Lettre de janvier 2016

A.J. Fabre                                                        Janvier 2016

LE T T R E   D ' I N F O R M AT I O N S

D'H I S T O I R E  DE  LA  M E D E C I N E

n°40                 JANVIER                        2 0 1 6      [1]

Sites internet  d'Histoire de la médecine

L'anthropologie_ Décembre 2015

http://www.em-consulte.com/revue/ANTHRO/presentation/l-anthropologie

Afficher l'image d'origine"Une médecine du fonds des âges : trépanations, amputations et tatouages thérapeutiques au Néolithique" par Alain Beyneix

Les premiers bergers et paysans du Néolithique européen, entre le VIe et le IIe millénaire avant J.-C., avaient acquis de sérieuses connaissances médicales.

Les trépanations crâniennes et les amputations de membres réalisées avec succès témoignent de techniques opératoires parfaitement maîtrisées qui impliquent un savoir transmissible.

Les tatouages à but thérapeutique révèlent toutefois que la médecine de ce temps restait encore empreinte de rituels et de magie.

Clystère N° 46 – Janvier 2016

http://clystere.pagesperso-orange.fr/numero-pdf-download/clystere_n41_jui_2015VA.pdf

Dans le premier numéro de la nouvelle année :

   . Les belles étrennes du Dr Levasseur : un étui artistement conçu pour ranger son

         stéthoscope (J.M. Meunier)

   . Les vaisseaux d'étain étaient ils toxiques ? (J.L. Dupré)

   . La reforme des trois  institutions françaises après la seconde guerre (Xavie Riaud)

. Une prothèse de main système Cauet (J.P. Martin)

. Histoire de se creuser un peu la tête (Histoire de la trépanation) (Bernard Baldivia

. Les objets médicaux à l'origine d'expressions argotiques (JB Cazalaa)

European neurology 2015, 74, 322

http://www.karger.com/Article/FullText/442349

Cover image for Vol. 23 Issue 1 Le baillement est contagieux par Olivier Walusinski 

 Une simple  métaphore ?

 

Journal of the History of the Behavioral Sciences Volume 31, 1, pages 91–94, January 1995

Journal of the History of the Behavioral Scienceshttp://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/1520-6696(199501)31:1%3C91::AID-JHBS2300310111%3E3.0.CO;2-I/abstract

 Histoire de la medicine (A History of Medicine) par Lois N. Magner

Livre de base pour tous les professionnels de la santé

Livres sur  l'Histoire de la médecine

History of Medicine par D. D. Banerjee (Ed. Jain, Delhi, 2003)

Couverturel'originalité de ce livre publié aux Indes est qu'Historiens et universitaires de touts les parties du monde ont donné  ici un compte-rendu  de leurs cours

 

The Oxford Handbook of the History of Medicine par Marc Jackson (Ed. OP Oxford, 2011)

CouvertureCes dernières décennies, l'histoire de la médecine est devenue part de  l'Histoire "tout court", avec en corollaire bien des  débats sur les méthodes, les thèmes et les sources. Rassemblant le travail de plus de trente chercheurs internationaux, ce manuel fournit un bon aperçu de ces débats, et propose de nouvelles orientations pour l'avenir.

Le livre se compose de trois sections :

La première explore les défis méthodologiques et débats historiographiques générés par travailler en particulier âges historiques

La seconde explore l'histoire de la médecine dans des régions spécifiques du monde et de leurs traditions médicales

La dernière est consacrée à des discussions sur la `histoire globale de la médecine et la dernière section analyse, par de larges perspectives chronologiques et géographiques, les deux débats établis.

Ainsi apparaissent de nouveaux thèmes historiques et méthodologiques dans l'histoire de la médecine.

History of Medicine par Rebecca Greene (Ed. Routledge, 1988)

Couverture Dans cet ouvrage intellectuellement stimulant, l'histoire de la médecine est abordée sous de très nombreuses  perspectives pour presenter un aperçu objectif du sujet. En bref, les historiens examinent les effets de la société sur la médecine et de la médecine sur la société. Au centre du livre, les transformations de la pensée et des pratiques médicales et paramédicales.

 

CouvertureA History of Medicine: Early Greek, Hindu, and Persian Medicine par Henry E. Sigerist (Ed. Oxford University Press, 1987)

Ce deuxième volume est consacré aux débuts de la médecine chez les peuples indo-européens :  Grecs, Indiens et Perses, qui, en somme, ont été les premiers à utiliser la connaissance empirique pour développer des systèmes philosophiques de la médecine basés sur des lois universelles. Au cœur de l'ouvrage, les systèmes rationnels de la Grèce Antique, fondements de la science moderne, mais aussi l'approche mystique du Proche-Orient incontestablement mieux adaptée à l'étude des problèmes mentaux et spirituels..

