoi le principe de vaccination et de revaccination est de nouveau imposé à la population. Désormais, les médecins doivent déclarer toute maladie contagieuse constatée chez leur clientèle. L’organisation soudaine des services de santé publique s’impose et l’assainissement des logements insalubres est entrepris pour lutter contre la tuberculose.

La loi de 1902, synthèse de cette politique de santé publique nouvelle, impose le raccordement des maisons au tout-à-l’égout dans les villes de plus de 20 000 habitants pour lutter, en particulier, contre la typhoïde.

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"Neurologie militaire" ("War neurology") par L. Tatu et J. Bogousslavski (Ed. Karger, Bale, 2016

Ce livre est une approche médico-historique de la neurologie en temps de guerre
L'intérêt pour l'histoire des sciences neurologiques a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, mais la signification de la guerre a été négligé dans la recherche connexe.

Le livre met en lumière la guerre comme un facteur de progrès dans la science neurologique au travers des comptes donnés par les médecins militaires neurologues, les expériences des soldats souffrant de maladies neurologiques.

Il s'y ajoute un chapitre consacré aux perspectives de la neurologie dans une guerre totale contemporaine.

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"La psychiatrie vécue au XIXe siècle, Lettres à Louisa" de Bernard de Marsangy (Ed. L'Harmattan , Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2016) (Préface d'Arnaud Plagnol et Postface de Guy Le Gaufey)

La psychiatrie vécue au XIXe siècle, Lettres à LouisaTentative de meurtre le 2 février 1886 à l'hôtel du Louvre. L'assassin est le neveu du baron Haussmann. Emmanuel baron Artaud a épousé Louisa, pieuse fille d'aristocrates de province. "Fou circulaire", Emmanuel est interné et Haussmann nommé tuteur. Emmanuel s'évade avec la complicité de Louisa, dont il a divorcé à contre cœur, et erre en Europe, traqué par les sbires de son oncle. Cette histoire vraie est " folle assurément, mais Artaud était-il fou ?

Ce témoignage, transmis sans éclairage savant, offre une lumière étonnante sur les pratiques des aliénistes : un document captivant sur les rapports entre folie et société.

"Migration internationale des medicines durant le XXeme siècle" ("Doctors Beyond Borders: The Transnational Migration of Physicians in the Twentieth Century" par Laurence Monnais and David Wright (Ed. University of Toronto Press, 2016)

La migration transnationale des professionnels de la santé est devenue une question cruciale dans la politique et l'éthique de la santé mondiale. "Médecins sans frontières" montre comment les médecins formés à l'étranger ont contesté (et transformé) la politique de santé et la pratique médicale dans les pays à travers le monde.

Les auteurs traitent de sujets allant de l'influence des médecins d'Asie du Sud sur la médecine gériatrique du Royaume-Uni à la réaction suédoise à l'arrivée des médecins juifs fuyant l'Allemagne nazie et l'impact de la guerre du Vietnam sur la migration des médecins au Canada.

Explorant les combinaisons entre histoire sociale, histoire de la santé et histoire de l'immigration, ce livre est un choix impressionnant d'essais sur un sujet qui continue d'avoir une importance mondiale.

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Acta Medico-Historica Adriatica, Vol.13 No.Supplement 2, December 2015

http://hrcak.srce.hr/index.php?show=toc&id_broj=12382

Afficher l'image d'origineL'origine du concept de douleur neuropathique en Perse médiévale du IXe-XIIe siècle
Borzouyeh,  médecin persan qui a le premier fait état des contractions utérines dans l'accouchement

Avicenne et la médecine gastro-intestinale : présentation d'un ancien dispositif de lavement
Sakineh Pari, née en 1902, première femme chirurgien iranienne (str.41-44)
Incontinence urinaire dans l'histoire médicale du Proche orient

Histoires cliniques rapportées par Rhazes (865-925)

Maladies anorectales dans les Traités d'Avicenne

Traitement de l'anorexie chez les personnes âgées vu par les médecins de la Perse médiévale

Formations en Histoire de la médecine

Université Claude bernard de Lyon : Diplômes Inter Universitaires en Santé

Diplôme : Diplôme Inter-Universitaire (DIU) (Mention : DIU Santé)(Parcours: Biologie de l'évolution et médecine)

Contact : http://offre-de-formations.univ-lyon1.fr/parcours-1266/biologie-de-l-evolution-et-medecine.html

Bourses en Histoire de la médecine

 

Bourse de voyage pour l'université de Yale : The Ferenc Gyorgyey Research Travel Grant

http://library.medicine.yale.edu/historical/us/grantCall for applications

The Ferenc Gyorgyey Research Travel Grant is available to historians, medical practitioners, and other researchers who wish to use the collections of the Harvey Cushing/John Hay Whitney Medical Library. In any given year the award is up to $1,500 for one week of research. Funds may be used for transportation, housing, food, and photographic reproductions. The award is limited to residents of the United States and Canada. 

Applicants should send via e-mail or regular mail: A completed application form, a curriculum vitae and a description of the project including the relevance of the collections of the Historical Library to the project, and two references attesting to the particular project. Preference will be given to applicants beyond commuting distance to the Historical Library. This award is not intended for primary use of special collections in other libraries at Yale. Applications are due by Sunday, MAY 1st, 2016. They will be considered by a committee and the candidates will be informed by JUNE 6th, 2016.

Contact : melissa.grafe@yale.edu

Expositions en Histoire de la médecine

Exposition "La loi Veil d'hier à aujourd'hui - 40 ans"

http://www.univ-tours.fr/l-universite/la-loi-veil-d-hier-a-aujourd-hui-40-ans-444171.kjsp

Le webdocumentaire réalisé à cette occasion est en ligne : http://webdoc-loi-veil.univ-tours.fr/

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100 ans de la Maternité du CHU Vaudois

http://www.chuv.ch/dgo/dgo_home/dgo_presentation/dgo_100ansmaternite.htm.

Réunions et Congrès en Histoire de la médecine

 

Troisième colloque du réseau Historiens de la santé dans le cadre du 84e congrès de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir)

Montréal le 11 mai 2016,. Il sera consacré à l’histoire des relations de santé.

http://histoiresante.blogspot.ca/2016/04/histoire-des-relations-de-sante-aux.html

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Séminaires de l'Institut universitaire de Lausanne en Histoire de la santé (IUHMSP)

Mardi 26 avril 2016, 15h-18h, salle de colloque de l'IUHMSP

Séminaire "Éthique et philosophie de la médecine"

Bernadette Bensaude-Vincent (Université de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne) : "Promesses et régime d'historicité en technosciences"

Jeudi 28 avril 2016, 17h-19h, salle de colloque de l'IUHMSP

Séminaire "Quelle histoire pour la médecine et la science? Dialogues autour d'une oeuvre"

Rémy Amouroux (Institut de santé globale, Université de Genève) : "Enjeux et controverses en histoire de la psychanalyse: l'exemple de John Forrester" avec le commentaire d'Alexandra Bacopoulos-Viau, boursière Banting à l'Université McGill

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Conférence des étudiant(.e.s) diplômé(.e.s),

jeudi 19 mai 2016 à l'Université d'Ottawa.

Thème : " Briser les silences de l’histoire du nursing et de la santé"

Contact : http://doodle.com/poll/ccncbv76rwadc67m

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Séminaire "Construire une histoire de la santé publique"

vendredi 15 avril 2016, de 15 à 18 h, EHESS (salle 1, 105 bd Raspail, 75006 Paris).

"L’hospitalisation des vieillards : un choix ? Genèse d’une politique publique d’assistance à la vieillesse à Paris au XIXe siècle" par Mathilde Rossigneux-Méheust (U.de Besançon)

"Les politiques démographiques dans la gouvernance économique et sociale de l'Etat en Colombie (1938-1975) Travail doctoral de Matías Kitever 

Contact : Anne Rasmussen : anne.rasmussen@unistra.fr

Appel à communications"

25ème congrès international d’histoire des sciences et des techniques

Rio de Janeiro (Brésil) en juillet 2017

"Circulations & institutions scientifiques : Amériques, Europe de l’Ouest, Asie (1750-1914)

Contact : matheus.duarte@ehess.fr ou robert.martin.5@courrier.uqam.ca.

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5th National Meeting of History of Science and Technology / 2nd International Congress of Interdisciplinary History of Health

Université Coimbra, Portugal, 13-15 juillet 2016

Contact : http://www.uc.pt/iii/ceis20/Congressos/5ENHCT_2CIHIS

 A.J. Fabre        Avril 2016

ORSON WELLES (1915-1985) UN DIABETIQUE DE GENIE (2)"

 

Afficher l'image d'origine Nous avons vu précédemment les grandes étapes de la vie d'Orson Welles, marquée par un contexte médical péjoratif (diabète de type 2, hypertension artérielle, obésité,pancréatite latente et répétition d'accès de goutte,

Faut-il y voir la cause d'une personnalité jugée "insaisissable" par nombre de contemporains?

Néanmoins, Orson Welles reste une figure majeure du siècle dernier, pour ses apports de cinéaste et d'homme de théâtre mais aussi son talent protéiforme dans tous les domaines artistiques : acteur, peintre et écrivain.

