Lorenzo da Ponte (1749-1836)

.J. Fabre                                                                   Décembre 2015

LORENZO DA PONTE (1749-1838)  

MEDECIN MANQUE MAIS LIBRETTISTE DE GENIE[1]

 

Lorenzo da Ponte eut une vie prodigieuse : né dans le ghetto juif, prêtre, poète à la Cour de l'empereur Joseph II, librettiste d Mozart, professeur d'Italien aux États-Unis om il finit son incroyable existence  

Le vrai nom de Da Ponte était Emanuele Conegliano. Il était né  en 1749, près de Venise, dans le ghetto juif de Ceneda[2]. C'était l'ainé des trois fils de Geremia Conegliano, un tanneur de cuir, et son épouse Rachele. On sait peu de choses de ses premières années : il eut pour maître un professeur de latin embauché par son père mais ses études furent très sommaires. Dans ses mémoires, da Ponte nous dit qu'il passait le plus clair de son temps  à lire les livres trouvés dans le grenier de la maison. On sait cependant avec certitude que da Ponte devint Bar Mitzvah en 1762 : on en concluera  qu'il avait quelque familiarité avec la Bible et l'hébreu.

1764 : au séminaire de Ceneda

Le drame quand da Ponte a tout juste  14 ans : la mère meurt et le père décide d'épouser une jeune fille de religion catholique. En conséquence, la famille eut  à changer de religion   : en Août 1763, père et fils ont été baptisés par Mgr. Lorenzo Da Ponte, et reçurent, comme c'était la coutume, le nom du parrain : ainsi, Emmanuele n'est plus Conegliano mais Lorenzo Da Ponte. Dans la droite ligne de sa nouvelle vie, il part en 1764, avec ses deux frères, au séminaire de Ceneda, la future Vittorio Veneto.

1764 : au séminaire de Portogruario

Quatre ans plus tard, à la mort de leur protecteur, les frères da Ponte vont entrer au séminaire de Portogruaro près de Caorle. Là, ils auront pour professeur un jeune enseignant de l'Université de Padoue, l'abbé Cagliari, qui va donner à Lorenzo le gout de la littérature et de sa poésie. Bien plus, il enseigne que Dante et Pétrarque étaient aussi grands poètes que Virgile ou Horace. C'était  déchainer une fougue poétique qui ne quittera jamais plus Lorenzo.

Au séminaire Lorenzo se montre élève studieux et appliqué : il va devenir bientôt instructeur, puis vice-recteur et, le 27 Mars 1773, il est reçoit l'ordination de la prêtrise et va partir pour Venise

1773 : à Venise

A Venise, Lorenzo devient abbé de la paroisse  San Luca,  en plein cœur du sestiere San Marco. Hélas, la nature aventureuse  de Lorenzo ne va pas tarder à lui causer quelques ennuis : il se lie avec une certaine Angela Tiepolo, une aristocrate déchue dont le frère était un franc coquin. Tous deux vont faire entrer da Ponte, pour son malheur, dans  les "ridotti", les  cercles de jeux de Venise et: il s'y ruinera rapidement

Venise était la ville des  masques, avec ou sans Carnaval était terminée : dans la journée se succédaient les aventures amoureuses mélangeant maris, femmes, nobles, prêtres et joueurs dans les affaires amoureuses, le jeu et la danse. La nuit, c'était le jeu . le premier "ridotto" avait été installe dès 1635 dans un des  palais de la famille Dandolo. Au Ridotto de San Moïse, le premier cercle à avoir été créé. il avait pas moins de  dix salles pour accueillir les joueurs. Les croupiers, souvent membre de la famille "Barnabotti"[3], étaient seuls à ne pas porter de masques. Des fortunes  énormes changeaient de main chaque soir jusqu'à ce qu'un décret du Grand Conseil, en date du 27 novembre 1774, interdise (sur le papier ??) les jeux de hasard