CouvertureA History of LSU School of Medicine New Orleans par Russell C. Klein,Victoria Barreto Harkin Mars (Ed. AutorHouse, 2010)

Vibrant plaidoyer pour l'Université de Louisiane, la célèbre LSU :  Louisianna  State University

 

CouvertureThe Cambridge Illustrated History of Medicine par Roy Porter (Ed. Cambridge U. Press, 2001)

L'ouvrage apporte une réflexion interessante sur le developpement de la médecine depuis l'Antiquité appuyée sur de nombreuses illustrations et tables chronologiques qui apporteront une aide précoeuse aux etudiants et aux spécialistes. Les problemes actuels ne sont pas esquivés, ainsi  la hausse vertigineuse du coût des soins et l'importance prise par la prise en charge des maladies mentales dans notre société. Sont également abordés dans l'ouvrage quelques uns des principaux aspects historiques de la médecine asiatique, médiévale et islamique et celle des pays de l'Est. Roy Porter est professeur de l'histoire sociale de la médecine à l'Institut Wellcome pour l'histoire des sciences.

Medicine Across Cultures: History and Practice of Medicine in Non-Western par Helaine Selin (Ed. Springer 2003)

CouvertureRevue des médecines  islamiques, chinoise, des primitifs d'Amérique, Australie, Inde, Egypte et Tibet. Chaque chapitre est bien illustré et conclut sur  une bibliographie détaillée. Pour la première fois, est présentée au lecteur une  étude

sur la médecine du monde non-occidental, dans son ensemble. Un "must" pour étudiants en médecine et spécialistes de l'Histoire.

Anyone, Anything, Anytime: A History of Emergency Medicine par Brian J. Zink (Ed. Elsevier Health Sciences, 2006)

CouvertureVoici le premier livre qui entend explorer en détail l'évolution de la médecine d'urgence - de ses origines après la Seconde Guerre mondiale, à travers les changements socio-politiques des années 1950, 1960 et 1970, jusqu'au temps présent. Récits de première main sur plus de 45 fondateurs et pionniers de la médecine d'urgence fournissent une représentation vivante des événements et des points de vue importants qui ont donné lieu à la pratique d'aujourd'hui.

Source book of medical history par Logan Clendening (Ed. Courier Corporation, 1960))

CouvertureCe sont les écrits médicaux les plus importants des 4000 ans de l'Histoire de la médecine : cent vingt-quatre articles rédigés par 120 auteurs sont présentés dans l'ordre chronologique, chacune avec une introduction et une courte biographie de son auteur. Ils couvrent presque tous les domaines de la pensée et la pratique médicale - la pathologie, l'asepsie, la médecine préventive, la bactériologie, la physiologie, etc. - du Papyrus égyptien Kahun datant de 1900 avant notre ère  à la découverte de C. W. Roentgen des rayons X. L'auteur a sélectionné les sections importantes de chaque dossier, pour faire gagner du temps au lecteur. Plusieurs de ces œuvres ont été traduites spécialement ) cette occasion.

The Golden Wand of Medicine: A History of the Caduceus Symbol in Medicine par Walter J. Friedlander (Ed. Praeger, 1992)

 Le caducée, deux serpents entrelacés fixées sur une tige, était l'ancien symbole d'Hermès, le dieu grec des marchands…et des médecins. Aujourd'hui, c'est le symbole de professions médicales et paramédicales. Sur tout cela, Friedman explique le pourquoi et le comment dans un livre fort bien construit.

CouvertureAn Introduction to the history of medicine, with medical chronology, bibliographic data and test questions par Fielding Hudson Garrison (W.B. Saunders Company, 1913)

Ce livre a été publié en 1923, et  se trouve réédité , en conservant le même format que l'œuvre originale : un défi que les éditeurs ont osé relever et fort heureusement pour le lecteur moderne.

CouvertureThe Alarming History of Medicine: Amusing Anecdotes from Hippocrates to Heart Transplants par Richard Gordon (Ed. St. Martin's Press, 1997)

grâce à un très large ensemble d'anecdotes, où l'humour n'est jamais absent le lire relate la véritable histoire des grandes découvertes de la médecine. accidents.
A recommander à tous ceux qui s'intéressent à la médecine et en premier lieu à ceux qui cherchent une occasion de sourire… et rien dans le livre qui ne soit pas  vrai...