CINÉMA

Treize grands films sont ici à citer, chacun marquant une étape de la vie :

Les 13 films d'Orson Welles[1]

.1. "Citizen Kane 1941 (Prod. van Pallandt)(Distr. RKO)[2]

Afficher l'image d'origineC'est le premier film d'Orson Welles : Il a tout juste 26 ans et son apparence physique est encore celle d'un tout jeune homme

Fait rarissime dans l'histoire du Cinéma, ce film est écrit, produit, mis en scène et joué par une seule et même personne, Orson Welles.

Tous les compagnons du Mercury Théâtre d'Orson Welles  sont réunis autour de lui : notamment, Joseph Cotten, Agnès Moorehead et Everett Sloane.

Dans le rôle d'un grand "tycoon"[3] de la presse américaine, Welles faisait une prestation saisissante. Il faut dire qu'il consacrait chaque matin plusieurs heures pour parvenir, avec l'aide de son maquilleur Mel Berns[4] à se vieillir d'un demi-siècle… .

On n'a pas assez souligné ce qu'apportait au film la musique de Bernard Hermann[5], futur musicien d'Alfred Hitchcock. Pour la première fois, arrivait dans un film de Hollywood une orchestration au style volontairement dépouille, exposant, dès l'ouverture, la répétition de "leitmotivs" singuliers. Ainsi, pour rendre plausible la séquence où l'épouse de Kanes, cantatrice dont la prestation vocale n'est guère convaincante, Hermann composa un véritable "aria"[6], plagiant les opéras du XIXème siècle.

Le film était tout entier un portrait charge d'un grand seigneur de la presse américaine, Randolph Hearst[7] qui avait fait construire en Californie, sur un ranch couvrant plusieurs hectares, un véritable palais, le St Donat's Castle, meublé d'antiquités et œuvres d'art ramenées d'Europe[8]

Le film[9] commence directement, sans générique, par une promenade autour du manoir, barricadé de grilles inquiétantes : une seule fenêtre est éclairée et c'est la chambre où Foster Kane-Welles se meurt. Il tient dans sa main un globe de verre, ce que les enfants appellent "globe de neige" et prononce avant de mourir un mot mystérieux, "Rosebud"[10]. Le globe glisse alors de sa main et se fracasse sur le sol.

Alors commence une enquête entreprise par les journalistes de tous les États Unis pour élucider le "mystère Rosebud"[11]. Un journaliste à l'"Inquirer"[12], (Jerry Thompson- Joseph Cotten), est chargé d'enquêter auprès des cinq personnes qui ont bien connu Kane. Arrive alors une succession de "flash-back" et d'"effets spéciaux" dans un "puzzle" énigmatique fait pour dérouter le spectateur.

La virtuosité technique du réalisateur[13] est partout pressente : prises de vue en grand angle, contre-plongées sur plafonds, plans-séquences où la caméra suit le déplacement d'un personnage, champs de profondeur variable.

Derrière cette belle démonstration de savoir-faire cinématographique apparait en filigrane le message de Welles : le "rêve américain" n'est qu'illusion car ni le pouvoir ni l'argent ne peuvent apporter la sérénité ou le bonheur…

Une séquence du "Citizen" est restée célèbre[14]. Kane enfant joue dans la neige : la caméra le regarde, recule, entre par la fenêtre dans le chalet, emprisonne le gamin dans un cadre de plus en plus étroit, puis continue son mouvement pour montrer, cette fois, les parents de Kane en train de confier leur enfant à un tuteur. Une fois la transaction signée, un travelling avant rapproche la fenêtre : le père vaincu baisse la tête mais l'enfant joue toujours.

Dès la première du film, le succès fut immense, auprès du public comme des professionnels, tous conscients de ce que le film allait bouleverser le "Septième Art" . Dès les premières sorties en salle , le "New York Times " écrivait : "Il faut désormais compter avec Mr. Welles car il ne fait pas les choses à moitié... Sur l'écran, le champ donné aux mouvements de la caméra est énorme et écrasant… Citizen Kane est un film toujours en mouvement…. [15].

Les récompenses s'amoncelèrent : Oscar 1942 du meilleur scénario avec, de plus, huit autres nominations (acteur, décors, caméraman, réalisateur, musique, et nomination pour le meilleur montage, photographie et son), Prix du "New York Film Critics Circle", Prix du u "National Board of Rewiew", Prix du Meilleur film attribué après cinq enquêtes consécutives de "Sight & Sound",  première place au classement de l'American Film ("100 yrs, 100 movies") pour les cent meilleurs films américains de l'histoire du cinéma

Il y eut cependant quelques détracteurs, ainsi, le grand écrivain argentin, Jorge Luis Borges qui vit dans "Citizen Kane" "un labyrinthe sans centre…à la valeur historique indéniable, mais que nul ne se souciera de revoir à nouveau." [16]. Dans la France de l'immédiat après-guerre, alors sous emprise du cinéma soviétique, Jean-Paul Sartre sonna la charge : " Kane aurait pu être intéressant pour les Américains, [mais] il est complètement daté pour nous, parce que tout le film est basé sur une conception erronée du cinéma. Le film est dans le passé, alors que nous savons tous que le cinéma est, avant tout, dans le présent…. Ce film, situé dans le passé est l'antithèse du cinéma et, par conséquent, Citizen Kane n'est pas du cinéma (sic) "[17]

Dans l'ensemble, en France, l'accueil fait au film avait été enthousiaste : en témoigne le livre cosigné par Jean Cocteau et le grand critique de films André Bazin : "Chez Orson Welles, la technique n'est pas seulement une façon de mettre en scène. Avec la technique, le cinéma s'éloigne un peu plus du théâtre, devient moins un spectacle qu'un récit, exposition d'un cas dont la technique va éclairer toutes les facettes et toutes les contradictions. Comme dans le roman en effet, ici ce n'est pas seulement le dialogue, la clarté descriptive mais le style imprimé au langage qui crée le sens." [18].

 François Truffaut, le grand réalisateur français de l'après guerre, ne fut en reste : "Orson Welles en 1939 devait très bien sentir qu'il lui fallait délivrer non seulement un bon film mais LE film, celui qui résumerait quarante ans de cinéma tout en prenant le contre-pied de tout ce qui avait été fait, un film qui serait à la fois un bilan et un programme, une déclaration de guerre au cinéma traditionnel et une déclaration d'amour au médium."[19]

Au "Box office" français, le classement du film fut plus qu'honorable : 607181 entrées à Paris (871 261 en France) [20]. A titre de comparaison, le célébrissime film de Jean Cocteau "La belle et la bête" eut la même année 3.8 millions de spectateurs

Aux États-Unis, cependant, il n'en était pas de même : en terme de résultats commerciaux, le bilan fut médiocre eu égard aux $686,033 investis par la RKO : le film fut retiré des salles peu de temps après sa sortie et ne réapparut plus …

Il fallu attendre deux tiers de siècle pour que "Citizen Kane" soit redécouvert par le public ds États Uns : en 2016 il a été réédité sur CD ROM par la compagnie "Blu-ray"[21] et, cette fois, le succès était au rendez vous…

.2. "La splendeur des Ambersons[22] (The magnificent Ambersons) (1942) (Prod. RKO

Afficher l'image d'origineLe second long métrage d'Orson Welles, fut, comme le précédent, produit et mis en scène par l'auteur. Toutefois, exception notable dans sa carrière de réalisateur, Orson n'apparait à aucun moment si ce n'est par la voix du narrateur.

Welles avait voulu mettre toutes les chances de son coté en adaptant un roman à succès, couronné par le célèbre prix Pulitzer[23], montrant l'histoire d'une grande famille du Middle West aux débuts de l'industrie automobile.

Le tournage du film à Hollywood eut lieu entre Octobre 1941 et Janvier 1942, aux studios RKO de la Gower Street. Orson Welles y avait installé un dispositif de son invention : une maison aux murs mobiles donnant une liberté totale aux mouvements de la caméra.

On retrouve, là encore dans la distribution, tous les fideles : Joseph Cotten, Dolores Costello, Anne Baxter, Tim Holt, Agnès Moorehead et Ray Collins.

Le film n'était pas sans audaces, ainsi, le générique ne se situe pas, comme c'était alors l'usage, à la fin du film sur une liste déroulante mais au début :  juste après l'affichage du 'logo' de la RKO (le célèbre pylône émetteur) et du titre du film, vient une brève annonce parlée[24] et le film commence aussitôt par l'image d'une carriole s'arrêtant devant la maison. Le générique n'apparaitra que tout à la fin, avec une vue du livre et une présentation de chacun des acteurs et des actrices par la voix "off" d'Orson Welles. C'est alors que surgit un microphone tandis qu'une voix aisément reconnaissable prononce la phrase célèbre "Mon nom est Orson Welles" .

