Lettre de Novembre 2015

A.J. FABRE

LE T T R E   D ' I N F O R M AT I O N S

H I S T O I R E  DE  LA  M E D E C I N E

n°38                 N O V E M B R E                        2 0 1 5   [1]

Revues d'Histoire de la médecine 

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/imutil/esfhm.jpgSupplément illustré électronique à la revue Histoire des sciences médicales (Vol. 1, 2015)

La Société française d'histoire de la médecine propose, à partir de 2015, un supplément illustré électronique à la revue Histoire des sciences médicales.

Ce document  peut être consulté en accès libre sur le site Internet de la SFHM, http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/esfhm.htm  grâce au soutien amical de la Bibliothèque interuniversitaire de santé.  Le but est de permettre aux membres de la société qui ne peuvent assister aux séances de présenter leurs travaux et de les partager. Les textes et les images sont diffusés sous licence "Creative  Commons".

Contrairement à l'Histoire des sciences médicales qui comporte quatre fascicules par an, avec un total de 500 à 600 pages, sortant entre 3 et 6 mois après la présentation des communications lors des séances mensuelles, e-sfhm aura un rythme de parution plus souple, tout en assurant une qualité scientifique équivalente à celle des articles imprimés. Les articles publiés ne donneront pas matière à communication en séance. Les normes éditoriales peuvent être consultées sur le site de la SFHM :

Trois articles ont ainsi été publiés

     Le livre : objet du patrimoine dermatologique, par Jacques Chevallier

     Un exemplaire du Dioscoride édité par J. Goupyl (1549) dans la bibliothèque d'Anton Schneeberger (1530-1581), par Magdalena Kozluk et Danielle Gourevitch

     Les ventouses de la Hijama, par Claude Renner et Dalil Boubakeur

Clystère n° 44 – Novembre 2015 (http://www.clystere.com)

Au sommaire :

Éditorial : Achats en ventes publiques. Enchérir par téléphone (Guy Gaboriau)

L’image du mois : une rare représentation de Télésphore sur un bronze de Marcianopolis, II-IIIe siècle (Jean-Pierre Martin)

Histoire des instruments :

- Pénurie en yeux artificiels pendant la Seconde Guerre mondiale (Xavier Riaud, Jean-Pierre Martin)

- La lampe de Collin (Jean-Michel Meunier)

- Un amateur éclairé fabrique des instruments chirurgicaux anciens (Jean-Claude Leleux)

Histoire de la santé :

- Emballage de la pharmacie Queuille de Niort (Bernard Petitdant)

- Une visite de la pharmacie de l’Hôtel-Dieu de Saint-Lizier (Philippe Mereau)

Actualités : Le musée des hospices civils de Lyon

En musardant sur la Toile (Bernard Petitdant)

OSNI (Objet Scientifique Non Identifié)

Courrier des lecteurs et  Petite annonce

Nouveautés en librairie

Livres d'Histoire de la médecine

Doctors and Patients: History, Representation, Communication from Antiquity to the PresentDocteurs et patients (Doctors and patients, History, Representations, Communication from the Antiquity to the Present) par Maria Malatesta (Ed. M. Malatesta, San Francisco, University of California Medical Humanities Press, 2015)

Pour la première fois, un livre traite des relations entre médecin et malade dans un cadre historique et géographique très vaste. Historiens, anthropologues et médecins analysent  les facteurs qui, depuis l'âge classique jusqu'à présent, ont marqué les relations de soins et de pouvoir entre médecins et malades

La clé qui ouvre Bologne (La prima chiave di Bologna Castel San Pietro nel Medioevo)  par Tommaso Dranti (Ed. Edifir, Florence 2012)

Le livre couvre les trois premiers siècles  de Castel San Pietro Terme, la première colonie fondée en 1199 par la ville de Bologne. A travers les institutions, les données démographiques et les spécificités de la communauté économique et  urbaine, Bologne est au centre d'une époque fabuleuse  le " Rinascimento"

Afficher l'image d'origine Histoire de la santé (XVIIIe-XXe siècles). Nouvelles recherches francophones par Alexandre Klein et Séverine Parayre (Presses de l'Université Laval,  2015)