Seeking the Cure: A History of Medicine in America par Ira Rutkow (Ed. Scribner 2010)

Couverture.L'Histoire de la médecine nord- américaine est relatée ici avec un ensemble d'anecdotes  tout à fait nouvelles sur la lutte grandiose et incessante menée par les médecins face aux  croyances et aux  pratiques du passé mais aussi pour faire accepter les nouvelles thérapeutiques, objet, en leur temps  de violentes  controverses et parfois de  quelque mépris. Parmi les nombreux personnages historiques de la livre sont Cotton Mather, Benjamin Franklin, George Washington (dont l'adoption en temps opportun d'une pratique médicale controversée a probablement sauvé l'armée continentale), Benjamin Rush, James Garfield (tué par ses médecins, et non par la balle d'un assassin)  et Joseph Lister. Le livre aborde des sujets aussi divers que la variole et de la guerre révolutionnaire, la création des premières écoles de médecine, la médecine pendant la guerre civile, la médecine de chemin de fer et les débuts de la spécialisation, la hausse du complexe médico-industriel, et le passionnant encore avènement coûteuse des technologies modernes, telles la  thérapie génique et les robots chirurgicaux. Le livre combine la perspective de l'historien avec une expertise chevronnée de médecin. Disons le tout de suite, ce livre montre clairement que l'histoire de la médecine américaine est un portrait de l'Amérique elle-même.

Afficher l'image d'origineMothers and Medicine: A Social History of Infant Feeding, 1890–1950 par Rima D. Apple (Ed. University of Wisconsin Press, 1987)

 Au XIXe siècle, les nourrissons étaient allaités par leur mère; depuis  le milieu du XXe siècle, les femmes, dans leur très grand nombre,  nourrissent leurs bébés avec un  biberon. L'auteur analyse les interactions complexes de la science, de la médecine, de l'économie et de la culture qui sous-tendent ce changement radical dans les pratiques de soins de bébé. Comme l'alimentation du nourrisson est devenu la clé de voûte de la nouvelle spécialité de la pédiatrie, la fabrication d'aliments pour enfants est devenu une industrie lucrative. Ce que montre bien le livre est la rencontre dans ce domaine de l'alimentation du nourrisson d intérêts mutuels des mères, des médecins…et des industries du lait en poudre

CouvertureLocating Medical History: The Stories and Their Meanings  par  Frank Huisman,John Harley Warner (Ed. JHU Press 2006)

 L'histoire de la médecine se résume en trois points : comment les sociétés organisent des soins de santé, comment les individus ou les Etats se comportent face à la maladie, comment nous comprenons nos propres rapports avec  les malades et les médecins. Comme l'indique la préface, le but de ce livre est de servir de "tremplin" pour les discussions sur la médecine, ce qu'elle devrait être, et ce à quoi elle  devrait servir.

CouvertureBattlefield Medicine: A History of the Military Ambulance from the Napoleonic Wars to WW2 par John S. Haller (University Press Audiobooks, 2013)

Tous  les aspects du soin aux combattants blesses sont reunis ici, depuis le ramassage sur le champ de bataille jusqu'aux conditions matérielles d'un transport "médicalisé"

Problems and Methods in the History of Medicine par Roy Porter et Andrew Wear (Ed. Croom, 1987)

l'auteur, grand spécialiste de l'Histoire de la médecine, a été longtemps directeur du Wellcome Institute for the History of Medicine de l' University Collège de Londres. 

CouvertureThe Greatest Benefit to Mankind: A Medical History of Humanity (The Norton History of Science) par Roy Porter (Ed. W. W. Norton, 17 oct. 1999)

Tout ensemble  divertissant et instructif, le livre de Porter  explore l'évolution de la médecine dans le contexte des croyances religieuses, scientifiques, philosophiques et politiques . Cette évolution a pris plusieurs siècles, depuis les maladies des chasseurs-cueilleurs jusqu'aux maladies menaçantes d'aujourd'hui : virus Ebola ou SIDA.