Beaucoup plus tard, Orson avouera : "Je me suis, bien sûr, attiré quelques ennuis à cause du generique…on y a vu la marque d'un égotisme de ma part, la vérité est que je m'adressais à un public qui ne me connaissait que par ma voix et il ne semblait pas prétentieux de mettre dans le film la même annonce qu'à la radio… [25]

Lorsque le tournage fut terminé, les producteurs à qui revenait, par contrat, droit de regard sur le montage, procédèrent à d'importantes coupures amputant  le film de 40 minutes[26]. Bien plus, fut décidée de mettre à la fin du film une "happy end" bien peu fidèle au style "Wellesien"[27]

Autre cause de dissension avec RKO, le musicien de "Citizen Kane", Bernard Herrmann avait composé une partition musicale originale mais les producteurs procédèrent à de telles retouches que Bernard Herrmann se retira du film, menaçant de poursuites si son nom restait  au générique.

Orson était alors retenu en Amérique du sud par une mission gouvernementale : il ressentit comme une trahison les modifications apportées par la RKO. Il s'en expliquera longuement plus tard: "Mon intention était de dépeindre le monde de l'argent et de montrer en quoi il se transforme. Après avoir bâti la ville de rêve des "bons vieux jours", l'automobile a tout saccagé - non seulement la famille mais aussi toute la ville. Rien de tout cela n'est resté dans le film Il ne reste que les six premières bobines. Ensuite, il n'y a plus qu'une suite de séquences rapides et maladroites. Montrer le monde sordide de l'argent était trop risqué. Toute la troisième partie est gâchée à cause de ce bricolage incroyable et hystérique, ils supprimaient tout ce qu'ils pouvaient trouver…"[28]

En fin de compte, les producteurs gagnèrent la partie : Orson Welles fut contraint d'accepter leurs "diktats",  ce que ne lui pardonna jamais l'irascible Bernard Hermann.

Néanmoins,  à la sortie du film, l'appréciation des critiques fut unanimement élogieuse et le resta : en 1972, le film fut inscrit par le grand magazine de films "Sight and Sound" comme un des dix plus grands films de l'Histoire du cinéma et fut nominé pour quatre Oscars, dont celui de la meilleur image. En 1991 le film entra au "National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès

En France, où le nom de Welles était devenu célèbre depuis "Citizen Kane", le film totalisa 164.306 entrées à Paris et 210 966 pour toute la France.

La renommée est toujours capricieuse, surtout aux États-Unis : en 2014, une vente aux enchères organisée par la famille d'Orson Welles attira les foules : le script du film fut vendu pour 10.625 $ et une collection de programmes et de photographies de production pour 2.750 $.

Il n'en reste pas moins que la carrière commerciale des " Ambersons" fut jugée décevante pour les producteurs : en fin de compte, Mercury avait enregistré une perte de $ 620,000 pour un budget initial de $850,000

.3. Voyage au pays de la peur (Journey into fear) 1943 (RKO_ Mercury ProD.)

Afficher l'image d'origineDans cette adaptation d'un livre "noir" d'Éric Ambler (1909-1998), spécialiste des romans d'espionnage, Orson Welles fut, à nouveau, tout à la fois acteur-producteur, réalisateur (et scénariste puisqu'il réécrivit avec Joseph Cotten, le scenario) . Pour d'obscures raisons de production, le nom de Welles n'est mentionné, sur le générique du film qu'au titre de "co-realisateur", associé au nom de Norman Foster, réalisateur de la série populaire des "Charlie Chan"

Tous les membres du "clan" Welles étaient, comme toujours, au rendez vous : Joseph Cotten, Agnes Moorehead, Everett Sloane et la troublante Dolores del Rio, alors égérie d'Orson.

L'histoire fort compliquée est celle d'un ingénieur américain en armement poursuivi par des agents nazis et Orson était le chef des services secrets, le Colonel Haki.

 Suivant les meilleures tradition "Wellesiennes", avant même le générique, le film démarre sur une "image choc", montrant l'assassin chargeant son arme en écoutant le gramophone…

Le succès du film fut médiocre avec une perte évaluée à $193,000 par la compagnie RKO

.4." Le criminel (The Stranger) 1945 (Prod. International Pictures)(Distr.RKO)

Afficher l'image d'origineTourné juste après la guerre, ce film était d'une actualité brûlante : c'est l'histoire d'un criminel de guerre nazi trouvant refuge dans une petite ville idyllique de Nouvelle Angleterre.

Le producteur Sam Spiegel avait initialement prévu de confier la réalisation à John Huston, mais celui-ci ne put se libérer à temps et Welles fut chargé du tournage : le contrat fut signé par Orson (en présence de son épouse, Rita Hayworth) le 10 septembre 1945.

Les vedettes étaient Edward G. Robinson, toujours à l'avant-garde de la lutte contre les Nazis et Loretta Young, tous deux épaulés par Welles lui même

Pour la première fois, l'horrible réalité des camps de concentration était montrée sur un écran: Aussi surprenant que cela puisse paraitre, à cette époque, une large partie du public nord-américain ignorait tout de l'Holocauste et le film de Welles eut là une mission cruciale d'information

Orson Welles l'écrivit le 7 mai 1945 dans le New York Post : " Non, il ne faut pas fermer les yeux mais regarder les "actualités"…La guerre a parsemé partout des cadavres, ce n'est jamais agréable à regarder … mais les actualités montrent des scènes terrifiantes : une image encore jamais vue de la mort et de la décomposition des corps humains. C'est une horrible pourriture de l'âme, une abjecte poubelle de l'esprit. Tout cela a un nom : c'est le fascisme et la puanteur du fascisme est insupportable"

On notera que "Le criminel" a été le seul film de Welles pouvant faire état de résultats positifs au "Box Office" : Son coût avait été de 1,034,000 $ et, en quinze mois de carrière, il rapporta 3.216.000 $. A en croire le magazine du spectacle "Variety", en 1946, à elle seule la location du film rapporta 2.250.000 $

.5. "La Dame de Shanghai (The lady of Shanghai) 1947 (Prod. Columbia)

Résultat de recherche d'images pour "lady of shangai"D'abord, quelques mots sur la naissance du film : en 1946, Welles avait monté à l'Adelphi Theater de Broadway une " musical extravaganza" comme on disait à l'époque, du celebre "Tour du monde en 80 jours" de Jules Verne. Les parrains étaient Cole Porter, auteur de la partition musicale et un tout jeune producteur, déjà célèbre,"Mike Todd"[29], qui ne tarda pas à se retirer devant les couts pharamineux du spectacle.

Welles prit la suite mais quand l'argent vint à manquer, il fallut se tourner vers Columbia Pictures pour payer les 55 000 $ engagés dans les costumes.

Le président de "Columbia Pictures", Harry Cohn, régla la note mais obtint en échange de Welles, la promesse d'écrire et mettre en scène un film pour ses studios.

Restait à trouver le sujet du film : selon la légende, Welles, à court d'idées (mais une fois n'est pas coutume…), aurait proposé un livre que lisait la caissière de son théâtre : " If I Die Before I Wake", "best-seller" d'un auteur de romans policiers, Sherwood King.

C'est l'histoire d'un marin irlandais, Michael O'Hara qui sauve une belle blonde attaquée en plein Central Park par de sinistres malfaiteurs. Après d'incroyables péripéties et une promenade dans Chinatown, tout se termine dans un très surréaliste Palais de glaces[30] aux murs couverts de miroirs déformants. Comme l'ont écrit "Les cahiers du cinéma", c'était un "candy bar" fortement relevé de sauce "Wellesienne"

Le rôle du marin était joué par Orson lui-même avec, à ses côtés, sa nouvelle épouse, Rita Hayworth, la rousse incendiaire devenue pour le film "blonde platinée"[31]. Dans la distribution, on retrouvait les habituels comparses, tels Everett Sloane.

Le film fut tourné à San Francisco avec de nombreuses séquences à bord du magnifique yacht d' Errol Flynn qui apparait d'ailleurs quelques instants dans le film.

La carrière commerciale se révéla catastrophique. Le budget du film avait été de $2,300,000 mais le bilan en salle s'avéra catastrophique au point que le critique du "Time out Film" hasarda l'hypothèse qu'il s'agisse d'une des plaisanteries "tongue in cheek" dont Orson Welles était si coutumier…

L'accueil en Europe et surtout en France fut tout différent avec un total de 1,564,609 entrées, le plus important des films d'Orson Welles, dépassant même "Citizen Kane" et, la reprise du film en 1989 connut le même succès.

Ainsi Jacques Siclier, grand amateur des films américains écrivait dans le Monde : "Rita Hayworth n’a jamais été aussi belle que dans La Dame de Shanghai, allongée sur un rocher, pendant une baignade en mer ou courant dans la nuit mexicaine, vêtue d’une robe blanche féerique. Mais Orson Welles l’avait parée pour ses funérailles et le désastre était irréparable. Le massacre dans les miroirs fut celui d’un mythe qui ne se releva jamais. Par son génie esthétique, Orson Welles a tiré vengeance, moins de la star dont il allait ensuite se séparer définitivement que du système hollywoodien. Sans souci de construire logiquement l’intrigue, il a créé un univers d’images et de formes à la limite de l’onirisme. Chaque plan porte une charge d’insolite, de jeu entre les apparences trompeuses et la réalité. Les hommes d’affaires du clan Bannister sont assimilés à des requins (ce qui visait les producteurs d’Hollywood) et tout, ou presque, prend, dans ce film, un sens symbolique : la fameuse scène où Michael et Elsa s’embrassent devant un aquarium peuplé de poissons monstrueux, la fuite dans le quartier chinois et la dégringolade, par le toboggan, dans le palais des mirages soudain transformé en chambre infernale. Magnifique coup d’éclat de l’auteur de Citizen Kane, qui allait bientôt prendre le chemin de l’exil. " [32]

Est-ce cause ou conséquence ? pour le couple Orson-Rita, les suites du film furent catastrophique : quelques mois après la sortie du film, le divorce était prononcé

.6. "Macbeth (d'après Shakespeare) 1948 (Mercury Prod.)