L’histoire de la médecine a connu depuis un demi-siècle de nombreuses mutations. Investie par les historiens, les philosophes et diverses sciences sociales, elle s’est progressivement développée sous la forme d’une "Histoire de la santé" visant à comprendre comment les hommes et les femmes du passé vivaient, pensaient et agissaient pour maintenir, recouvrer ou améliorer leur santé. Dans ce champ de recherche en pleine expansion actuelle, les publications francophones se sont multipliées depuis le début du XXIème  siècle, dessinant les contours d’une historiographie spécifique. Résultat des activités du réseau de recherche Historiens de la santé, le livre présente une sélection de travaux originaux réalisés par des chercheuses et des chercheurs francophones issus de différents pays, témoignant de la vitalité de l’histoire francophone de la santé.

Questions de santé sur les bords de la Méditerranée : malades, soignants, hôpitaux, représentations en Roussillon, Languedoc et Provence (XVIe-XVIIIe s.) par Gilbert Larguier (Ed. Perpignan, PUP, 2015.)

La manière d'envisager les questions de santé a changé radicalement au cours de la période moderne. On est passé d'une politique d'assistance aux pauvres, d'une attitude fataliste face aux épidémies interprétées  comme le châtiment de Dieu, à des mesures de prévention et de défense contre les contagions, à un engagement plus assumé du pouvoir royal dans l'organisation hospitalière symbolisé par la mise sur pied de l'Hôpital général et au XVIIIe siècle, par la création de la Société royale de médecine. Les signes d'une mutation en profondeur se multiplient, ténus, dépourvus de liens entre eux, au moins au premier abord. Quelle relation existe-t-il en effet entre la fondation d'ordres féminins dédiés au soin des malades dans les hôpitaux, les cartes placées au fond des lits des forçats malades, annonciatrices des futurs dossiers médicaux, où seraient indiqués leurs noms et les soins à leur apporter, l'intention royale de faire distiller les eaux minérales afin d'en connaître les propriétés, et la grande réorganisation hospitalière de l'Hôpital général voulue par Louis XIV ? Peut-on parler ici d'une étape préscientifique où, autant que la science et ses représentants, comptent les initiatives publiques et privées des ordres religieux, de la puissance publique, voire des édiles municipaux ? Allant des aspects les plus concrets, comme l'hygiène en ville, jusqu'au ciel, non pour la mort mais pour célébrer la vie - ce que sont les ex-voto -, les contributions de ce volume s'intéressent aux malades, au personnel de santé, médecins et chirurgiens, aux saints guérisseurs comme aux hôpitaux, aux bains et aux eaux thermales.

Cent ans de radiologie en Belgique (Hundred years Radiology in Belgium) par van Tiggelen R., Pringot J. et al. (Éd. Asklepios, Bruxelles, 1995).

Afficher l'image d'origineIl s'agit d'un ouvrage commémoratif publié à l'occasion du centenaire de la Radiologie (1895 -1995) et, en particulier du début de l'application thérapeutique des rayons X à Louvain.

 

Cover ImageL'Europe et les peuples sans histoire (Europe and the People Without History  par Eric R. Wolf (Ed. U. of California Press, 2010)

Le livre a pour objectif de traiter du destin des populations isolées mais, la preuve en est donnée chaque jour, nous vivons dans un monde d'interconnexions globales. L'expansion continue de l'Europe au cours des 500 dernières années est au cœur du problème

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41H%2Bc%2BaONML._SY344_BO1,204,203,200_.jpgPaysages de l'Histoire (The landscape of History : How Historians map the Past) par John Lewis Caddis (Oxford University Press, 2002)

Qu'est ce que l'Histoire et pourquoi faut il l'étudier? Y at-il réellement une vérité historique? L'histoire est-elle une science? L'un des historiens les plus accomplis de nos jours,  John Lewis Gaddis, répond à ces questions et bien 'autres dans ce livre court, spirituel et humain. Gaddis souligne que, si les sciences historiques sont de plus en plus sophistiquées, mais leur message est clair. Certes, les historiens doivent combiner les techniques des artistes, des géologues, paléontologues et même des biologistes évolutionnistes. En fin de compte, se pose la question : la démarche de l'Historien est elle véritablement  scientifique ? Ce libre est une lecture obligée pour quiconque lit, écrit, enseigne, ou s'intéresse à l'Histoire.