 La clairvoyance de l'auteur est, comme dans tous ses ouvrages, un scalpel bien aiguisé pour analyser l'Histoire de la médecine

Maux à mots par D. Serin (Préface C.A. Planchon)(Ed. Josette Lyon, 2011)

Afficher l'image d'originePréfacé par le Professeur Daniel Serin, ce livre informe et fait partager des chemins confidents. Chacun relate ici son histoire, ses craintes et sa foi viscérale en la guérison. Ces périlleux voyages sont ponctués de lumières, de convictions fortes, d'élans vers soi-même et ses propres ressources. Loin des essais en la matière et fidèle aux sensibilités de ses interlocuteurs, l'écrivain Anne de Commines varie les styles et redonne à chacun la langue qu'il parle. Elle interroge en chaque personne ce qui la met debout, lui permet de nommer sa maladie et la vie qui se poursuit. L'ouvrage s'achève par un état des lieux de la psycho-oncologie, discipline qui, non seulement mérite un détour, mais exige davantage de formations et de prise en compte.

Medical Theory, Surgical Practice: Studies in the History of Surgery par Christopher Lawrence (Ed. Routledge, 1992 )

Couverture  Un physiologiste célèbre, pharmacologiste de surcroit, a osé faire un livre sur la chirurgie…Le choc de deux continents….

Afficher l'image d'origine Bilharzia: A History of Imperial Tropical Medicine par  John Farley (Ed. Cambridge U. Press, 2003)

 L'avènement de la médecine tropicale est une conséquence directe de l'impérialisme européen et américain : leurs militaires, les administrateurs coloniaux, hommes d'affaires, et les colons ont dû faire  face aux  maladies endémiques des tropiques. Un bon exemple est la bilharziose, affection parasitaire  affectant encore à notre époque  plus de 200 millions de personnes dans soixante-quatre pays. En fait l'approche des maladies tropicales par les Occidentaux a été largement le fait en son temps, des médecins militaires

Revues sur l'Histoire de la médecine

Annales du Premier Empire (n°4 décembre 2015) (Ed. Souvenirs)

http://www.histoire-medecine.fr/napoleon-et-la-medecine-article-corvisart.php

Afficher l'image d'origineCe nouveau numéro de la revue est consacrée à la médecine et la chirurgie du  Premier Empire  :

. Je ne crois pas en la médecine, je crois en Corvisart (Xavier Riaud)

. Antoine Dubois (1756-1837), médecin accoucheur de Marie-Louise et baron de l’Empire (A.Fabre)

. Portraits de généraux du Premier Empire (Pierre Migliorini)

. Antoine Augustin Parmentier(1737-1813), Premier Pharmacien de la Grande Armée et grand défeseur de la pomme de terre (Xavier Riaud)

. L'école spéciale militaires de Fontainebleau (Pascal Cazottes)

. Marche de l'Empire n°7 (Michel Franceschi)

. Alexis Boyer (1757-1833), Premier chirurgien de Napoléon (Xavier Riaud)

Histoire, médecine et santé, n°7 (Dossier thématique : Soins)

L’histoire sociale de la médecine s’est largement constituée autour de l’étude des acteurs, des lieux, des institutions et des pratiques de soin. Si le soin est fréquemment questionné, il est pourtant rarement étudié dans sa dimension relationnelle, dans ses rapports de force et ses interactions. À la recherche de ce que soigner et prendre soin veulent dire, ce dossier interroge les méthodes et les sources mobilisables par les historiens pour saisir la relation de soin. La diversité des relations thérapeutiques, saisies à domicile ou en institution, fait jouer différents contextes politiques (colonial, autoritaire, laïque) et scientifiques (de la naissance de la médecine clinique au processus de spécialisation disciplinaire). Ce dossier propose des études de cas (XVIIIe-XXe siècle) et bilans historiographiques réalisés par de jeunes chercheurs et des spécialistes en histoire sociale et culturelle de la médecine. Parmi les principaux articles :

Anne Jusseaume, Paul Marquis et Mathilde Rossigneux-Meheust, Introduction. Le soin comme relation sociale : bilan historiographique et nouvelles perspectives

Anne Jusseaume, La relation entre sœurs et malades dans les hôpitaux parisiens au XIXe siècle, une relation de soin ?

Claire Fredj, Retrouver le patient colonisé. Les soins aux " indigènes " dans l’Algérie colonisée (fin XIXe s.-années 1930)

Benoît Majerus, Surveiller, punir et soigner ? Pratiques psychiatriques en Europe de l'Ouest du 19e e siècle aux années 1950

Fabrice Cahen, Soin, refus de soin ou maltraitance ? Médecins et avortées dans les hôpitaux parisiens (1900-1975)

Hervé Guillemain, Le soin en psychiatrie dans la France des années 1930. Une observation à partir des dossiers de patients et des manuels de formation infirmière

Olivier Faure, Conclusion. Une histoire du soin est-elle possible ?