Afficher l'image d'origineDepuis ses premières années de collège, Orson Welles a toujours vécu dans l'ombre du Grand Will : dès 1935, à peine âgé de 10 ans, il joue "Hamlet" au Woodstock Collège. Quelques années plus tard, au Gate Théâtre de Dublin, Orson faits ses vrais débuts d'acteur dans le rôle du Roi Claudius. A New York, en 1948, c'est une adaptation de "Macbeth" au Mercury Théâtre qui va lancer Welles et ouvrir la longue série des films "Shakespeariens"

En 1948, malgré l'échec commercial de "La dame de Shanghai¨", réussit à convaincre Herbert Yates, président de "Republic Pictures d'améliorer par un spectacle tiré de Shakespeare la gamme de ses films trop largement voués aux "Westerns".

Une condition fut cependant exigée : rester dans le cadre d'un budget "raisonnable" Welles s'engageant à payer de sa poche tout dépassement.

Le "casting" était centré sur Welles lui même et, dans le rôle de Lady Macbeth, faute de pouvoir obtenir la participation de Vivian Leigh, ce fut une actrice du Mercury Théâtre qui fut retenue : Jeannette Nola. Le rôle de l'enfant de Macduff, l'assassin de Macbeth était tenu par La fille d'Orson, Chris.

La partition musicale mérite quelque attention : Bernard Hermann s'était brouillé avec Welles après les " Ambersons" et un compositeur français fut embauché, choix pour le moins insolite à cette époque dans les milieux de Hollywood : il s'agissait de Jacques Ibert, bien connu en France (il était directeur de la Villa Medicis [33]) mais inconnu aux États-Unis

Welles, nous l'avons vu, était depuis son enfance; fasciné par le théâtre de Shakespeare mais ses vues sur "Macbeth" étaient pour le moins personnelles : il y voyait, a-t-il déclaré à Bogdanovitch, une œuvre " à la croisée des "Hauts de Hurlevent et de "La fiancée de Frankenstein"

Quelques "touches Wellesiennes" furent donc apportées au texte sacro-saint de Shakespeare : ainsi, les sorcières, présentes tout au long de la pièce ont acquis, dans le film, quelque parenté avec les artistes du théâtre "vaudou" cher à Welles à l'époque du La Fayette Théâtre de Harlem.

Autre sujet d'étonnement pour les spécialistes : les rois et leur cour parlaient déjà "Inglis" à l'époque de Macbeth alors, pourquoi donner acteurs un robuste accent écossais ? La question reste ouverte mais les amateurs de "couleur locale" se rangeront du coté de Welles…

Plus grave étaient les "ajouts" "Wellesiens", ainsi ce personnage dont Shakespeare n'a jamais fait mention : le "Saint Homme" ("Holy man") incarnant la transition entre druidisme et christianisme. On le sait bien, il faut juger avec indulgence les excès de l'amour et Welles à l'évidence, eut toute sa vie une passion pour Shakespeare…

Reste à relater, une fois de plus, le dur combat mené par Orson Welles face aux contraintes budgétaires imposées par les producteurs. Ainsi, les lieux de tournage . Welles voulait :en toute logique, filmer "son "Macbeth" en Ecosse : il n'eut droit qu'au décor naturel utilisé dans les "westerns" de la "Mercury"°…Quant aux costumes, Welles eut à accepter, pour tous les personnages mineurs, les "fripes" d'une entreprise de location, la "Western Costume Company".

Dans un de ses entretiens avec Peter Bogdanovitch[34], Orson Welles est revenu sur ses épreuves durant le tournage de "Macbeth" : "Dans les habits de la Western Costumes, je ressemblais à la Statue de la Liberté", en ajoutant : "La scène la plus forte se situe lorsque l'armée de Macduff assiège le château…les figurants se ruaient à l'assaut avec la furie des gens affamés qui voient rien venir à l'heure du repas …"

A sa sortie, cependant, le film reçut partout en Europe un accueil favorable, particulièrement en France : ainsi Jean Cocteau, déclare en 1949, en prenant à Biarritz la présidence du "Festival du film maudit "" Le Macbeth d’Orson Welles est d’une force sauvage et désinvolte à la fois. Coiffés de cornes et de couronnes de carton, vêtus de peaux de bête comme les premiers automobilistes, les héros du drame se meuvent dans les couloirs d’une sorte de métropolitain de rêve, dans des caves détruites où l’eau suinte, dans une mine de charbon abandonnée. [...] Nous nous demandons parfois dans quel âge ce cauchemar se déroule le film'

Le célèbre critique de films André Bazin, n'est pas moins enthousiaste : " Macbeth arrive au terme de son voyage, dans le château de Dunsinane qui se dessine au loin dans un plan d’ensemble inquiétant. Le château, sombre et se découpant sur un ciel ombrageux, ressemble plus à une forteresse des ténèbres qu’à un château fort du Moyen Âge. Le décor, fait de fumigène et de carton-pâte réalisé intégralement en studio, ressemble à un univers de préhistoire… non pas celle de nos ancêtres les Gaulois …, mais d’une préhistoire de la conscience à la naissance du temps et du péché, quand le ciel et la terre, l’eau et le feu, le bien et le mal, ne sont point encore distinctement séparés ".[35]

Le malheur est qu'aux États-Unis, il en fut tout autrement : la réception du film par les critiques et, encore davantage, et Welles dut se résoudre à pratiquer de larges coupures.

A la célèbre "Mostra de Venise" où Welles avait prévu de présenter son film, le jury n'avait d'yeux que pour l'"Hamlet" de Laurence Oliver et "Macbeth" fut retiré de la compétition….

Il fallut attendre 1980, pour que les États-Unis redécouvrent le film qui entra alors à la "UCLA Film et Television Archive", la plus grande cinémathèque des États-Unis avec la "Library of Congress"

.7. "Othello, Maure de Venise" d'après Shakespeare 1952 (Prod. Orson Welles)

Afficher l'image d'origineSelon son habitude, Orson Welles a été non seulement vedette, mais aussi réalisateur et producteur de ce film adapté de la célébrissime pièce de Shakespeare

En plus de Orson Welles, le "casting" comprenait Micheál MacLiammóir dans le rôle de Iago, Robert Coote (Roderigo) et l'actrice canadienne Suzanne Cloutier en Desdémone.

Détail peu connu, les décors, remarquables à plus d'un titre, étaient signés d'Alexandre Trauner, qui avait commencé sa carrière dans un grand "classique" du cinéma français : "Hôtel du nord".

Le tournage du film ne dura pas moins de trois ans enrichi d'innombrables épisodes, tous dans le plus pur style "Wellesien" : commencé au Maroc, à Mogador[36], interrompu plusieurs fois pour des motifs de trésorerie, repris à Venise, puis en Toscane et, enfin, à Rome aux Studios Scalera[37].

Quand l'argent manquait par trop, Orson Welles s'absentait du tournage pour redevenir acteur : ainsi, dans le mythique "Troisième homme"

Bien des péripéties ont émaillé le tournage : ainsi, lorsque l'entreprise d'habillage décida, faute de règlement, de reprendre les costumes, Welles, jamais à court d'idées, imagina de faire assassiner Roderigo dans un bain turc : les costumes, ici, étaient réduits au minimum…

Bien des scènes sont des morceaux d'anthologie. Ainsi, le début du film : le cadavre d'Othello est d'abord montré en gros plan puis défile une longue procession mortuaire[38] et enfin, cadrage sur la cage de fer (nullement mentionnée par Shakespeare…), où est suspendu Iago. Durant tout le film, plongées et contreplongées, comme on pouvait s'y attendre, se succèdent sans arrêt, tempignant de la "maestria" du réalisateur..

Au Festival de Cannes 1952 le film (présenté sous pavillon à la fois Marocain et Italien, reçut la Palme d'Or

La carrière commerciale d'"Othello" fut honorable, sans plus, compte tenu du budget de 75.000$ . En France le film totalisa 1.047.035 entrées mais, aux États-Unis, ne fut distribué que bien après par United Artists. En 1992, la fille d'Orson Welles Beatrice a réédité le film puis vendu les droits à la Société d'affaires Dax.

Orson Welles a repris en 1978, toute l'histoire du tournage de son film dans un documentaire destiné à la télévision allemande : "Filming Othello"[39] : une large place y est faite aux conversations entre Welles et son vieil ami de Dublin Micheál MacLiammóir qui joue le rôle de Iago dans le film.