Da Ponte avait été vraisemblablement introduit dans la haute société vénitienne grâce à …Casanova, le célèbre espion vénitien. Il fit ainsi connaissance d' Andrea Memmo, haute figure du patriarcat de Venise, ambassadeur à Rome et à Constantinople, sénateur et procureur de San Marco. Cependant les ennemis s'accumulaient et da Ponte  fut contraint  de se refugier à Padoue. Là il y  rencontra l'abbé Cesarotti et d'autres poètes qi eurent leur heure de célébrité. Quand da Ponte revint à Venise, il reprit contact  avec Memmoqui lui obtint le poste de "tuteur " des enfants de la grande famille de Giorgio Pisani

Là-dessus arrive une malencontreuse publication polémique de da Ponte, un poème où il attaque la République et, nommément,  plusieurs  sénateurs. La réaction ne se fait pas attendre : da Ponte est déféré devant le tribunal. Il apprendra plus tard qu'une accusation contre lui avait été placée dans la célèbre "Bouche du lion", l'accusant de n'avoir "embrassé la foi que pour fouler aux pieds deux familles nobles de la république ".  Un simulacre de procès eut lieu, au cours duquel, da Ponte, pour sa défense, entreprit de déclamer nombre de ses poèmes.

Le jugement final le condamna à un exil de 15 ans assorti de l'interdiction d'enseigner dans le territoire de la République.

1779 à  Gorizia                              

Apprenant la sentence  le poète avait quitté Venise pour se réfugier à Gorizia, dans l'Empire autrichien, et donc en dehors de la portée du bras long de Venise.

A Gorizia Da Ponte en 1770 eut la bonne idée de composer une ode dédiée au comte Guido Cobenzl, dont le fils était le négociateur du Traité qui venait d'être  conclu entre Frédéric le Grand et Marie Thérèse d'Autriche.

Il put ainsi entrer dans la "colonie arcadienne," de Gorizia,  association de lettrés locaux présidée par son bienfaiteur. Cela n'allaitpas tarder à lui porter chance.

A Dresde: 1781

Da Ponte va  bientôt recevoir une invitation pour se rendre à la cour de Dresde. Ce fut un faux espoir mais à Dresde, da Ponte va rencontrer le poète Catarola Mazzola, un des grands noms de la littérature de l'époque.

Par lui, da Ponte acquiert les rudiments du métier  de librettiste. Bien plus Mazzola va mettre da Ponte en relations avec Antonio Salieri, élève de Gluck devenu compositeur de la cour d'Autriche et directeur de l'opéra italien de Vienne

A Vienne 1781

Da Ponte est arrivé à Vienne à la fin de 1781 et devient familier du poète impérial Pietro Métastase. A la mort de celui-ci, c'est donc da Ponte qui est chargé de prononcer l' éloge funèbre  et quand l'empereur Joseph II rétablit l'Opéra "à l'italienne" à Vienne, da  Ponte fut choisi pour en être le Directeur.

L'empereur Joseph II, en effet,  s'intéressait de très près à tout ce qui touchait l'Art.  Il était tout aussi connu pour sa tolérance religieuse, qui a permis à des Juifs à habiller de la même manière en tant que chrétiens et ses tentatives de briser les barrières sociales pour développer l'économie.

Ce même Joseph II, avant qu'il ne devienne empereur, fait un séjour secret de Paris en 1775 pour répondre à Benjamin Franklin. Joseph avait été voyageait avec son ami italien royale Belgioioso, sous le nom de "Count Falkenstein"

La rencontre avec da Ponte est ainsi résumée par le poète : l'Empereur lui demande s'il avait déjà composé pour le théâtre, da Ponte répondit simplement : "Jamais, Sire," et l'Empereur rétorqua en souriant : "Bon, bon! Nous aurons une muse toute  vierge! "

Antonio Salieri (1750-1826)

Antonio Salieri, Personnalité incontournable de la vie musicale viennoise de son époque, était natif de Lignano près de Caorle, non loin de Venise et avait montré quelques sympathies pour da Ponte en le chargeant de composer un livret de deux  opéras " Axur re d’Ormus" et  "Scuola de' gelosi (1783) ainsi que de "Il ricco d'un giorno (1784)

Tous firent "fiasco" et Salieri, furieux, allait partout répétant qu'il "couperait sa main" plutôt que  d'accepter un autre livret de Da Ponte. Seul Joseph II prit la défense du poète..