Afficher l'image d'origineHistoire de la literature latine (Latin Literature: A History) par Gian Biagio Conte et Joseph Solodow (Ed.JHU Press, 1999)

Ce livre  propose une étude complète de la littérature latine sur une période de mille ans depuis les origines du latin comme une langue écrite au début du Moyen Age. À la fois ouvrage de référence, guide bibliographique et guide du lecteur, ce livre est le premier ouvrage écrit sur le sujet en langue anglaise  depis près de quatre décennies. Des origines à Grégoire de Tours au VIème siècle et Bède le Vénérable au VIIème,  c'est un très large panorama littéraire qui est ici proposé. On trouve dans l'ouvrage un ensemble très complet de noms, dates, citations et résumés détaillés des œuvres laissées par l'Antiquité latine.

La variole, grande tueuse des temps anciens (The Greatest Killer: Smallpox in History) par   Donald R. Hopkins (Ed. U. of Chicago Press, 1983)

Le mot variole vient du latin : "varus" qui signifie "pustule " et "varius", "moucheté". La variole a été, comme la peste", source de bien des terreurs dans les temps Anciens. Certes son eradication a été officiellement annoncée en 1977, mais depuis l'arrivée en force des attentats terroristes dans tous les pays, la question reste posée : y aura-t-il un retour de la "grande tueuse" ?

Naissance des prématurés. Une histoire du vivable (Baudelocque-Port-Royal, 1942-1985) par Bernard Andrieu (Avant-propos de Daniel Mellier )(Ed. Presses universitaires de Rouen et du Hâvre, 2015)

Naître est bien notre première expérience mais qui s’en souvient ? À la limite du viable, le prématuré conserve les traces de sa naissance. Le prématuré devient, durant cette période incertaine, le premier laboratoire du corps in vivo en dehors de celui de la mère. Sauver les prématurés a été résultat d’une recherche pluridisciplinaire inédite : la neurologie néonatale est devenue en France une discipline à part entière depuis le travail fondateur d’André Thomas et la constitution d’un laboratoire de recherche en néonatalogie, dirigé par le professeur Alexandre Minkowski de 1947 à 1985 a la maternité Baudelocque puis au sein même de l’hôpital Port-Royal.

Afficher l'image d'origine Sapientia contemptrix doloris. Le corps souffrant dans l'oeuvre philosophique de Sénèque par J.C. Courtil  (Ed.   Peeters, Liège,  "Latomus, 2015.

Sénèque a respecte scrupuleusement l'orthodoxie stoïcienne en affirmant à plusieurs reprises que l'intégrité physique ne doit en aucun cas faire objet d'attention. Toutefois, dans son œuvre, Sénèque la souffrance physique ("dolor") tient une place considérable. La présente étude, à travers l'examen des théories et des représentations du dolor physique, se propose de résoudre ce paradoxe apparent, et de déterminer précisément les fonctions d'un tel emploi. Après avoir défini la notion de dolor physique, elle démontre l'omniprésence du motif du corps souffrant et en dégage les raisons contextuelles. Elle envisage en outre la dimension médicale des représentations de la souffrance, afin de définir le niveau des connaissances techniques du philosophe et l'origine des théories pathologiques et thérapeutiques qui affleurent dans son œuvre. Enfin, elle examine le dolor physique au sein de la pensée philosophique de Sénèque afin de démontrer que le dolor possède une fonction éthique de premier ordre, aussi bien d'un point de vue théorique que pratique

Afficher l'image d'origineLes Sources du funéraire en France à l'époque contemporaine par Bruno Bertherat (Ed. universitaires d'Avignon, 2015).

 Qu’est-ce que le funéraire ? C’est un ensemble, nous dit-on ici, de discours, de représentations et de pratiques sociales autour de la mort, des funérailles, du deuil et de la mémoire des disparus. Et pourquoi ce funéraire est-il si important ? Parce qu’il perpétue la mémoire d’une communauté, écarte la rupture entre la société des vivants et celle des morts. Pour la première fois, une équipe de chercheurs en sciences humaines et sociales et de conservateurs du patrimoine brasse les sources du funéraire, anciennes et nouvelles, en livre les clés d’accès, dévoile les enjeux et l’importance de ce patrimoine pour les sociétés à venir. 