Thèses sur l'Histoire de la médecine

Le prix Georges Villain d'histoire de l'art dentaire récompensant le meilleur travail d'histoire de l'art dentaire a été décerné, pour l'année 2015, à Mlle Mélanie Decobert, pour sa thèse de doctorat en chirurgie dentaire soutenue à la Faculté dentaire de Paris VII, intitulée "Odontologie légale et Seconde Guerre mondiale: apport au devoir de mémoire".

Réunions sur l'Histoire de la médecine

Colloque international "Le teint de Phrynè. Thérapeutique et cosmétique dans l’Antiquité"

Paris les Jeudi 14 et vendredi 15 janvier 2016.

Contact : Véronique Boudon-Millot, Directrice de recherche au CNRS

http://www.orient-mediterranee.com/spip.php?article2675

Séminaire  "Les savoirs opératoires de la matière de la Renaissance à l’industrialisation"

Jeudi 10 décembre de 14h à 17h au Centre Alexandre Koyré

27, rue Damesme, 75013 Paris, salle de séminaire, 5e étage

"A partir des années 1640 est importée en Europe une écorce péruvienne soignant les fièvres paludiques (ou "intermittentes"), le quinquina. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, l'extraction de cette écorce, son passage vers l'Europe et son administration aux malades transforment conjointement la théorie et la pratique médicales, le gouvernement de la santé, le commerce des drogues exotiques et les paysages andins. Le but de cette communication est de suivre, à travers la relation à ce matériau médicinal, la reconfiguration des rapports entre Indiens, missionnaires jésuites, marchands, médecins, apothicaires, droguistes et malades. Diverses sources, en particulier les recettes du quinquina, permettent d'approcher la dimension politique des savoirs de la transformation en observant comment, par où, et à travers quelles limites s'établit une solidarité entre maîtrise de la nature et maîtrise des activités humaines.

"Contact Samir Boumediene (CNRS/ IHPC) : http://www.theses.fr/2013LORR0345

Journée d'études internationale ARDECO (Association pour la recherche et le développement de compétences,)

vendredi 22 janvier 2016 de 8h30 à 17h30 à l’Université Paris Descartes Faculté de médecine (12 rue de l’école de médecine, salle du conseil au 1er étage) et qui a pour titre :

 Contact https://www.eventbrite.fr/e/inscription-journee-detudes-ardeco-professionnels-de-leducation-et-de-la-sante-19602020170?aff=es2

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(André J. Fabre)

 

LE DR. FRANKENSTEIN MONSTRE SACRE DE L ANGLETERRE VICTORIENNE

 

Tout le monde, grâce au cinéma, connait le nom de Frankenstein mais bien peu savent qu'il s'agit du héros d'un livre à succès écrit en 1816 par un auteur anglais, Mary Shelley, épouse du grand poète

Disons le tout de suite, le livre dont s'est emparé le cinéma pour en faire de nombreux (et lucratifs) épisodes, a pour titre "Frankenstein ou le Prométhée moderne " : c'est l'histoire d'un chimiste de génie qui crée  de toutes pièces le monstre qui va bouleverser son existence.

Nous allons de voir : bien des questions restent posées :

Qui était Mary Shelley (1797-1851) ?

Mary Shelley était fille d'un éminent philosophe aux idées politique avancées, William Godwin (1756-1836), un des premiers tenants, en Angleterre, de l'idéologie anarchiste.

Sa mère était l'écrivain féministe Mary Wollstonecraft dont le parcours pour le moins non conformiste l'amena vivre à Paris les heures les plus brulantes de la Révolution. Après la chute de Robespierre , il lui fallut, cependant, mettre fin à son expérience et aller se réfugier au Havre.

De là, elle parvint à regagner l'Angleterre et, à Somer's Town près de Londres, accoucha le 30 août 1797 de Mary Shelley. Quelques jours après l'accouchement, la mère mourut, comme tant d'autres à cette époque, de fièvre puerpérale. Mary et sa sœur furent alors recueillies par William Godwin qui veilla de près, tous les témoignages l'attestent, à l'éducation des enfants.

A l'âge de 16 ans, Mary rencontre Shelley[2] poète de génie célèbre pour ses excentricités. Ils se marieront en 1816, après le suicide de la première épouse de Shelley.