Da Ponte  il écrit le livret d'une adaptation d'une comédie de Goldoni dans l'opéra "Le bourru bienfaisant" ("Il burbero di buon cuore) composé par Martin y Soler, et cette fois, ce fut un succès :  Joseph II applaudit très fort, approché le poète et dit à haute voix, "Da Ponte, nous avons gagné notre cause!"

Tout était désormais  prêt pour amener da Ponte à travailler pour l'immortel Mozart

Mozart (1756-1791)

En 1783, Mozart a rencontré Da Ponte à la maison du Baron von Wetzlar, l'un des salons culturels qui ont été fréquentés par des musiciens, des agents politiques, et des écrivains.

En mars 1785, Mozart confie à da Ponte le livret de sa cantate "Davide Penitente," (K.469) puis va le charger d'écrire le texte de son " Mariage de Figaro "

Les noces de Figaro (Nozze di Figaro) 1786

Le Mariage de Figaro était un un texte quelque peu provoquant pour le goût de l'époque mais, finalement, avec l'appui "en sous main" de l'Empereur. Le succès fut considérable : on y verra la reconnaissance du génie de Mozart, deu talent de Da Ponte mais aussi des idées "révolutionnaires" de Pierre Caron de Beaumarchais, figure emblématique du Siècle des lumières "dramaturge, musicien et espion qui avait tant œuvré pour le triomhe des États-Unis.

Don Giovanni (1786)

le sujet fu proposé par da Ponte au compositeur à la fin du printemps 1787, pour répondre à une commande du théâtre de Prague passée en janvier 1787, après le succès des Noces de Figaro, avec une avance de cent ducats

La première eut lieu le 29 octobre 1787 au théâtre Nostitz de Prague, par la troupe des Noces de Figaro, placée sous la direction de Mozart lui meme. Selon certaines sources, Giacomo Casanova, présent dans la salle, aurait servi pour partie de modèle, voire aurait apporté une contribution au livret.

Cosi Fan Tutte (1789-1790)

Ce " dramma giocoso" en deux actes fut  créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne sur un livret en italien de Lorenzo da Ponte. C'est la troisième et dernière collaboration entre Mozart et Da Ponte.

L'opéra fut très applaudi lors de la première représentation mais le décès de Joseph II le 20 février 1790 eut des conseqiences catastrophiques avec la fermeture des théâtres pour deuil et quand les salles rouvrirent, Cosi fan tutte était presque totalement oublié.

Une lettre indique que Da Ponte proposait à Mozart d'aller  qu'ils tentent leur chance à Londres, mais Mozart travaillait sur La Flûte enchantée pour le théâtre allemand "populaire" et mourut  en Décembre 1791.

A Trieste 1792

Après la mort de Joseph et l'arrivée d'un nouvel empereur, , Da Ponte tombe en disgrace.

Il a fui Vienne et est allé à Trieste, où il a rencontré Anna Celestine Grahl (Nancy), lui enseigne l'italien comme elle lui a enseigné le français et l'épouse en 1792 et part avec elle vivre  à Paris.

Le voyage fut très long. Da Ponte s'attarda à rencontrer de nombreuses personnes dont Casanova é dans plusieurs villes, en visitant de nombreuses personnes, y compris Cassanova à qui il avait preté jadis.