.8. "Mr. Arkadin "("Dossier secret")("Confidential report")( 1955)Prod. Louis Dolivet et Orson Welles)

Afficher l'image d'origineAprès une longue série d'échecs commerciaux, Orson Welles voulut retrouver la voie du succès avec un film reprenant le thème de son émission vedette de radio "The lives of Harry Lime", elle même issue du célébrissime "Troisième homme"

C'est l'histoire (initialement intitulée "Mascarade") d'un trafiquant de petite envergure, Guy Van Stratten, qui, au cours d'un voyage en Europe, est, par hasard, témoin de l'assassinat d'un homme qui, avant de mourir, livre deux noms dont l'un est Gregory Arkadin.

Après avoir retrouvé Arkadin, Van Stratten se voit proposer d'entrer à son service pour retrouver … son passé. Une enquête s'ensuit, menée dans toute l'Europe et jusqu'au Mexique, prétexte aux rencontres avec des personnages, hommes ou femmes, tous resolument hors du commun.

Les biographes de Welles relatent que le scenario avait été écrit à Londres en 1951 où il séjournait chez Laurence Olivier et sa femme Vivian Leigh. Welles était venu jouer "Othello" aux côtés de Gudrun Ure sur la scène du St. James Theater de Londres

Cette œuvre, initialement intitulée "Mascarade" réunit tous les ingrédients chers à Orson Welles : aventures, espionnage et… personnages grotesques sortis d'un tableau de Goya. Les projets initiaux de Welles imaginaient comme il l'avait fait pour "Citizen Kane" une succession de "flash back" dans le passé mais les producteurs jugèrent que le public s'y perdrait et imposèrent le style classique des "polars",

Comme l'a commenté les "Cahiers du cinéma", c'était une version surréaliste de "Citizen Kane" mais à petit budget

Le tournage avait eu lieu à travers toute l'Europe : Costa Brava, Ségovie, Valladolid et Madrid puis Londres, Munich, Paris, la Côte d'Azur, et le Château de Chillon en Suisse

Le "casting" de "Dossier secret" est centré sur Orson Welles et sa femme, Paola Mori, qui tient ici le rôle de …la fille d'Arkadin. Autour d'eux, toutes les figures familières : Patricia Medina, Akim Tamiroff, Grégoire Aslan, Mischa Auer, Peter Van Eyck, Michael Redgrave, Suzanne Flon, Frederick O'Brady Gert Frobe et l'épouse de Bernard Buffet, Annabel.

La musique est d'un compositeur emblématique de la France des années cinquante, Paul Misraki.

La carrière du film allait se révéler, une fois de plus, décevante et il fallut attendre 1963 pour que le film sorte en salle aux États Unis. Welles y a vu "le plus grand désastre de sa carrière"

En France, paradoxalement, le film eut un grand succès auprès du public (517,788 admissions à la sortie en salle) et, plus en core, auprès de la critique . Ainsi, Eric Rohmer, célèbre réalisateur et critique de films : ": "Mr Arkadin, le meilleur film d’Orson Welles ? Pourquoi pas ? Il y a ce style, ce ton, cette magie inimitable qui nous galvanise dès les premiers accords de la musique de Misraki. Les contre-plongées, les objectifs à courte focale, ces premiers plans monstrueux ne seraient-ils qu’une marque de fabrique, écrasant d’ailleurs par leur excellence toutes les contrefaçons qu’on a pu faire ? Jamais ces déformations, ce délire n’ont été au contraire, si bien en place, à tel point justifiés. Welles use en propriétaire, en inventeur, d’une mécanique dont nul, à part lui, n’a bien compris l’agencement. "[40]

.9. "La soif du mal (Touch of Evil) (1958) (RFA, France, Italie)(Prod. Albert Zugsmith)

Afficher l'image d'origine Cette fois, Orson Welles n'avait en tête qu'un seul but, répondre à ses détracteurs en réalisant un film "grand public". Pour cela, il choisit d'adapter un "thriller" à succès de Whit Masterson[41] : "Badge of evil".

Aux côtés d'Orson Welles, qui tient le rôle du Police Captain Hank Quinlan est réunie une pléiade de vedettes : Charlton Heston, Janet Leigh mais aussi Joseph Cotten, Akim Tamiroff, Zsa Zsa Gabor… et Marlene Dietrich, bref, tous les familiers du génial Orson.

Le film démarre "sur les chapeaux de roue" avec le "plan séquence" le plus long de l'histoire du cinéma (3 minutes et 25 secondes) pour lequel avait été utilisé un dispositif spécial, dû au génie inventif de Welles : une camera montée sur une grue mobile.

Non moins insolite est l'apparence physique donnée par Orson Welles à son personnage de "flic répulsif" : avant chaque tournage plusieurs heures de "make up" étaient nécessaires pour doter le réalisateur (déjà passablement arrondi par son diabète..) d'un faux menton, de fausses bajoues et d'un impressionnant tour de taille… Il y avait là une intention de s'enlaidir que seul un psychanalyste pourrait commenter…

Quant à Charlton Heston, son rôle fut considérablement remanié : il devait initialement jouer le rôle d'un un "attorney" très "WASP"[42] d'apparence mais Welles entreprit bientôt d'en faire un officier de police mexicain fortement basané. A l'inverse, Janet Leigh devait jouer une Mexicaine, elle devint une blonde et innocente américaine victime des narcotrafiquants alors que Marlène Dietrich fut teinte en brune pour devenir gouvernante de mauvais lieu…[43]

Le lieu de l'action fut, lui aussi, largement "Wellesisé" : la petite ville californienne de Venice initialement prévue pour le tournage devint Tijuana[44] une cité mexicaine proche de la frontière..

Une fois de plus Welles dut, sur la demande expresse des producteurs, accepter de "réduire la voilure" : les extérieurs furent tournés presqu'entièrement la nuit pour des raisons budgétaires et le métrage final passa de 108 à 93 minutes

Lorsque le film sortit dans les salles, il obtint un chiffre d'affaires de $2,237,659 pour un investissement .de $829,000. En France il y eut 1,232,534 spectateurs à la sortie du film, score plus qu'honorable et : François Truffaut, cinéaste et critique de films célèbre écrivit : La Soif du mal nous réveille et vient nous rappeler que parmi les pionniers du cinéma il y eut un certain Méliès, un certain Feuillade. C’est un film magique qui nous fait penser aux contes de fées comme "la belle et la bête" ou "le petit poucet", et aux fables de La Fontaine. C’est un film qui nous humilie un peu parce qu’il est celui d’un homme qui pense beaucoup plus vite que nous, beaucoup mieux et qui nous jette à la figure une image merveilleuse alors que nous sommes encore sous l’éblouissement de la précédente. D’où cette rapidité, ce vertige, cette accélération qui nous entraîne vers l’ivresse. Qu’il nous reste toutefois suffisamment de goût, de sensibilité et d’intuition pour admettre que cela est grand et que cela est beau.” [45]

Aux États-Unis, Il faudra attendre près de quinze ans pour que soit exploitée dans les salles la version originelle, selon les indications écrites laissées par Orson Welles.

.10." Le procès (The Trial) (1962) (Prod. A. Salkin)

Trial-Poster-France-1962.jpgIl s'agit d'une adaptation très libre du roman de Kafka. Certes, on y retrouve le jeune Joseph K. accusé dans une atmosphère oppressante de méfaits dont il ignore tout mais tout a changé dans le contexte : Welles s'était vu refuser des autorités tchèques l'autorisation de tourner son film à Prague[46] et a décidé de situer son film dans l'Allemagne de l'après guerre.

Orson Welles est, là encore à la fois metteur en scène, scénariste et acteur, entouré d'une pléiade d'acteurs et d'actrices familiers : en premier lieu, Paola Mori, son épouse, mais aussi, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider, Elsa Martinelli, Suzanne Flon, Akim Tamiroff, Madeleine Robinson, Fernand Ledoux, Michael Lonsdale, Maurice Teynac ainsi qu'un vieil habitué des écrans français, l'ancien G.I. Jess Hahn

Une partie du film a été tournée non pas en Allemagne mais en Croatie, à Zagreb, où  Welles fit connaissance d'une jeune actrice et sculpteur Croate, Olga Kadar et va, plusieurs années, partager sa vie.

Selon son habitude Welles tourna son film un peu partout en Europe : Dubrovnik, Rome, Milan et Paris où il eut l'idée étonnante de situer une scène du film dans les locaux désaffectés mais grandioses de l'ancienne Gare d'Orsay. Le budget total du film fut $1.3 Million

Une des particularités du film est son  générique où Welles utilisa l'"écran d'épingles" d'Alexandre Alexeieff[47], dispositif ingénieux aux effets graphiques inattendus : en arrière plan, Welles lit une "parabole" de Kafka[48]..