La nuit du Samain par Olivier de Lagausie (Ed. Anfortas, Paris, 2015)

Ce livre met en scène la transformation de la Gaule des Druides avec  l’arrivée des premiers chrétiens. Le peuple gaulois, orphelin de ses grands rois, vaincu par les Romains, abandonné par ses dieux, voit peu à peu s’éteindre les croyances d’une époque révolue.

 

Charles Richet (1850-1935) par Jérôme Van Wijland  (Ed. Éditeur : Presses universitaires de Rennes, Collection Histoire, 2015)

En parallèle de son activité de physiologiste, et des travaux novateurs sur l’anaphylaxie qui lui ont fait obtenir le prix Nobel en 1913, Charles Richet s’est également voulu écrivain, constructeur et propagandiste de l’aéronautique, militant pacifiste, etc. Cet ouvrage procède à l’état de la recherche sur ce savant pluriel et en explorer les multiples facettes, sans esprit apologétique ni polémique, mais avec toute la rigueur qu’impose la recherche universitaire.

Le Liban, histoire d'une nation inachevée par de Abdallah Naaman (Ed. Glyphe, Paris, 2015)

Ce livre  s'aventure dans l'histoire d'une contrée déconcertante. Dans un pays où les minorités confessionnelles demeurent réfractaires à l'intégration dans un moule national, des esprits clairvoyants ont tenté de doter le pays d'institutions pour en faire un État. Celui-ci se cherche encore, noyé dans une société mercantile, où les valeurs morales importent moins que les convictions religieuses et les intérêts personnels. L'État Liban est une création récente et sa réalité constitutionnelle est basée sur des aspirations contradictoires. Par certains aspects pourtant le secret bancaire, l'université, la relative liberté de la presse, la société libanaise est moderne, mais le système politique qui la régit est encore tenu par des chefferies féodales, confortées par un communautarisme d un autre âge. Le Liban n est plus ce qu'il était : un havre de coexistence, de liberté et de douceur. Certes, il a fini par devenir une patrie, mais pas encore un État de droit, tout au plus un État tampon qui assure avec rudesse sa fragile condition. Dans une lecture à contre-courant des idées reçues, Abdallah Naaman procède à une déconstruction des mythes fondateurs. Cet essai aborde des questions dérangeantes qui touchent autant à la genèse des communautés libanaises qu à leurs statuts civique et politique atypiques.

Échecs et Dames  par Abraham de Voogd  (Ed. Anfortas, Paris 2015)

Afficher l'image d'origineSimples divertissements, ces nouvelles concernent, toutes, les aléas de la passion amoureuse. Au jeu d’échecs, le roi a un rôle très limité. Il dépend entièrement de la reine qui a l’initiative. Elle seule assure sa protection, sa survie. Aussi l’homme, séduit par la femme, se lance-t-il à sa conquête. Toujours il espère. Nées de récits d’amis, d’anecdotes, de faits divers, et passés à la moulinette de son imagination, sous l’éclairage de son vécu, Abraham de Voogd offre ici une palette très variée de petits romans où rêves, espoirs, doutes, victoires et déceptions, sont évoqués avec humour.

Médecine à travers les siècles, entre rencontres et découverte par Xavier Riaud et al. (Ed. L'Harmattan,  Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2015)

Si la médecine et ses acteurs ont contribué incontestablement au bien-être de l'humanité, les dérives de quelques-uns ou les zones d'ombre amènent inévitablement à une discussion à propos de l'éthique qui doit la régir. Forts de ce postulat, les auteurs de cette collection ont souhaité décrire les avancées et les évolutions des sciences médicales

Le médecin qui avait la tête dans les étoiles par Philippe Scherpereel (Ed. Thebookedition, 2015)

Pietro d’Abano fut médecin, philosophe et astronome à l'âge d'or du  Trecento. Après ses études à Padoue, il partit à Byzance se perfectionner en grec afin de traduire médecins et philosophes de l’Antiquité. Il enseigna à Paris où il débuta la rédaction de son œuvre majeure le Conciliator. De retour à Padoue, il rencontra Giotto et Dante. Il fut ami de Marco Polo, de philosophes et musiciens. Refusant les miracles et les dogmes, il fut persécuté par l’Inquisition. Il mourut lors de son procès et sa dépouille fut brûlée. Les faits rapportés ont une base historique mais ont été repris dans un contexte romanesque.