Da Ponte esperait beaucoup de la lettre de recommandation donnée par Joseph II pour Marie Antoinette  mais  sur le chemin de Paris, il apprend l'emprisonement de la rfeine. .

Il ne restait opus que'à rejoindre la famille de nancy à Londres.

A Londres 1790-1803

Les da Ponte s ont passé un an à Londres, essayant d'ouvrir dans la capitale  un théâtre à l'italienne,

Beaucoup de gens passent par Londres dans les années 1790, y compris des scientifiques et des musiciens comme Haydn, qui avaient assisté à la répétition générale de Cosi fan tutte à Vienne, à la demande de Mozart. Il était à Londres que Da Ponte rétabli le contact avec un certain nombre d'Italiens qu'il avait connus comme un jeune homme, dont Michele Colombo.

. Da Ponte avait des problèmes financiers là, décide en septembre 1804  a décidé d'aller aux États-Unis, rejoindre la famille de Nancy en Septembre 1804, et peu après, Da Ponte les suivit.

A New York 1805

En Juin 1805 Lorenzo Da Ponte a manntenant 56 ans. Il récuse tout lien avec les libertins révolutionnaires, Cassanovaou Rousseau, il se veut penseur scientifique, formé à l'astronomie, la médecine, l'histoire, la langue et les arts, qui aimait sa culture et de ses deux pays avec une passion infatigable pour défendre la tradition classique de civilisation judéo-chrétienne contre ses nombreux adversaires. Il devient  citoyen américain en 1828, "ce qui rend possible pour lui d'exprimer librement ses opinions sur tout sujet qu'il a choisi."

Da Ponte a enseigné plus de 2500 étudiants, et à lui seul rempli les bibliothèques avec des milliers de volumes de latin et de grec classiques et des œuvres d'auteurs italiens anciens et contemporains. Il étendit ses livres aussi par le Mexique; il catalogué les livres et les décrit (à partir de sa mémoire, car ceux-ci étaient les premiers de ces ouvrages de référence), tels que les bibliothécaires de partout dans le pays pourraient commencer à commander des livres en italien.

De 1807 à travers 1811, le Da Pontes a continué d'être au centre de la société de New York; ils ont tenu des soirées culturelles dans leur maison de la poésie, socialisé avec certaines des plus grandes familles de New York: les Livingston (avec qui Da Ponte a maintenu une amitié chaleureuse), les Hamilton, les Duers, Ogilvie, l'Verplanks, et d'autres.

Sunbury Pennsylvanie, 1811-1818

. En tant que commerçant, da Pone a fait 72 voyages entre Philadelphie et Sunbury, en sept ans, il mentionne ses relations avec deux amis, le Dr Physick et le Dr Benjamin Smith Barton, pères de chirurgie et la médecine américaine, qui étaient tous deux des membres actifs de la branche de Philadelphie de l'American Philosophical Society, fondée par Benjamin Franklin.

A nouveau New York (1818)

Da Ponte a été invité en 1819 pour retourner à New York et à enseigner au Columbia College, par Clément Moore, alors professeur de langues grecques et

Lefils de da Ponte, Lorenzo L. (1804-1840), marié à Cornelia Durant, une nièce du président Monroe, était un professeur de littérature italienne à l'Université de la ville de New York, maintenant l'Université de New York, ainsi que dans un petit collège de Washington, où il a enseigné le français, espagnol et italien, ainsi que l'histoire et la littérature. Il a occupé des postes d'enseignement ailleurs, et était connu comme un savant grec. Il a écrit des histoires, y compris 1833 Histoire de la République florentine et de l'âge et de la règle des Médicis. Dans la préface, il a proclamé que ce devait être le premier volume d'une New American Library projetée de l'Histoire, ce qui serait la chronique de l'histoire du monde à partir d'un point de Yankee patriotique de vue.