La prestation d'Anthony Perkins fut diversement appréciée : de nombreux critiques de films jugeaient son rôle  trop fortement marqué par le film d'Hitchcock, "Psycho"

Orson Welles fit courageusement face à toutes les critiques : dans un livre récemment publié[49], il explique que "l'histoire du film avait une logique de rêve, ou plutôt de cauchemar…Tout a été improvisé au dernier moment, parce que tout le concept physique de mon film était tout à fait différent. Il est basé sur l'absence de jeux. Et la nature gigantesque des ensembles, que les gens se sont opposés à, est en partie dû au fait que le seul paramètre que j'ai eu cette vieille gare abandonnée…" ajoutant " la nouvelle a été laissée inachevé par Kafka et peut être interprétée de bien des façons : déclaration métaphysique sur la destinée humaine, une dissertation sur le péché originel, une exposition de la corruption du capitalisme moderne, une anatomie de la neurasthénie, une illustration de l'absurdité de l'existence humaine"…

Quoiqu'il en soit, le film ne fit guère bonne figure au "box-office". Il a fallu attendre près d'un demi-siècle pour que le Chicago Sun Times écrive "il y a là un enchantement des yeux, une utilisation extraordinaire des mouvements de caméra et une savante technique d'éclairage"[50] . Dans une toute récente biographie parue aux États Unis[51], David Thomson parle du film en ces termes : "Œuvre étonnante, et une révélation de l'homme ... un film magnifique."

En France, cependant, "Le procès", fut bien accueilli, comme l'ont toujours été les films de Welles, totalisant à sa sortie  998.779 entrées. Deux ans plus tard, il reçut "Prix du Meilleur film" décerné par le Syndicat français de la critique.

Reste à présent  aux cinéphiles à confronter le film de Welles avec l'œuvre concurrente du cinéaste anglais David Hugh Jones[52] tourné trente ans plus tard :  malgré la beauté des images (le film a été tourné à Prague et en Bohème) et les séductions d'un scenario signé Harold Pinter, nombreux restent les tenants de la version d'Orson Welles.

Les adaptations cinématographiques du "Procès" ont suscité d'innombrables commentaires, mais lefait est là : le livre de Franz Kafka "sue" l'angoisse, les appareils les plus modernes de prise de vue la montrent ….

.11." Falstaff (Chimes at midnght) (Campanadas a medianoche) (1965)(Prod. Internacional Films Esrolano) (Distr. Peppercorn-Wormser)(coproduction hispano-suisse)

Afficher l'image d'origineCe film est le dernier de la grande "saga" shakespearienne de Welles : dès les années de collège, nous l'avons vu, Welles s'était "colleté" avec le "Grand Will" sur la scène d'un théâtre, il lui resta fidele : à New York, Dublin et Londres avant de réaliser ses deux grands films : "Macbeth", en 1948, puis "Othello", en 1952

Mais, tout d'abord,  une question : pourquoi le titre anglais du film : "Chimes at midnight" ? C'est une exclamation  de Falstaff[53], " We have heard the chimes at midnight, Master Shallow [54]"

Welles, fidele à sa tradition,  fut, comme toujours,  à la fois concepteur, réalisateur et acteur du film.

A ses côtés, le grand acteur shakespearien John Gielgud, Dame Margaret Rutherford la Miss Marple des films d'Agatha Chrisite, Norman Rodway acteur irlandais ami de longue date de Welles, et bien d'autres acteurs célèbres : Fernando Rey, l'acteur "fétiche" de Bunel qu'on retrouvera plus loin dans "Histoire immortelle", Marina Vlady dans le rôle de "Kate Percy", la femme de Sir Harry Hotspur, Walter Chiari, en Juge de paix et Jeanne Moreau, familière d'Orson Welles, dans le rôle de "Doll Tearsheet" (textuellement :" déchireuse de draps"), irascible prostituée au grand cœur. Notons la présence dans le film de la fille de Welles, Beatrice , alors âgée de dix ans, tenant le rôle d'un  page de Falstaff

Au début du film, un narrateur, par la voix de Ralph Richardson, autre acteur shakespearien célèbre,  apporte des commentaires tirés d'un chroniqueur du XVIème siècle, Raphaël Holinshed.

Ici arrive la vrai question : qui était Falstaff, ce héros shakespearien si cher à Welles ? On ne sait comment il a été adoubé mais il est chevalier, présenté par Shakespeare comme vétéran des guerres, soldat professionnel qui a perdu toute illusion sur la gloire et de l'honneur militaires.[55]

En fait, Falstaff est là pour tenir le rôle du gros comique mais, peu à peu, sa personnalité se révèle hautement complexe, sans doute plus que ne l'avait initialement envisagé Shakespeare.

Initialement, cet obèse ventripotent vaniteux, vantard, et lâche n'était qu'un bouffon, passant le plus clair de son temps dans la Taverne de la "Tête du sanglier[56], buvant sans relâche en compagnie des personnages les plus douteux, vivant d'argent volé ou emprunté. Son emblème est d'afficher un appétit est insatiable pour la nourriture, la boisson …et les femmes…En fait, l'accueil triomphal fait par le public dès les premières représentations de la pièce avait tout changé et Shakespeare qui avait donné à sa pièce le titre de "Henry IV (première partie) lui donnera, pour répondre aux attentes du public, une suite intitulée ""Henry IV (deuxième partie), où Falstaff réapparait en précepteur bouffon.[57]

Au fil des deux pièces, cependant, le personnage avait quelque eu changé : dans la première partie d'"Henry IV", Falstaff est un clown aviné mais génial : sa sagesse et son sens de l'humour fascinent. Il va devenir le "mentor" du prince Hal, enseignant à son élève les réalités de la nature humaine. Dans la seconde partie, cependant, Falstaff a changé du tout au tout. Il n'y a plus aucune flamboyance chez lui et son intimité avec le prince Hal s'est estompée. D'ailleurs, il ne partage plus que deux scènes avec le prince, la scène de la taverne (Acte II scène 4) et celle de son rejet par le prince devenu le roi Henri V (acte V scène 5). Certes, Falstaff occupe encore une place importante (637 vers, soit 5.477 mots, mais il est évident que Bardolph, l'ivrogne et Pistol le fanfaron sont devenus à présent les principaux personnages comiques.

Falstaff va réapparaitre dans "Les Joyeuses Commères de Windsor" mais il devenu tout autre et  certains  spécialistes de Shakespeare[58] ont lancé l'hypothèse que le Falstaff des "Commères" n'est plus celui d'"Henri IV" mais un "imposteur" dénué d'esprit, d'intuition et, surtout, du moindre sens des réparties. C'est un nigaud qui se fait ridiculiser par les femmes qu'il voudrait séduire.

Finalement, Falstaff termine sa vie dans "Henry V[59] : sa mort y est annoncée par Mrs Quickly en paraphrasant ce que disait Platon sur la mort de Socrate.[60]. : …

Pour en revenir au film de Welles, il faut y voir, bien au-delà d'une simple adaptation de la pièce, un hommage à Shakespeare, construit à partir de cinq pièces différentes : les deux "Henri IV", mais aussi "Richard II", "Henri V", et "Les Joyeuses Commères de Windsor".

Dès le générique du film, Welles multiplie les images saisissantes : ainsi, apparaissent marchant dans la neige Falstaff et le Juge sur le chemin de la taverne "La tète du sanglier" où ils vont égrener leurs souvenirs. Comme on pouvait s'y attendre, Welles va multiplier par la suite les apports personnels. Il s'en est plus tard expliqué : "Je vois Falstaff comme un personnage tragique. J'espère, bien sûr, qu'il amusera les spectateurs, tout comme il amusait tous ceux qui étaient autour de lui. ..Les propos de Falstaff n'ont qu'un but : plaire au prince. Il y cependant quelque chose de grandiose chez lui[61]. "

Lorsque le film sortit dans les salles de cinéma des États-Unis, l'accueil des professionnels  décut grandement Welles : ainsi, le critique du "New York Times" parla d'un "patchwork confus de scènes et de personnages"[62]. L'accueil du public ne fut guère lus favorable : "Presque personne ne l'a vu en Amérique, déclara Welles et cela me rend fou. " La compagnie "Internacional Films Esrolano" avait investi $800.000 et le bilan commercial s'avera médiocre..

En France, l'accueil fut, bien entendu, tout  différent avec 516,762 admissions à la sortie du film . Les commentaires de Marina Vlady en temolignent : " Tourner avec Welles dans un rôle tiré du plus inventif de tous les scénaristes : William Shakespeare ! Comment ne pas se jeter dans la plus dure des batailles ? […] Ce géant à la voix tonnante qui, des costumes à la décoration, des lumières aux déplacements, veillait à tout, sachant créer sur-le-champ l’atmosphère idéale pour fournir un travail de la meilleure qualité. Car il n’avait pratiquement aucun gros moyen technique. Pour les travellings, sa caméra était posée sur des caisses à vin reliées entre elles par du fil de fer. Il la poussait avec les rares machinos, et tirait lui-même les câbles, de conserve avec quelques techniciens. Comme nous mourrions de froid dans ce château médiéval ouvert à tous les vents, il nous réchauffait, nous massait de ses mains puissantes. Toute la troupe y passait : ouvriers, acteurs, cuisiniers et charpentiers. […] Un orage éclate au moment où le vieux roi se meurt. Le chef opérateur n’ayant pas suffisamment de projecteurs, usait d’un subterfuge inédit pour éclairer les immenses salles médiévales : il avait tendu du papier d’argent tout au long des murs qui n’étaient pas dans le champ. Je ne sais qui avait inventé cette nouvelle manière de profiter doublement des arcs : peut-être notre génial Orson y était-il pour quelque chose ? L’effet était saisissant. Les éclairs, par là-dessus, donnaient encore plus de tension, et les déflagrations infernales semblaient annoncer la fureur des dieux. Nous étions tous surexcités, et, à la fin de la journée de travail, aussi épuisés que comblés. On avait le sentiment d’avoir participé à quelque équipée grandiose"[63]

Quarante ans plus tard, les États-Unis redécouvraient le chef d'œuvre de Welles : le magazine "Sight and Sound" classait Falstaff parmi les10 plus grands films de tous les temps et, très récemment, Peter Rainer, critique de cinéma célèbre écrit dans "Christian Science Monitor" "Welles est un des rares réalisateurs qui peuvent tutoyer le Grand Wiil : il lui rend justice et c'est normal : c'est l'hommage d'un génie à un autre génie……[64],

Aux dernières nouvelles, le film a été acquis, comme "monument national" par l'Université du Michigan où s'est tenu en 015 un symposium sur Orson Welles[65].