Réunions d'Histoire de la médecine

Journée du livre médical de l'Académie de médecine  (18 septembre 2015)

Pour la Journée du Livre médical 2015,  les meilleurs spécialistes dans les domaines de la médecine, de l’art et de la littérature étaient réunis autour de Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire et membre correspondant de l’Académie des Beaux-Arts. La matinée, intitulée "Le proche et le lointain", a décliné autour des théories de Daniel Arasse, historien de l’art (1944-2003) spécialiste de la Renaissance italienne, "La vision du détail et de l’ensemble". La séance de l’après-midi a été dédiée à quelques actualités culturelles et médicales : retour sur l’exposition du musée Marmottan-Monet, "La toilette. Naissance de l’intime " ; projection d’extraits du film de Charles Thimon sur les Hussards, mouvement littéraire des années 1950 opposé à l’existentialisme. Une communication sur "la prise en charge du patient en médecine " a conclu la journée

Governance of Biomedical Research Commons: Lessons from the humble laboratory mouse par Tania Bubela

 28 October 2015, Université Mc Gill, Montréal

Don Bates Seminar Room 101 -  3647 Peel Street  H3A 1X1  4:30 pm

Contact : www.mcgill.ca/ssom/upcoming-seminars-events     

Alchimie et chimie dans la santé et la maladie ("Alchemy and Chemistry in Sickness and in Health ")

30 Octobre 2015, 9:45–5:30,

Maison Française, 2–10 Norham Road, Oxford, OX2 6SE.

94th Osler Banquet (4 novembre 2015)

The University Club

Université Mc Gill Montréal

Inscriptions : toslersociety.med@mcgill.ca

Filing and record keeping: The paper-machine of clinical research in the early-20th century (Exposé de  Volker Hess )

11 novembre 2015  à Mc Gill U. Montréal Canada

3647 Peel Street Don Bates Seminar Room 101, 4:30 p.m.

2ème salon du livre en région Arnas-Beaujolais 

 Dimanche 29 novembre sous le parrainage de  Jean-Christophe Rufin 

 Sallee Renoir – Espace Grange du Moulin – Route De Longsard – Arnas 69400

De l'histoire des neurosciences a la neuropsychiatrie du futur

3 et 4 décembre 2015 à l'amphithéâtre de l'ICM, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.

L'inscription est gratuite mais obligatoire

Contact :  nicole.fourn@icm-institute.org

Programme de Conférences de l'Institut universitaire d'histoire de la médecine et de la santé de Lausanne:

Lundi 2 novembre 2015 17h-19h, salle de colloque de l'IUHMSP : Séminaire PNS3 "Psychiatrie, neurosciences, sujets-santé-société"

Marc Levivier (CHUV, FBM/UNIL)

Gamma-knife et évolution de l'indication thérapeutique en neurochirurgie

Mercredi 4 novembre 2015 16h-18h, salle de colloque de l'IUHMSP

Séminaire "Quelle histoire pour la médecine et la science? Dialogues autour d'une œuvre"

Pierre-Olivier Méthot (Université Laval, Québec)

Mirko Drazen Grmek et l'histoire des maladies

Mercredi 11novembre 2015 17h-19h, salle de colloque de l'IUHMSP

Carole Clair (PMU)
Genre et disparités : l'exemple de la dépendance au tabac

Jacques Olivier (IUHMSP et PMU)
Stratégies publicitaires de l'industrie du tabac. Sans filtre

Jeudi 12 novembre 2015, 15h-18h, salle de colloque de l'IUHMSP

Séminaire de recherche en histoire et études sociales de la médecine, de la santé et des sciences du vivant

Luca Chiapperino (Italian Institute of Technology & European Institute of Oncology) et

Francesco Panese (IUHMSP)