Retour en Europe (1840-1841)

En 1840-1841, da Ponte  et Fanny se rendit en Italie puis à Paris, dans l'espoir de restaurer la santé de Fanny. A Paris, il a travaillé en étroite collaboration avec l'astronome anti-newtonien François Arago, qui, en collaboration avec Carl Friedrich Gauss et Alexander Dallas Bache, petit-fils de Franklin, a organisé la Magnetische Verein (association magnétique).

Après Fannie mort en 1841, Anderson a voyagé en Europe et en Asie sur les missions scientifiques, telles la Commission géologique de la mer Morte en 1847, pour lequel il a écrit le rapport officiel pour le gouvernement américain.

Toujours  New York, 1819-1838

A New York, Da Ponte a inauguré une série de conférences sur la Divine Comédie de Dante, présenté à un public américain pour la première fois,

En 1823, au Columbia College, Da Ponte a commencé à publier ses Mémoires. Ils ont d'abord été publiées dans un petit essai en 1807, puis dans l'extrait en 1819. Il les a publiés en série, comme un ouvrage en trois volumes, dont il a trouvé le plus utile dans l'enseignement de ses élèves italienne. (Il les a révisé par la dernière version en 1830.) Il a été attristé par la mort de sa fille aînée Louisa cette année (1823), mais a continué sur, écrire une histoire de la littérature italienne. Il a créé un catalogue avec des listes de ses propres livres, et lui et son fils Carlo a écrit les descriptions de livres.

Inspiré par le succès de l'opéra, d'ici mai 1826, Da Ponte avait organisé la première production de Don Giovanni en Amérique. Il a personnellement recueilli des fonds, organisé la gestion, et situé et a recruté un des chanteurs! James Fenimore Cooper et d'autres célèbres New-Yorkais étaient présents, aurait assis en bonne place dans la première rangée.

Da Ponte appréciéaussi Rossini, mais aussi apprécié la connaissance, comme l'a raconté dans ses Mémoires, qu'il y avait un ordre de grandeur de la différence entre les opéras de Rossini et Don Giovanni.!

En 1828, Da Ponte est devenu un citoyen américain, parrainé par son fils Lorenzo L. Cela n'a pas été mentionné dans les Mémoires, mais Da Ponte dit à son ami Rosetti en Italie dans une lettre 1829, que ce serait lui permettre de parler plus librement. New York a été en passant par de nombreux changements, technologiques, politiques et sociaux. Sojourner Truth, l'esclave et leader abolitionniste ancien, donné des conférences à New York cette année; la législature de l'État a aboli l'esclavage; et il y avait une élection présidentielle. Da Ponte a continué son enseignement, et a donné un grand nombre de livres à la Société Bibliothèque de New York, qui étaient disponibles pour ses étudiants de consulter à tout moment.

Dans les années 1830, Da Ponte, même avec son réseau scientifique, culturelle, et politique vaste, peut-être lui-même considéré comme le dernier d'une race de mort des savants, et était déterminé à ne pas permettre que la qualité de la pensée créatrice, qui a permis à Dante, Franklin ou Mozart pour créer ces œuvres sublimes, d'être éteint. Bien que son projet de maison d'opéra échoué, il a continué à enseigner, publier, et d'organiser à l'idée classique en Amérique. Depuis ses Mémoires, couvrant la période après 1830 existent plus, il ya encore beaucoup à découvrir à partir de lettres et d'autres sources.

Lorsque da Ponte mourut, au terme d'une vie prodigieuse, les États-Unis avaient déjà commencé leur course vers le progrès techniques : en 1840;  4.4000 kms de voies ferrées étaient déjà en service [1]

Conclusion

Lorenzo  da Ponte ne fut pas le génie poétique qu'il rêvait d'être, c'est une évidence.