.12. "Une histoire immortelle (The Immortal Story) (1968)(Prod. Micheline Rozan)(Distr. Altura Films et Omna Foms)

Afficher l'image d'origineCe film fut réalisé en 1968 par Orson Welles pour la télévision française. D'une durée de 60 minutes, c'est le plus court des films de Welles. Il s'agit d'une adaptation d'une nouvelle de l'écrivain danois Karen Blixten et "rewritée" par Louise de Vilmorin C'est l'histoire de Mr Clay, d'un riche homme d'affaires de Macao qui passe ses nuits à écouter son assistant lui éplucher ses livres de comptes, mais ce qu'il veut en réalité, c'est qu'on lui conte une histoire. La suite, comme toujours chez Welles, n'est qu'une suite de péripéties échevelées. On retiendra la scène finale où la main de Clay laisse choir un coquillage, évocation directe de "Citizen Kane" et les effets de miroirs qui font, bien évidemment, référence à "La dame de Shangai"

Une grande partie du film a été tourné à Chinchon, près de Madrid, dans la maison de Welles et les scènes exotiques dans un restaurant chinois de la ville dont les serveurs furent utilisés comme figurants…

Raffinement "Wellesien" oblige, le prénom des deux protagonistes Paul et Virginie rend hommage aux célèbres amants de Bernardin de Saint Pierre et  le fond musical est une œuvre d'Erik Satie, la sixième "Grossienne".

Détail qui a son importance : pour des raisons contractuelles, le film est en couleur mais n'accepta cette contrainte qu'à contre-coeur, déclarant  "Certes, la couleur améliore tout, le décor, les costumes, mais pour des raisons  mystérieuses, pas le jeu des acteurs. Il est impossible de citer une performance d'acteur  exceptionnelle dans un film en couleurs.[66] "

Dans l'ensemble, on ne retrouve guère ici la flamboyance des films de Welles : le cinéaste génial s'est bien assagi, laissant même entrevoir quelques signes de lassitude. Il a maintenant cinquante-deux ans et comprend que ce sera son dernier grand film...

Il est regrettable que le public français n'est pas été mieux informé de la personnalité de l'auteur du livre qui servit de scénario à Orson Welles : Karen von Blixen-Finecke[67] auteur danois à la destinée "hors norme" connue dans le monde entier pour son livre "Out of Africa" . Les Français connaissent bien le film de Gabriel Axel:" Le festin de Babette" ("Babettes Gaestebud ") mais sans savoir qui était l'auteur du scenario…

.13. "Vérités et mensonges (F for Fake) (1974)

Afficher l'image d'origineC'est est l'ultime long métrage d'Orson Welles,  là encore, à la fois concepteur du film, réalisateur et acteur. Le sujet en est l'histoire d'Elmyr de Hory célèbre faussaire d'art. Autour d''Orson Welles, tous ses familiers : Joseph Cotten, vétéran du Mercury Théâtre, Oja Kodar, Croatienne amie de longue date, François Reichenbach, qui venait de donner un portrait de Welles à la TV française, Peter Bogdanovich, le fidèle disciple, Jean-Pierre Aumont rencontré par Welles au cours du tournage d'un film de Sacha Guitry, Laurence Harvey, acteur sud africain venu de Lituanie, Clifford Irving, biographe d'Howard Hughes et l'actrice danoise Nina Møller, Baronesse van Pallandt. N'oublions pas Elmyr de Hory lui-même  et … Sasa Devcic, neveu d'Oja Kodar qui prit le nom de Welles pour les besoins du film…

Le film a été tourné à Rome, Ibiza, Spain et Paris. Orson y voyait "un témoignage  sur la ruse, la fraude, les tricheries, et l'incertitude entre réalité et mensonges."

La carrière commerciale fut encore plus mauvaise que les précédents films : 182,857 admissions en France, le plus mauvais score de Welles dans un pays qui lui était acquis depuis longtemps…

.14." Filming Othello (1978)( prod. Et distr. Juergen et Klaus Hellwig)

Il ne s'agit plus d'un film mais d'un documentaire  format "16 mms" tourné pour la télévision ouest-allemande.

Afficher l'image d'origineParmi les acteurs, Oja Kodar, Joseph Cotten et la foule des familiers d'Orson : François Reichenbach, Richard Wilson, Sasa Devcic, Peter Bogdanovich et Jean-Pierre Aumont

Une série était prévue mais le film n'a jamais donné de suite….

Bien des années plus tard, a été découvert que le film avait une suite montrant Welles revêtu d'une très théâtrale cape noire et coiffé d'un chapeau noir à larges bords, installé dans une gondole à Venise et dissertant de ses films tandis qu'autour, la foule l'acclame.

Le film donna lieu à d'âpres différends entre Beatrice Welles qui gère l'héritage de son père et Oja Kodar, l'amie Croate de Welles qui détient les droits de diffusion.

Commentaires personnels[68]

La fulgurante carrière d'Orson Welles n'est pas sans rappeler la légende d'Orphée, héros mythique de l'Antiquité, détenteur d'un pouvoir magique de fascination qui causa sa gloire et son malheur…

Orson Welles fut véritablement un artiste complet, non seulement cinéaste et homme de théâtre mais aussi acteur à l'immense talent, écrivain prolifique et dessinateur doué .

Rétrospectivement, il apparait que son œuvre a sans doute été écrasée par sa vie, une vie fabuleuse où Welles a côtoyé, dans tous les pays du monde, les personnages les plus marquants de son époque.

Ce géant à l'appétit légendaire pour le boire et le manger, les voyages… et les conquêtes féminines eut une personnalité flamboyante mais complexe  mêlant  l'orgueil au doute  et parfois,  l'autodénigrement. Dans l'œuvre de Welles, revient en "leitmotiv" un  thème obsédant : l'ascension  et la chute : il en est ainsi de Charles Foster Kane, Gregory Arkadin   ou du détective Hank Quinlan. Tous dans un même style shakespearien, ont été victorieux mais défaits par eux mêmes.

Il n’en reste pas moins que, près d'un demi siècle après  sa disparition, Orson Welles apparait comme   une des figures les plus marquantes  du XXème siècle, accumulant tous les talents au cinéma, comme au théâtre mais , artiste complet et créateur de genie.

 

La liste des anciens numéros de la Lettre d'Informations est sur le site http://andrefabre.e-monsite.com/

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[2] Le film est disponible sur http://ffilms.org/citizen-kane-1941/

[3] "Tycoon" est le mot utilise ar les premiers visiteurs nord americains du Japon au milieu du XIXème siècle : . En Japonais, "taikun" est "le seigneur de la guerre"

[4] Mel Berns avait été le maquilleur de Kathrine Hepburn et de Ginger Rogers

[5] Bernard Hermann (1011-1975), compositeur et chef d'orchestre nord américain d'origine russe : pendant ses études, il de lie d'amitié avec d'études d'Aaron Copland et de Georges Gershwin, il devient le musicien attitré du Mercury Théâtre et sera connu par sa partition pour "Citizen Kane". Il deviendra ensuite le compositeur attitré d'Alfred Hitchcock. Sa dernière partition sera pour "Taxi driver" de Scorcese.