Presentation du projet "Parental Responsibility, Epigenetics and Developmental Origins of Health and Disease (DOHaD): Emerging sociotechnical imaginaries of reproduction in the age of epigenetics"

Mercredi 25 novembre 2015, 16h-18h, salle de colloque de l'IUHMSP

Séminaire "Éthique et philosophie de la médecine". Nadja Eggert, PhD (Ethos, UNIL et IUHMSP)

"Care" et vulnérabilité

Jeudi 26 novembre 2015, 16h-18h, salle de colloque de l'IUHMSP

Séminaire "Quelle histoire pour la médecine et la science? Dialogues autour d'une œuvre". Flurin Condrau (Université de Zurich)

"Historicising" the Historian: Erwin Heinz Ackerknecht (1906-1988)

Soutenances de thèses sur l'Histoire de la médecine

Histoire sociale des populations au travail. Ville, santé, migrations, XIXe-XXe siècles.  Poison légal. Une histoire sociale, politique et sanitaire de la céruse et du saturnisme professionnel, XIXe-premier XXe siècle par Judith Rainhorn.

La soutenance de la thèse se tiendra jeudi 10 décembre 2015, à partir de 9h30, à Sciences Pô salle de réunion de l’École doctorale, 199 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris (métro Rue du Bac, Saint-Germain des Prés), escalier sous la voûte, 3e étage.

Théatre

Une pièce de théâtre écrite et mise en scène par François Rochaix : "Rencontre, une soirée avec André Vésale", se jouera, sur la scène du "Monde à part", 14 rue Goetz-Monin, à Genève du 3 au 15 novembre prochain avec Daniel Ludwig et Isabelle Bosson. Après chaque représentation, un scientifique ou médecin concerné d’une manière ou d’une autre par le grand anatomiste du XVIème siècle animera une discussion avec le public. Ce spectacle fait partie des manifestations organisées par l’académie suisse des sciences naturelles pour le 500ème anniversaire de Vésale avec le soutien de la Faculté des Sciences et de la Faculté de Médecine de l’Université de Genève.

André Breton : Un médecin français à New York

 

André  Breton était médecin mais peu de gens le savent. Il  avait donc été mobilisé en Septembre 1939 et envoyé comme médecin à l'école de l'Armée de l'Air  de Poitiers. Après l'armistice, il lui faut quitter la France car il est menacé  du fait de ses anciennes sympathies pour le monde communiste. Il songe tout de suite à émigrer aux États-Unis et va chercher à trouver un bateau à Marseille qui puisse l'y amener : en fait, le  Maréchal Pétain visite la ville et Breton est détenu plusieurs jours  en prison "à titre préventif".

En mars 1941, cependant, Breton parvient  à trouver place avec Jacqueline Lamba son épouse[2]  à bord du "Capitaine-Paul-Lemerle" un vieux cargo à une cheminée où s'entassent plus de 300 passagers, pour la plupart femme et enfants. A bord Breton va faire la rencontre de l'ethnologue Claude Levi-Strauss[3] avec qui il va sympathiser tout de suite.

Un extrait du second chapitre du livre de Lévi-Strauss, "Tristes Tropiques" relate le début de leur voyage : "Finalement j'obtins mon billet de passage sur le Capitaine-Paul-Lemerle, mais je ne commençai à comprendre que le jour de l'embarquement, en franchissant les haies de gardes mobiles, casqués et mitraillette au poing, qui encadraient le quai et coupaient les passagers de tout contact avec les parents ou amis venus les accompagner, abrégeant les adieux par des bourrades et des injures : il s'agissait bien d'aventure solitaire, c'était plutôt un départ de forçats. Plus encore que la manière dont on nous traitait, notre nombre me frappait de stupeur. Car on entassait trois cent cinquante personnes environ sur un petit vapeur qui - j'aillais le vérifier tout de suite - ne comprenait que deux cabines faisant en tout sept couchettes"... "La racaille, comme disaient les gendarmes, comprenait entre autres André Breton et Victor Serge. André Breton, fort mal à l'aise sur cette galère, déambulait de long en large sur les rares espaces vides du pont : vêtu de peluche, il ressemblait à un ours bleu"... "En plus de sa cargaison humaine, le bateau transportait je ne sais quel matériau clandestin ; on passa un temps prodigieux, en Méditerranée et sur la côte occidentale de l'Afrique, à se réfugier de port en port pour échapper, semble-t-il au contrôle de la flotte anglaise".