Le couple partit ensuite  voyager à travers toute l'Europe pour s'installer en mai 1816, à Cologny, près de Genève, sur les bords du lac Léman, dans la villa Chapuis.

Ils étaient accompagnés de Clara Jane Clairmont une jeune fille de 18 ans, dont William Goldwin avait épousé la mère en secondes noces. Clara était enceinte d'un poète déjà célèbre, Lord Byron[3] qui ne tarda pas à venir rejoindre les Shelley.

Lord Byron arrive le 25 mai, accompagné d'un jeune médecin, John William Polidori et s'installe, du 10 juin au 1er novembre, dans une superbe maison toute proche, la Villa Belle Rive[4]. On a peine à imaginer tout cela dans le cadre puritain de l'Angleterre prévictorienne…

Au début de leur séjour, le groupe passait de longs moments à voguer sur le lac mais l'été de 1816 devint tout à coup un été sans soleil[5] et faute de distractions, les deux couples décidèrent d'organiser un concours d'"histoires d'horreur".

Shelley écrivit "Fragment d'une histoire de fantôme", Byron, une nouvelle dont le héros Augustus Darvell, porte un nom que John Polidori reprendra plus tard dans un livre devenu célèbre, "le Vampyre". Mary, quant à elle, opta, après mûre réflexion, pour l'histoire d'un homme de sciences qui parvient, pour son malheur, à recréer la vie mais sous forme d'un monstre.

Qui est véritablement le Dr Frankenstein ?

A vrai dire, le héros du roman de Mary Shelley n'est pas le monstre mais son créateur, un chimiste, nommé Victor Frankenstein, qui au cours d'une expérience de laboratoire, parvient à recréer la vie en donnant naissance à une créature monstrueuse.

Pourquoi ce nom de Frankenstein ? Tout simplement parce que les Shelley au cours d'un voyage sur le Rhin en 1814, avaient aperçu, près de Gernsheim, un château appelé Frankenstein où, selon la légende locale, un alchimiste avait autrefois conduit de mystérieuses expériences .

Comment fut édité le livre ? Après deux refus éditoriaux, le roman fut accepté en mai 1818 par une petite maison d'édition de Londres : Lackington, Allen and Co[6] qui le publia sous le titre de "Frankenstein ou le Prométhée moderne". Aucune mention n'est faite de l'auteur mais la préfacé est signée par l'époux de Mary, le poète Shelley et le livre est dédicacé à William Godwin, le philosophe, père de Mary

Quel fut l'accueil du public ? Le tirage initial n'était que de 500 exemplaires mais le succès arriva bientôt. Quatre ans plus tard, le livre est porté sur la scène d'un théâtre londonien [7] sous le titre du "Destin de Frankenstein ou la Présomption'" et, en 1831, pour répondre aux demandes croissantes du public le grand éditeur, Henry Colburn, Richard Bentley and Co, va mettre sur le marché une version populaire fortement révisée et réunie en un seul volume.

Quelle est l'histoire racontée par Mary Shelley

Le livre se présente, ainsi que le voulait alors la mode, comme un roman épistolaire sous forme de lettres échangées entre un capitaine Robert Walton et sa sœur, Margaret Walton Saville.

Walton part en exploration au Pôle Nord et, parvenu au milieu des glaces, aperçoit un traîneau à chiens conduit par un personnage gigantesque. Quelques heures plus tard, est hissé à bord un homme à moitié mort de froid et d'inanition: c'est Victor Frankenstein, qui lorsqu'il est en état de raconter son histoire, explique comment  il avait crée en laboratoire, après de longues recherches, une créature artificielle haute de près de trois mètres rendue hideuse par la couleur jaune de ses yeux et la minceur de sa peau recouvrant à peine les muscles et les vaisseaux sanguins.

Livré à lui-même, le monstre commet d'innombrables crimes et fait le malheur de Victor qui finit par prendre la fuite tandis que disparait sa sinistre créature. Désormais ce sera une poursuite sans fin entre le créateur et sa créature.

Peu de temps après avoir terminé son récit, le Dr Frankenstein meurt d'épuisement. Le navire est menacé d'être pris par la glace et l'équipage demande instamment à reprendre la route du Sud. Le monstre réapparait une dernière fois : juché sur un iceberg, il semble narguer les humains  mais, bientôt, va disparaitre à tout jamais de leur monde.

Le plus intéressant de l'histoire de Frankenstein est le "halo" romantique partout présent : Mary Shelley avait créé un nouveau genre littéraire qui va perdurer par delà des siècles..

Quelles sont les sources du livre ?