Reste que ses Mémoires, écrites (en italien)   dans un style alerte et toujours clair sont une lecture fascinante : Venise, Vienne, Prague, Londres, et le New York de la fin du XVIIIème siècle revivent pour nous…

On ne peut lieux terminer qu'en citant la préface d'Alphonse de Lamartine aux Mémoires[2] :

" D'Aponte(sic) est aussi écrivain que Goldoni, son compalriole, aussi léger que le chevalier de Grammont, aussi aventureux que Gil Blas, aussi plaisant que Figaro…: combien de titres pour réussir après sa mort!

Ressuscilez cet homme enseveli mal à propos. Ses mémoires introuvables étaient enfouis dans cette foret dAméiique qu'on appelle New-York. Personne ne les aurait exhumés là-bas, où le plus ingénieux manuscrit ne pèsera jamais le poids d'un dollar.

Je promets un monde choisi de lecteurs qui se renouvelleront avec les années; …Que l'onde mélodieuse de Mozart, et que l'ombre capricieuse de d'Aponte (sic)  vous soient en aide! "

 

 

[1] United States Census Bureau, Report on Transportation Business in the United States at the Eleventh Census 1890

[2] "Mémoires de Lorenzo d'Aponte, poète vénitien, et collaborateur de Mozart" (trad. De la Chavanne) (Ed. Pagneres, Paris, 1860)

Bibliographie

 

Angermüller, Rudolph (de), "Da Ponte, Lorenzo", in The New Grove Dictionary of Music and Musicians, ed. Stanley Sadie, London: Macmillan, 1990

Bolt, Rodney, The Librettist of Venice: The Remarkable Life of Lorenzo Da Ponte – Mozart's Poet, Casanova's Friend, and Italian Opera's Impresario in America, New York: Bloomsbury,

Cairns, David, Mozart and his Operas. London: Penguin, 2006. I

Conway, David, Jewry in Music: Entry to the Profession from the Enlightenment to Richard Wagner. Cambridge: Cambridge University Press (2012

Da Ponte, Lorenzo, " Memoirs " tr. E. Abbott, intr. Charles Rosen, ed. A. Livingstone. New York: New York Review of Books, 2000.

Einstein, Alfred, tr. A. Mendel and N. Broder, Mozart: His Character, His Work. Oxford: Oxford University Press (1962).

Hodges, Sheila, Lorenzo Da Ponte: The Life and Times of Mozart's Librettist, Madison: University of Wisconsin Press, 2002 Jewish Museum Vienna (pub.), Lorenzo Da Ponte – Challenging the New World, exhibition catalogue from the Jewish Museum

Holden, Anthony, The Man Who Wrote Mozart: The Extraordinary Life of Lorenzo Da Ponte, London: Orion Publishing Company, 2007 Taruskin, Richard, Music in the Seventeenth and Eighteenth Centuries. Oxford: Oxford University Press (2010)

Steptoe, Anthony, Mozart–Da Ponte Operas: The Cultural and Musical Background to "Le nozze di Figaro", "Don Giovanni", and "Così fan tutte", New York: Clarendon Press/Oxford University

 

 

Adresser vos commentaires à a.fabre.fl@gmail.com

 

[1] Cette étude doit beaucoup à la publication de Suzan W. Bowen "Lorenzo Da Ponte: Mozart’s ‘American’ Librettist" éditée sur Internet ("http://www.larouchepub.com/eiw/public/2006/2006_40-49/2006_40-49/2006-46/pdf/14-36_646_feat1.pdf)

[2] Il convient de rappeler ici la mémoire de deux médecins italiens du ghetto de Venise : Israel Conegliano, (1650è1717), fut édecin à la cour du sultan de Constantinopl. Son frère, Salomon (1642-1719)est resté célèbre comme enseignant de la lédecine

[3] Initialement, les "Barnabotti" étaient  des patriciens de Venise détenant tous les droits, en particulier celui de siéger au "Conseil majeu ", assemblée qui régit le sort de la Sérénissime République. Par lasuite, le nom designait les patriciens ruinés, ne vivant que grâce aux subventions du Senat.

 

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Date de dernière mise à jour : 23/10/2016

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