Bien des péripéties vont survenir : le bateau fait un long détour le long des cotes d'Afrique pour échapper à la Kriegsmarine et, arrivés en Martinique, les Breton font escale pour rencontrer Aimé Césaire[4]. Ils partent ensuite en Guadeloupe puis à Saint Domingue où ils séjourneront plusieurs semaines.

De son coté, Claude Lévi-Strauss passe par Porto-Rico et parvient à gagner New York dès le mois de mai 1941 alors que les Breton n'y arrivent qu'un mois plus tard, au début de juillet 1941, en pleine vague de chaleur.

André Breton lui avait recommandé de se rendre dés son arrivée à la rencontre d'Yves Tanguy qui habitait aux Etats-Unis depuis 1939. Dans un chapitre du "Regard éloigné"[5], au début de son grand texte New York post et pré-figuratif qui lui fut commandé pour le catalogue de l'exposition Paris-New York (Beaubourg, juin 1977), Lévi-Strauss raconte comment il trouva domicile dans Greenwich village : "A quelques minutes de Time Square par le subway, on pouvait encore loger, comme à Paris au temps de Balzac, dans une maisonnette à deux ou trois étages avec un jardinet par-derrière. Peu de jours après mon arrivée, allant rendre visite à Yves Tanguy, je découvris et louai aussitôt, dans la rue où celui-ci habitait, un studio dont les fenêtres donnaient sur des jardins tombés en friches. On y accédait par un long corridor en sous-sol conduisant à un escalier particulier, sur l'arrière d'une maison de briques rouges".

Dès l'arrivée, les difficultés commencent :  Breton n'arrive pas à s'habituer à sa nouvelle vie : il parlait très mal l'anglais, avec u fort accent français  et se refusait, contrairement aux émigrés d'Europe centrale et d'Allemagne,  à tout effort pour s'assimiler à la vie New-Yorkaise. Il se sent marginalisé et va traverser plusieurs crises de dépression.

Ses ressources financières s'étaient vite épuisées mais, fort heureusement,  Breton fait la connaissance  de Peggy Guggenheim qui lui  obtient un emploi à la radio de "La Voix de l'Amérique", émission diffusée en français par  l'"Office of War Information".

Là-dessus arrive un autre exilé célèbre, Marcel Duchamp[6], qui propose à Breton de coopérer au lancement d'une revue surréaliste qui va s'intituler "VVV", en référence aux mots "Victory", "View", et "Veil" qu'avait utilisé Breton dans un article intitulé "Le mythe dans le processus de formation sous le voile de ce qui se passe."[7]. Breton est chargé d'en assurer la rédaction avec l'aide  de Max Ernst[8]. En fait, la revue n'aura qu'une vie limitée : seuls paraitront quatre numéros en trois livraisons.

Dans le premier numéro (juin 1942) Breton publie un article intitulé " Prolégomènes à un troisième manifeste ou non"[9]. C'est Max Ernst qui a dessiné la couverture où trône un "V" majuscule.Le numéro double 2-3 de mars 1943 est consacré à une conférence prononcée par Breton à Yale en décembre 1942, intitulé "Situation du surréalisme entre les deux guerres". Dans le numéro 4 (février 1944), parait un article de Benjamin Péret[10] : "La Pensée est une et indivisible"

Une disposition légale des Etats-Unis exigeait la présence d'un citoyen américain à la direction d'une revue  et c'est ainsi que le peintre et sculpteur, David Hare[11] devint codirecteur de la revue avec sa femme comme interprète.

Les conséquences furent malheureuses pour Breton : Jacqueline Lamba s'éprend  du jeune directeur américain, et quitte le domicile conjugal.