Il faut, en premier lieu, citer la référence au Titan dépeint par Ovide[8] : Prométhée avait voulu se substituer au savoir divin en recréant une forme de vie humaine avec des restes de boue. Le châtiment de Zeus ne tarda pas : Prométhée fut enchainé sur un rocher du mont Caucase, renaissant chaque jour pour être livré à un aigle qui dévorait son foie[9].

Une autre référence est la vogue, en Angleterre du XIXème siècle, des histoires "gothiques" saupoudrant de sentimentalisme les récits les plus macabres, ainsi, " Fantasmagoriana"[10] traduit en 1812 par le géographe français Jean-Baptiste Benoît Eyriès[11] d’après un livre allemand. [12]

Il faut surtout voir dans le livre de Mary Shelley la marque des avancées scientifiques de l'époque dans le domaine de la biochimie et des recherches sur l'être vivant menées par Lavoisier, Dalton et Berzelius.

On peut également évoquer ici les travaux de Giovanni Aldini[13] sur la stimulation galvanique : Mary Shelley le dit clairement dans sa préface à l'édition de 1831 de son "Frankenstein" : "Un corps pourrait sans doute retrouver la vie grâce au Galvanisme. La vie pourrait peut être se créer chez une créature artificielle"[14]

Frankenstein est il  le nom du monstre ? : non, c'est le nom de son "constrcucteur"…

Un "quiproquo" mal dissipé : dans l'œuvre de Mary Shelley, le "monstre" n'a pas de nom : l'auteur le désigne, à chacune de ses apparitions par des termes tels que "créature", "démon", "diable", "démon" ou simplement, "le misérable". Ainsi, au chapitre 10, lorsque Victor interpelle la "créature", il l'appelle "vil insecte" , "misérable monstre" et même "diable abhorré" ("wretched devil").

Jamais au grand jamais, le monstre, créature totalement sortie des mains du Dr. Frankenstein, ne porte le nom de son créateur et pourtant, le public s'obstine à donner au "monstre" le nom de Frankenstein.

Ne cherchons pas plus loin : le grand coupable c'est le cinéma

Quels sont les grands films du cinéma consacrés à "Frannkenstein" ?

Le personnage de Frankenstein a toujours inspiré les cinéastes : pas moins de 57 films lui ont été consacrés depuis les temps du cinéma "muet".[15]

L'acteur anglais William Henry Pratt, plus connu sous le nom de Boris Karloff (1887 –1969)a été le plus célèbre des Frankenstein. Il a tourné au moins trois versions différentes : "Frankenstein" (James Whale, 1931),  "Bride of Frankenstein" (James Whale, 1935) et "Son of Frankenstein" (Rowland V. Lee, 1939.

Un autre spécialiste du rôle, lui aussi Britannique, était Sir Christopher Frank Carandini Lee, dit Christopher Lee qui tint le rôle en 1957 dans le film de Terence Fisher, "Frankenstein s'est échappé" ("The Curse of the Frankenstein")

On ne saurait assez souligner les différences entre le "Frankenstein" du cinéma et le "monstre" de Mary Shelley . Ainsi, dans les films "made in Holywood" :

Le monstre est amené à la vie par la foudre bien que ceci ne soit jamais précisé dans le roman. Notons cependant que le Dr. Frankenstein avait observé  la foudre frappant un arbre et donne vie au "monstre" en communiquant "une étincelle à la chose inanimée"

Il est constitué de morceaux de cadavres déterrés au cimetière, cousus ensemble par des gros points de suture alors que dans le livre de Mary Shelley, " pour donner la vie à de l'argile inerte", l'homme de science a pris des "os dans les charniers", "dans l'humidité infecte des tombeaux" et "torturé des animaux encore en vie"[16].

Il a des électrodes sur le cou, ce qui n'est jamais mentionné dans le livre de Mary Shelley pourtant fascinée, nous l'avons vu, par le galvanisme.

Il possède une intelligence "limitée" et un vocabulaire très grossier alors que le "monstre" de Mary Shelley s'exprime de façon tout à fait intelligible parlant un bon anglais et même quelque peu le Français [17]

La littérature n'est pas en reste vis-à-vis du cinéma : en témoigne un roman récent de Peter Ackroyd[18].

Il faut bien admettre que le tragique de la condition humaine est encore et toujours à explorer sous toutes les formes artistiques possibles...[19]

Que reste t-il à notre époque du personnage de "Frankenstein" ?