[6] C'est une cantatrice bien connue, Jean Forward qui qui double Comingore. L'"aria" de Bernard Hermann a été souvent enregistré par la suite, en particulier par Kiri Te Konawa. Le script,  plagiat de style Racinien (!!)  avait été composé avec soin,  et

[7]William Randolph Hearst (1863-1951) était le type même du "business man"  à succès, magnat de la presse écrite, préfiguration de Rupert Murdoch. La fin de vie n'eut rien de glorieux pour Hearst qui se retrouva en faillite avec plus de 125 millions de dollars de dettes Il faut citer ici le dialogue rapporté ar Peter Bogdanovitch dans son livre "This is Orson Welles" , cité plus loin :  "Peter Bogdanovich : Tu as dit un jour que Kane aurait aimé voir un film sur lui, mais pas Hearst_ Orson Welles : C'est ce que j'ai dit à Hearst. PB : Quand était-ce?  OW : Je me suis trouvé seul avec lui dans un ascenseur à l’hôtel Fairmont, le soir de la première de [Citizen] Kane à San Francisco. Il connaissait mon père, et je me suis présenté à lui en lui demandant s'il voulait venir à la projection. Il n'a pas répondu. Et comme il sortait de l'ascenseur, je lui ai dit : "Charles Foster Kane aurait accepté, lui."  Mais il n' a pas voulu répondre…"

[8] Dont en 1928 le mobilier de la chambre à coucher de la comédienne Mars, acheté au téléphone à Stéphane Boudin, directeur de la maison Jansen, qui l'avait acquis lui-même …de la comédienne parisienne bien connue  Mary Marquet

[9] Le début du film est disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=LZOzk7T93wE

[10] La légende veut que la phrase célèbre "Rosebud, je vais tout vous dire sur Rosebud"" ait nécessité un total de 55 prises de vue (au grand désespoir des producteurs. Orson Welles avait il conscience des significations pour le moins "hasardeuses " du mot dans la langue anglaise ?

[11] Otto Preminger rendraplus tard  hommage à "Citizen Kane" en faisant du mot "Rosebud," le titre d'un film : Rosebud en 1974

[12] "The Inquirer" est le nom donné souvent donné par la littérature nord-américaine à un journal fictif

[13] Il faut citer ici les noms de Gregg Toland[13] le chef opérateur et de Robert Wise[13] grand spécialiste du montage.

[14] Pour une analyse technique détaillée des prises de vue, voir :  "http://www.cineclubdecaen.com/realisat/welles/citizenkane.htm"

[15] Bosley Crowther (The New York Times, 2 mai 1941)

[16] films whose historical value is undeniable but which no one cares to see again. It is too gigantic, pedantic, tedious. It is not intelligent, though it is the work of genius—in the most nocturnal and Germanic sense of that bad word

[17]  Sartre, Jean-Paul "Quand Hollywood veut faire penser: ‘Citizen Kane’ film d’Orson Welles" (L’Ecran francais, n° 5, 1er aout  1945)

[18] A. Bazin et J. Cocteau :"Orson Welles" (Ed. Chavane, Paris 1950)

[19] F. Truffaut et Bazin A., Préface de " Orson Welles" (Les Cahiers du Cinéma, 1998  

[20] Toutes les statistiques sur le nombre de spectateurs en France sont publiées sur http://www.boxofficestory.com/box-office-orson-welles-c25320542 (CNC Centre national du cinéma et de l''image )

[21] Amazon DVD, Blu-Ray Prestige, avec sous titres en Français (45,99 €)

[22] Le film est disponible sur Internet

[23] Il s'agit d'un livre édité en 1908 aux éditions Doubleday de New York : "The magnificent Ambersons" par Booth Tarkington. Orson Welles en avait déjà fait en 1939, une adaptation radiophonique avec les acteurs du Mercury Theatre

[24] "The magnificent Ambersons" A RKO production by Orson Welles"

[25] Bogdanovitch P, Welles O. "This is Orson Welles" (Ed. Perseus, 1998)

[26] Ces décisions étaient  d'autant plus graves qu'à l'époque, les films étaient sur support "celluloid" et que l'usage voulait,  pour réduire les risques d'incendie dans les lieux de stockage, de détruire les "chutes

[27] Comme le film lui-même, la partition  de Bernard Herrmann pour "La Splendeur des Amberson" a été fortement modifié par RKO. Lorsque plus de la moitié de son score a été retiré de la bande sonore, Herrmann amèrement rompu ses liens avec le film et a promis une action en justice si son nom n'a pas été retiré des crédits.

[28] Bogdanovich P, Voir supra

[29] Mike Todd, de son vrai nom " Avrom Hirsch Goldbogen" (1909-1958) fut célèbre pour la qualité de ses productions thatrales et filmées mais surtout pour ses liens avec Elizabeth Taylor.

[30] La célébrissime scène des miroirs a été filmée au Whitney's Playland-at-the-Beach amusement Park à  Ocean Beach.

[31] Harry Cohn, le producteur qui avait "lancé" Rita Hayworth avec son fil "Gilda", pour sa part n'eut qu'un seul commentaire : "Il t'ont tuée en faisant teindre tes cheveux

[32] Jacques Siclier, Le Monde du 20 février 1982

[33] C'est la  seule partition de cinéma que signa Jacques Ibert avec l'"IInvitation à la danse", composée en 1956 pour…Gene Kelly  

[34] Voir note précédente

[35] André Bazin, " Orson Welles" (Ed. , Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma)

[36] Mogador, à notre époque s'appelle "Essaouira"

[37] une scène de combat commencée au Maroc, s'achèvera  dans les studios de Rome quelques mois plus tard.

[38] La scène de procession mortuaire a été reprise par  Ingmar Bergman dans son film "Le  Septième sceau"

[39] Micheál MacLiammóir "Filming Othello, The making of Orson Welles' s Othello" (Ed. Methuen,  Londres, 1952 )

[40] Éric Rohnmer, in  Les Cahiers du Cinéma de juillet 1966

[41] "Touch of evil" avait été publié en France, sans grand succès, en 1956 aux éditions "Presses de la cité" sous le titre de…"Manque de pot" par un duo d'auteurs nord-américains de romans policiers : Whit Masterson et Wade Miller (pseudonymes de Robert Wade et Bill Miller).

[42] WASP : comprendre "White Anglo Saxon Protestant"

[43] Cf les souvenirs  de l'acteur et scénariste  Dick Cavett :  Marlene Dietrich http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/01/13/marlene-on-the-phone/?_r=0

[44] Tijuana, grande ville mexicaine de plus d'un million d'habitants, proche de la frontière des États-Unis est appelée "Los Robles" dans le film

[45] Extrait d’un article de François Truffaut paru le 4 juin 1958 dans la revue Arts.

[46] le film a été tourné en 1962

[47]L'écran d'épingles créé par Alexeiev est composé de millier de petits tubes maintenus par pression à l'intérieur un cadre. À travers ces tubes, des épingles noires affleurent à la surface de cet écran :en étant plus ou moins enfoncées et éclairées latéralement, elles permettent de créer tout une gamme de dégradés

[48] La parabole intitulée "Devant la Loi" (""Vor dem Gesetz") est exposée par Kafka dans son livre

[49] Brady, Frank. "Citizen Welles." 1989, Charles Scribner’s Sons,

[50] Cf le site internet de Roger Ebert :  http://www.rogerebert.com/reviews/the-trial-1963

[51] David Thomson, "Rosebud, the story of Orson Welles" (Ed. Vintage books, 1007)

[52] "The trial" (1993). David Hugh Jones (1934-2008)  était un réalisateur britannique de cinéma et de télévision, surtout connu pour ses adaptations  de Shakespeare

[53] "Henri IV" " Deuxième partie, Acte III, scène2,

[54] "Nous avons entendu le carillon de minuit, Mr Shallow" : Robert Shallow est dans la pièce un riche propriétaire juge de paix

[55] Un  veteran de la bataille de Herings, comte Falstoff, aurait servi de modèle, mais la famille refusa toute utilisation du nom. Shakespeare eut donc recours à un nom de fiction associant à la fois " False" et "staff" avec toutes les significations imaginables.

[56] "The Boar's Head Inn" était une taverne du centre de Londres, avenue Eastcheap

[57] Parmi les traductions françaises : Le roi Henri IV traduit par Emile Montegut en 1869

[58] Harold Bloom " Shakespeare: The Invention of the Humane. New York: 1999"

[59] "Henri V", acte II, scène 3

[60] Même après la mort de Shakespeare, , le personnage de Falstaff est resté longtemps populaire, ainsi,Après la fermeture des théâtres décidée par le gouvernement puritain de Cromwell en 1642, les comédiens, vont jouer des spectacles appelés "drolls" montrant les personnages immortels de Shakespeare, tels que Simpleton le forgeron, John Swabber le marin, Clause le mendiant, Bottom le tisserand sans oublier Falstaff, toujours accompagné d'une hôtesse, mais qui a perdu son obésité

[61] Orson Welles,Mark W. Estrin " Orson Welles: Interviews"

[62] Bosley Crowther,The New York Times, 26 mars 2016

[63] Marina Vlady, "Mémoires : 24 images / seconde" (Ed. Fayard,  Paris,2006)

[64] Peter RainerChristian Science Montor, 6 janvier 2016

[65] Voir le site " https://www.wsws.org/en/articles/2015/06/13/well-j13.html"

[66] Orson Welles avait tourné en 1933 un film noir et blanc "Twelwth night". Plus tard, un autre film "The dreamers" a été  partiellement filmé en noir et blanc mais n'a jamais été termine

[67] Karen Blixen (1885 –1962), née Christenze Dinesen, auteur  danois épousa, dit-on, par dépit amoureux, un cousin suédois, le baron von Blixen Finecke et  partit vivre avec lui au Kenya.

 

[68] Un florilège des aphorismes d'Orson Welles est publié sur https://en.wikiquote.org/wiki/Orson_Welles

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Date de dernière mise à jour : 23/06/2016

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