Breton va, de nouveau sombrer dans la dépression avant de rencontrer une jeune artiste chilienne Elisa Bindorff[12]. A ce que dit un des biographes de Breton, Mark Polizzotti [13], la première rencontre se situe le 9 décembre 1943 au Larre's, un restaurant français bien connu de la 56eme rue où Breton prenait habituellement ses repas[14]. André Breton prit conscience de ce qu'une jeune femme assise à la table voisine, le regardait avec insistance. Il se lèva de table pour venir se présenter et commence ainsi une longue histoire d'amour.

Tout cela finira par une union officialisée à Reno, la  célèbre ville des  "mariages éclairs", en août 1945. C'était pour André breton, son troisième mariage...

Le couple part ensuite visiter les réserves indiennes des  Hopis et des Zunis :on sait qu'André Breton a toute sa vie été passionné d'"Art sauvage"  Breton, toujours passionné d'Art "sauvage".

Le séjour de Breton aux États-Unis va durer quatre années au cours desquelles, il fera de nombreux voyages : d'abord au Canada, en 1943, en compagnie d'Élisa qui prend de magnifiques photos, ainsi un magnifique portrait du grand écrivain. Ils vont séjourner à  l'extrême pointe du  Québec, en Gaspaisie.

En Décembre 1945, à l'invitation d'un vieil ami, Pierre Mabille[15] nommé attaché culturel à Pointe-à-Pitre, Breton va donner en Haïti une série de conférences. Pendant son séjour, survient  un des grands soulèvement populaires du pays mais Breton, imperturbable, ne s'intéresse qu'à la peinture haïtienne populaire et tout particulièrement à Hector Hyppolite, le peintre "naïf" de la saga des Caraïbes.

Lorsque la guerre prend fin, Breton n'a qu'une idée : retrouver cette France qu'il a tant dénigrée mais dont il ne peut se passer…Il est de retour à Paris le 25 mai 1946 et mourra dix ans plus tard, d’insuffisance respiratoire, à l'hôpital Lariboisière.

Sur sa tombe du cimetière des Batignolles (31ème division) est une dalle avec ce message : "Je cherche l’or du temps"…

 

 

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à envoyer au Dr. A. Fabre, 40 av. Paul Doumer 94100 St Maur, qui transmettra

E-mail : a.fabre.fl@gmail.com

 

 

 

[1] Ces informations sont données sans responsabilité personnelle sur leur contenu,  ni sur le lieu ou la date des réunions

[2] Jacqueline Lamba (1910-1993), peintre et "danseuse aquatique" membre du groupe surréaliste.

[3] Claude Lévi-Strauss (1908-2009), célèbre anthropologue et ethnologue auteur de "Tristes tropiques" (Ed. Plon, Paris, 1955)

[4] Aimé Césaire (1913-2008), célèbre poète et homme politique martiniquais

[5] Levi-Strauus C., "Le Regard éloigné" (Ed. Plon, Paris, 1983)

[6] Marcel Duchamp (1887-1968), peintre et écrivain dont l'influence fut déterminante dans les années cinquante, inspirant plusieurs courants artistiques dont le Pop art, le neo-dadaisme et l'Op Art. Il devint sujet américain en 1955 mais revint en France pour mourir (à Neuilly sur Seine). Ses cendres sont déposées dans le caveau familial au cimetière monumental de Rouen. Une épitaphe est gravée sur sa tombe : " D’ailleurs, c'est toujours les autres qui meurent. "

[7]  "Victory over the forces of regression, View around us, View inside us [...] the myth in process of formation beneath the Veil of happenings "

[8] Max Ernst (1891-1976) est un sculpteur et dessinateur allemand de l'école surréaliste, très lié à Peggy Guggenheim

[9] voir le site internet : "http://www.andrebreton.fr/work/566001009558903"

[10] Benjamin Péret (1899-1959) poète surréaliste connu pour ses essais d'"écriture automatique"

[11] David Hare (1917-1992) était un sculpteur, peintre et photographe du mouvement surrealiste de New Yoork

[12] Élisa Bindorff  (1906-200) pianiste, plasticienne et écrivain chilien

[13] Polizzotti Mark "André Breton" (Ed/ Gallimard, Paris, 1999à

[14] André Breton, bien que résolument anticonformiste, n'aimait que la cuisine française…

[15]  Pierre Mabille (1904-1952) était un médecin ami des surréalistes que Breton avait connu à Paris

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2016

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