Comme le laissait deviner le titre original "Frankenstein ou le Prométhée moderne", le "leitmotiv" du livre est le drame de la condition humaine tragique, trop tragique, et la révolte qui s'ensuit.

En filigrane, un thème revient sans cesse, celui du créateur et de son double : le savant a créé une "créature" à son image, qui reflète les sentiments qui l'animent : désespoir, tristesse et solitude. Finalement, ce qui reste du héros tragique de Mary Shelley et de son effroyable créature est la question : " Qui est le véritable monstre? Le créateur, ou sa créature ?"

Nous sommes ici bien loin du personnage de "science-fiction" où le grand public a trop souvent enfermé le Dr Frankenstein et sa créature…

Fruit d'un concours d'inspiration entre écrivains de génie, le mythe de Frankenstein, indissociable double de la créature et de son créateur, mais aussi exploration tragique de la condition humaine, a sans aucun doute, encore de "beaux" jours devant lui.

 

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E-mail : a.fabre.fl@gmail.com

 

 

 

[1] Ces informations sont données sans responsabilité personnelle sur leur contenu,  ni sur le lieu ou la date des réunions

[2] Percy Bishe Shelley (1792-1822), était fils d'un aristocrate membre du Parlement, le "baronet" Timothy  Bishe. "Il est considéré à notre époque comme  un des plus grands poètes romantiques du XIXème siècle 

[3] George Gordon Byron,  6e baron Byron, devenu célèbre sous le nom de Lord Byron (1788-1824), est un des plus illustres  poètes de la langue anglaise. Il avait été admis à la Chambre des Lords à l'âge de 21 ans.

[4] La demeure, sise au n°9 du chemin de Ruth, tout près du Golf Club de Genève, existe toujours. Le peintre Balthus y trouva logis en 1945. Byron l'avait baptisée "Villa Diodati" en mémoire du traducteur italien Giovanni Diodati, oncle de Charles Diodati, ami intime de John Milton

[5] Une éruption volcanique géante en Indonésie assombrit le ciel de toute l'Europe pendant plusieurs années

[6] Les éditions Lackington, Allen and Co étaient spécialisées dans le "surnaturel" : ainsi, furent publiés, de Francis Barrett, "The Magus; or Celestial Intelligences; a complete System of Occult Philosophy, being a Summary of all the best Writers on the subjects of Magic, Alchymy, Magnetism, the Cabala et&c" (1801)

[7] La pièce est l'œuvre de l'auteur à succès  Richard Brinsley Peake (1792-1847) Pendant près de quarante ans, Peake écrivit des comédies burlesques, des farces, des mélodrames et des romances musicales "operadiques". Un critique de l'époque juge sa pièce, "The Meltonians" comme "une extravagance et un drame parfaitement illégitime"….

[8] Ovide, Métamorphoses (I-5-86)

[9] On notera que le mari de l'auteur, Shelley, avait écrit un long poème sur Prométhée

[10] "Fantasmagoriana, ou Recueil d'histoires d'apparitions de spectres, revenants, fantômes, etc.". Le livre fut publié en 1813  par Sarah Elizabeth Utterson aux Éditions White, Cochrane and Co (Fleet-St., London)

[11] Jean-Baptiste Benoît Eyriès (1767–1846), géographe, auteur littéeraire et traducteur

[12] Cf l'article de Ruth Richardson " Death, Dissection and the Destitute " (Ed University of Chicago Press Books, 2001)

[13] Voir l'article de Mark Pilkington intitulé "Sparks of life" dans l'édition du 7 octobre 2004 du Guardian.

[14]  " Perhaps a corpse would be re-animated; galvanism had given token of such things: perhaps the component parts of a creature might be manufactured, brought together, and endued with vital warmth " (Préface à l'édition 1831 de "Frankenstein or the modern Prometheus".) Voir http://www.gutenberg.org/cache/epub/42324/pg42324.txt)

[15] On trouvera la liste complète pour la période 1910-1994 , de ces versions cinématographiques du héros de Mary Shelley sur le site internet " knarf.english.upenn.edu/Pop/filmlist.html"

[16] "Frankenstein or the modern Prometheus", chapitre IV

[17] Id., chapitre XV

[18] Peter Ackroyd, The Casebook of Victor Frankenstein (Ed. Anchor books, 2010)

[19] Voir, à ce sujet, le "Dictionnaire des mythes du fantastique" de Pierre Brunel et Juliette Vion-Dury (Ed. Pulim, Limoges, 2003)

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2016

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